Une fille de rien

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132 pages
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Description

Une fille de rien, c'est l'histoire d'une fille de la campagne, qui mène à la ville la vie galante. C'est aussi toute l'existence d'une petite paysanne qui tourne mal. Jules Leroux nous présente dans ce roman une aventure « peu convenable à la décence », qui aurait pu provoquer les bonnes consciences du début du XXe siècle. Mais c'est surtout la qualité littéraire de ce roman qui fut remarquée. Une fille de rien est un roman savoureux, chargé du suc robuste du terroir, inspiré des Ardennes dont Jules Leroux était originaire et du Nord où il vivait lorsqu'il a rédigé ce roman. C'est une uvre attentive à une dimension sociale, celle d'un monde rural dont les valeurs sont déjà en train de changer avant la Première Guerre mondiale. C'est le premier roman de Jules Leroux. Celui-ci avait présenté le manuscrit à Louis Pergaud qui avait obtenu le prix Goncourt en 1910 avec De Goupil à Margot. Pergaud l'avait recommandé à l'éditeur Figuière qui le publia et le proposa au Concourt en 1911. Il fut remarqué par le jury, mais n'obtint pas la « suprême distinction ».

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Date de parution 06 mars 2015
Nombre de visites sur la page 51
EAN13 9782365752794
Langue Français

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Jules Leroux Une fille de rien Collection Terroirs « Classiques »
Préface
Une fille de rien est le premier roman de Jules Leroux. Après s’être essayé à la poésie, où il s’affirme cependant au fil du temps (son talent se révélant vraiment dans La Muse noire), l’auteur s’ouvre à l’émotion et au réel dans cet ouvrage. L’éditeur parisien Figuière, voyant déjà dans le romancier « une des plus belles figures de l’époque », accepte, sans réserve, de publier l’œuvre en 1911. Peu sûr de lui mais souhaitant présenter son roman au prix Goncourt, Jules Leroux recherche appui et conseils auprès de Louis Pergaud, le lauréat de 1910. Il n’obtient cependant pas la reconnaissance de ses pairs, le jury lui préférant Alphonse de Chateaubriant pour [Monsieur de Lourdines]. 1 Il ne décrit pas, il peint. Roger Pecheyrant voit en Jules Leroux un « peintre de paysages, peintre d’individus, peintre de leurs actes ».Une fille de riens’ouvre sur le tableau de la ferme des Rennesson, située au milieu de la région vallonnée qui s’étend d’Avesnes à La Capelle, où l’auteur aimait venir se reposer le week-end. On peut encore, comme Angèle et Édouard, déambuler à Douai dans les rues du Grand Bail, des Blancs Manchons ou sur la place Saint – Amé ; descriptions méticuleuses et colorées, puisées dans une réalité rigoureusement observée. Mais,Une fille de rien, c’est avant tout le portrait moderne d’une femme qui refuse le destin laborieux et misérable qui lui est promis : Angèle, l’insoumise, s’exclame, enfant : « ah ! non, je ne serai pas fermière ». Contrainte de se livrer à la prostitution pour échapper à la misère, mais sauvée par le romancier d’un sort funeste, Angèle est-elle le « blond portrait dans l’ascétique cellule du professeur de Douai » ? Est-elle celle que le soldat des tranchées évoque dans ses carnets : « je pense tous les jours à Angèle et Samson, mon chat » ? Le mystère demeure à jamais. Le Cercle Historique Jules Leroux
Ceux de Rattend-Tout étaient de braves gens. À quatre lieues autour d’Avesnes, lorsqu’on parlait du père Rennesson de Rattend-Tout, il se trouvait toujours quelqu’un pour dire : « C’est un brave homme. » Les mendiants et les chemineaux savaient que, chassés des villages voisins, ils trouveraient chez lui un bol de lait et une miche, un gîte pour la nuit dans la grange, et que, le lendemain matin, ils ne partiraient pas le ventre creux. Les gens de Mongicourt et de Floyon disaient souvent que ces camps-volants finiraient par brûler la ferme et assassiner les fermiers, et en attendant l’événement, afin de bien marquer leur mépris pour ce rebut de peuple qu’hébergeaient les Rennesson, ils avaient donné à la cense le nom de Rattend-Tout. Elle s’élevait au milieu de la région vallonnée qui s’étend d’Avesnes à la Capelle,à une dizaine de kilomètres de la forêt du Nouvion. Les bâtiments de la ferme et quelques petites maisons basses de manouvriers, reliées par d’étroits chemins rocailleux, montraient, dans le vert sombre des noyers et des cerisiers, des bouts de toits rouges. Le pays environnant était un des coins les plus frais de la Thiérache fleurie, où dans chaque ondulation de terrain, par les glaïeuls jaunes et les cressons bleus, un filet d’eau claire babille. Les labours mettent de grandes taches brunâtres sur l’immense verdure des pâturages, clos de haies vives, où les pommiers dodelinent de la tête, comme les bœufs qui ruminent à leur ombre. Au bord des petits affluents de l’Helpe jaillissent des bouquets de trembles et de saules, dont les feuilles, retroussées au moindre coup de vent, prennent soudain le vert argenté et frissonnant des seigles en épis. Parfois sur le dos d’une colline filent les lignes parallèles des peupliers qui bordent les grandes routes, apportant dans le paysage capricieux la note grave et correcte, ainsi qu’il sied à des arbres administratifs. De la cour de Rattend-Tout, on pouvait voir la fine aiguille du clocher de Boulogne, plantée sur une colline, entre deux pommiers. À l’opposé, sur un coteau parallèle, se tendait le rideau des arbres de la route nationale. Par un temps clair, quand le vent soufflait de l’ouest, on entendait les notes grêles du carillon de Mongicourt, et l’on disait à la ferme : « Il pleuvra demain ». La Cense alignait ses bâtiments autour d’une vaste cour rectangulaire, dont un des petits côtés donnait sur un raidillon encaissé. Au milieu de la haute barrière de bois, peinte en vert, qui longeait ce chemin caillouteux, s’ouvrait une large porte à deux battants, grinçante et branlante. Quand on l’avait franchie, on se faufilait entre la haie