CONTES ET LEGENDES DE TURQUIE

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209 pages
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Description

Le livre fait découvrir toute la richesse du conte traditionnel turc. On trouve ici, comme dans l’ensemble de la collection, des contes étiologiques, merveilleux et, de manière inédite, un genre de contes particulièrement apprécié par les Turcs : des contes de menteurs, où chacun cherche à dépasser son adversaire par le récit le plus extravagant possible. Le traducteur nous convie également à savourer, grâce à son style léger et chatoyant, la virtuosité et l’élégance des petits poèmes (tekerlemé) intercalés dans le texte des contes qui nous transportent dans un monde poétique et décalé où tout est possible.

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EAN13 9782373800098
Langue Français

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Bavardage entre chien et loup
Le loup, un jour, dit au chien : – Dans la nuit noire, je détecte le mouvement d’une fourmi noire. Et le chien de répondre : – Moi, quand je suis couché dans l’étable,j’entends quand dans la tente on retire un poil tombé dans l’huile. Un autre jour, le chien dit au loup : – Hier soir en regardant du haut de la colline, j’ai vu qu’en bas, sur la route, on a laissétomber une aiguille. – Oui, j’ai entendu le bruit qu’elle a fait entombant. Mais comme le son était creux et pas net, je me suis dit : « Le chas de l’aiguille est cassé » et je ne suis pas sorti la ramasser.
L’auteur de ces traductions, Rémy DOR enseigne les langues türk à l’INALCO, il est Professeur Honoraire de l’Université d’Etat de Bichkek, Docteur Honoris Causa de l’Académie des Sciences du Kirghizstan, depuis plus de trente ans il étudie les langues et les oratures des peuples de Centre-Asie et de Turquie : il leur a consacré de nombreux ouvrages et travaux scientifiques.
ISBN 978-2-910272-16-6
20 €
Aux origines du monde Turquie Contes et légendes de Turquie
Aux origines du monde Flies France
Aux origiNes du MoNde CoNtes et légeNdes de Turquie
Textes choisis et traduits par RéMy DOR IllustratioNs de SusaNNe STRASSmAnn
Flies France
CollectioN dirigée par GaliNa Kabakova
Déjà parus :
Contes et légendes de France
Contes et légendes d’Ukraine
Contes et légendes du Japon
Contes des peuples de la Chine
Contes et légendes de Flandre
Contes et légendes de Centre-Asie
Contes et récits des Mayas
Contes et légendes du Maroc
Contes et mythes de Birmanie
Relecture : ANNa Stroeva
Couverture : SusaNNe StrassMaNN
© Flies FraNce, Paris, 2002 ISBn 2-910272-16-8
Prologue
proème simple réduit à la « captatio benevolentiae » et dépourvu de partitio
Proche et loiNtaiNe Turquie. L’espace d'uN iNstaNt de MéMoire, le teMps d'uNe décisioN de départ. Il y aura taNtôt quaraNte aNNées decela uN jeuNe étudiaNt eN droit au terMe d'uNe aNNée acadéMiqueMeNt Médiocre, coNclue de Morose façoN sur uNe iMpossibilité de se reMé-Morer les cas de recherche eN paterNité, uN jeuNe hoMMe faMélique et taciturNe, après uN loNg voyage eN auto-stop depuis Paris débar-quait d’uN TIR yougoslave (de ceux qui faisaieNt la ligNe müNich-TéhéraN) du côté de Yéchil-Köy. UNe belle aube d’été, eNtre 4 et 5 heures. UN peu de Marche, poNctuée de ce geste d’at-traper uNe Mouche qui coNstitue la variaNte MéridioNale du pouce dressé duhitch hikerlaMbda. La charrette qui s’arrête. UN Maraî-cher s'eN allaNt veNdre ses léguMes eN ville. Au pas leNt de la paire de bœufs, je découvre, daNs le trioMphe du soleil levaNt, Sahil Yolu, la route de la corNiche ; je Me dépouille de la FraNce, de la fraNcité, de la fraNcitude pour M’eMplir du sciNtilleMeNt des coupoles, du ruisselleMeNt de la luMière sur la CorNe d’Or. ENfiN, l’OrieNt. DaNs l’espoir de retrouver, de rejoiNdre et peut-être accoMpagNer ce postadolesceNt vêtu
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de Noir et qui Me resseMblait coMMe uN frère, j’ai coMposé uN poèMe d’aNaMNèse :
. je me souviens de la rue de l’Indépen-dance et de la venelle des Postiers . je me souviens de la grille de fer du lycée Galatasaray . je me souviens de Jorj . je me souviens de l’odeur de carda-mome au Marché égyptien. . je me souviens de ce petit porteur d’eau qui m’offrit d’un geste gracieux un peu d’eau trouble dans un verre sale & que je payai faute de mieux d’un sourire & qui me répondit d’un geste ample du bras : la vie ça va ça vient . je me souviens du refrain « Félèk béni düchürdü tchïkmayan sokaklara » . je me souviens de Hale Abla et de l’is-sue d’un mauvais pas . je me souviens de Zeynep et de sa sœur . je me souviens de la gare du Vinaigrier . je me souviens de la marche de Bolu à Eregli . je me souviens de la canopée bruis-sante mais calme . je me souviens qu’il est difficile d’expli-quer à un jandarma la différence entre un promeneur et un djasous (espion) . je me souviens du tarzandja,
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langue-de-Tarzan, grâce auquel les mains apprennent à parler . je me souviens que la mer Noire est grise . je me souviens que de Hopa à Artvin le paysage s’incruste dans vos yeux . je me souviens que personne ne sait où est Harbol . je me souviens du restaurant dans les remparts à Antalya & de son patron Safder bey & de la bonne cuisine turque & des eaux bleutées de la Méditerranée & de la trompeuse douceur de vivre . je me souviens du hameau de Kemer qui n’était accessible qu’en jeep . je me souviens de Polonez-Köy & de la poêlée de champignons frits . je me souviens de la promenade en barque sur le Bosphore quand on a perdu une rame & qu’on est partis à la dérive pendant trois heures . je me souviens d’Édip . je me souviens de la fois où on s’est assis sur la route avec des copains pour empêcher le cortège des mariés de passer & qu’ils ont fait pleuvoir sur nous une pluie de pièces & que deux voyous ont essayé de nous les piquer & que Ayï Dayï les a attrapés et cognés
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. je me souviens qu’à l’époque avec une livre turque on mangeait très correcte-ment chez un ichkembedij (tripier) . je me souviens qu’il me reste quelque part des pièces de 25 kourouch & une de 10 para . je me souviens de Zeki Müren chantant « Toi t’es une chanson toi » . je me souviens de Achïk Ihsani & de son livret qu’il m’a dédicacé « À Rémy djiguitement » & de discussions sur l’égalité & sur les bûcherons qui aiguisent leur hache derrière leur dos en attendant leur heure
À TOUS CES ÊTRES, LIEUX, MOMENTS DE TURQUIE CAPTURÉS ET EMPRISONNÉS DANS LES RETS DE CÉRÉBELLEUSE MÉ-MOIRE, QUI ONT FAIT DE MOI CE QUE JE SUIS DEVENU SANS SAVOIR QUE JE L’ÉTAIS DÉJÀ, JE DÉDIE CE RECUEIL.
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