Les neuf chamanes et le maître de la pluie
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Description

Vous découvrirez dans ces récits inédits des créatures étranges et mystérieuses ainsi que la vie de certains chamanes qui communiquent avec elles. Vous apprendrez que la "Rivière sans os" est le lieu mythique le plus important pour ce peuple. Des récits pour voyager très loin et aborder l'imaginaire foisonnant du peuple palikur.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2007
Nombre de lectures 82
EAN13 9782336273235
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sommaire
La Légende Des Mondes Page de titre Page de Copyright Introduction Les neuf chamanes et le maître de la pluie Les trois chamanes Le grand chamane Karumayra Le grand lac Wawoumnah et les Wanessés Le kisepcka de la veuve et de son fils Bibliographie sur la langue palikur
La Légende Des Mondes
Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland, Joëlle et Marcelle Chassin
Dernières parutions
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Thérèse PHAM-DAO, Le cheval d’étain , 2006.
Les neuf chamanes et le maître de la pluie

Mauricienne Fortino
© L’Harmattan, 2007
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr
9782296027404
EAN : 9782296027404
Introduction
Ces textes sont des récits palikur 1 mettant en scène des chamanes. Les Palikur sont un des six peuples amérindiens présents en Guyane. Leur langue appartient à la famille arawak, présente dans une grande partie du bassin amazonien et jusqu’en Amérique centrale. Les Palikur, sont environ deux mille, répartis pour moitié entre la Guyane (communes de Saint Georges, Régina, Roura et Macouria, où ils se sont établis depuis un demi-siècle), et l’Etat d’Amapa au Brésil. C’est là que se trouve le pays de Uaça avec le village de Kumeneh, qu’ils considèrent comme leur foyer originel. Ce pays est essentiellement une zone de savanes inondées et de marais, qui ont marqué leur culture et leur imaginaire. Comme les autres Amazoniens ils étaient traditionnellement des horticulteurs semi-nomades, chasseurs et pêcheurs.
Ces récits mythiques ont comme protagonistes des chamanes dont ils présentent des exploits. Comme le dit Michel Perrin dans Le chamanisme (Que sais je ?) le monde en effet est perçu comme double. Il y a « ce monde-ci visible, quotidien, profane et le monde autre habituellement invisible aux hommes ordinaires. C’est le monde des dieux et de leurs émissaires, des esprits de toutes sortes — célestes ou chtoniens, pathogènes ou bienveillants — le monde des maîtres des animaux ou des végétaux, des ancêtres et des morts. » (p.6, op. cité). Chez les Palikur il semble même qu’il y ait plusieurs mondes autres que les chamanes visitent.
Les grands cataclysmes qui affectent les hommes, comme la sécheresse dans le récit des neuf chamanes, mais aussi tous les faits de la vie et la mort même sont supposés être dus à l’action des créatures de ce monde autre . Ce monde ressemble au nôtre: « Les êtres qui le peuplent sont animés par les mêmes passions et les mêmes pensées que les hommes mais leurs pouvoirs sont supérieurs » (p. 7 op cité). Les chamanes peuvent être bons ou mauvais. Ils établissent « à volonté une communication avec l’invisible »
Ces caractéristiques se retrouvent dans les récits présentés ici :
« Avec ses pouvoirs, Karumayra ouvrit les yeux de son jeune frère sur l’autre monde, et lui permit de voir ce qu’une personne comme vous et moi ne peut voir, et même ne peut avoir ne serait-ce qu’une toute petite pensée de ce qui y existe . »
Il peut lire aussi les pensées des hommes : « Le grand Karumayra avait lu les- pensées de son jeune frère, alors qu’il était encore loin de la maison. »
On devient parfois chamane par naissance : « Un chamane né du sein de sa mère avec ses pouvoirs est un chamane très puissant. Ses pouvoirs surpassent tous les autres chamanes qui ont été initiés. »
Mais le plus souvent il est initié comme l’est le jeune fils du chamane dans le récit : Un oncle et ses trois neveux.
« Tout le temps qu’il était chez le grand Wavaman et sa femme, le gros crapaud, il était en initiation et toutes les épreuves qu’il avait eu à surmonter, même en pleine mer, agrippé an tout petit caïman, les pieds dans l’eau, étaient pour qu’il n’ait jamais peur de rien, quoi qu’il arrive et aussi pour qu’il puisse prendre la bonne décision. »
Nous apprenons qu’il doit fumer un sigale, une sorte de tabac issu de l’écorce d’un arbre de la forêt amazonienne, possède un maraca, un bâton surmonté d’une calebasse remplie de graines, et peut jouer de la musique.
Le chamane fume le sigale qui n’a rien avoir avec le cigare européen car c’est l’écorce de l’arbre imui ( l’arbre des chamanes ) qui est enlevée puis séchée. Une fois sèche, elle se décolle comme des feuilles de papier et est enroulée ensuite sans aucune autre matière. Généralement seuls les chamane utilisent le sigale. Il est très parfumé et permet de faire appel au bon comme au mauvais esprit.
Le chamane possède un petit maraca, c’est une calebasse montée sur une tige de 10 à 15 centimètres qu’il utilise pour entrer en contact avec les êtres des autres mondes. Il en utilise aussi des grands montés sur des tiges de 2 mètres pour les danses traditionnelles.
Nous voyons aussi les pouvoirs du chamane et sa possibilité d’aller d’un monde à l’autre : « Il était tellement puissant qu’il visitait souvent ses mondes cachés et beaucoup de gens de ces autres mondes le visitaient sur terre. [...] Il ne voulait pas prendre une femme humaine pour ne pas la mettre en danger ainsi que les enfants qu’il aurait pu avoir dans son village. Trop de gens pas toujours gentils lui rendaient visite sur terre. »
Ce sont ces créatures mythiques et la vie de certains chamanes que vous allez découvrir dans ces récits inédits. Ils présentent une mythologie structurée, aussi riche que la mythologie gréco-romaine.
La « Rivière sans os » en est le lieu mythique le plus important : « à l’endroit de l’Amazone où toutes les eaux se rejoignent, la fameuse rivière sans os [...] où le léger plonge et le lourd flotte [...] à l’endroit où toutes les eaux se rejoignent, les eaux douces et les eaux salées, il y a beaucoup de courant double et au milieu, il y a un grand tourbillon qui aspire tout ce qui a le malheur de se trouver sur ces eaux sans os. [...] Toutes sortes de mangeurs d’hommes et aussi les animaux que nous pensons disparus depuis des années, qui sont appelés “ axtig ”, sont dans la rivière sans os, enfermés par des chamanes très puissants. » Cette rivière est conçue comme un corps invertébré, ce qui nous montre une vision du champ spatial très différente de celle de l’Occident.
Le mot palikur Axtig qui se prononce “ashtig” désigne les bêtes féroces, dévoreuses d’hommes, qui vivent surtout dans la rivière sans os. Elles peuvent revenir fréquenter les hommes sous forme d’animaux fabuleux. Ce sont des êtres de l’autre monde « la mère des raies ne vivait pas dans nos eaux mais dans l’Amazone où il existe la rivière sans os, où le léger plonge et le lourd flotte. »
Les Wanessés (piranhas géants), le Wahamawi (anaconda), le grand Wavaman (caïman noir), le dindriyé (énorme caïman) et le pawtou (oiseau) sont des « axtig ». Ils peuvent changer de forme et se transformer en hommes aux pouvoirs surnaturels. Pour se transformer de nouveau en animal mythique ils doivent revêtir une « veste » leur donnant l’apparence de ces animaux. Ils ont plus de pouvoirs et sont plus dangereux pour l’homme quand ils ont la forme animale. Certains de ces êtres, comme la grand-mère crapaud, sont gentils pour les humains. Ils sont souvent appelés « mangeurs d’hommes ».
Un humain peut être transformé en « axtig » en revêtant cette veste 2 :
Vous découvrirez aussi dans ces recueils la vie quotidienne de ces Amérindiens : leur alimentation à base de manioc dont la transformation permet d’aboutir aux « cassaves » ou galettes et au « couac », semoule qui accompagne tous les autres mets. Le manioc fermenté et préparé avec de la patate douce et parfois des fruits donne la boisson traditionnelle et rituelle : le cachiri, dont ils préparent d’énormes quantités. On raconte qu’ils construisent des « maisons » remplies de jarres de cachiri.

Ces récits, totalement inédits, ont été recueillis par Mauricienne Fortino auprès de Antonio Felicio Inacio, chef coutumier du village amérindien de Kamuyene à Macouria en Guyane, que nous tenons à remercier. Ils ont été écrits en français par Mauricienne Fortino. Elle-même Palikur, Mauricienne consacre une grande partie de sa vie à collecter et sauvegarder la tradition de son peuple.
Le dernier chamane palikur vit encore en Guyane, mais aura-t-il un successeur ?
Nicole Launey enseignante de Lettres
Les neuf chamanes et le maître de la pluie
Il y a très, très longtemps de cela, je ne pourrais pas vous dire exactement la date ou même l’année à laquelle se passa cette histoire.

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