Fury

Fury

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Livres
368 pages

Description

2027. Notre monde. Enfin, pas tout à fait.

L’assaut de l’Empire Américain sur la Corée du Nord déclenche une pandémie à laquelle Jeremiah, Vivien et Jacques vont tenter, chacun à leur manière et dans leur environnement, de survivre. Au même moment, sur la quatrième lune de Jupiter, IO, une équipe d’exploration spatiale découvre les restes d’une civilisation inconnue... ou pas.

Hommage à Blade runner, Mad Max, Zombieou encore la Saison du passage, Fury est une course effrénée dédiée à la survie. JL Detcherry nous emmène aux quatre coins de la Terre et de notre système solaire pour découvrir que nous ne sommes pas seuls et que nos mythes, toujours, ont un fond de vérité.


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Informations

Publié par
Date de parution 18 avril 2014
Nombre de lectures 12
EAN13 9791092961102
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Livre numérique publié le 18 avril 2014
ISBN : 979-10-92961-10-2
FURY JL Detcherry
Couverture : Cécile Morvan Merci à Marjolaine Bertholat pour son soutien.
©lepeupledemu.fr – 2014
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Bonne lecture,
lepeupledemu.fr
FURY
Pour mon épouse Angélique Un grand merci à mon ami l’écrivain, Cruz Oscariz.
Première Partie
1
« Nous sommes le 1er août 2027, c’est le journal de treize heure, sur CNN. Nous retrouvons Janet Kœchlin et le chef des opérations militaires pour la mission « Corée du Nord », le colonel Taylor.
— Le général Lee Seung Hong vient de s’autoproclamer président à vie. «Très bientôt le Sud va m’appartenir» a-t-il attesté dans un communiqué spécial hier en fin d’après-midi. Ce sont de terribles menaces colonel, que compte faire l’armée américaine face à cette nouvelle insurrection ?
Taylor réfléchit quelques instants avant de répondre.
— Je vous rassure : il n’y aura pas d’invasion. Par ailleurs, avant que le G9 ne se réunisse afin de décider de la suite des événements, plusieurs détachements seront déjà parvenus en Corée du Sud pour y établir un blocus.
— N’est ce pas justement ce qu’attend Lee Seung Hong ?
— On se souvient tous de l’attaque communiste sur la république du Sud, en 1950, reprit le colonel. À l’époque, l’armée américaine avait déjà su endiguer le mal à sa source !
— Oui, toutefois, aujourd’hui les choses sont différentes, ajouta-t-elle : Lee Seung Hong possède l’arme nucléaire !
— Pour l’instant… »
Jeremiah zappa sur une chaîne sportive, Solen le foudroya du regard.
— Maman, maman !
— Laisse tomber p’tite chieuse, il n’y a que nous deux ici !
— Sale con ! vociféra l’adolescente.
Claquant la porte de sa chambre, elle continuait à l’abreuver d’injures : « Abruti, tu vas voir dès que papa va rentrer, tu vas moins faire l’malin ! »
— C’est ça cause toujours la truie, tu m’intéresses ! marmonna-t-il. Jeremiah Johnny Soulmayer, né le 3 septembre 2008 à Brownsville, Texas dans l’Amérique impériale, était un raté ; c’était du moins ce que ne cessait de clamer sa belle-mère Katherine, à qui voulait bien l’entendre.
À 17 ans, après avoir échoué à ses examens d’entrée en fac, il avait déserté le lycée pour prendre une année sabbatique ; mais la crise sociale que subissait le pays, depuis trop longtemps, ne faisait que s’aggraver. Ne trouvant que des boulots de manutentionnaire, il décida de devenir dealer. Comme il était déjà consommateur, il n’eut aucun mal à se faire une honorable clientèle de toxicomanes dans le ghetto de Brownsville.
Il attrapa son blouson et éteignit la télévision, il n’y avait rien d’intéressant et puis Solen avait une fois de plus réussi à l’énerver.
— Quelle chiante celle-là, faut toujours qu’elle ramène sa gueule !
Alors qu’il claquait la porte, son portable se mit à sonner, c’était le dernier hit de Suhra Lee,
enjoy it. Au bout de trois sonneries, il se décida enfin à répondre.
— Allo Jim, c’est moi !
— Salut Lori, ça va, t’as l’air bizarre ?
— Un peu crevée, c’est tout. Tu viens me chercher au taf ?
— Ouais !
Jeremiah referma le clapet du téléphone portable, le rangea dans l’une des poches de son pantalon style camouflage et mit ses lunettes noires. Il respira un bon coup en regardant le ciel, il allait encore faire très chaud aujourd’hui. Il marcha un peu le long de Morningside Road jusqu’à l’arrêt de bus. Le soleil cognait dur. Enfin, c’était ça Brownsville ! Beaucoup d’humidité et une écrasante chaleur.
— Putain je savais bien que j’avais oublié un truc, dit-il à la recherche de sa casquette des Dallas Mavericks. Quinze minutes après, le bus arrivait. Jeremiah s’engouffra à l’intérieur puis s’installa directement au fond. Il y avait deux blacks qui squattaient toute la place et importunaient une jeune femme. Il s’assit donc, exprès, juste en face d’eux.
La nana était plutôt jolie, une Mexicaine. Le gars aux rastas réagit aussitôt.
— Qu’est-ce qu’il y a, tu veux ma photo, connard ?
— Non merci, dit-il en prenant son air benêt.
— Hé blanc-bec, j’te cause !
— Moi je t’emmerde ! reprit Jeremiah, plus agressif.
L’autre allait répliquer quand Soulmayer sortit discrètement un taser.
— Tu sais quoidu gland, toi et ton tocard de pote, vous descendez au prochain arrêt, c’est compris ?
Le Black le dévisagea avant de signifier à son acolyte la fin des hostilités. Ils se levèrent et rejoignirent l’avant du bus.
— Toi, t’es mort ! lui lancèrent-ils juste avant de descendre.
La jeune fille souffla, tout à fait soulagée.
— Merci mec, c’était cool de ta part. C’est quoi ton prénom ?
— Jim !
— Lluvia Quetzali ! Enchantée alors !
Elle sourit.
— C’est la première fois que je te vois ici, où est-ce que tu crèches ?
— Je suis serveuse auRoad Escobar!
— Je descends au prochain arrêt. On échange nos numéros !
— Tu n’y vas pas par quatre chemins toi !
— On n’a qu’une vie, non ?
Lluvia détailla le jeune homme de la tête au pied, il était plutôt mignon en fait : cheveux bruns bouclés arrivant jusqu’à la nuque, yeux noirs, peau claire, quelques cicatrices çà et là, probablement des souvenirs de bagarre.
— On t’a jamais dit que tu ressemblais à ce chanteur de rock des années soixante, Jim Morrison !
— Ben ça ! T’es amoureuse ou quoi ?
Lluvia, vexée par la remarque, se leva, puis s’avança vers la porte.
— Non, attends, j’déconnais ! Allez file moi ton numéro d’portable !
C’était trop tard, la fille sortit du bus en l’ignorant.
— Quel con ! J’ai vraiment merdé !
Lorina patientait devant la station-service et cet après-midi elle avait envie de faire un peu de lèche-vitrines. Elle s’assit sur un banc pour attendre Jim qui, comme à son habitude, serait en retard.
— Qu’est ce qu’il fait chaud !
La latino se saisit de son portable pour regarder les photos prises la veille. Une soirée ordinaire. Ils avaient fumé de l’herbe. Zony était arrivé chargé de packs de bière. Puis, plus tard, Irina et Franco, suivis de toute la clique. Il l’avait raccompagné chez elle vers une heure du matin. Là, ils avaient fait l’amour, sous trip il n’y a rien de meilleur. Et puis Jim était reparti, comme ça, en plein milieu de la nuit, en baragouinant qu’il avait des choses urgentes à régler. Jeremiah était un égoïste invétéré pourtant elle en était raide dingue, ça faisait d’ailleurs deux ans qu’ils sortaient ensemble. Lorina en avait vingt, mexicaine par sa mère et américaine par son père, elle était caissière dans une station-service alors qu’elle n’était même pas majeure.
Avant de rencontrer Soulmayer, Lorina avait toujours été une fille sage, le genre à rêver du prince charmant. Un après-midi d’été, il l’avait abordé dans un parc, au début elle s’était un peu méfiée, mais il était si beau.
Bien qu’il soit un dealer au sale caractère, Jim était, pour elle, quelqu’un de sensible et loyal. « Ça, c’est important ! » Il ne fallut pas plus de quelques semaines pour qu’elle prenne du LSD et fasse son premierbad trip.
Lorina finit par s’assoupir sur le banc.