Feuilles fanées

Feuilles fanées

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Français
58 pages

Description

Existence qu’on dit joyeuse,
Combien le trépas est plus doux ;
Comme l’âme silencieuse
Est heureuse loin des jaloux.

Mais quand sous le froid de la tombe
Je reposerai pour toujours,
Les maux sous lesquels je succombe
Auront cessé leur triste cours,

Alors une croix sous l’ombrage,
Une fleur, un tertre, un rosier,
Mes yeux tournés vers mon village,
Voilà mon rêve : le dernier.

Annecy, 10 février 1862.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 11 octobre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782346115341
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Ernestine Carrey
Feuilles fanées
Le livre de la vie est le livre suprême Qu’on ne peut ni fermer ni rouvrir à son choix. Le passage attachant ne s’y lit pas deux fois, Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même. On voudrait revenir à la page où l’on aime, Et la page où l’on meurt est déjà sous les doigts.
(LAMARTINE.)
à Madame
Madame la Princesse Adèle MourouzyMADAME, A vous je les dédie, Ces vers, enfants de mon loisir ; Ce sont les feuilles de ma vie, Ah ! puissent-ils de moi vous faire souvenir ! ERNESTINE CARREY.
MON DERNIER RÊVE
Existence qu’on dit joyeuse, Combien le trépas est plus doux ; Comme l’âme silencieuse Est heureuse loin des jaloux. Mais quand sous le froid de la tombe Je reposerai pour toujours, Les maux sous lesquels je succombe Auront cessé leur triste cours, Alors une croix sous l’ombrage, Une fleur, un tertre, un rosier, Mes yeux tournés vers mon village, Voilà mon rêve : le dernier.
Annecy, 10 février 1862.
A M. ***
Je comprends maintenant cette peine secrète Qui germe en votre cœur. Je voudrais l’arracher. Je serai bien discrète, Laissez-moi ce bonheur. Laissez-moi près de vous parler de la jeunesse, Oubliez vos malheurs. Vivez, soyez heureux, mon regard vous caresse, Dans un sentier de fleurs. Vous n’avez pas senti les baisers d’une mère, Baisers plein de douceur. Vous n’avez pas connu l’amour de votre père, Ouvrez-moi votre cœur. Laissez-moi près de vous parler de l’espérance, Cet ange au front vermeil, Qui chasse loin de nous la cruelle souffrance A l’heure du réveil. Laissez-moi répéter ma naïve prière, Ah ! laissez-moi rêver ; Car je vous ai voué plus qu’un amour de mère, Laissez-moi vous aimer.
Annecy, janvier 1860.
A M.DEL
Vous m’aimiez ! ce ne fut qu’à votre heure dernière Que ce secret fut révélé ; Vous m’aimiez ! et déjà vous dormez sous la pierre, Déjà votre cœur est glacé. Vous ne m’entendez pas... et pourtant je soupire, Je soupire en pensant à vous ;