Et le vent se mit à souffler

Et le vent se mit à souffler

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160 pages
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Description

La sentence est tombée... Aussi froide qu'inattendue. Sept semaines d'errance et de combat menés face à la maladie. Heureux père et époux, Mathieu était encore il y a peu bercé par l'insouciance de la vie. Maintenant déchiré par la perte de sa maman, il livre une confession poignante, celle d'un enfant meurtri et gagné par la culpabilité et le sentiment d'injustice. Et puis l'espoir, l'espoir de vivre, de continuer inlassablement à tracer son sillon vers sa destinée. Pour le meilleur et pour le pire... Par le biais d'anecdotes savoureuses et de clichés souvenirs, l'auteur nous livre la chronologie du destin d'une mère qui aura su affronter jusqu'au bout les travers injustes de notre existence: porté par une plume sensible et maîtrisée, un témoignage vibrant, hommage sincère et émouvant, sans fioritures ni médisance face au visage de la mort qui nous guette.

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Ajouté le 08 novembre 2012
Nombre de lectures 32
EAN13 9782748396027
Langue Français
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Et le vent mit à souff
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Mathieu Marrony Et le vent e mit à souffle
Publibook
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IDDN.FR.010.0118080.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2012
À notre regrettée Mère
Introduction
Et le vent se mit à souffler. Aussi soudain quinattendu Fort Très fort Des rafales tempétueu-ses et glaciales balayant la plaine du Roussillon, des contreforts du Canigou jusquà la pointe de Collioure. Trois jours dinstabilité, trois jours de tourmente, trois jours de deuil Ce fut un soir de 23 décembre, un jeudi noir gravé à jamais dans ma mémoire. Je revois encore le long silence qui suivit lappel pris par Sandra, ma sur ainée. Cétait le Centre de rééduca-tion qui appelait. La veille, ma mère y avait été transférée pour des soins palliatifs de circonstance. Le comité de crise constitué pour loccasion de Sandra, Asmahane mon épouse et moi-même procédait à un énième point sur la santé vacillante de Maman. En une fraction de seconde, le temps sétait suspendu autour de moi. Interminables ins-tants de solitude et de torpeur qui navaient eu de cesse de me traquer depuis le début. Sept semaines deffroi et derrance, mêlés de doutes et de certitudes quant à lissue du verdict. Pas un jour de répit, pas une seule seconde où lespoir sera venu frapper à la porte du destin. Comme si le temps sétait consumé dans un tourbillon sans fin de pensées funestes. Une vision en déséquilibre de linévitable, où la lucidité avait fini par triompher sur toute envie dy croire. A lorigine défiant, mon esprit sétait finalement laissé griser par la corne de brume démoniaque quon entendait poindre au loin. Le moment tant redouté était là et jallais devoir laffronter. Je fixais désormais ma sur sans relâche, tentant de saisir le motif de cet appel. A première vue, son air grave
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et fuyant naugurait rien de bon. Je la voyais hocher sa tête de haut en bas de manière mécanique, semblant donner raison à son interlocuteur. Des traits de plus en plus figés sur son visage trahissaient un signe de défaite et de rési-gnation.  Ben, une nouvelle angoisse nocturne de Maman ? Tentai-je de me convaincre sur le coup. Et cest à force dinsister que jarrivai enfin à capter son regard. Des pupilles dilatées à lextrême me pointaient à présent. Ils semblaient minterpeller avec force. Fuyant ce signal troublant, je préférai aussitôt détourner mes yeux. Je visai alors timidement mon verre en face de moi pour ne plus le quitter. Une lave de terreur bouillonnait à présent en moi. Je savais déjà.   Merci pour votre appel Docteur. Au revoir. A ces mots de fin, je relevai brusquement la tête. Le té -léphone posé, Sandra se tourna alors lentement vers nous, poussa une dernière inspiration et plongea courageusement dans les eaux troubles de nos pensées :  Cest fini A ces mots, une partie de moi-même sen est allée, em-portée quelle fut par uncancer dâmefoudroyant. On a beau sy préparer, se persuader que nous pourrons accep-ter limpensable, rien ny fait : le chagrin triomphe toujours. Désormais, je ne serais plus comme avant.
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