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Constantin le Grand - Poème

De
204 pages

JE chante les combats et ce triomphateur
Qui de tous les Chrétiens fut le libérateur.
En vain l’impiété sème au loin les alarmes,
En vain l’enfer frémit et s’oppose à ses armes,
Il est victorieux. Et la religion,
De Rome chasse enfin la superstition,
Triomphe des tyrans, de leur rage implacable,
Et le Romain altier reçoit son joug aimable.

Divine vérité, viens, préside à mes chants,
De mon noble sujet rends les récits touchans,
Fais briller sur mes pas ta céleste lumière,
D’un art digne de toi viens m’ouvrir la carrière,
De guirlandes de fleurs j’ornerai tes autels :
Raconte les hauts faits, les exploits immortels
De ce jeune héros qui s’arma pour ta gloire,
Dis comment sa valeur remporta la victoire ;
Atteste ce prodige où le ciel autrefois
Montra sur le soleil une éclatante croix ;
Révèle du Très-Haut les terribles oracles ;
Du Dieu de l’univers proclame les miracles ;
Dépeins des saints Martyrs le zèle, la candeur,
L’invincible courage et la divine ardeur :
Elève mon esprit ; que ta force l’anime ;
Mêle à mes chants guerriers ton langage sublime.

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Antoine Dubié
Constantin le Grand
Poème
AU ROI
MONARQUE généreux qui règne sur la France, Admirant tes vertus, ta gloire et ta puissance, Ton peuple reconnaît que son plus grand bonheur Est d’avoir en son Roi son noble protecteur : Ta sagesse prévient les fléaux près d’éclore, Et confond les pervers qui conspirent encore. Déjà par tes bienfaits les Muses et les Arts Ranimant leur ardeur, brillant de toutes parts, S’empressent d’embellir ton règne magnifique : Puissé-je l’honorer par ce poème épique ! Dans ce noble désir, je te l’offre, ô grand Roi ! Trop heureux si ma muse étoit digne de toi. J’exalte dans mes vers la victoire éclatante, Qui, dans Rome, rendit la foi si florissante Cette sublime foi qui nous ouvrant les cieux, Fait briller sur nos pas son flambeau radieux ; Répandant sa clarté sur ton peuple fidèle, Pour le trône et l’autel elle enflamme son zèle. Le héros que je chante est digne de mon Roi, Il fut le défenseur de notre antique foi ; Il aimait la vertu, protégeait l’innocence, Et de l’impiété rabaissa l’insolence. Puisses-tu l’accabler de cent chaînes de fer ! C’est elle qui sortant des gouffres de l’enfer, Pour éteindre la foi vint ravager la terre, Renverser les autels atteints de son tonnerre ; De sa fureur fatale elle embrasait les cœurs, Du règne de Néron répandait les horreurs, Chantant la liberté semait la tyrannie ; Et, la religion par sa rage bannie, Ne pouvoit arrêter ce terrible torrent ; La France était couverte et de deuil et de sang, Tout tremblait, et partout triomphait la licence, Et le juste opprimé périssait sans défense ; Plus de Rois, plus d’autels, la ruine et la mort, Pour hâter leur ravage, unissaient leur effort ; L’impie audacieux, un bonnet sur la tête, Présidait au carnage, excitait la tempête. C’est Dieu qui de nos Rois protégeant le retour, Daigna dans sa bonté les rendre à notre amour. Mais, de Charles-le-Grand et de Philippe-Auguste, De Louis le pieux et de Louis le juste, Du valeureux François et d’Henri le vaillant, De Clovis, de Louis au règne si brillant, Qui pourroit égaler les vertus et la gloire ? Toi, ton fils valeureux ! Conduit par la victoire,
Nous le vimes voler au secours d’un bon Roi : A peine il s’est montré, que frissonnant d’effroi, Ces fiers séditieux domptés par son courage Précipitent leur fuite en frémissant de rage ; Sa valeur les poursuit : signalant son grand cœur, Il rétablit la paix et chasse la terreur ; Couronné de lauriers il revint dans la France, Et l’Europe applaudit à sa noble vaillance. O magnanime Roi ! ton règne d’équité Prépare un heureux siècle à la postérité ; Un jour ton fils vaillant, en portant la couronne, Sera le défenseur et la gloire du trône. Sous tes augustes lois la France avec grandeur Recouvre par tes soins son antique splendeur. Et toi jeune Bourbon, notre douce espérance, Tu feras à ton tour le bonheur de la France ! Prince cher à nos cœurs, enfant miraculeux, Oh ! combien ta naissance a satisfait nos voeux ! Ce Dieu dont le pouvoir donne et ravit les sceptres , Dont le bras tout-puissant protégea tes ancêtres, Et naguère frappa ce fier usurpateur ; Ce Dieu dont l’œil voit tout, veille sur ton bonheu r : Heureux, tu régneras sur la France immortelle, Sur un peuple vaillant, sur un peuple fidèle ! Oui, le ciel comblera nos plus ardents souhaits, La race de nos Rois ne finira jamais !
SUJET DE CE POÈME
Un jeune héros, gémissant sous le joug d’un tyran, échappe à sa fureur,brave tous les périls pour aller vers son père. Après un long voyage il le trouve expirant, reçoit ses derniers conseils, son sceptre et sa couronne. Sensible au malheur des Chrétiens, ce héros magnanime conçoit le projet de terminer le s cruelles persécutions qui les tourmentoient depuis trois siècles : mille obstacle s s’y opposent ; l’enfer arme des tyrans contre ce héros qui, soutenant des combats t erribles, est enfin victorieux par le secours du ciel. Alors il délivre les Chrétiens des mains de leurs persécuteurs, abolit le culte des idoles, et la religion triomphe de l’impi été.
CHANT PREMIER
JE chante les combats et ce triomphateur Qui de tous les Chrétiens fut le libérateur. En vain l’impiété sème au loin les alarmes, En vain l’enfer frémit et s’oppose à ses armes, Il est victorieux. Et la religion, De Rome chasse enfin la superstition, Triomphe des tyrans, de leur rage implacable, Et le Romain altier reçoit son joug aimable. Divine vérité, viens, préside à mes chants, De mon noble sujet rends les récits touchans, Fais briller sur mes pas ta céleste lumière, D’un art digne de toi viens m’ouvrir la carrière, De guirlandes de fleurs j’ornerai tes autels : Raconte les hauts faits, les exploits immortels De ce jeune héros qui s’arma pour ta gloire, Dis comment sa valeur remporta la victoire ; Atteste ce prodige où le ciel autrefois Montra sur le soleil une éclatante croix ; Révèle du Très-Haut les terribles oracles ; Du Dieu de l’univers proclame les miracles ; Dépeins des saints Martyrs le zèle, la candeur, L’invincible courage et la divine ardeur : Elève mon esprit ; que ta force l’anime ; Mêle à mes chants guerriers ton langage sublime. Galérius vainqueur des Perses belliqueux, Constance qui dompta les Germains valeureux, Le front ceint de lauriers montèrent sur le trône ; De l’empire romain partageant la couronne, Ensemble ils commandaient à cent peuples divers, Sous leurs bras triomphans tremblait tout l’univers . Cependant des Bretons les phalanges guerrières Lèvent sur les Romains leurs armes meurtrières ; Dans de sanglans combats repoussant leurs efforts, Les poursuivent au loin, les chassent de leurs ports : Ces Romains fugitifs, poussés par la tempête, Dans les gouffres des mers vont cacher leur défaite . Lorsque Galérius apprit que ses soldats, Par le fer, par l’orage ont subi le trépas ; Il frémit de colère ; et le brave Constance Brûlant de signaler de nouveau sa vaillance, Au fier Galérius il s’adresse en ces mots : Je pars, je vais braver les Bretons et les flots, Je te laisse mon fils pour soutien de l’empire ; Naguère la victoire a daigné lui sourire ; Son ame est intrépide et son cœur est humain, Il te sera soumis, veille sur son destin : Que mon fils soit heureux pendant ma longue absence ,
Hélas ! de le revoir j’ai la douce espérance. » Il dit ; et rassemblant ses terribles guerriers, Dès long-temps exercés aux combats meurtriers, Il fait rouler ces chars qui font trembler la terre , Ces chars retentissans précurseurs de la guerre : Là, tout prêt à monter, ce père affectueux, Se jette dans les bras de son fils vertueux, L’œil humide de pleurs, contre son cœur le presse ; Et son fils enflammé d’une vive tendresse, Plongé dans la douleur de ce départ cruel, Pour son heureux retour offre des vœux au ciel. Aussitôt le départ du généreux Constance, Galérius rêveur tremble pour sa puissance, Du brave Constantin redoutant la valeur, Déchaîne contre lui sa haine et sa rigueur. Ce tyran plus cruel que le tigre en furie, A ce jeune héros veut arracher la vie ; Il le mène à l’arène, où par d’affreux combats, Il attend de le voir subir le noir trépas. Il lui tient ce discours : « Dans ses tendres alarm es, Ton père a craint pour toi le sort fatal des armes, Cependant il connaît ton intrépidité, Tu vainquis les Germains naguère à son côté ; Dans leurs rangs tu semais la mort et le carnage ; N’attends pas près de moi d’amollir ton courage ; Pour dompter des lions et des taureaux fougueux, Moi-même j’armerai souvent ton bras nerveux ; Je veux que des guerriers adroits et redoutables, Succombent tour à tour sous tes coups formidables ; Dans nos cirques je veux, que, sur un char roulant, Tu dévances l’éclair et la foudre et le vent ; Exerce ta valeur, évite la mollesse, Et de ton père crains la fatale tendresse ; Tremble de te plonger dans un honteux repos, En bravant les périls on devient un héros. » Il dit, sur Constantin il commande qu’on lance Un énorme lion. Tenant en main sa lance, Le front couvert d’un casque, un glaive à son côté, Constantin attendait l’animal indompté. Lancé d’un fer brûlant de son cachot horrible, Dans l’arène déjà court ce lion terrible, A l’aspect du héros, s’arrête en rugissant, S’avance avec fierté, recule en bondissant, Se bat les flancs de rage, à combattre s’apprête, Dresse les crins flottans de sa superbe tête ; Tout à coup emporté par sa féroce ardeur, Sur Constantin s’élance écumant de fureur. Le héros dans son flanc plonge son dard rapide Et trompe le désir du monarque perfide,