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Émilie - La jeune fille auteur

De
249 pages

Femme auteur ! ces deux mots ne cessaient de retentir à l’oreille d’Emilie. Absorbée en elle-même, elle marchait, sans rien regarder et sans rien voir, au milieu de la foule qui encombrait ce jour-là, plus que de coutume, les boulevards intérieurs de Paris, car c’était un jour de fête.

Aux premiers mots de madame Montigny, anciennne amie de sa mère, sur la possibilité de s’ouvrir une carrière, et surtout d’être utile à son aïeul, à sa cousine Charlotte, le cœur dévoué de la jeune fille avait battu d’espérance et de joie.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Elle s’élance au cou de son frère (page 115)
Sophie Ulliac-Trémadeure
Émilie
La jeune fille auteur
– Mon oncle, Emilien a quelque chose à vous communiquer (page 11)
I. — LA FAMILLE MULLER
Femme auteur ! ces deux mots ne cessaient de retentir à l’oreille d’Emilie. Absorbée en elle-même, elle marchait, sans rien regarder et san s rien voir, au milieu de la foule qui encombrait ce jour-là, plus que de coutume, les boulevards intérieurs de Paris, car c’était un jour de fête. Aux premiers mots de madame Montigny, anciennne ami e de sa mère, sur la possibilité de s’ouvrir une carrière, et surtout d’ être utile à son aïeul, à sa cousine Charlotte, le cœur dévoué de la jeune fille avait b attu d’espérance et de joie. Travailler pour les siens, rendre à son grand-père l’aisance d ont jadis il avait joui, assurer à sa cousine, qu’elle regardait comme une seconde mère, un asile paisible pour le temps où, tout à fait vieille, la pauvre Charlotte serait infirme à son tour, tel était, depuis qu’Emilie se trouvait en Age de réfléchir, l’objet constant de ses désirs les plus chers. Mais lorsque madame Montigny, après avoir fait hautement l’éloge des qualités morales et des facultés intellectuelles qu’elle reconnaissait dans Emilie, avait conclu par ces mots : « La carrière à laquelle je pense pour vous, mon enfant, est celle des lettres, » la jeune fille, déjà bien confuse et ne sachant trop si elle n’avait point mal entendu, s’était écrié : « Moi, Madame, moi, devenir femme de lettres ! » — Eh ! pourquoi non ! avait répondu madame Montigny en souriant malgré elle de son air stupéfait. Une visite imprévue, était venue interrompre l’entr etien, et la jeune fille avait promptement disparu.  — Femme de lettres ! répétait-elle en marchant ave c une rapidité extrême. Et une autre voix en elle répétait :Pourquoi non ? Et son imagination, une imagination de dix-sept ans, faisait bien du chemin. Emilie s’était sentie confondue à cette pensée d’éc rire, et d’écrire pour le public, qui venait de lui être suggérée comme chose toute simple ; maintenant, elle se voyait déjà placée au nombre de ces femmes de lettres dont tant de fois elle avait admiré le talent, le génie, sans aucun autre retour sur elle-même que le sentiment modeste de son peu de valeur et même de sa nullité ; et elle souriait à l ’espoir de devenir leur émule, de faire parler d’elle, de s’entendre citer comme auteurcélèbreet elle courait droit devant elle ; les joues en feu, l’œil étincelant de joie et d’org ueil... Soudain elle s’arrête, hésite un moment, et semble vouloir retourner sur ses pas. Em ilie serait si heureuse de confier à
Pauline, son amie, sa meilleure amie, ce que madame Montigny vient de lui dire ! Mais son absence a été longue, son aïeul peut s’en alarmer, sa cousine a certainement besoin d’elle..... L’hésitation d’Emilie ne dura qu’un ins tant ; dès le bas âge on l’avait accoutumée à obéir avant tout au devoir. Arrivée à la porte d’une grande maison de la rue de Vendôme, Emilie passe sans parler à la portière, et monte lentement les quatre étages. Les rêves de la vanité, auxquels elle s’était laissée aller avec tant de co mplaisance, s’évanouissaient peu à peu ; elle croyait voir déjà la figure sévère de so n grand-père le devenir encore davantage ; elle croyait entendre sa cousine se réc rier de surprise à la nouvelle si inattendue que madame Montigny prétendait faire un écrivain de lapetite Emilie ; car, pour la cousine Charlotte, Emilie, âgée de dix-huit ans bientôt, était toujours lapetite Emilie. La jeune fille monte de plus en plus lentem ent l’escalier, s’arrêtant à chaque étage, pour ainsi dire ; et elle devient de plus en plus indéciso sur la manière dont elle s’y prendra pour raconter son entretien avec madame Montigny... Enfin, elle pose la main sur le cordon de la sonnet te mais elle ne sonne pas Elle hésitait encore, lorsque la porte s’ouvrit.  — Ah ! dit la cousine Charlotte, je ne te savais p oint là. Entre donc : à quoi penses-tu ? Ton grand-père trouve que tu es restée bien lo ngtemps chez madame Montigny. Il ne peut s’accoutumer à te voir aller toute seule dans les rues de Paris, et moi non plus, à bien dire. Va le rassurer, car il te croit perdue. Que de choses il y avait pour Emilie dans ce peu de paroles ! Que de souvenirs amers d’une prospérité passée et des privations auxquelle s aujourd’hui son aïeul se trouvait soumis ! Mais il dépendait d’elle de lui rendre l’a isance perdue ; madame Montigny, du moins, le prétendait Emilie prit sa cousine par la main, en lui disant : Venez, ma cousine ; j’ai quelque chose d’important à dire à grand-père et il faut que vous me donniez votre avis. — Quelque chose d’important ! répéta Charlotte avec l’expression d’une vive curiosité. Viens vite ! M. Muller, vieillard septuagénaire que le malheur n i les années n’avaient pu abattre, était assis dans un vieux fauteuil, devant une tabl e qu’il appelait son bureau, et sur laquelle se trouvait presque toute sa bibliothèque. Ses cheveux avaient blanchi ; sa tête s’était inclinée sous le poids des ans ; mais son e sprit avait conservé la fraîcheur et la fermeté du jeune âge. D’origine alsacienne, il était doué d’un calme que les plus rudes épreuves n’avaient pu altérer. Par sa force morale, il avait soutenu tous les siens au milieu des revers qui étaient venus l’accabler, à cette époque de la vie où le repos est le premier des besoins. D’une famille jadis nombreuse il ne lui restait plus que sa petite-fille Emilie, son petit-fils Théodore, simple lieutenant, et la bonne cousine Charlotte. Dans des temps plus heureux, il avait fait venir Charlotte a uprès de lui, avec la persuasion d’assurer son sort ; le Ciel en avait ordonné autre ment ; et aujourd’hui Charlotte, après avoir servi de mère à ses deux jeunes cousins, orph elins presque au berceau, était devenue l’appui de son oncle.  — Mon oncle, dit Charlotte d’un air épanoui, Emili e a quelque chose d’important à nous communiquer ! — Tu as été bien longtemps absente, ma fille ! dit à son tour M. Muller. — Oui, grand-père, répondit la jeune fille en l’embrassant avec tendresse : c’est que je suis revenue très vite.  — Tu es revenue très vite et c’est pourquoi tu as été si longtemps ? Je ne te comprends pas. — Ni moi non plus, ajouta Charlotte.
Emilie rougit et détourna la tête d’un air embarras sé ; mais aussitôt elle se jeta de nouveau au cou de son grand-père en s’écriant : Ne m’en veuillez pas ! Je ne sais ce que je dis Mais, c’est que j’ai à vous raconter quelque chose de si étrange.....  — Qu’est-ce donc ? Et en faisant cette question, l a figure sévère du vieillard se rembrunissait par l’effet de l’inquiétude. — Parle, dit Charlotte ; tu vois bien que tu tourmentes ton grand-père. — Bon papa, je suis allée chez madame Montigny. — Il ne t’est rien arrivé d’extraordinaire en route, en allant ni en revenant ? — Rien du tout, grand-père ; madame Montigny vous présente ses respects ainsi qu’à ma cousine.  — Madame Montigny me présente ses respects ! répét a Charlotte du ton de la surprise. — Je vois à regret, dit M. Muller, qu’Emilie ne pense point à ce qu’elle nous dit ; c’est au moins un manque de politesse. — Ah ! c’est que j’ai à vous raconter quelque chose de si extraordinaire, que je ne sais comment m’y prendre ; et c’est à cela que je pense. — Prends ton temps, nous ne sommes point pressés.  — C’est une manière de parler, mon oncle, s’écria Charlotte ; pour ma part, je suis très curieuse de savoir de quoi il s’agit. Allons, Emilie, allons ! c’est donc bien difficile à dire ! Voyons, que t’a dit madame Montigny ? — Madame Montigny m’a parlé avec bien de la bonté de nos malheurs passés, et de l’incendie qui est venu, il y a deux ans, achever notre ruine. — Oui, reprit M. Muller en soupirant, notre ruine, et une ruine complète. — Elle m’a parlé aussi de votre courage, cher grand-père, et votre persévérance, bien inutile, pour trouver à donner des leçons d’allemand.  — Je serais pourtant capable de former de bons élè ves ; mais je ne suis plus jeune, voilà le malheur ! — Et puis, vous n’avez jamais été professeur, grand-père ; et vous dites vous-même qu’il fautapprendre à enseigner ;ensuite, c’est très fatigant — Oh ! ma santé est bonne, répondit M. Muller ; je lis sans lunettes, j’ai l’ouïe très fine, et le travail ne m’effraierait pas.  — Je le sais bien ; mais depuis deux ans que vos a mis cherchent, ils n’ont pu vous procurer un seul élève.  — Et en attendant, nos dernières ressources s’épui sent, quelque économie que Charlotte apporte dans le ménage — Ce qu’il y a de pire, c’est que vous manquez de tout. Oh ! c’est là ce qui nous serre le cœur à ma cousine et à moi ! Nous travaillons po urtant le plus que nous pouvons ; mais qu’est-ce que rapportent les travaux à l’aiguille ! — S’il était possible, dit Charlotte, de monter un atelier de broderie, tout irait mieux  — Sans doute, répliqua Emilie vivement ; mais, d’a bord, il faudrait être logés autrement que nous ne le sommes ; et puis il faudrait encore pouvoir faire des avances, madame Montigny me l’a dit ; après, elle m’a parlé de mon frère.  — Maisla chose importante,donc y viendras-tu ? demanda Charlotte avec quand impatience. — Laissez-la aller, Charlotte, reprit M. Muller ; c’est apparemment une proposition de madame Montigny qui lui coûte à répéter ; une propo sition faite peut-être pour m’affliger.....  — Grand-père, cela n’a rien d’affligeant, mais c’est si étrange !... Elle m’a donc parlé de Théodore, qui de longtemps ne pourra nous être u tile, et qui aurait même besoin
qu’on l’aidât, car c’est bien peu que la solde d’un lieutenant ! Mais c’est Théodore surtout qui va se récrier et se moquer de moi ! Autant vaut vous dire tout de suite de quoi il s’agit, bon papa, ce sera fait. Madame Montigny veut que je me fasse auteur.  — Auteur ! répétèrent comme en chœur le bon papa e t la vieille cousine en joignant les mains. Leur contenance exprimait la plus grande surprise. Pour Emilie, elle avait les yeux baissés, et elle roulait entre ses doigts les rubans de son chapeau qu’elle tenait appuyé contre ses genoux. Elle n’osait lever les yeux, tant elle se sentait troublée et confuse, et tant elle craignait surtout de lire dans les regards de son grand-père et de sa cousine une désapprobation marquée. — Auteur ! répéta Charlotte pour la seconde fois ; et, des yeux, elle semblait interroger M. Muller ; mais M. Muller, après le premier étonne ment passé, avait repris son calme accoutumé. — Connaissant madame Montigny comme je la connais, dit-il, ce qui me surprend par dessus tout, c’est que ce soit elle qui mette de semblables extravagances dans la tête de mon Emilie. De toutes les carrières celle des lettr es est, pour une femme, la plus redoutable ; pour une enfant de dix-sept ans, elle n’offre qu’impossibilités et dangers plus redoutables encore. Il y eut quelques instants de silence : Charlotte osa parler la première.  — Allons, Emilie, explique-toi : à quel propos mad ame Montigny, qui est une femme de sens, t’a-t-elle parlé de cela ?  — Ma cousine elle m’en a parlé à propos de tous le s malheurs qui ont dépouillé grand-père de ce qu’il possédait, de la misère qui le menace dans ses vieux jours, et aussi à propos de mon sort à venir. Oh ! que je serais heureuse de rendre à grand-père une partie, au moins, de ce qu’il a perdu ! — Et que tu serais contente aussi de faire parler de toi dans le monde, n’est-ce pas ? demanda M. Muller. Emilie baissa la tête en rougissant ; c’était répondre.  — Pauvre enfant ! ajouta-t-il. Dieu te préserve de connaître jamais les prétendues jouissances de la gloire ! elles ne donnent pas le bonheur ! — Mais dis-nous donc comment cette idée est venue à madame Montigny ? demanda Charlotte.  — Une dame est arrivée au moment où elle commençait à m’expliquer qu’il ne fallait pas m’effrayer à la pensée de mon ignorance, parce que j’en savais assez, malgré mon jeune âge, pour traduire de l’allemand en français ; qu’en songeant à notre infortune, dont elle s’épouvante, et qui lui semble devoir dev enir plus grande d’année en année, elle avait eu l’idée de parler à l’un des amis de son mari qui est à la tête d’un journal, afin d’obtenir qu’il m’employât à la traduction des feuilles allemandes.  — Pourquoi, Emilie, madame Montigny n’a-t-elle pas songé à m’y employer de préférence à toi ? — Grand-père, je ne sais pas. Elle a ajouté que, plus tard, après m’être ainsi essayée à écrire, je pourrais traduire un ouvrage entier de l’allemand, et que l’ami de son mari s’intéressant à moi, je trouverais à vendre ma traduction ; qu’enfin, je me réveillerais un beau jour femme de lettres. Là-dessus, je me suis récriée ; elle m’a répondu :Pourquoi pas ?Et nous en étions là, quand le domestique est venu annoncer une visite. La cousine Charlotte aurait bien voulu faire encore quelques questions ; mais elle devinait que ce sujet déplaisait à M. Muller, et elle sentait qu’insister, lorsque lui-même se taisait, c’eût été montrer qu’elle faisait peu de c as de sa désapprobation. Charlotte se taisait donc aussi. Elle était du nombre de ces fem mes qu’on est convenu d’appeler des
femmes ordinaires, parce que, pénétrées du sentiment modeste de leur infériorité, sous le rapport au moins de l’instruction, elles sont to ujours prêtes à se soumettre aux décisions de ceux que les lois divines et humaines ont faits ici-bas les maîtres. Elle pouvait ne point partager toujours la manière de vo ir et les sentiments de son oncle ; mais elle s’en accusait ; elle reconnaissait dans cette différence une nouvelle preuve de son infériorité, et il ne lui venait point à l’esprit l’idée que M. Muller pouvait quelquefois se tromper. — Je verrai madame de Montigny, dit M. Muller, et, sans ajouter un seul mot, il prit un livre. Emilie se leva et suivit sa cousine dans la pièce voisine.
Une bonne heure se passa à pleurer (page 21)
II. — LES DEUX AMIES
— Toi, auteur, ma petite Emilie ! disait Charlotte à la jeune fille qu’elle avait fait asseoir en face d’elle dans l’embrasure de la fenêtre ; ell e tenait ses mains réunies entre les siennes en la regardant avec une tendresse presque maternelle ; et la jeune fille, plus libre avec sa cousine qu’avec son grand-père, se la issait aller peu à peu à parler des rêves auxquels elle s’était abandonnée au retour. — Tu te sens donc du goût pour ce métier-là ? demanda Charlotte. — Oh ! ce n’est point unmétier,répondait Emilie qui relevait fièrement la tête ; c’est la plus belle, la plus noble carrière ! Si je savais le grec aussi bien que je sais l’allemand, je pourrais me faire un nom aussi beau que celui de madame Dacier, J’apprendrai l’anglais afin de le traduire pour les journaux et pour les l ibraires, ainsi que fait mademoiselle 1 Pauline de Meulan ; et, comme elle, je soutiendrai toute ma famille. Vous verrez, ma cousine, ce que lapetite Emilie rd, je neest capable de faire ! Qui sait si, plus ta composerai pas à mon tour ! Il y a commencement à t out, vous le dites toujours, et certainement madame Cottin, la comtesse d’Hautpoul, la comtesse de Choiseul-Meuse, madame Armande Roland, n’avaient pasétudiédevenir auteurs ; elles le sont pour devenues, pourtant ! Je ne vois pas pourquoi je ne le deviendrais pas à mon tour ; et l’on mettra mon nom dans les journaux ; et vous lirez sur le titre d’un livre :Par mademoiselle Emilie Muller !! ma cousine, quelle joie et quel bonheur !... Mais ce n’est pas tout ; Oh c’est que je serai utile, vraiment utile à grand-père et à vous, ma bonne cousine. Vous ne serez plus obligée de faire la cuisine ; vous aurez une servante comme autrefois ; je rendrai à grand-père tous les beaux meubles que l’incendie nous a dévorés ; il aura son cabinet à lui, un grand fauteuil bien commode, tous les livres qu’il a perdus et qu’il regrette tant, quoiqu’il n’en témoigne rien, un bon lit, du feu jour et nuit pendant l’hiver dans sa chambre... Que de privations depuis deux ans ! et pour vous aussi, ma cousine, pour vous qui deviez partager notre prospérité et qui n’avez à partager que notre misère ! Et dans les livres que je ferai, ma cousine, je montrerai comment il ne faut pas avoir une confiance aveugle dans la probité de certaines gens, des gens mielleux, ainsi que l’est M. Villiers. Déjà il pensait, j’en suis sûre, à ruiner grand-père et bien d’autres, quand ce malheureux incendie est venu lui donner beau jeu en détruisant nos titres ; de sorte qu’aujourd’hui qu’il est en faillite, nous ne pouvons rien réclamer, et nous n’aurons rien de ce que pourront avoir les autres créanciers, vous verrez ! Si c’était un honnête homme, et