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Lettres (Tome 2)

De
752 pages
L’œuvre de Schopenhauer reste en France encore largement méconnue. Disséminée en de multiples opuscules de philosophie digeste et d’aphorismes divertissants, elle a ainsi vu son unité malmenée au gré des publications tronquées. La parution d’une traduction inédite du Monde comme volonté et représentation dans cette même collection (Folio Essais) a déjà offert l’occasion de reporter l'attention sur l’entreprise proprement philosophique de Schopenhauer, sur l’intention fondatrice qui unit tous ces développements éparpillés au gré des découpages éditoriaux.
Les Lettres qui vont de 1803 à quelques semaines avant sa mort en 1860 permettent de mettre en perspective les écrits de Schopenhauer, l’unité de son œuvre forgée au cours des années, mais aussi les incompréhensions auxquelles il s’est heurté, les malentendus qu’il a dû dissiper. Au fil des ans s’observe la diversité des thèmes et des correspondants à proportion de la gloire et de l’influence ascendante du maître de Nietzsche, particulièrement sur ces disciples qu’il ne craint pas d’appeler ses "apôtres" et ses "évangélistes".
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COLLECTION FOLIO ESSAIS
Arthur Schopenhauer
Lettres TOME SECOND Édition établie et annotée par Arthur Hübscher Traduit de l’allemand par Christian Sommer et révisé par Natacha Boulet
Gallimard
LETTRES
1 231. À F. A. BROCKHAUS
Monsieur,
Dans votre honorée lettre, vous m’avez fait une proposition que je ne puis accepter, car je refuse résolument toute édition à compte d’auteur, au point que je préfère laisser reposer mon manuscrit jusqu’à ce qu’il soit unposthumumque les éditeurs s’arracheront aussitôt. Je sais bien qu’il en va tout autrement pour l’instant ; cela n’est pas un reproche à adresser à mes œuvres, mais au public. Entre-temps, puisque que vous ne pouvez pas vous charger de cet ouvrage, j’ai songé que vous auriez peut-être la bonté de le recommander à un de vos collègues à Leipzig, sous condition qu’il utilise votre imprimerie, ce que je pourrais ensuite 2 également stipuler dans le contrat : ainsi, nos desseins à tous deux seraient satisfaits et vous auriez particulièrement obligé
Francfort s. M. le 8juillet 1850.
votre tout dévoué Arthur Schopenhauer
P. S. Par ailleurs, cela n’est pas urgent : je viens encore de commencer une ultime révision du manuscrit, et je trouve qu’elle n’est pas tout à fait inutile ; je vais donc la mener à terme.
1 232. À F. A. BROCKHAUS
Monsieur,
je vous prie de m’excuser de vous importuner de nouveau avec la même affaire : elle n’est quand même pas si insignifiante pour qu’elle ne vaille pas quelques lettres.
Depuis votre dernière lettre de refus, je n’ai contacté aucun autre éditeur, démarche qui à vrai dire me déplairait, mais j’ai au contraire poursuivi l’ultime révision de tout le manuscrit, déjà mentionnée, en pensant que « le temps portera conseil ». Le retardement était même bienvenu, car ces dernières retouches ont fait le plus grand bien à la chose. Mais à présent j’ai avancé au point que j’aurai terminé à la fin de ce mois ; ensuite il ne faudra plus que je le regarde, pour ne pas l’aggraver par des corrections, et j’aimerais donc me débarrasser du manuscrit. Cela m’est très difficile de faire des demandes auprès d’éditeurs que je ne connais pas, tel un toilier qui vient d’achever son tissage. Je ne l’ai proposé qu’à 2 Suchsland , qui ne dispose pas des moyens adéquats, sans quoi il l’aurait pris en charge. Comme je l’ai déjà évoqué, j’ai banni l’édition à compte d’auteur. Je vous propose donc à nouveau mon texte et cette fois-cigratuitement. Si vous ne le prenez pas dans ces conditions, vous commettez une faute. Car vous ne pouvez pas y faire de pertes, mais seulement y gagner beaucoup. Pensez ce que bon vous semble à mon sujet : j’affirme que mes écrits sont ce que le siècle a produit de mieux, et je ne suis pas le seul à le dire. Une fois que la résistance passive de la corporation des professeurs de philosophie sera brisée, on imprimera alors encore souvent tous mes ouvrages. Mais à cela s’ajoute que l’ouvrage en question est de 3 loin le plus populaire, c’est en quelque sorte mon « philosophe pour le monde », comme vous pouvez en juger d’après la table des matières. Je vous prie donc de 4 réfléchir encore à cette affaire et j’attends votre aimable réponse en demeurant avec ma haute considération
Francfort s. M. le 3sept. 1850.
votre tout dévoué Arthur Schopenhauer
P. S. Je pourrais vous envoyer tout de suite environ ¾ du manuscrit, et le reste en tout cas avant la fin du mois.
1 233. À DIETERICH, GÖTTINGEN
À la librairieDieterichà Göttingen.
Je me permets de vous proposer l’édition de mes petits écrits philosophiques dont je joins la table des matières au verso de la présente. Vous pourrez déjà y voir que cet ouvrage, du moins selon la majeure partie de son contenu, est de loin plus populaire que les précédents : je pourrais même l’appeler mon « philosophe pour le monde ». Ceci sera favorable à la vente. L’ayant à peine terminé, après six ans de travail, j’aimerais à présent l’envoyer dans le monde. Je ne demande pas d’honoraires, à condition que vous choisissiez une typographie convenable, pas plus petite que la deuxième édition de mon ouvrage paru chez Brockhaus, et que vous m’envoyiez d’abord un échantillon de l’impression ; que vous n’imprimiez
pas plusde 750 exemplaires et que vous renonciez explicitement à unedeuxième édition ; et enfin que vous m’envoyiez chaque feuille pour la correction, ainsi que le manuscrit correspondant — une condition indispensable. En attendant votre aimable réponse
I.
II. III. IV.
V.
VI.
Francfort s. M. le 8sept. 1850.
tout dévoué Dr. Arthur Schopenhauer
PARERGA ET PARALIPOMENA Petits écrits philosophiques par A. S. Table, avec l’estimation du nombre de pages, calculé d’après l’impression et le format de ma deuxième édition de chez Brockhaus Premier tome (qui contient 6 traités).
Esquisse d’une histoire de la doctrine de l’idéal e t du 25 réel Fragments d’histoire de la philosophie 100 Sur la philosophie universitaire 55 Spéculation transcendante sur l’intentionnalité apparente dans le destin de 22 l’individu Essai sur les apparitions et les faits qui s’y 88 rattachent Aphorismes sur la sagesse dans la vie 165 455
pages
" "
"
"
" pages
Deuxième tome. Des pensées éparses sur divers sujets, mais ordonnées systématiquement. [divisé en chapitres]
Chap.
1. 2. 3.
4.
5. 6.
7. 8. 9. 10.
11.
12.
13. 14.
15. 16. 17.
Sur la philosophie et sa méthode 14 De la logique et de la dialectique 15 Les pensées touchant à l’intellect en général 28 Considérations sur l’opposition de la chose en soi et du phénomène 21 Quelques mots sur le panthéisme 2 De la philosophie et des sciences de la nature 55 De la théorie des couleurs 32 De l’éthique 34 Du droit et de la politique 24 De la doctrine de l’indestructibilité de notre être par la mort 14 De la doctrine de la néantité de l’existence 5 De la doctrine de la souffrance du monde 8 Sur le suicide 3 De la doctrine de l’affirmation et négation de la volonté de vie 7 Sur la religion 55 De la littérature sanskrite 5 Quelques remarques archéologiques 3
pages "
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"
Chap.
18.
19.
20.
21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31.
Quelques considérations mythologiques De la métaphysique du beau et de l’esthétique Sur le jugement, la critique, l’approbation et la gloire Sur l’érudition et les érudits Penser par soi-même Sur l’écriture et le style Sur la lecture et les livres Sur le langage et les mots Remarques psychologiques Sur les femmes Sur l’éducation De la physionomie Sur le vacarme et le bruit Métaphores, paraboles et fables Quelques vers
1 234. À JULIUS FRAUENSTÄDT
CherDr.Frauenstädt !
6
35
26 9 10 33 7 8 26 17 8 8 3 6
531
pages
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pages
D’abord, je dois encore une réponse à votre lettre de décembre, ce que j’avais 2 toujours remis à plus tard, dans l’attente de voir votre article sur Dorguth dans 3 lesLiterarische Blätter pour ensuite vous faire part de mon avis :!sed frustra J’impute cela à ces rédactions qui souvent laissent traîner horriblement longtemps les articles reçus, et même maintenant, je n’abandonne donc pas tout espoir. Cependant j’ai lu vos recensions plus anciennes que j’avais demandées, mais elles ne me sont plus présentes à l’esprit. En revanche, j’ai lu avec grand plaisir dans la der nièr eHallische Literaturzeitung votre critique deL’Esprit dans la nature 4 d’Ørsted , où vous jouez tout à fait selon ma note fondamentale, et je ne saurais manquer d’en être satisfait ; de manière générale, elle est bonne et louable. J’aurais seulement voulu que vous considériez aussi un autre côté de la chose, à savoir l’opposition de son ESPRIT dans la nature à ma VOLONTÉ dans la nature (son titre imite le mien, tout commeL’Esprit de l’homme dans la nature de Schubart 1849). Sa pensée fondamentale (d’après ce que je sais selon 3 ou 4 recensions, car je n’ai pas lu son livre) est de montrer qu’il existe dans tous les êtres naturels quelque chose d’analogue à la connaissance et à l’intellect humains :