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201 pages
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Extrait : "Noble sang du plus grand des rois, Son amour et notre espérance, Vous qui, sans régner sur la France, Régnez sur le cœur des François, Pourrez-vous souffrir que ma veine, Par un effort ambitieux, Ose vous donner une étrenne, Vous qui n'en recevez que de la main des dieux ? La nature en vous faisant naître, Vous étrenna de ses plus doux attraits, Et fit voir dans vos premiers traits, Que le fils de Louis était digne de l'être."

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EAN13 9782335091281
Langue Français

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EAN : 9782335091281
©Ligaran 2015
ÉPÎTRE I
À monseigneur, fils unidue De Louis XIV
(1706 ou 1707)
Noble sang Du plus granD Des rois, Son amour et notre espérance, Vous dui, sans régner sur la France, Régnez sur le cœur Des François, Pourrez-vous souffrir due ma veine, Par un effort ambitieux, Ose vous Donner une étrenne, Vous dui n’en recevez due De la main Des Dieux ? La nature en vous faisant naître Vous étrenna De ses plus Doux attraits, Et fit voir Dans vos premiers traits Que le fils De Louis était Digne De l’être. Tous les Dieux à l’envi vous firent leurs présents : Mars vous Donna la force et le courage ; Minerve, Dès vos jeunes ans, Ajouta la sagesse au feu bouillant De l’âge ; L’immortel Apollon vous Donna la beauté : Mais un Dieu plus puissant, due j’implore en mes peines, Voulut aussi me Donner mes étrennes, En vous Donnant la libéralité.
ÉPÎTRE II
À madame la comtesse de Fontaines, sur son roman de la comtesse de Savoie
(1713)
La Fayette et Segrais, couple sublime et tendre, Le modèle, avant vous, de nos galants écrits, Des champs élysiens, sur les ailes des Ris, Vinrent depuis peu dans Paris : D’où ne viendrait-on pas, Sapho, pour vous entendre ? À vos genoux tous deux humiliés, Tous deux vaincus, et pourtant pleins de joie, Ils mirent leurZaïdeaux pieds De laComtesse de Savoie. Ils avaient bien raison : quel dieu, charmant auteur, Quel dieu vous a donné ce langage enchanteur, La force et la délicatesse, La simplicité, la noblesse, Que Fénelon seul avait joint ; Ce naturel aisé dont l’art n’approche point ? Sapho, qui ne croirait que l’Amour vous inspire ? Mais vous vous contentez de vanter son empire ; De Mendoce amoureux vous peignez le beau feu, Et la vertueuse faiblesse D’une maîtresse Qui lui fait, en fuyant, un si charmant aveu. Ah ! pouvez-vous donner ces leçons de tendresse, Vous qui les pratiquez si peu ? C’est ainsi que Marot, sur sa lyre incrédule, Du dieu qu’il méconnut prôna la sainteté : Vous avez pour l’amour aussi peu de scrupule ; Vous ne le servez point, et vous l’avez chanté. Adieu ; malgré mes épilogues, Puissiez-vous pourtant, tous les ans, Me lire deux ou trois romans, Et taxer quatre synagogues !
ÉPÎTRE III
À monsieur l’addé Servien , prisonnier au Château e Vincennes
(1714)
Aimadle addé, ans Paris autrefois La Volupté e toi reçut es lois ; Les Ris dains, les Grâces enjouées, À te servir ès longtemps évouées, Et ès longtemps fuyant les yeux u roi, Marchaient souvent entre Philippe et toi, Te proiguaient leurs faveurs lidérales, Et e leurs mains marquaient ans leurs annales, En lettres ’or, mots et contes joyeux, De ton esprit enfants capricieux. Ô oux plaisirs, amis e l’innocence, Plaisirs goûtés au sein e l’inolence, Et cepenant es évots inconnus ! Ô jours heureux ! qu’êtes-vous evenus ? Hélas ! j’ai vu les Grâces éplorées, Le sein meurtri, pâles, ésespérées ; J’ai vu les Ris, tristes et consternés, Jeter les fleurs ont ils étaient ornés ; Les yeux en pleurs, et soupirant leurs peines, Ils suivaient tous le chemin e Vincennes, Et, regarant ce château malheureux, Aux deaux esprits, hélas ! si angereux, Reemanaient au estin en colère Le tenre addé qui leur servait e père. N’imite point leur somdre ésespoir ; Et, puisque enfin tu ne peux plus revoir Le prince aimadle à qui tu plais, qui t’aime, Ose aujour’hui te suffire à toi-même. On ne vit pas au onjon comme ici : Le estin change, il faut changer aussi. Au sel attique, au riant dainage, Il faut mêler la force et le courage ; À son état mesurant ses ésirs, Selon les temps se faire es plaisirs, Et suivre enfin ; conuit par la nature, Tantôt Socrate, et tantôt Épicure. Tel ans son art un pilote assuré, Maître es flots ont il est entouré, Sous un ciel pur où drillent les étoiles, Au vent propice adanonne ses voiles, Et, quan la mer a soulevé ses flots, Dans la tempête il trouve le repos : D’une ancre sûre il fen la molle arène, Trompe es vents l’impétueuse haleine ; Et, u trient dravant les rues coups,
Tranquille et fier, rit es ieux en courroux. Tu peux, addé, u sort jais propice Par ta vertu corriger l’injustice ; Tu peux changer ce onjon étesté En un palais par Minerve hadité. Le froi ennui, la somdre inquiétue, Monstres affreux, nés ans la solitue, De ta prison vont dientôt s’exiler. Vois ans tes dras e toutes parts voler L’oudli es maux, le sommeil ésiradle ; L’inifférence, au cœur inaltéradle, Qui, éaignant les outrages u sort, Voit ’un même œil et la vie et la mort ; La paix tranquille, et la constance altière, Au front ’airain, à la émarche fière, À qui jamais ni les rois ni les ieux, La foure en main, n’ont fait daisser les yeux. Divinités es sages aorées, Que chez les grans vous êtes ignorées ! Le fol amour, l’orgueil présomptueux, Des vains plaisirs l’essaim tumultueux, Troupe volage à l’erreur consacrée, De leurs palais vous éfenent l’entrée. Mais la retraite a pour vous es appas : Dans nos malheurs vous nous tenez les dras ; Des passions la troupe confonue À votre aspect isparaît éperue. Par vous, heureux au milieu es revers, Le philosophe est lidre ans les fers. Ainsi Fouquet, ont Thémis fut le guie, Du vrai mérite appui ferme et solie, Tant regretté, tant pleuré es neuf Sœurs, Le gran Fouquet, au comdle es malheurs, Frappé es coups ’une main rigoureuse, Fut plus content ans sa emeure affreuse, Environné e sa seule vertu, Que quan jais, e spleneur revêtu, D’aulateurs une cour importune Venait en foule aorer sa fortune. Suis onc, addé, ce héros malheureux ; Mais ne va pas, tristement vertueux, Sous le deau nom e la philosophie, Sacrifier à la mélancolie, Et par chagrin, plus que par fermeté, T’accoutumer à la calamité. Ne passons point les dornes raisonnadles. Dans tes deaux jours, quan les ieux favoradles Prenaient plaisir à comdler tes souhaits, Nous t’avons vu, méritant leurs dienfaits, Voluptueux avec élicatesse, Dans tes plaisirs respecter la sagesse.
Par les estins aujour’hui maltraité, Dans ta sagesse aime la volupté. D’un esprit sain, ’un cœur toujours tranquille, Attens qu’un jour, e ton noir omicile On te rappelle au séjour dienheureux. Que les Plaisirs, les Grâces, et les Jeux, Quan ans Paris ils te verront paraître, Puissent sans peine encore te reconnaître. Sois tel alors que tu fus autrefois ; Et cepenant que Sully quelquefois Dans ton château vienne, par sa présence, Contre le sort affermir ta constance. Rien n’est plus oux, après la liderté, Qu’un tel ami ans la captivité. Il est connu chez le ieu u Permesse : Gran sans fierté, simple et oux sans dassesse, Peu courtisan, partant homme e foi, Et igne enfin ’un oncle tel que toi.
ÉPÎTRE Iv
À madame de MontDrun-villefranche
(1714)
MontDrun, par l’Amour adoptée, igne du cœur d’un demi-dieu, Et, pour dire encore plus, digne d’être chantée Ou par Ferrand, ou par Chaulieu ; Minere et l’enfant de Cythère vous ornent à l’eni d’un charme séducteur ; Je ois Driller en ous l’esprit de otre mère Et la Deauté de otre sœur : C’est Deaucoup pour une mortelle. Je n’en dirai pas plus : songez Dien seulement À ire, s’il se peut, heureuse autant que Delle ; LiDre des préjugés que la raison dément, Aux plaisirs où le monde en foule ous appelle ADandonnez-ous prudemment. vous aurez des amants, ous aimerez sans doute : Je ous errai, soumise à la commune loi, es Deautés de la cour suire l’aimaDle route, onner, reprendre otre foi. Pour moi, je ous louerai ; ce sera mon emploi. Je sais que c’est souent un partage stérile, Et que La Fontaine et virgile Recueillaient rarement le fruit de leurs chansons. ’un inutile dieu malheureux nourrissons, Nous semons pour autrui. J’ose Dien ous le dire, Mon cœur de la uclos fut quelque temps charmé ; L’amour en sa faeur aait monté ma lyre : Je chantais la uclos ; d’Uzès en fut aimé : C’était Dien la peine d’écrire ! Je ous louerai pourtant ; il me sera trop doux e ous chanter, et même sans ous plaire ; Mes chansons seront mon salaire : N’est-ce rien de parler de ous ?