Profil - Kafka, Welles : Le Procès

Profil - Kafka, Welles : Le Procès

-

Français
143 pages

Description

L’ouvrage fournit toutes les clés pour analyser le roman de Franz Kafka et le film d’Orson Welles.
• Les résumés et les repères pour la lecture des deux œuvres sont suivis de l’étude des problématiques essentielles, parmi lesquelles :
– Frank Kafka et Le Procès
– Orson Welles et Le Procès de Kafka– Qui est Joseph K. ?
– Un roman de l’absurde ?
– L’onirisme
– Le thème de la faute.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2004
Nombre de lectures 71
EAN13 9782218948367
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
PREMIÈRE PARTIE
Résumés et repères pour la lecture du roman et du film
Nous proposons en parallèle le résumé du roman (découpé en chapitres) et celui du film (découpé en séquences et parfois en sous-séquences), ce qui permet d'évaluer les différences entre le récit de Welles et celui de Kafka. Welles a en effet modifié l'ordre du roman. Ces résumés sont suivis de repères pour la lecture du roman et du film.
L'ordre des chapitres auquel nous nous référons est celui adopté par Alexandre Vialatte dans sa traduction publiée dans la collection « Folio » des éditions Gallimard. Certaines éditions présentent les chapitres du roman dans un ordre différent.
LE FILM
GÉNÉRIQUE
La parabole de la Loi
RÉSUMÉ
Après le générique, la parabole de la Loi, qui apparaît à la fin du livre de Kafka, est contée en voix off et illustrée par une série de dessins d'Alexandre Alexeieff. Grâce à la technique de l'écran d'épingles, l'artiste présente un homme tentant de pénétrer dans une forteresse qui représente la Loi. Un gardien lui en interdit l'accès. Pendant toute sa vie, l'homme fait de vaines tentatives pour entrer. Avant de mourir, il s'étonne de n'avoir vu personne d'autre que lui tenter l'expérience. Le gardien répond que ce portail n'était destiné qu'à lui et que, désormais, il sera fermé à tout jamais. En conclusion, le narrateur ajoute : « Cette histoire est contée dans un roman, intitulé Le Procès. Ce qu'elle signifie ?... Ce qu'elle semble signifier ? Il n'y a ni mystère, ni énigme à résoudre. On pourrait dire que la logique de cette histoire est la logique d'un rêve... ou d'un cauchemar. »1
REPÈRES POUR LA LECTURE FILMIQUE
L'intertextualité
L'écran d'épingles, au début du film, est un ajout de Welles. Il est possible d'y voir une allusion à un autre récit de Kafka : La Colonie pénitentiaire. Dans cette nouvelle, une machine à aiguilles écrit la sentence sur le corps du condamné. L'aiguille est donc l'instrument de la justice. En même temps, elle inflige un supplice au condamné. Elle est donc également un instrument de torture. Enfin, dans la mesure où elle sert à écrire une sentence, elle est un outil d'écriture.

On peut se demander dans quelle mesure l'écran d'épingles d'Alexeieff n'est pas une allusion à cette invention. Cet écran est en effet associé à la justice: il nous montre les portes de la Loi. Il est également lié à la souffrance causée par la justice : l'homme souffre de ne pouvoir entrer dans la forteresse. C'est enfin un outil narratif : il raconte l'histoire de la Loi. Donc, cet écran d'épingles, bien qu'imaginé par Welles, n'est pas sans rapport avec l'oeuvre de Kafka. Il nous introduit d'une manière indirecte dans l'univers de cet auteur.
La place de la parabole
Dans le film, la Légende apparaît deux fois : après le générique puis à la fin du film, au cours de la dernière entrevue de K. avec son avocat. Au début du film, la parabole est racontée intégralement, mais à la fin elle est juste mentionnée. Welles pensait que si l'on conservait à la parabole sa place finale, « le public s'endormi-rait ». Mais cet emplacement renvoie aussi à une donnée constante des films de Welles : la détermination du sens général du film par une scène inaugurale.2
Une orientation de lecture
Le fondu-enchaîné qui relie le prologue à la première séquence filmique implique une étroite relation entre les deux scènes. Le spectateur pressent que le récit filmique puise sa source dans le prologue, la parabole de la Loi. Ce pressentiment se mue en conviction à la fin du film puisque le dernier tableau, dans la version originale, est celui sur lequel se termine le prologue. De plus, au cours du rappel de cette parabole, la silhouette de K. se confond avec celle du personnage de la parabole. Le spectateur associe donc clairement les deux histoires et perçoit ainsi certaines clés de lecture. Ce prologue a trois fonctions :
- une fonction proleptique : il annonce la quête et son résultat ;
- une fonction  : il donne un sens au récit ; le spectateur comprend qu'il va assister aux mésaventures d'un homme face à une justice toute-puissante ;explicative
- une fonction interprétative : il propose une interprétation (il fournit davantage d'informations que le roman), puisqu'il apparente le récit kafkaïen à un « rêve » ou un « cauchemar » sans logique apparente.