Altérité-Identité-Interculturalité (Tome 2)

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Des chercheurs dressent un premier bilan d'un XXe siècle qui par l'abolition des distances, les migrations, l'immigration et la multiplication des échanges commerciaux, a entraîné de profond changements des idées et des comportements, bouleversant les rapports entre les nations. La construction européenne, ayant contribué à une relecture de l'Histoire et ayant redéfini les relations internationales et intra-nationales, il était intéressant de confronter les points de vue de chercheurs des deux cotés de l'Arc Atlantique.

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Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de lectures 232
EAN13 9782296452633
Langue Français

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Altérité – Identité - Interculturalité
Textes réunis et présentés par Bénédicte de Buron-Brun Altérité – Identité - Interculturalité Perceptions et Représentations de l’Etranger en Europe et dans l’Arc AtlantiqueTome II TRAVAUX DE RECHERCHESDULABORATOIREARCATLANTIQUE(EA 1925) UNIVERSITÉ DEPAU ET DESPAYS DE L’ADOURAVEC LE CONCOURS DUCONSEILRÉGIONAL D’AQUITAINE, DUCONSEILRÉGIONAL DESPYRÉNÉESATLANTIQUESET DE LACOMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DEPAUL’HARMATTAN
© L'HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54083-5 EAN : 978229654083-5
CHAPITRE III LA LANGUE ÉTRANGÈRE : APPRENTISSAGE DE L’ALTÉRITÉ ?
ANGLAIS INTERNATIONAL ET/OU PLURILINGUISME : LA DIVERSITÉ LINGUISTIQUE EN EUROPE ENTRE UTOPIE ET PRAGMATISME Danielle CHINI Université de Pau et des Pays de l'Adour « L'Union européenne a pour principe fondateur la diversité : diversité des cultures, des coutumes, des opinions, mais aussi deslangues, ce qui est naturel sur un continent où tant de langues sont parlées. » Ce principe, posé 1 en préambule sur le portail Europa , site officiel de l'Union Européenne consacré aux langues, rappelle que la diversité linguistique, et donc l'altérité, sont constitutives de l'identité européenne, diversité qui, de fait, va en s'accentuant, à mesure que l'Europe cherche, par l'élargissement à de nouveaux états, à affirmer son espace et son identité : pour 490 millions de locuteurs répartis dans 27 pays, cohabitent actuellement 23 langues officielles, auxquelles s'ajoute une soixantaine de langues régionales et minoritaires, sans compter les langues d'origine des populations immigrées. 2 Comme le remarquent Rémi Hess et Christoph Wulf dans l'introduction à leur ouvrage sur les paradoxes de l'interculturel, si les « frontières sont en voie de disparition, […] ces évolutions ne rendent nullement désuète la question des frontières entre les cultures […] qui se construisent à partir des différences entre les langues, les imaginaires collectifs, les contextes, les styles de vie. » Il s'avère en conséquence que si la diversité linguistique constitue bien pour l'Europe un principe fondateur, paradoxalement elle représente aussi un obstacle à la construction d'une identité commune réellement vécue. Et c'est bien pour tenter de le réduire que la politique européenne en matière de langues-cultures cherche à promouvoir le plurilinguisme, corollaire linguistique de l'interculturalité. Dans les deux cas, il s'agit d'éviter le double écueil de la parcellisation par enfermement identitaire, et du nivellement par la globalisation, qui, du point de vue linguistique, se traduirait par le recours systématique, dans les échanges internationaux, à l'anglais ou plutôt auEuroglish, langue de service
1 Cf.< http://europa.eu/languages/fr/home>, consulté le 10.11. 2008. 2  Remi Hess & Christoph Wulf.Parcours, passages et paradoxes de l'interculturel:. Paris Anthropos, 1999, p. V.
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1 commune que d'aucuns qualifient de « Tyranosaurus Rex des langues » . L'importance accordée à cet objectif est visible dans les discours officiels et dans de nombreuses décisions récentes, comme la tenue en 2005 des premières assises du plurilinguisme qui ont conduit à la création d'un 2 Observatoire du Plurilinguisme et à l'élaboration d'une Charte du 3 Plurilinguisme qui fait actuellement l'objet d'une campagne de pétition et sera déposée lors des deuxièmes assises du plurilinguisme qui doivent se tenir en mai 2009 à Berlin. La mise en œuvre d'une telle dynamique n'étant pas envisageable sans un réel effort de sensibilisation et de formation, l'objectif du développement d'une compétence plurilingue et interculturelle a par ailleurs été intégré dans leCadre européen commun de référence pour 4 les langues,puis repris, dans la plupart des pays, dans les préconisations pour l'enseignement des langues étrangères en milieu scolaire. C'est à cet aspect des choses, à la possibilité, pour l'école, d'atteindre cet objectif dans les conditions actuelles, que je voudrais consacrer la présente analyse. Je me 5 fonderai pour cela sur le cas de la France . Mais les informations communiquées régulièrement par l'Observatoire de Plurilinguisme laissent à penser que ce n'est pas un cas unique. Après avoir rappelé ce qui caractérise le plurilinguisme et ce qui fonde la politique européenne dans ce domaine, je tenterai de montrer pourquoi, à mon sens, le plurilinguisme scolaire, si tant est qu'il puisse exister, n'a rien à voir, du moins dans les conditions habituelles, avec le plurilinguisme spontané qui peut se développer en milieu naturel. Cela me conduira à reconsidérer la pétition de principe selon laquelle… tout vaut mieux que l'asservissement à l'anglais. Le plurilinguisme se définit par rapport à ce qu'il n'est pas. Tout d'abord, il se différencie du multilinguisme défini par le CECR (p. 11) comme « la coexistence de langues différentes dans une société donnée » et qui relève d'un constat objectif de géographie linguistique. Comme le rappelle la Charte du plurilinguisme (p. 3), « une société multilingue peut être majoritairement formée d'individus monolingues ignorant la langue del'autre ». Il s'oppose ensuite à la conception assez communes selon laquelle les compétences d'un individu dans différentes langues seraient juxtaposées, « comme autant de
1 Cf. Barbara Seidlhofer.Autour du concept d'anglais international : de l'anglais 'authentique' à l'anglais 'réaliste'7,. Conseil de l'Europe, Division des politiques linguistiques, 2003, p. <http://www.coe.int/t/dg4/linguistic/Source/SeidlhoferFR.pdf> (consulté le 10.11.2008) 2 Cf. site <http://plurilinguisme.europe-avenir.com/> (consulté le 12.11.2008) 3 Disponible à l'adresse suivante <http://plurilinguisme.europe-avenir.com/images/Fondamentaux/charteplurilinguismefrv2.13.pdf>, (consulté le 10.11.2008) 4 Conseil de l'Europe.Un cadre européen commun de référence pour les langues : apprendre, enseigner, évaluer. Paris : Didier, 2001. Dorénavant, CECR. 5  Les préconisations concernées sont exposées dans les différents textes officiels publiés depuis 2002 pour l'enseignement des langues en primaire, au collège et au lycée.
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