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Zénaïde

De
50 pages
Zénaïde? Pour Kapy, plus qu’une grand-mère: son amie, sa confidente, son soutien et aujourd’hui encore son ange gardien pour le restant de ses jours. Au milieu d’un océan en pleine tempête où elle a fini par perdre sa mère, Zénaïde s’affirme comme l’île de la seconde chance: la sérénité et l’amour. Une présence réconfortante et éternelle qui saura toujours guider ses pas… Zénaïde n’est pas une biographie: c’est une âme qui flotte au-dessus de ces morceaux de vie assemblés en une poignante mosaïque. L’auteur donne à ressentir l’existence et ses tourments via le prisme d’une personnalité à part. Plus qu’un portrait touchant, une déclaration d’amour et de reconnaissance, une ode à la joie de vivre, un lien unique qui sait ne pas mourir.
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Zénaïde
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Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2011
Ses petites mains
Usées par le temps, si petites, si douces, et si fines Ses petites mains me caressaient le front et les cheveux avec tant de douceur et damour. Jaurais passé des heures, comme ça, allongée sur son lit, ma tête sur ses jambes, sans même que lon se dise un mot. La dernière fois, il y a maintenant neuf ans, javais bientôt trente et un ans. Jétais enceinte de cinq mois de mon deuxième enfant et cette merveilleuse personne qui maimait si intensément était à laube de ses quatre-vingt-quatre ans, que nous navons pu fêter Cette personne dont je vous parle avec tant démotion était ma grand-mère paternelle, une petite rousse bouclée, prénommée Zénaïde, qui ma bercée pendant des années et que je noublierai jamais. Plus quune grand-mère, cétait mon amie, ma confidente, mon soutien, et aujourdhui encore mon ange gardien pour le restant de mes jours. Comment exprimer cet amour si fort qui nous unissait, cette complicité, ce lien entre nous ? Je nai jamais ressenti une aussi grande émotion pour un autre être ; mais, avant de vous raconter le début de ce partage sans limites, revenons à ses mains. La toute pre-mière fois quelles mont effleurée, cétait le jour de ma naissance, le 16 mars 1967, et la dernière fois, le jour de sa mort, le 18 mars 1998. Nos doigts entremêlés, je laccompagnais aux portes de lau-delà. Ce fut très dur de dénouer nos mains, sachant quelles se séparaient pour toujours.
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Elle était vive, gaie et toujours en activité. Mamie  cest comme cela que je lappelais , passait des heures à tricoter avec une agilité exceptionnelle, de la même façon quelle passait des heures à cuisiner, à briquer, à danser, vivre, jouer, lire, faire des mots fléchés, et surtout à maimer ! Ces petites mains si vigoureuses et courageuses mont toujours sensibilisée. Née en juillet 1914, cette petite bonne femme, du haut de son mètre cinquante, a vécu les deux guerres et une vie peu ordinaire et bien mouvementée. Cest pour cela quil y avait en elle une telle force, un tel courage, un sens pro-fond de lhumilité, et surtout un optimisme et une joie de vivre à couper le souffle. Elle était altruiste et tolérante, toujours de bon conseil, et ne jugeait personne. Les souf-frances de la vie lont fait avancer, et tant quelle a pu vivre dignement, les mains toujours levées, elle ma épau-lée et ma donné ce courage qui lui appartenait en propre. Combattre la vie et ses injustices, quelles quelles soient : quel formidable héritage ma laissé mon « petit ouistiti », comme je la surnommais en vieillissant ! Eh oui ! Un peu dartérite déformante accompagnée de nuds douloureux avait eu raison de ses doigts, mais ses mains nen restaient pas moins douces et délicates. Mamie a passé les quatre dernières années de sa vie à notre domicile. À cette époque, mon mari, comme il la toujours fait, se déplaçait souvent pour son travail. Nous avions une fille et je crois quelle a ressenti cet amour in-croyable de Mamie, aussi intensément que moi malgré son jeune âge. Les doigts de Mamie lui ont maintes fois cares-sé le cou et le lobe des oreilles. Malheureusement, notre enfant a vécu une période très difficile à lâge de trois ans et demi. Le 23 décembre 1995, nous avons appris que no-
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