Contes de la vie ordinaire

Contes de la vie ordinaire

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Français
122 pages

Description

La vie réserve à chacun d'entre nous des instants de bonheur qu'il faut saisir au bond et des moments d'épreuve que l'on doit surmonter. Et puis, de temps à autre, il se produit un événement imprévu qui va transformer la personne et changer son destin. Ce livre est l'histoire d'hommes et de femmes qui vont connaître cet événement qui va bouleverser leur existence une rupture, une maladie, un revers de fortune, une trahison, la mort peut-être, qui va frapper à la porte de gens de toutes conditions. Leurs réactions sont aussi inattendues que l'événement qui les a provoquées. Elles trahissent leur véritable nature et celle de la relation qu'ils entretenaient avec le monde qui les entoure et qui s'en trouve, alors, profondément changée.

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Publié par
Date de parution 03 juin 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140123009
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Stéphane Scrive
La vie réserve à chacun d’entre nous des instants de
bonheur qu’il faut saisir au bond et des moments d’épreuve
que l’on doit surmonter. Et puis, de temps à autre, il se produit
un événement imprévu qui va transformer la personne et
changer son destin. Contes Ce livre est l’histoire d’hommes et de femmes qui vont
connaître cet événement qui va bouleverser leur existence
une rupture, une maladie, un revers de fortune, une trahison, de la vie ordinairela mort peut-être, qui va frapper à la porte de gens de toutes
conditions.
Leurs réactions sont aussi inattendues que l’événement
qui les a provoquées. Elles trahissent leur véritable nature
et celle de la relation qu’ils entretenaient avec le monde qui
les entoure et qui s’en trouve, alors, profondément changée.
Stéphane Scrive, ancien haut fonctionnaire de l’État issu
de l’École Nationale d’Administration, est l’auteur de
plusieurs ouvrages notamment d’essais politiques tirés de ses
expériences professionnelles en France et à l’étranger.
ISBN : 978-2-343-17101-2
14 €
Rue des Écoles / Littérature
Stéphane Scrive
Contes de la vie ordinaire
Rue des Écoles / Littérature








Contes de la vie ordinaireRue des Écoles

La collection « » est dédiée à l’édition de travaux
personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique,
politique, etc. Elle accueille également des œuvres de fiction
(romans) et des textes autobiographiques.

Déjà parus
D’Attoma (Bernard), J’entends plus le violon, nouvelles, 2019.
Nizan (Georges), Oublier Tipasa, roman, 2019.
Delsad (Chloé), Lycée Norbert Zongo, récit, 2019.
Lhermitte (Sylvain), ... Et fais ce qu’il te plaît ! 52 jours de Cadix à
Santiago de Compostelle, récit, 2019.
Nauleau Gantier (Chantal), A l’encre de nos vies, récit, 2019.
Sana (Valérie), Rendez-moi mes amours !, roman, 2019.
Béliard (Marine), Un été sous influence, roman, 2019.
Blanc-Sahnoun (Pierre), Petit Mec, roman, 2019.
Mothes (Patrick), Les mystères de « Beau-soleil », roman, 2019.
Crépin (Marie-Elisabeth), Célébration de la bêtise ordinaire, nouvelles,
2019.
Perea Zaldivar (Margarita), Place de la Gare, roman, 2019.
Kissel (Myriam), La vallée de la vie, roman, 2019.



Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée
sur le site www.editions-harmattan.fr

Stééphane Scrrive








Contes de la vie ordinaire




















































© L’Harmattan, 2019
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

www.editions-harmattan.fr

ISBN : 978-2-343-17101-2
EAN : 9782343171012

Sommaire


Avant-propos ........................................................................... 7
La tentation ............................ 9
Pour l’amour de l’Empereur ................................................. 19
La délation ............................................................................. 27
Le rêve passe ......................................................................... 35
Potard contre Potard .............................................................. 39
Résurrection .......................................................................... 45
La barricade ......................... 53
Le sursis ................................................................................. 57
La magie au pouvoir ............................................................. 63
Deux amis ......................... 67
« Christ de la paternité » ....................................................... 75
L’ambition déçue ................................................................... 79
La dame au chapeau noir ...................................................... 83
Un mal mystérieux ................................................................ 87
Un enfant indiscipliné ........................................91
Un instant de bonheur ........................................................... 95
La fille de l’air ........................ 103
L’insoumis ........................................................................... 111
5

Avant-propos


La vie réserve à chacun d’entre nous des instants de
bonheur qu’il ne faut pas laisser échapper et des moments
d’épreuve que l’on doit surmonter. Et puis, de temps à autre,
un événement surgit qui transforme la personne ou change
son destin.
Ce livre, à la suite d’un ouvrage déjà paru, est, comme lui,
un florilège d’histoires vécues par des hommes et des
femmes de toute condition qui, à un moment de leur vie, ont
connu une rencontre, un revers de fortune, un deuil, qui les a
bouleversées.
Ce sont des histoires vraies et des faits réels, une pièce de
théâtre dont les personnages qui sont encore de ce monde
pourraient se reconnaître sans le masque que l’auteur leur a
posé avec certains détails nés de son imagination.

D’autres se retrouveront peut-être dans le portrait de ces
hommes et ces femmes et dans les aventures qui leur sont
survenues. Il s’agira, bien sûr, d’un effet du hasard même si
celui-ci n’est pas aussi innocent qu’il paraît.

7

La tentation


C’était, dans les années qui suivirent la Deuxième Guerre
mondiale, un village accroché aux flancs d’une colline au pied
des monts d’Auvergne.
La vie s’y déroulait comme elle l’avait toujours fait, au
rythme des saisons. Ses habitants l’avaient poursuivie comme si
le conflit qui avait embrasé la terre entière l’avait oublié et
n’était-ce le souvenir de ses hommes qui étaient revenus d’une
captivité dont ils ne voulaient pas parler, on aurait pu penser
que cette guerre n’avait pas existé.
Le petit monde qui se côtoyait dans la rue principale se
connaissait depuis toujours. Des générations de familles s’y
étaient installées au cours du temps, les enfants avaient
fréquenté les mêmes bancs de l’école, chacun avait son métier,
sa maison, son jardin.
Un univers fermé qui s’ouvrait peu à l’étranger. Dans les
bals du samedi soir, au son de l’accordéon, celui qui ne venait
pas du pays brayaud était presque un ennemi et il n’était pas
rare d’assister, quand on avait un peu abusé du vin local, à des
combats violents opposant les gars du coin aux intrus supposés
venir séduire leurs filles.
Il y avait une église située au centre du bourg comme dans
toutes les communes de France, mais elle était assez peu
fréquentée. Pendant longtemps, le presbytère avait été occupé
par un curé d’un certain âge, plutôt bon vivant, grand mélomane
devant l’Éternel et qui occupait les loisirs assez nombreux que
son ministère lui offrait pour jouer du piano devant parfois
quelque paroissien cultivé.
Il avait fini par quitter le village pour une paroisse située en
plaine de Limagne, plus importante et, probablement, moins
austère. Il avait emporté avec lui son instrument de musique et
9 le buste de Beethoven qui le dominait, assurément le musicien
auquel il était le plus attaché. On ne l’avait jamais revu et ses
admirateurs, ou, du moins, ce qui en restait, devaient faire le
voyage pour le rencontrer.
Quelques mois se passèrent avant que s’annonce, enfin, son
successeur. Il apparut, un beau matin, sous la forme d’un jeune
prêtre frêle et au visage émacié dont c’était, sans doute, la
première paroisse.
Sa venue excita immédiatement la curiosité de ses ouailles
qui se mirent en quête d’informations sur lui, sur son passé et
sur sa famille. On apprit qu’il était le fils unique d’un ménage
de petits bourgeois aisés très pratiquants et qui ne l’avaient pas
découragé quand il leur avait fait part de son vœu d’entrer en
religion. Ils avaient payé les frais du séminaire dont il venait de
sortir et étaient bien décidés à subvenir à ses besoins si les
fidèles faisaient défaut. On en avait conclu que l’évêché, au
courant de la faible générosité des paroissiens, avait pensé qu’il
était l’homme de la situation.
Dans les premiers temps, ceux de son installation, il fut
l’objet d’un préjugé favorable, celui qui est accordé à quelqu’un
qui vient d’arriver et dont on attend qu’il fasse ses preuves. Il
était naturellement d’une grande timidité et surtout animé d’un
désir de bien faire ce qui lui était reconnu comme une qualité.
On s’était habitué à sa petite silhouette noire descendant la
rue principale à la recherche de provisions qui feraient ses repas
de midi et du soir et qu’il se préparait lui-même.
Il n’avait pas réussi à trouver une de ces saintes femmes qui
se dévouent au bien-être matériel du curé de village, qui
souvent le mignotent en lui cuisinant des petits plats dont elles
ont le secret, entretiennent son linge et le soignent quand il est
souffrant. Lui, vivait seul et chichement, cultivant le lopin de
terre qui lui servait de jardin et, pour le reste, se contentait de
peu. Rien d’étonnant, disaient les gens du village, qu’il soit si
chétif et qu’il ait le teint si pâle.
Son seul luxe était une voiture Citroën de couleur grise, une
deux-chevaux flambant neuf, cadeau de ses parents et qu’il
bichonnait soigneusement. Ce carrosse excitait la jalousie de
10 tous les hommes du village et ils étaient nombreux qui
n’avaient pas les moyens de se payer ce qui était encore une
denrée rare à l’époque.
Il l’utilisait peu comme s’il voulait la ménager. Peut-être
aussi ne trouvait-il pas l’occasion d’aller découvrir les alentours
qui pourtant offraient aux touristes qui venaient en été des
paysages de montagne pittoresques et, parfois, grandioses.
Le village comprit bientôt qu’il ne se reconnaissait pas dans
cet étranger venu de la ville et, pour tous ces fils de paysans qui
travaillaient dur et vivaient de peu, la présence d’un homme qui
était, selon eux, oisif et, peut-être, fortuné, leur paraissait
incongrue.
L’abbé s’obstinait à réussir sa mission qui était impossible,
celle d’évangéliser une population qui lui était indifférente ou
hostile. Il convoquait pour le catéchisme les gamins et les
gamines qui y venaient sans enthousiasme d’autant que leurs
parents ne les y encourageaient pas toujours. Ceux qui s’y
présentaient écoutaient d’une oreille distraite la bonne parole et
se montraient bien incapables de répéter ce qu’ils avaient
entendu. De toute façon, le temps heureux de la communion
solennelle étant passé, ils oublieraient comme leurs aînés le
chemin de l’église.
Celle-ci était déserte tout au long de la semaine et c’était
seul, sans même un petit enfant de chœur pour lui donner la
réplique, que le curé disait sa messe quotidienne comme il en
avait le devoir. Le dimanche, ce n’était guère mieux et les
quelques paroissiens qui suivaient l’office restaient bien
silencieux quand la parole leur était donnée. Seules, les fêtes
carillonnées, tradition oblige, étaient encore bien respectées,
mais on sentait que l’assistance au service divin était surtout le
prélude à des agapes attendues avec un brin d’impatience.
Les mois d’été amenaient leur cortège d’estivants venus
retrouver, qui le bon air de la campagne, qui la maison de
famille qui ouvrait enfin ses volets. L’église retrouvait alors un
peu de couleurs et l’abbé, de temps en temps, le sourire devant
ces paroissiens d’occasion qui lui redonnaient confiance dans sa
11