Guide des ateliers d'écriture

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Qu’est-ce qu’un atelier d’écriture? « C’est un espace-temps, au cours duquel des participants peu nombreux perfectionnent leur écriture sous la conduite d’un animateur.» Les nombreux débats sur les «meilleures techniques» à utiliser seront vains tant qu’on n’aura pas affiché leurs buts

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Date de parution 01 janvier 2015
Nombre de lectures 52
EAN13 9782909725888
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,105€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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ViCToR BOUADJIO
Avec la contribution de L. Timbal-Duclaux, H. Esquirol, G. Bertin, J. Corbeil, E. Kestermans-Smet, C. Deschanel.
GuidE dES
ATELiERS d’ÉCRiTuRE
Contenus . Animation . Exercices d’écriture . Tendances et
pertinence . Culture littéraire et socialisation…
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pArUs chez le mme éDIteUr Écrire et être édité,par Victor Bouadjio J’écris mon Premier Roman,par Louis Timbal-Duclaux J’écris des Nouvelles et des Contes,par Louis Timbal-Duclaux Le travail du style littéraire,par Louis Timbal-Duclaux Techniques du récit et composition dramatique,par Louis Timbal-Duclaux J’écris mon Premier Polar,par Louis Timbal-Duclaux Dictionnaire de l’écriture. Des mots aux idées,par U. Lacroix Traitement de texte - Guide de l’écrivain,par Christian Chevalier J’écris une pièce de théâtre, par Henri Prémont Scriptor, le monde de l’écrit et de l’édition,éd. dirigée par Victor Bouadjio J’écris pour la Jeunesse,par Tracey E. Dils L’art de retravailler ses manuscrits,par André Marquis J’écris mon expérience de vie,par Marjorie Holmes Écrire des dialogues,par Tom Chiarella J’écris des poèmes,par Christian Bulting L’art d’écrire des chansons,par Mady Lassaux Le travail de romancier,par Oakley Hall Auto-édition, vous pouvez vous-même éditer votre propre livre,par Ted Oudan Tout savoir sur les maisons d’édition,par Victor Bouadjio Maîtriser l’écriture de nouvelles,par Damon Knight Mécanismes des histoires romanesques,par Oakley Hall J’écris une biographie,par Laurent Auduc et Mousse Boulanger L’écrivain professionnel,par Laurent Auduc Bien écrire, de A à Z,par Ted Oudan Savoir écrire des articles - Précis du journalisme free-lance,par Louis Timbal-Duclaux Ecrire comique,par Louis Timbal-Duclaux Ecrire des mots croisés,par Louis Timbal-Duclaux Construire des Personnages de Fiction,par Louis Timbal-Duclaux Techniques avancées de la Fiction,par Louis Timbal-Duclaux Ecrire un spectacle vivant,par Louis Timbal-Duclaux
coLLECTion tOp J’écris mes souvenirs de voyages et de vie,par Louis Timbal-Duclaux Vingt Nouvelles avec leurs procédés expliqués par l’auteur,par Louis Timbal-Duclaux Ecrire un roman,un vrai roman expliqué par son auteur,par Louis Timbal-Duclaux J’écris un livre de cuisine,par Jacques Sacré
Toute reproduction, même partielle, de cet ouvrage est formellement interdite sans l’accord de l’éditeur. Tous droits réservés pour tous pays.IsBN:978-2-9097-2588- 8
© Ecrire Aujourd’hui, 1er trimestre 2015
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Comment devient-on écrivain ? L’art d’écrire est-il inné ? Peut-on, seul ou en groupe, apprendre à écrire ? Ces questions sont récurrentes en France depuis près d’un demi-siècle et les réponses, dont ne se préoccupent plus les sondages, sont dans les faits : de plus en plus de Français écrivent et publient, et certaines statistiques évaluent à plus de quinze millions le nombre de personnes qui écri-vent, rien qu’en France, soit pour le simple plaisir d’écrire, soit dans l’espoir d’accéder à la publication. Chez les Anglo-Saxons, ces questions ne se posent jamais. Leswriting-work-shops(ateliers d’écriture) ont toujours fait florès en Angleterre comme aux Etats-Unis, sans que cela suscite le moindre débat sur leur pertinence. Dans le même temps, nombre d’écrivains à succès traduits de l’anglais et lus en français ont été vus dans descreative writings(écritures créatives), comme étudiants ou comme animateurs. Enfin, pratiquement toutes les universités outre-atlantique ont chacune leur unité d’écriture où officient, la plupart du temps, des écrivains connus. Quoi qu’il en soitEcrire Aujourd’hui, en un quart de siècle, a engrangé des argu-ments lui permettant de répondre à la plus importante de ces questions : « Peut-on apprendre à écrire ? » Oui, on peut apprendre à écrire. Mais, bien évidem-ment, cela n’exclut pas que certains auteurs aient, dès le départ, des talents innés que n’aura pas le commun des mortels. Au cours de toutes ces années de flirt avec la chose écrite, nous avons vu défiler toutes les catégories d’aspirants à la reconnaissance par la plume. Depuis ceux qui travaillaient comme des forcenés jusqu’à ceux qui n’écrivaient qu’occasion-nellement. Et nous avons fait le constat fondamental suivant : celui qui, un beau matin, se lève du lit avec la décision d’apprendre à écrire et qui le fait régulière-ment en y consacrant temps, énergie et moyens (matériels, ouverture d’esprit, curiosité, etc.) peut réussir son pari au bout de quatre à cinq ans. Quatre à cinq
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ans : voilà donc notre unité de temps pour accéder éventuellement au statut d’écrivain professionnel, publié ou en droit d’espérer de l’être. Car, en effet, nous avons vu venir vers nous des gens ignorant tout des techniques d’écriture, repartir avec plusieurs de nos ouvrages, s’abonner à notre magazine, et même pour certains participer à nos séjours d’écriture pour, plus tard, nous faire parve-nir «notre» exemplaire de leur premier ouvrage publié. Nous ne comptons plus le nombre de ces « auteurs reconnaissants », mais ils sont la preuve, notamment pour ceux d’entre eux qui n’auraient jamais osé se lancer seuls dans l’écriture sans aucun accompagnement, que oui on peut apprendre à écrire. Dans le présent ouvrage, nous nous adressons notamment : - Aux animateurs d’ateliers d’écriture. Ils y trouveront des idées pour conduire progressivement leur groupe vers la maîtrise de l’art d’écrire ; - Aux participants à un atelier d’écriture, qui verront nettement tout ce qu’ils peuvent attendre d’un travail collectif sous la conduite d’un superviseur. Ils pourront même s’y appuyer pour s’exercer seuls, chez eux, à l’écriture, et ils ne tarderont pas à sentir les progrès réalisés ; - A tous ceux qui désirent savoir comment il est possible d’apprendre à écrire. Car, dans la plupart de nos cursus scolaires, rien n’a été conçu pour ouvrir sco-laires et étudiants à l’univers de la création littéraire. Raison pour laquelle ce monde leur paraît si lointain et réservé aux grands auteurs qu’avait touchés la grâce dès leur naissance.
Dès les premiers chapitres, nous livrerons en détail le contenu de nos propres séjours d’écriture, qui n’a guère varié depuis des années de pratique, parce qu’il tient largement compte des mille et une questions que se posent tous ceux qui un jour, brusquement, se lancent dans l’aventure au long cours d’écrire, avec comme seul bagage l’envie d’aller jusqu’au bout. On découvrira qu’il ne suffit pas de saisir un stylo bille et une feuille de papier, ou de s’asseoir devant un ordinateur pour commencer à écrire vrai-ment, mais que des conditions d’environnement et de disponibilité intérieure sont requises. Où débattre de ces aspects qui sont au cœur de l’activité d’écriture sinon dans le cadre d’un atelier d’écriture ?
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1. la diSPonibiLiTÉ
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La majorité des gens qui portent un projet d’écriture ont une activité professionnelle à plein temps. Ce qui, bien évidemment, constitue un premier handicap pour l’écriture, bien que cela puisse, pour certains, devenir un stimulant de devoir se faire violence pour mener de front ces deux occupations. Il faut, alors, mettre en place une gestion rigoureuse de son temps pour insérer un travail qu’on s’est librement imposé dans un autre qui, lui, est vital. Mais comment écrire le soir après le bureau, sachant que le lendemain, au saut du lit, il faudra à nouveau se tourner vers ses obligations profes-sionnelles ? Dans ces conditions, les seules occasions restent les week-ends et les vacances. Les vacances, justement. Vous résoudrez-vous aisé-ment à changer, à l’occasion des vacances, une occupation par une autre aussi prenante que l’est l’écriture, au lieu d’aller vous changer les idées ailleurs en prenant du bon temps ? Tout dépend, bien évidemment, du sérieux que vous accordez à votre projet d’écriture. Qui veut aller loin ménage sa monture, dit-on. Si vous voulez pouvoir écrire, il faut que
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vous vous en donniez le temps, malgré vos occupations habituelles, et en intégrant astucieusement l’agréable à l’utile. La joie que procure l’activ-ité d’écrire est une joie qui se paie en retour : par l’effort, les privations, et bien des sacrifices. Certains écrivains à succès qui se consacrent entièrement à leur œuvre déclarent gérer leur temps avec rigueur et méticulosité (cf R. Sabatier et M. Ragon dans un reportage publié par notre publicationEcrire Magazine). Quant à ceux qui, n’ayant encore jamais publié, doivent dif-ficilement (souvent douloureusement) prélever du temps pour écrire, ils gagneront à gérer ce projet non comme un loisir facultatif (dès lors qu’ils ont commencé à écrire), mais comme une sérieuse entreprise individu-elle à mener à bien, coûte que coûte. Il n’est pas possible d’écrire un ouvrage susceptible d’intéresser un éditeur et, partant, le public, sans lui consacrer beaucoup de temps et d’énergie. Enfin, une méthode pour tirer le maximum de profit de vos vacances, étant entendu que vous désirez les utiliser au mieux pour écrire, c’est de les entamer en ayant déjà jeté les bases du travail à accomplir. Être encore à vous interroger, au début des vacances, sur la forme et le genre (roman, essai, etc.) à donner à votre futur ouvrage, alors que vous auriez pu le faire longtemps avant, c’est diminuer considérablement vos chances de réussir. Vous pouvez avoir, tout au long de l’année, établi le synopsis de votre livre, l’avoir peaufiné plusieurs fois, en avoir discuté avec conjoint et amis pour y déceler les faiblesses et les imperfections ; vous pouvez même l’avoir commencé et avancé de façon significative. Dans ce cas, tout le temps disponible sera utilisé à rédiger et à avancer dans votre histoire. Si vous êtes un travailleur acharné, avec 7 pages par jour et pour un mois de vacances, vous pouvez revenir muni de plus de 150 pages (en soustrayant les jours de vide, de fatigue et de sortie avec la famille), ce qui peut bien correspondre à un livre. Donc, si vous êtes vraiment décidé à écrire, vous pouvez toujours le faire, même si vous exercez une profession à temps plein. Il faut seule-ment bien tenir votre sujet, et avoir la ferme volonté de réaliser votre rêve. Cette volonté de parvenir à vos fins sera votre meilleur partenaire, qui vous donnera des idées pour contourner les difficultés qui paraissent, disons-le, infranchissables aux yeux de ceux qui hésitent devant l’effort à déployer.
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Tel est le premier conseil que nous donnons à ceux qui viennent à nos séjours d’écriture. Et bien entendu, il y en a qui ne sont là que pour apprendre à écrire pour le plaisir, et qui n’ont aucun projet de livre. Mais qui peut le plus ne peut-il pas aussi le moins ? Mais il y a d’autres prérequis qu’on ne peut ignorer, sous peine de dilapider son temps, parfois pendant des années, sans voir le moindre début de concrétisation de son projet d’écriture.
2. l’auTodiSCiPLinE
Au lycée, à l’université, lorsque les professeurs dirigeaient plus ou moins notre travail, notre succès n’était pas pour autant garanti. Leur assistance nous aidait à placer des repères dans notre emploi du temps (devoir à remettre tel jour, étude de tel chapitre jusqu’à la page x, laisser tomber tels paragraphes inutiles, etc.), nous simplifiant nos études d’une certaine manière. Plus tard, quand nous décidons d’écrire un livre, nous sommes loin de ce contexte. Nous nous attaquons cette fois à une entreprise solitaire, considérablement plus ardue, où nous n’avons aucun professeur, aucun camarade assis à côté de nous et qui nous stimule par son acharnement au travail. Nous n’avons rien de tout cela. Nous avons même très peu de chance d’avoir à notre portée un écrivain auprès de qui nous irions demander conseil. Notre seul bagage, c’est notre expérience de lecteur de livres, que nous allons devoir utiliser pour écrire le nôtre ! Car il s’agit d’écrire un livre sur le modèle de l’un que nous avons pu lire et qui nous a plu. D’ailleurs, nous poursuivrons notre travail d’écriture sans cesser de lire d’autres livres, beaucoup d’autres. Lire, quand on écrit, c’est comme faire des exercices physiques quand on veut avoir un corps souple. Sait-on tou-jours que les écrivains sont de grands consommateurs de livres ? Certains avouent ne plus pouvoir écrire s’ils ne devaient plus lire leurs auteurs favoris. Tout ceci pour dire que notre seule école, pour nous qui nous lançons dans l’écriture, activité solitaire par excellence, c’est la pratique des livres. Mais, bien évidemment, il ne suffira jamais de pratiquer les autres auteurs. Condition sans doute nécessaire, elle sera loin d’être suffisante. Sans une rigoureuse discipline personnelle, il n’est guère possible de
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rédiger un texte de roman ou de nouvelle qui soit vraiment achevé, même aux yeux de son propre auteur. S’il y a un domaine où le hasard n’intervient pas, c’est bien celui-ci. Et quant à la chance… L’autodiscipline ? Un nombre important de sollicitations extérieures tenteront constamment de vous éloigner de votre table de travail. Il s’a-gira d’y résister, de garder le cap, de continuer à amasser les pages, de garder le fil de votre histoire, de ne pas fausser compagnie à vos person-nages. Vous ne pourrez y parvenir qu’en sachant repousser une violente envie de sortir pour des motifs futiles, refuser (courtoisement) une invi-tation qui tombe dans votre période de fertilité littéraire. Il s’agira de vous lever à 4 heures du matin pour vous mettre au travail, si vous écrivez mieux le matin que le soir, ou de vous coucher tard, à minuit ou à 1 heure du matin si c’est le contraire. Il s’agira de prendre une tasse de café pour chasser un état de somnolence au moment où vous progressez dans une phase de votre histoire, au lieu de vous laisser tomber sur le divan et vous endormir, au risque de ne savoir où vous en étiez avant la pause. Votre autodiscipline ira encore plus loin. Sachant comment votre ali-mentation influe sur votre esprit, sur son agilité, et l’importance qu’elle revêt dans la santé de tout travailleur sédentaire (en particulier de celui qui travaille toujours assis), vous ne pourrez plus vous permettre de vous nourrir n’importe comment. Si on connaît les aliments qui alourdissent, ceux qui se digèrent mal, on ne pense pas toujours à les éviter. Cela demande aussi une certaine dose d’autodiscipline.
3. lE CadRE dE TRavaiL
Trouver un coin tranquille pour écrire ne va pas toujours de soi, sauf pour ceux qui vivent seuls. Les écrivains, sur la question, ont acquis depuis toujours la réputation d’êtres solitaires. Pascal n’écrivait-il pas, dans sesPensées: « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre » ? Le problème prend une tout autre dimension lorsque vous avez une famille et des enfants, surtout si ceux-ci sont en bas âge. Prenant un long congé de maternité, certaines femmes font le projet de faire d’une pierre deux coups : élever leur enfant et écrire un livre qui les obsède depuis
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