Douze contes de Char

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Pénétrons, à la suite de l’auteur, dans un monde inconnu, sans rapport avec celui de la vie quotidienne, à la fois riche et simple, exotique et néanmoins proche de nous, dans cette civilisation ancienne peut-être déjà étudiée par nos enfants... Dans la veine de Tolkien, il nous fait rêver à ce qu'aurait pu être notre passé... Les Zolanais ne nous attendent-ils pas quelque part pour nous enseigner leur sagesse ?



Attention : voici que le conteur de Char s’assoit, l’instrument posé sur son pied gauche. Comme depuis des centaines d’années, fidèle à la tradition, il s’apprête à psalmodier le prologue de la légende de Char, prologue tout à fait anodin même pour une oreille exercée à la langue du pays d’Ot-Chirian, qui est toujours la langue de l’actuelle Zolanie, la “Terre de la Sagesse”. Et pourtant, à l’issue de cette brève psalmodie, on verra les vieux et parfois les moins vieux sourire d’un air entendu, ou même crier quelque nom propre, celui du héros du Char, à n’en pas douter ; car chaque conte — et Dieu sait s’il en est — possède, parfois à un mot près, son propre et absolument invariable prologue qui le fera reconnaitre par avance des auditeurs avertis. C’est pourquoi toutes ces légendes commencent souvent d’une manière similaire mais non identique. Puis, le conteur de Char déploie de sa main libre le rouleau sur lequel s’inscrit la trame de la légende ou parfois la légende intégrale. Même s’il n’utilise qu’une simple trame, vous ne le saurez pas car vous entendrez d’un trait la totalité de l’histoire, soit telle qu’il l’a entendue lui-même dans sa jeunesse, soit nourrie au fur et à mesure de la narration par son propre talent créatif.

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EAN13 9782956242314
Langue Français

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THIERRY BEUREY DOUZE CONTES DE CHAR PAYS D’OT-CHIRIAN ET D’OT-CHIRCHAHN (orthographe de 1990)
I N T R O D U C T I O N
Et voici que le conteur de Char s’assoit, l’instrum ent posé sur son pied gauche. Comme depuis des centaines d’années, fidèle à la tr adition, il s’apprête à psalmodier le prologue de la légende de Char, prolo gue tout à fait anodin même pour 1 une oreille exercée à la langue du pays d’Ot-Chiria n , qui est toujours la langue de 2 3 l’actuelle Zolanie , la “Terre de la Sagesse ”. Et pourtant, à l’issue de cette brève psalmodie, on verra les vieux et parfois les moins vieux sourire d’un air entendu, ou même crier quelque nom propre, celui du héros du Ch ar, à n’en pas douter ; car chaque conte — et Dieu sait s’il en est — possède, parfois à un mot près, son propre et absolument invariable prologue qui le fera reconnai tre par avance des auditeurs avertis. C’est pourquoi toutes ces légendes commenc ent souvent d’une manière similaire mais non identique. Puis, le conteur de Char déploie de sa main libre l e rouleau sur lequel s’inscrit la trame de la légende ou parfois la légende intégrale . Même s’il n’utilise qu’une simple trame, vous ne le saurez pas car vous entendrez d’u n trait la totalité de l’histoire, soit telle qu’il l’a apprise lui-même, soit nourrie au f ur et à mesure de la narration par son propre talent créatif.
I. L’HISTOIRE QU’IL NOUS SIED DE VOUS DIRE TOUT À L’HEURE…
(Le dernier des Môaltan) PROLOGUE 4 L’histoire qu’il nous sied de vous dire tout à l’heure est ce lle que nos pères avaient entendue de la bouche de leurs pères, qui eux-mêmes la tenaient des leurs, et ce 5 depuis les siècles anciens du Pays d’Ot-Chirian et de celui d’Iléi-Saïta . En ces temps, les Rois-Petits étaient à Iléi-Saïta, et avaient no m Môaltan, tous, sans exception aucune. Le dernier d’entre ces rois était un vieillard sans descendance et dont la vie n’attendait que de s’éteindre. Il possédait de nomb reuses femmes, presque autant qu’un homme en peut supporter, mais n’avait aucun fils, pas même d’un autre prince. Or, un jour, un homme grand et jeune se présenta de vant Môaltan le Dernier et lui dit : — Roi aimable, je peux donner fin aux maux divers q ui flétrissent ton vieil âge. 6 — Explique-toi, enfant : voici que j’approche des q uatre fois vingt-quatre ans et je ne puis rejoindre mes ancêtres car je suis sans pos térité de moi ni d’aucun prince ! — Tu rends tes femmes stériles, vieux roi, car un s age t’a maudit à cause de la forfaiture de ton ancêtre Môaltan ; ceci advint six générations avant toi, et tu es le sixième degré dans ta lignée depuis Môaltan le Maud it. Le vieux roi le fit appeler près de lui et lui dit : — Viens çà, enfant. Comment sais-tu que je suis le sixième degré depuis ce Môaltan le Maudit ? — Aimable roi, ton père avait nom Môaltan, le père de ton père avait aussi nom Môaltan, le père de ce dernier avait déjà nom Môaltan, de même que le père de celui-ci et son grand-père, n’est-il pas vrai ? Quant au pèr e de ce grand-père, c’est celui-ci qui fut maudit ; il s’appelait Môaltan, comme son propr e père et ce depuis bien avant Gôlfahnt le Très Haut, notre Grand Empereur. — Cela est certainement la vérité, murmura le vieil lard car je ne me souviens pas d’un autre nom dans ma famille. Que me faut-il fair e, ajouta-t-il plus haut, pour que la malédiction s’éloigne de ma personne ? Dois-je fair e marier des pains d’or sur l’autel de mes pères qui m’ont précédé sur ce trône ? — Non pas, bon roi, répondit l’homme grand et jeune ; mais il te faudra compenser le crime de ton ancêtre Môaltan le Maudit. — Et comment le pourrais-je, enfant ? J’ignore tout de la vie de celui-là et personne n’est aussi vieux que moi dans tout l’empire, et to i même, tu n’as pas le quart de mon âge ! 7 Alors l’homme, qui était de la lignée des Lahnz et de celle des Vè , parla ainsi au vieux roi : — L’âge ne mesure pas la sagesse, bon roi ; ma vie est courte et la tienne est longue. Ne savais-je pas déjà que ton aïeul Môaltan avait fait maudire, par son inconduite, la sixième génération de son sang et qu e tu es le degré maudit ? — Oui, enfant. Cela est venu de ta sagesse. — Et pourquoi, à présent, me serait-il impossible d e savoir la vilénie de ton aïeul par qui tu fus maudit ? — Va, enfant, nous t'écoutons. L’homme grand et jeune s’assit aux pieds du vieilla rd. Il portait aussi le nom d’Agustihn, comme cela se faisait parfois chez les Lahnz. Deux bagues ornaient sa main. Il dit : 8 — Voici : Môaltan le Maudit était grand Fakhôn de l'empire en son temps. Il avait déjà deux fois l’âge que j’ai jusqu’à ce jour et il te ressemblait car ses femmes ne lui donnaient pas de fils, et il craignait pour sa post érité. Or, cet ancêtre était le protégé de l'empereur Gôlfahnt, le dernier de la lignée des Pi dar-Kank, celui-là même qui mourut on ne sait quand — et n’est peut-être pas mort — et qui était le deuxième à porter ce nom ; cet empereur savait qu’il quitterait le monde sans avertir quiconque, et par là, voulait que quelqu’un pût lui succéder de son vivan t. Il fit venir ton aïeul Môaltan à ses côtés, ô, vieux roi, celui qui était grand Fakhôn, et voici qu’il décida de faire de lui son
successeur et le porteur de son titre aux yeux de l a postérité des hommes ! Ainsi, l'empereur Gôlfahnt lui remit la corne de majesté e n disant ceci : « Je te laisse mon droit pour régner de ton droit e t celui de tes fils sur cette Terre de 9 la Sagesse , à la condition unique que tu ne laisseras pas mon héritage ni mon sang (qui sont tiens désormais) sécher comme écailles de poisson au soleil ; en effet, tu devras donner un fils à tes femmes — et tes fils fe ront de même aux leurs — qui portera le nom de Roi. » — Ta sagesse est grande, enfant, s’écria Môaltan le Dernier, car l’homme jeune et grand parlait toujours, et ajoutait : — Vient maintenant l’histoire de l’anathème de celu i par qui tu fus écarté de toute postérité, bon roi. Te souvient-il de ce que ton an cêtre, celui qui fut maudit, était sans descendance, même après que le très grand Gôlfahnt lui eut conféré la royauté ? — Certes ; je me souviens de ce dire. Je le tiens d e ta bouche, il me semble. — Que notre bon père, Gôlfahnt le Grand Empereur, m e renie si je l’invoque en vain... — Mais, coupa le vieillard, pourquoi dis-tu que le Grand Empereur est ton père, petit enfant ? Moi seul, ici et sur toute cette terre, su is de sang royal ! Invoque d’autres noms, je te prie ! L’homme jeune de la lignée des Lahnz, dont la statu re était haute, répliqua : — Ne t’indigne pas, vieux et aimable roi : je t’app orte la fin des maux divers qui flétrissent ton âge. Veux-tu connaitre le fait de la malédiction ? — Va ! — Or donc, Môaltan ton aïeul prit peur. L’empereur disparu, il devint roi, mais se voyait sans plus de fils que toi-même en ce jour et depuis ton jeune âge. Il était toutefois encore dans les temps de la paternité, n’ ayant guère plus de 48 ans. Et c'est ici que survient la malédiction. Écoute attentiveme nt : un jour, Môaltan le Premier fit venir en son palais un homme qui se présenta devant lui. Le roi lui dit : « Tu as des enfants mais ta pauvreté t'interdit d'a voir des femmes. Donne-moi ton sang, et tu auras toutes mes femmes, car moi qui su is le roi, je possède des richesses et des femmes en nombre, mais mon sang ne peut me d onner des enfants. Or, je suis le roi. » Celui à qui ce souverain s’adressait étai t jeune, et tout ce que le roi lui disait était vrai. Et cet homme jeune parla à son tour : « Roi aimable, j’approche du bel âge des mâles. Tu es riche et moi je suis pauvre, mais les enfants que j’ai et ceux que mon sang me d onnera seront ma richesse, et mon sang m’appartient. » Ce qu’entendant, le roi (c ’est Môaltan, le premier des Môaltan) se leva et tua l’homme jeune d’un seul cou p de sacre fort lancé entre deux côtes, prenant son sang d’une manière qui est prohi bée et réprouvée gravement par les prêtres. Et là, à la vue de tous, le roi prit l e sang de cet homme encore jeune et 10 ainsi le tua . Or, Agustihn de la lignée des Vè et des Lahnz, parl ait toujours à Môaltan le Dernier. Il continua ainsi : — il advint alors que l’esprit du dernier empereur de la lignée des Pidar-Kank, (ou l’empereur lui-même, car sait-on au juste s’il est mort ?) celui qui avait nom Gôlfahnt, intervint devant les yeux ouverts des hommes et des enfants qui avaient assisté à tout ceci et déclara : 11 « I élés gav ! (parole de circonstance). Certes, tu as du sang, du sang pour avoir des enfants, et tu peux garder mon trône sur cette Terre de la Sagesse, car je te l'ai donné. Mais il me faut te maudire et te maudire enc ore devant tous ces yeux ouverts (il cracha), et ton sixième rejeton, ton fils de la six ième génération, sera un vieillard sans jamais d’enfants, et si stérile que ses femmes elles-mêmes le deviendront autant que lui-même, ainsi que les maris qu’elles auront u ne fois veuves, et les autres femmes de ces maris ! I élés gav ! » « Et le rachat ? Et le rachat ? » implorèrent tous les yeux ouverts qui assistaient à la malédiction. Mais là, l’esprit (ou la personne) du Grand Empereur utilisa la langue de 12 ses ancêtres, qui est la même qu’au pays d’Ichahid , et personne ne sut jamais ce qu’il avait dit. Ce roi Môaltan eut des enfants et vécut sa vie durant sans maladie ni infirmité funestes. Son fils premier-né reçut le no m de Môaltan, et vécut de même ; le fils de celui-ci également, et ce jusqu’au sixième échelon de la descendance de Môaltan le Premier.
Alors l’homme grand et jeune qui avait parlé se tut . Il se mit debout raide sur ses jambes. C’était le fils d’un homme célèbre, quoique simple artisan des métaux ordinaires, qui portait le nom de Polchamnôa, ce qu i n’est point fréquent. Cet artisan, quant à lui, était le fils d’on ne savait trop qui ; il se nommait Polchamnôa et était de Vè et de Lahnz, et, à vrai dire, cela suffit. Le vieux roi était troublé par le récit, car l’homm e grand et jeune, dont la main portait deux bagues, avait fait revivre ses pères e n les nommant. Ainsi, le vieillard s’exprima en ces mots : — Quelle est ma délivrance, enfant qui sais la vie de mes pères ? — Vieux roi, c’est un homme jeune qui vint voir ton père par qui tu fus maudit. À un homme jeune tu ne pourrais rendre ce que ton ancêtr e prit : tu es stérile et maudit, n’est-il pas vrai ? — Ceci est la vérité. Mais je t’écoute. Connais-tu le rachat, que les yeux ouverts ne purent comprendre ? — Certes. Ce que tu ne peux pas rendre, tu ne le re ndras pas, mais voici ce que tu peux rendre : un homme jeune est venu te parler en ton palais, il s’est assis à tes pieds et tu l’as écouté. À cet homme jeune tu te contente ras de rendre la corne de majesté que ton aïeul (le maudit) avait reçue de Gôlfahnt l e Très-Haut, dernier des Pidar-Kank ; ainsi l’esprit (ou la personne) de celui-ci souffle ra sur ton malheur et agréera ton retour auprès de tes ancêtres avec lesquels tu pourras enf in conter ta gloire. Vieux roi, tu me feras appeler quand tu auras décidé du jour : alors , il te suffira de me montrer du doigt en présence de tes conseillers. Le roi Môaltan ne dit mot car il craignait. C’était le premier jour d’avaïkhels, qui était alors le deuxième mois. Le lendemain même, Môaltan, dernier roi de ce nom, fit appeler près de lui l’homme qui lui avait conté le fait de sa malédiction. C’était le deuxième jour du deuxième mois. L’homme en question, jeune de par son âge et grand, était — ne l’ai-je pas dit ? — le fils de Polchamnôa de Vè et de Lahnz, et cet hom me dernier nommé connaissait, tout comme son fils, l’ancienne langue des vieux em pereurs, qui est ichahid. Le fils portait à un doigt deux bagues. C’est lui que le ro i Môaltan fit appeler. Il avait passé la nuit devant le petit mur d’enceinte du palais d’Ilé i-Saïta, et la rosée ornait sa chevelure. Le vieillard se trouvait dans la Chambre des Devoir s, entouré de quelques Conseillers, Grands-Conseillers, et Courtisans-de-l a-Chambre-des-Devoirs, parmi 13 lesquels Molta, Azdvahn, et le moine zolvinquant Bilja, qui demeurait au palais. Et l’homme entra. Or le roi était allongé. En le vo yant ainsi, la figure lumineuse de rosée, il fut saisi et comme pétrifié, car, levant la main et tendant le doigt vers lui, il quitta à tout jamais le monde des vivants, libéré d e son vieil âge et de sa stérilité. Cet homme, qui connait la vérité de chacun, c’est A GUSTIHN de VÈ et de LAHNZ, que d’aucuns nomment Agustihn le deuxième, qui fut sur le Pays de la Sagesse — dit encore Zolanie — pendant 29 années empereur, et mou rut, vénéré par-delà tous les siècles, alors qu’il avait 53 ans, après avoir succ édé au dernier des Môaltan, un vieillard sans descendance, car la légende dit qu’i l avait été maudit. Agustihn II Vè-Lahnz ne fut-il pas le père spiritue l, et celui qui (sur le trône) vint 14 avant Très Haut et Impérialissime Seigneur Chir Oud aï ? Ceci explique qu’il fut grand. (On l’appela le Fils des Dieux.)
II. ILADVINT DONC QUE POLCHAMNÔA…
(Malédiction du prêtre Moltako) PROLOGUE 15 Il advint donc que Polchamnôa, fils de Jarijdja, fils de Thô manon, de la lignée des 16 17 18 Vè du pays de Niéssau à l’est, mourut, dans la soixante-douzième année de son 19 âge. Ceci eut lieu alors que l’ère permanente des E nfants-Royaux commençait sa 20 douzième année et que régnait sur le pays mal nommé de Zolanie l’empereur 21 Mônkèliohntach le Fou. Et lorsque l’on emportait la dépouille du défunt, l es entrailles de la terre s’ouvrirent, de sorte que des hommes, enfants et femmes furent a spirés dans l’abime et qu’on ne les revit jamais, jusqu’à ce jour, ni vivants ni es prits, hanter les lieux connus de la création. Ceci advint le vingt-cinquième jour du tr oisième mois (selon la manière de compter qui nous vient de nos pères, et non selon c elle des Nouveaux-Croyants), lequel est junaémnos. 22 Moltako Faékôouè Fèlahnz, fils de celui qu’on appelait Luk a (ou Luéka), qui était 23 prêtre de notre religion et qui dirigeait la mise en terre du défunt Polcha mnôa, posa là les pains du mort et son rouleau, et s’enfuit, l aissant seuls en compagnie de l’esprit du défunt deux hommes dont celui-ci même qui racont e tout cela. Or, l’esprit du défunt 24 prit la parole et dit : « I élis gav parole de circonstance) ; malheur au prêtre maudit du nom de Moltako Faékôouè, lequel, par son inconstanc e, n’a pas permis que mon esprit repose ! Qu’il trouve un serpent dans sa manche éva sée lors de la prochaine 25 cérémonie du mariage des pains ! C’est moi, Polchamnôa, le fils de Jarijdja des V è de Niéssau, qui parle ; i élis gav ! ». Or, le trente-cinquième jour de junaémnos préciséme nt (soit dix jours plus tard) était jour du mariage des pains au sanctuaire qui a nom « Feu-des-Trépassés », en la ville de Niéssau. Moltako Faékôouè Fèlahnz, fils de Luka, était troisième-servant de la cérémonie, ce qui signifie qu’en aucun cas il ne po urrait marier les pains lui-même ce jour, n’étant pas habillé. Cependant, au moment de revêtir l’équipage, le vieux prêtre, premier-servant, ne put pénétrer à l’intérieur, car l’ouverture du col était trop étroite et on eût craint qu’il ne s’étouffât en mangeant. Le d euxième-servant se trouvait être alors 26 un homme du nord, nommé Bilja, de la famille d’un g rand Fakhôn de l’empire. Chacun sait que Bilja, le deuxième-servant, était s i gros qu’il ne tentait jamais de passer par la Porte-des-Maigres du temple Feu-des-T répassés, ce...