En cheveux blonds et en cheveux noirs

En cheveux blonds et en cheveux noirs

-

Livres
92 pages

Description

Voici des chants comme l’on ose
En jeter à tous les passants,
En rêvant, comme on les compose,
Depuis à peu près cinq mille ans !

Et depuis cinq mille ans la foule
Les lit — comme on lit un roman, —
Ces chants dont chaque strophe roule
D’une lèvre à l’autre en courant.

Voici les miens : de monde en mondes,
En tresses et brunes et blondes,
Qu’ils aillent — à l’Aigle pareils !

Et, dans leur course horizontale,
Laissant à droite l’ombre pâle,
Tomber à gauche aux grands soleils !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 14 décembre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782346132652
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Signaler un abus
À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
L. Guérin de Ladvèze
En cheveux blonds et en cheveux noirs
I
AU LECTEUR
Voici des chants comme l’on ose En jeter à tous les passants, En rêvant, comme on les compose, Depuis à peu près cinq mille ans ! Et depuis cinq mille ans la foule Les lit — comme on lit un roman, — Ces chants dont chaque strophe roule D’une lèvre à l’autre en courant. Voici les miens : de monde en mondes, En tresses et brunes et blondes, Qu’ils aillent — à l’Aigle pareils ! Et, dans leur course horizontale, Laissant à droite l’ombre pâle, Tomber à gauche aux grands soleils !
Août 1857.
FUIT !
Qu’est devenu le temps où la folle jeunesse Recherchait, en suivant tes pas harmonieux, L’or de tes cheveux blonds, ô ma pâle maitresse, L’albâtre de ton sein et l’azur de tes yeux ! A présent belle Nymphe, ô sainte poésie, Le siècle foule aux pieds ton langage si beau ; On dirait que sa main sans pitié t’a saisie, Et roulée au suaire et couchée au tombeau ! La prose de son souffle orageux t’a glacée, Belle veuve ! et l’on t’a pour elle délaissée ! Nul n’est resté fidèle à ton culte divin ! Et chacun de toi dit tristement : elle est morte ! Qu’il vienne une poitrine harmonieuse et forte, O ma belle maîtresse, et nous verrons demain !
Février 1855
LISE A NINETTE
En feuilletant l’album de tes souvenirs roses, N’as-tu pas vu celui de ce bal que donna, (Pauvre Hélène ! partie au ciel avec les roses Pour la dernière fois la comtesse Hélèna ! Où nous vîmes passer, par la foule dansante, Un jeune homme, entre tous, étrangement vêtu, A qui nous disions : vous ! et qui nous disait : tu ! Comme si nous eussions été sa folle amante, Nous qui marchions alors où marchait la vertu ! Ninon, comme sa danse était originale, Et comme elle plaisait aux convives du bal, Qui tous suivaient des yeux ce jeune homme au teint pâle, Costumé comme un masque au temps du carnaval ! Tout te plaisait en lui ; sa chevelure blonde, Son œil noir - tu n’avais jamais vu le pareil ! -Il avait des regards éblouissant le monde, Comme au cœur de l’été les flammés du soleil ! Son costume était beau, riche, brillant, étrange ! Il me semble le voir danser, valser encor, Avec son gilet jaune et sa culotte orange, Et ses escarpins verts où pendaient des glands d’or ! Quelques vieilles disaient, d’une voix chevrotante : « L’indécent ! la jeunesse était bien plus décente Dansant lacarmagnoleau mois de thermidor ! » O Ninette ! est-ce vrai ? La poitrine rougie Par le sang, tiède encor, d’infortunés humains, Étaient-ils plus décents ces grands républicains, Faisant de la noblesse une sanglante orgie, Dansant sur son cadavre un poignard aux deux mains ! Ces gens qui, s’enivrant à de sanglantes fêtes, De la France en trente ans eussent fait un tombeau ! Qui, lorsque le bourreau jouait avec les têtes, Battaient des mains, portaient un toast au bourreau !