Normandie, les histoires extraordinaires de mon grand-père

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134 pages
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Rares sont les ouvrages qui vont chercher ce qui se cache derrière cette terre de cartes postales. Or cette vieille province possède bien d’'autres trésors, bien d'’autres richesses, un patrimoine oral particulièrement original et varié, transmis de génération en génération depuis ces temps que l'’on dit "immémoriaux". Ce sont ces histoires, à faire sourire, à faire peur, à faire rêver... que nous raconte ce livre.


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Date de parution 27 décembre 2012
Nombre de visites sur la page 775
EAN13 9782365729734
Langue Français

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Les chemins de l’Imaginaire
Les histoires normandes de mon grand-père
Jacques Hel Gérard Nédellec
REFLETS DE TERROIR ÉDITIONS CPE
Première édition Avril 2009
© Édition COMMUNICATION-PRESSE-ÉDITION 2009
La loi du 11 Mars 1957 interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal.
Avant-propos
Les guides touristiques nous répètent à longueur de phrases stéréotypées et de photos lisses et glacées les mêmes clichés sur nos terroirs : ses châteaux stars, ses cours d’eau ombragés, ses sites classés, ses vu es imprenables, ses vins, ses bons produits et sa gastronomie, ses hommes célèbre s, les pages enluminées de son histoire…
Rares sont les ouvrages qui vont chercher ce qui se cache derrière cette terre de cartes postales. Or cette vieille province possède bien d’autres trésors, bien d’autres richesses, un patrimoine oral particulièrement original et varié, transmis de génération en génération depuis ces temps que l’on dit « immémoriaux ».
C’est une partie de ce Terroir-là, avec ses secrets , ses mystères, ses rumeurs, son univers étrange peuplé d’êtres fantastiques, de dam es blanches, de birettes et de mauvais esprits, d’animaux monstrueux et de personn ages fabuleux que l’auteur nous révèle ici : légendes, récits venus des profon deurs de la mémoire collective des habitants de la région ou contes inspirés par « sa » terre natale.
Ce sont ces histoires, à faire sourire, à faire peu r, à faire rêver… que nous racontaient nos grands-pères et leurs pères avant eux.
Préambule
La Normandie ! Si tous les pays ont une histoire, c elle de la Normandie se confond avec les vastes forêts qui couvraient son sol et la mer témoin de son glorieux passé, la mer qui a vu passer l’armada victorieuse de Guillaume allant conquérir son royaume anglais, et celle, un peu moins de mille ans plus tard, des libérateurs qui faisaient le voyage inverse pour ramener la liberté.
Que de chemin parcouru depuis Rollon, premier duc de Normandie ! Les farouches guerriers sont devenus agriculteurs. Ils ont rebâti ce qu’ils avaient détruit. Ils ont défriché cette forêt normande pour ne laisser que d e superbes débris épars, principalement dans le sud, l’est et autour des boucles de la Seine. À sa place sont apparus ces champs et herbages à l’herbe grasse et luisante, du Cotentin au Vexin, du Bocage au Pays d’Auge, du Perche au Pays de Bray, du Bessin au Pays d’Ouche.
Et comme le ciel n’est pas avare de pluie, le paysa n normand se contente, dit-on, de regarder l’herbe pousser. « La Normandie en pleu rs prépare la Normandie en fleurs », disait La Varende.
Mais c’est en avril et mai qu’il faut la voir, lors que le soleil joue dans les fleurs blanches et roses des pommiers et qu’une brise prin tanière les agite. On dirait des milliers de papillons posés sur les arbres. En auto mne, sentez-vous l’odeur entêtante des pommes, mêlée à celle de la terre fraîchement labourée et de l’herbe mouillée ? Bientôt, on pressera la pulpe de ces « fruits dorés » pour faire couler le cidre ambré, et nous boirons tous « le grand mousse ux de nos fermiers », comme dit la chanson.
La Normandie est un pays de traditions fortes, où l ’on entend encore patoiser. Qu’on ne s’y trompe pas. Le normand faisait partie de la langue d’oil, avec le picard, le poitevin, le bourguignon, et le parler de l’Ile-de-France. Si ce dernier a fini par supplanter les autres, les cinq dialectes étaie nt autrefois égaux et souverains. Le normand nous a laissé, entre autres, « la Chanso n de Roland ». Et si le patois actuel est une forme affaiblie de ce dialecte, on y trouve encore des vieux mots au charme désuet. Il serait plus juste dans ce cas de parler de français régional.
La différence entre patois et français régional est assez subtile. Elle n’apparaît pas clairement pour un non initié, le plus souvent encl in à confondre les deux. Globalement, le patois est plutôt une déformation d es mots, un escamotage des syllabes, tandis que le français régional consiste à utiliser des mots propres à une région donnée. Le normand emploie et mélange les de ux genres, sans s’en rendre compte la plupart du temps, ce qui rend leur identification malaisée. Notre grand-père raconteur d’histoires ne faillira pas à la règle.