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D'ERNEST HEMINGWAY A HENRY MILLER

De
352 pages

Ce livre démontre pour la première fois les mythes et les réalités des expatriés américains à Paris entre les deux guerres. Les facteurs de l'expatriation américaine en France dans les années vingt sont multiples et beaucoup plus complexes que des notions simplement romantiques ou économiques.

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Ajouté le : 01 mai 2011
Lecture(s) : 143
EAN13 : 9782296813755
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  L’Aire Anglophone Collection dirigée par Serge Ricard  Cette collection entend s’ouvrir aux multiples domaines d’un vaste champ d’investigation, caractérisé par la connexion idiome-culture, auquel les spécialistes formés en langues, civilisations et littératures dites “anglo-saxonnes” donnent sa spécificité. Il s’agira, d’une part, de mieux faire connaître des axes de recherche novateurs en études britanniques, américain-es et canadiennes et, d’autre part, de répondre à l’intérêt croissant que suscitent les cultures anglophones d’Afrique, d’Asie et d’Océanie — sans oublier le rôle de langue véhiculaire mondiale joué par l’anglais aujourd’hui. A cette fin, les domaines privilégiés seront l’histoire des idées et des mentalités, la sociologie, la science politique, les relations internationales, les littératures de langue anglaise contemporaines, le transculturalisme et l’anglais de spécialité.  Dernières parutions  Fiona McMAHON,Charles Reznikoff, Une poétique du témoignage,2011. Emma RENAUD,Mary Beale (1633-1699). Première femme peintre professionnelle en Grande-Bretagne,2010. Timothy WHITTON,Ken « le rouge » et la Mairie de Londres. Du Greater London Councilà laGreater London Authority, 2010. Dominique MAILLARD,Première vague d’immigration chinoise en Californie, 1849-1949,2009. Suzanne FRAYSSE,Les voix du silence. La lettre écarlate et les récits d’esclaves,2009. Anne NICOLLE-BLAYA,L’Ordre d’Orange en Ulster. Commémorations d’une histoire protestante,2009. C. DELAHAYE et S. RICARD (dir.),La Grande Guerre et le combat féministe,2009. Annie OUSSET-KRIEF, et solidarité,Yidn ale brider. Immigration 2009. Pierre MELANDRI et Serge RICARD (dir.),Les Etats-Unis entre uni-et multilatéralisme de Woodrow Wilson à George W. Bush, 2008.
Jacques LAMOUREUX,Le XVIIIe anglais, le temps des siècle paradoxes, 2008. Pierre VAYDAT,Robert Vansittart (1881-1957). Une lucidité scandaleuse au Foreign Office, 2008. Pierre MELANDRI et Serge RICARD (dir.),La politique extérieure des États-Unis au XXesiècle : le poids des déterminants intérieurs, 2008. Marie-Claude FELTES-STRIGLER,Histoire des Indiens des Etats-Unis,2007. Pierre MELANDRI et Serge RICARD (dir.),Les États-Unis face aux révolutions,2006. Sylvie AUFFRET-PIGNOT,Une romancière Lumières, Sarah Fielding (1710-1768),2005.
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  Daniel Gallagher   D’ERNESTHWGNIME  ÀAYHENRYMI   Mythes et réalités des écrivains américains à Paris  (1919-1939)   
LER
  © L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-55385-9 EAN : 9782296553859  Fabrication numérique : Socprest, 2012
  À mes parents   Comme c’est souvent le cas, il est toujours prudent de se renseigner sur les faits. Quand on vous parle d’une chose avec certitude votre première réflexion devrait être « Attention ! Est-ce vrai{1}» ?  – Noam Chomsky.   Une conspiration est rarement, si ce n’est jamais, prouvée par témoignage positif. […] À moins que l’un des conspirateurs trahisse ses compagnons et témoigne contre eux, leur culpabilité ne peut être établie que par des preuves indirectes. Certains juristes affirment à ce propos que ces preuves indirectes portent un plus grand poids que les témoignages. Un témoin qui prête serment pourrait en effet déformer les faits ou faire un faux témoignage, mais les preuves indirectes ne peuvent pas mentir{2}.  – John Mclean (1785-1861), juge de la Cour Suprême.
Introduction
Entreprendre une étude sur les écrivains américains à Paris entre les deux guerres pourrait, peut-être, sembler un travail inutile ou redondant, car le sujet a déjà été tellement traité qu’il risque de devenir cliché, voire chose banale{3}. Lorsque nous abordons le sujet des écrivains américains à Paris entre les deux guerres nous nous rendons rapidement compte de l’ampleur énorme des écrits sur ce sujet. L’expatriation américaine à Paris pendant la période de l’entre-deux-guerres a suscité un grand nombre d’articles, de livres et de thèses traitant de ce phénomène singulier de notre époque. Ces propos, parfois factuels, parfois romancés, ont été rédigés tout au long du XXe et jusqu’à ces derniers temps. Le public ne siècle semble pas se lasser de lire et relire comment Ernest Hemingway, Gertrude Stein ou Henry Miller vivaient à Paris. En effet, ce sujet a même inspiré des récits de la part d’éditeurs et de libraires. Un barman même a écrit un livre sur les écrivains américains qui fréquentaient son zinc à Paris pendant les années 1920{4}. Aujourd’hui nous constatons que cet intérêt ne cesse de croître. Toutefois, nous ne découvrons rien de nouveau concernant les conditions économiques ou sociales des écrivains américains qui se sont rendus à Paris entre 1919 et 1939. Les mêmes histoires se retrouvent d’un livre à l’autre, chacune répétant ce que des livres précédents ont déjà raconté. Cela nous confronte au premier problème que l’on rencontre en abordant ce sujet : tout ce que nous avons entendu à ce propos et que nous prenons pour une vérité établie. Nous apprenons ainsi que la raison pour laquelle tant d’écrivains américains se sont expatriés à Paris après la Première Guerre mondiale était le taux de change favorable qui leur permettait de vivre à Paris à peu de frais. Le coût de la vie y était, nous dit-on, moins élevé qu’à New York et les écrivains américains, pauvres et affamés, y sont venus en grand nombre pour des raisons financières. À titre d’exemple, la première phrase d’un livre consacré entièrement aux écrivains américains vivant à Paris de 1920 à 1939 explique trop facilement les raisons de leur expatriation :
 La génération d’écrivains américains qui est venue à Paris après la Grande Guerre fut celle de rebelles contre un conservatisme social et politique aux États-Unis et ils ont été attirés par le taux de change qui leur a permis de vivre en France à peu de frais{5}.  Cette phrase est emblématique de l’image actuelle que nous avons des écrivains américains à Paris entre les deux guerres et que nous trouvons dans les livres traitant de ce sujet. Nous sommes informés que le coût de la vie à Paris pendant cette période de l’entre-deux-guerres fut très bas. Les écrivains américains étaient pauvres – ils ont donc eu besoin d’un endroit où la vie n’était pas chère. Le taux de change a souvent été considéré comme favorable pour ceux qui étaient munis de dollars américains. L’écrivain américain, quant à lui, est souvent décrit comme étant mal compris dans son propre pays ; il a donc dû aller à Paris où le travail des artistes était mieux apprécié et plus valorisé qu’en Amérique. Nous lisons aussi que c’était le conservatisme qu’ils fuyaient. Par exemple, la Prohibition (la loi interdisant la consommation d’alcool) a poussé les écrivains américains à quitter les États-Unis pour la France où ils pouvaient boire autant qu’ils voulaient. Par ailleurs, la France est représentée comme un havre de paix en regard de la mécanisation, de l’industrialisation et de la modernisation qui envahissaient les États-Unis d’Amérique. Nous lisons que la France a pu rester un pays de petites fermes et de petites boutiques qui a gardé un charme vieillot. C’est précisément pour ces raisons-là que, nous dit-on, les écrivains américains sont venus à Paris après la Grande Guerre. Telle est l’image actuelle du phénomène de l’expatriation américaine à Paris entre les deux guerres. Les livres et les thèses consultés au long de nos recherches ne font que redire ce qui a déjà été exprimé sur le sujet : Paris n’était pas cher, le taux de change était favorable, l’Amérique était trop moderne et la Prohibition insupportable. Toutefois, lors de notre recherche, nous avons découvert que les raisons principales le plus souvent citées pour expliquer la forte présence américaine à Paris sont erronées. Paris, toujours décrit comme une ville peu chère, était, en réalité, l’une des villes les plus chères du monde. Le taux de change du dollar, très souvent cité