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Contes excentriques

De
264 pages

.... Ephraïm Wheat suivit la longue file de voitures qui stationnait devant le club de Coventry, dans Piccadilly.

Au moment de s’engager sous la porte cochère, le gentleman revint brusquement sur ses pas, fit deux fois le tour d’un somptueux équipage arrêté en face du perron, examina avec la plus scrupuleuse attention la livrée, les bêtes, les harnais et les gens, après quoi il monta gravement l’escalier et entra au club.

« Monsieur Tom Wild est au salon ?

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Adrien Robert
Contes excentriques
A
MON PÈRe
EPHRAÏM WHEAT, ESQRE
.... Ephraïm Wheat suivit la longue file de voiture s qui stationnait devant le club de Coventry,dans Piccadilly. Au moment de s’engager sous la porte cochère, le gentleman revint brusquement sur ses pas, fit deux fois le tour d’un somptueux équipage arrêté en face du perron, examina avec la plus scrupuleuse attention la livrée, les bêtes, les harnais et les gens, après quoi il monta gravement l’escalier et entra au club. « Monsieur Tom Wild est au salon ? dit-il en remettant son chapeau à un valet poudré et galonné. — Oui, votre honneur, » répondit le laquais en s’inclinant respectueusement. Ephraïm traversa la bibliothèque et entra dans le salon d’un pas roide et saccadé. « Eh ! bonsoir, Ephraïm, » s’écria M. Wild, qui cau sait le dos appuyé contre la cheminée. M. Wheat salua les membres du club qui entouraient le jeune homme et donna une vigoureuse poignée de main à son ami Wild. « Pouvez-vous m’accorder quelques minutes ? dit-il. — Bien volontiers. — Venez, continua Ephraïm en l’entraînant dans un petit salon écarté. — Davis, une bouteille de Porto et des cigares. » Un valet qui rangeait les pièces d’un jeu d’échecs se leva et disparut pour revenir bientôt chargé d’un plateau d’argent. « Fermez la porte, Davis, et veillez à ce que perso nne ne nous dérange, ajouta Ephraïm en versant le Porto dans les verres.  — Voyons, qu’y a-t-il ? dit le jeune membre du Cov entry, visiblement inquiet ; ma sœur n’est pas malade ? — Mistress Wheat est en parfaite santé. — Et la petite Mary aussi, n’est-ce pas ? — Ma fille aussi, continua gravement Ephraïm en allumant un cigare. — Eh bien alors, mon cher ami, dites-moi bien vite pourquoi vous avez quitté Durham, et donnez-moi l’explication de ces airs mystérieux qui me glacent le sang ; votre fortune n’est pas menacée ? — Je l’ai presque doublée aux dernières courses d’Epsom. — Je respire, » dit M. Wild, dont la figure s’épanouit subitement.... Ephraïm passa la main sur son front légèrement chau ve, caressa ses favoris roux taillés en broussailles, et, après avoir tiré avec soin les pointes de son faux col et de ses manchettes, il croisa ses mains sur ses reins et la issa tomber sur son beau-frère un regard atone et découragé. « Wild, avez-vous des commissions pour l’Amérique ? dit-il avec effort. — Non. Pourquoi cette question ? — C’est que je m’embarque demain soir pour Baltimore. — Allons donc, c’est impossible ! s’écria Tom Wild en bondissant sur sa chaise. — Je vous demande pardon ; mon passage est retenu à bord del’Emerald.  — Mais je ne vous connais pas d’affaires en Amériq ue, et ce n’est pas un voyage d’agrément que vous comptez faire sans doute ? — Oh ! non, soupira tristement Ephraïm en levant les yeux au plafond. — Voyons, mon ami, parlez-moi franchement, dit Wild en rapprochant sa chaise de la table.  — Aussi bien cette explication était nécessaire, m urmura faiblement Ephraïm ; vous
savez, mon pauvre Tom, que j’ai la réputation méritée d’être le premier tireur de pistolet de l’Angleterre, et vous m’avez vu faire souvent de s choses surprenantes quand je soignais mon tir.  — Tout cela est exact, et je ne connais personne q ui ose parier contre vous maintenant.  — Eh bien ! reprit mystérieusement Ephraïm, il y a dans le monde un homme, un Américain nommé Joë Erickson, qui fait, je vous le dis la honte sur le front et la rage dans le cœur, qui fait ce que moi, le vainqueur du tir f édéral de Genève, je n’ai jamais pu réussir. — Bah !  — Il prend six balles, et à cinquante pas il les c oupe toutes les six sur une lame de couteau. — Eh bien !  — Eh bien, j’ai commandé de nouveaux pistolets che z Devisme, qui m’a rayé des canons tout exprès et les a guidonnés lui-même. Je pars pour Baltimore : je défie Joë Erikcson ; nous tirons deux mille cinq cents balles chacun, nous comptons ensuite les bons et les mauvais coups. Si je suis vainqueur, je monte sur le premier navire en charge pour l’Angleterre ; si je suis battu, si je suis déshonoré, je me pends. — Grands dieux ! ruais vous êtes fou, mon pauvre, Ephraïm, s’écria Tom Wild en se levant.... Rentrez bien vite et faites-vous saigner.  — Je me ferai saigner à Baltimore, dit gravementl’excentric,veille de notre la première séance, pour me calmer le sang.  — Mais ma sœur, mais ma nièce ! exclama Tom Wild a vec désespoir ; aurez-vous donc le courage d’abandonner ces deux pauvres créatures, de faire une veuve de l’une et une orpheline de l’autre ? — Oh ! j’ai tout prévu, mon ami, reprit Ephraïm en tirant de sa poche un pli cacheté de noir, et j’ai compté sur vous pour être mon exécute ur testamentaire dans le cas où j’aurais le regret de quitter mon enveloppe terrestre. — Ephraïm, ce serait vous rendre service que de vous faire enfermer à Bedlam.  — Je vous ferai observer, cher monsieur Wild, que vous faites là une réflexion de mauvais goût. » Tom Wild jeta son cigare et marcha avec agitation. « Ephraïm, vous êtes un mauvais mari, un mauvais pè re, » fit-il en s’arrêtant devant son beau-frère. L’excentric releva sur Tom Wild un regard doux et résigné. « Oh ! non ; mistress Wheat a les plus beaux diaman ts, les plus beaux chevaux et le château le plus confortable du comté de Durham. Et quant à ma petite Mary, je lui ai donné....  — Enfin, rien ne saurait vous faire changer de rés olution ? interrompit brusquement Tom Wild. — Rien, » répéta le gentleman en se levant à son tour, après avoir vidé son verre de Porto. Tom Wild appuya avec rage ses poings sur son front. « Savez-vous, mon cher Tom, reprit Ephraïm, que vot re nouvel attelage est magnifique ? Je l’ai aperçu en venant. Ah ! les che vaux, les chiens, les yachts et les parties de crikets, quelles belles choses, et comme tout cela va me manquer là-bas ! » Un éclair joyeux illumina le visage du frère de mistress Wheat, et un soupir de bien-être souleva sa large poitrine. Tom Wild venait de trouver l’ancre de salut qui devait retenir Ephraïm en Angleterre.
« Oui, reprit-il avec importance, je compte mettre cette année ma maison sur un meilleur pied ; les paris que je gagnerai couvriront toutes ces dépenses. — Comment ? je ne comprends pas.... quels paris ? dit Ephraïm visiblement intrigué.  — Ah ! c’est que j’avais de bonnes raisons pour ne rien vous dire ; maintenant que vous quittez l’Angleterre, je n’ai pas besoin de fa ire le discret avec vous, mon cher Wheat. Depuis deux ans que nos chevaux et nos yachts se rencontrent sur le turf d’Epsom et aux régates de l’île de Wight, vous m’avez battu sur terre et sur mer.  — C’est vrai, fit orgueilleusement Ephraïm, sans c ompter les steeple-chases et les courses deskiffsoù vous couriez contre moi. — Eh bien, comme j’étais extrêmement fatigué de ces petits triomphes-là, j’étais bien décidé à changer les rôles cet été. — Oh ! exclama Ephraïm, et comment, je vous prie ? — En achetant le meilleur cheval de lord Yarmouth, en achetant encore une certaine petite jument que vous ne connaissez pas, et qui vo us aurait causé, selon toute probabilité, un certain étonneinent ; enfin, en fai sant construire dans les chantiers de 1 Newport un clipper sur le modèle del’America,et ungigchez Searle2 sur un gabari de mon invention. Comme beau-frère, je suis désolé de vous voir parti r ; mais comme coureur, je suis bien aise de vous savoir hors de combat. Les armements que j’avais faits contre vous me serv iront à battre mes autres adversaires, et dans quinze jours j’aurai dans mon salon la coupe d’or du Derby et la rame d’argent émaillé des régates de Lambeth. — Dans quinze jours, répéta Ephraïm en se parlant à lui-même. — Dans quinze jours. — Et vous êtesentraîné ?  — Touchez mes bras, » dit Tom Wild en ployant la s aignée et en faisant saillir les muscles de ses biceps. Ephraïm palpa avec le soin d’un chirurgien en quête d’une fracture le bras de M. Wild ; cet examen terminé, il tourna sur les talons et fit deux pas vers la porte. Bonsoir, Wild. — Bon voyage, mon pauvre Ephraïm ; portez-vous bien là-bas. » Ephraïm tourna la tête ; un petit sourire railleur et pincé filtra au travers de ses prunelles. « Oh ! dit-il, je ne suis pas encore parti ; car je serai véritablement heureux de pousser quelques hourras le jour de votre triomphe et de mettre quelques guinées dans votre jeu. — Alors, au revoir, Ephraïm. — Au revoir, Tom. » L’excentric serra une dernière fois la main de son parent, et sortit du club. « Hélas ! soupira Tom Wild en le regardant s’éloigner ; sa folie me coûtera cher, mais je le sauverai. » Un mois après cette conversation, Ephraïm Wheat, esq., en casaque cerise, en culotte de peau et en bottes à revers, passait au galop devant leStand,tenant la corde et ayant cinq longueurs de cheval sur Tom Wild, le seul adversaire engagé. Tom Wild avait perdu quatre ou cinq cents guinées d ans la journée, et s’était déshonoré comme jockey auprès de ses amis, les membres duCoventry. Ephraïm Wheat et ses amis passèrent la nuit à remplir et à vider la coupe du Derby de champagne et de porto, étourdissant le pauvre Tom Wild de leurs hourras.
Cependant l’excentric avait le Champagne lugubre et le porto amer. Des hallucinations étranges lui montaient au cervea u, des visions fantasques passaient devant ses yeux alourdis par la fatigue et l’ivresse, et la voix du baronnet Gilles Dover, dont l’organe pointu dominait tous les autre s, lui donnait des tressaillements nerveux. Les visages empourprés de ses convives, éclairés pa r les lueurs du punch, se transformaient en têtes cuivrées de Hurons féroces, et le baronnet, métamorphosé en chef illinois, ne criait plus hourra pour Ephraïm W heat, mais bien hourra pour Joë Erickson, le premier tireur de l’univers ! Hourra ! hourra ! hourra ! pour le coureur de prairie, l’homme au grand pistolet. Tom Wild comprit qu’il fallait boire tout le fiel de la coupe qu’il s’était versé. L’avant-veille de son départ pour Baltimore, Ephraïm apprit par son valet de chambre que Tom Wild faisait mettre à l’eau, à Greenwich, un gig de cinquante pieds de long pour 2 défier seul les meilleurs nageurs du collége d’Oxford. 3 Ephraïm fit incontinent déboucler sa malle, et écrivit à M. Noulton de venir lui, parler le plus tôt possible. La cloche des régates allait sonner, et Tom Wild, courbé sur ses avirons, faisait voler son légerskiffsur les vagues terreuses de la Tamise. Ephraïm Wheat ne paraissait pas à l’horizon. Tom remonta et redescendit vingt fois le courant, le cherchant au milieu de la flottille bariolée qui mouchetait la rivière. Ephraïm Wheat n’était pas aux courses de Greenwich. Le président commença l’appel des patrons et des numéros d’ordre pour le départ. En ce moment un frémissement courut dans la foule qui encombrait la rive gauche du fleuve. La cohue oscilla et s’ouvrit pour donner pa ssage à quatre vigoureux watermen, qui portaient avec précaution une longue pirogue faite d’une seule feuille d’acajou ployée à la vapeur. Deux des watermen entrèrent dans l’eau jusqu’à la c einture pour mettre à flot la prodigieuse embarcation, pendant que les deux autres soulevaient sur leurs épaules un grand gaillard habillé de flanelle rouge et le déposaient dans la pirogue. « Hourra pour Ephraïm Wheat ! » hurla la foule. Tom Wild poussa un cri de joie et rougit comme une pivoine ; mais la réaction s’opérant rapidement, il se trouva stupide et absurde de sacrifier sa réputation à la folie de son parent. Le cœur du beau-frère cessa subitement de battre sous le tricot du waterman. Le président donna enfin le signal, et les avirons commencèrent à frapper l’eau avec fureur. En quelques secondes, Ephraïm et Tom avaient laissé leurs concurrents bien loin derrière eux : les deux embarcations voguaient bord à bord. Tom Wild faisait des prodiges de force et d’adresse , et il eût vu Ephraïm la corde au cou que sa volonté n’eût pas été ébranlée une secon de. Mais que pouvaient la force et l’adresse contre la légèreté fantastique du bateau d’Ephraïm ? une avarie seule laissait une chance de victoire à Tom. Ephraïm Wheat arriva donc le premier au but, battan t seulement son adversaire d’un quart de longueur, défaite glorieuse il est vrai po ur Tom Wild, mais qui donnait encore plus de prix au triomphe de son ami. Un mois s’écoula sans que le vainqueur de Greenwich eût un seul accès de Joë Erickson, et le brave Tom le croyait complétement g uéri de cette monomanie, lorsque Éphraïm entra un matin chez lui la figure bouleversée.
« Bon Dieu ! qu’y a-t-il ? s’écria Tom Wild en allant au-devant de lui. — Il y a que Joë Erickson ne coupe plus six balles. — Tant mieux. — Il en coupe neuf maintenant. Je pars ce soir.  — Par Saint-Georges ! je pars avec vous alors, s’é cria résolument Tom Wild en sonnant son valet de chambre.... Car je ne serai pas fâché de me faire oublier un peu en Angleterre. » Une heure après les deux beaux-frères montaient dans le train express de Liverpool. Le paquebot ne partant qu’à la marée de six heures, ils entrèrent dans une taverne sur le quai, et se firent servir des grogs. La nuit était noire et pluvieuse. Ephraïm posa sur une table sa boîte à pistolets et son plaid de voyage. Tom Wild bourra la cheminée de charbon de terre et s’assit à califourchon sur une chaise. En ce moment un ronflement sonore, impérieux, grond a sourdement à deux pas de nos émigrants. « Qu’est-ce que c’est ? dit Ephraïm. — C’est ce gentleman, » répondit en riant Tom Wild, en désignant du doigt une sorte de matelot empaqueté dans une fourrure d’ours et couché sur un banc. Tom achevait à peine sa phrase, que l’homme se réveilla en sursaut, étira ses bras et ses jambes, salua gauchement les deux gentlemen, et alla se chauffer devant la cheminée. « Tiens, vous avez gardé vos pistolets avec vous, Ephraïm ? reprit Tom Wild. — Oui, je veux m’exercer à tirer quelques mouettes au vol. » L’homme à la peau d’ours se retourna vivement, et j eta sur l’excentric un regard de pitié, accompagné d’un mouvement d’épaules des plus accentués. « Est-ce que cela vous choque, monsieur, dit Ephraïm en toisant l’homme à son tour ?  — Moi, monsieur ? Nullement. Je serais curieux de voir cela, voilà tout ; et si je le voyais, je dirais que j’ai trouvé mon maître. — Vous êtes donc amateur ? — De première force.... En douteriez-vous ? — J’en doute, fit Ephraïm avec hauteur.  — Alors c’est un défi que vous me portez, reprit l ’homme en se débarrassant lestement de sa fourrure. — Oui, si vous voulez parier contre moi.  — Cinquante dollars que vous ne toucherez pas la t ête de ce clou à quinze pas, fit l’homme en tirant une bourse de cuir de sa poche. — Tenus ! » s’écria Ephraïm en sautant sur ses pistolets. L’arme chargée et les pas comptés, l’excentric, imm obile et retenant son souffle, visa pendant quelques secondes le but proposé ; le coup partit enfin, et la balle, effleurant le clou, alla s’enfoncer dans le plâtre de la muraille. — Pas trop mal, dit l’homme en prenant le second pistolet sur la table et en y glissant une charge de poudre et une balle : Joë Erickson ne vous aura pas tout à fait volé votre argent. — Joë Erickson ! » s’écrièrent en même temps Ephraïm et Tom. L’Américain posa la baguette d’aplomb sur la balle et leva le maillet pour la faire entrer dans le canon ; mais au troisième coup une détonation fit trembler les vitres de la salle, et il tomba la face contre terre. Dans son trouble, Ephraïm avait chargé et armé les deux pistolets.
Tom Wild releva le malheureux Joë pendant qu’Ephraïm cherchait à le ranimer ; mais tous les secours étaient mutiles : Joë Erickson était mort ! « Devil ! grommela Ephraïm, la charge était trop se rrée, il aurait manqué le clou ! Je n’ai pas de bonheur, mon pauvre Tom ! »
1Yole de course de forme effilée et très-plate sur l’eau. . Célèbre constructeur de bateaux de courses.
2Rameurs.
3Constructeur de gigs de courses.