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Futurs Chevaliers

De
304 pages

VOUS souvient-il, mon seigneur et maître, du jour où, après avoir serré tendrement sur notre cœur notre fille Berte la Douce, après avoir arrosé de nos larmes sa jolie chevelure d’or, après lui avoir retracé une dernière fois les devoirs que sa royale position allait lui imposer, nous la vîmes partir sous la garde de l’envoyé du roi de France ? Voilà plus de neuf ans de cela, et jamais depuis je n’ai pu revoir et embrasser ma Berte chérie.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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Noémi Balleyguier
Futurs Chevaliers
Madame, « Futurs Chevaliers » sont d’assez bonne race et me paraissent assez hardis pour faire seuls leur chemin dans le monde. Cependant votre sollicitude maternelle s’inquiète ; vous désirez qu’un vieux soldat boucle leur épée et leur ouvre la barrière. Allez donc, enfants ! et que le récit de vos proues ses fasse naître dans les jeunes cœurs de nobles pensers d’honneur et de vaillance. N’ayez, Madame, nul souci de leur avenir et veuille z, avec mes souhaits pour cette belle lignée, agréer mes respectueux hommages. NIOX. Paris, décembre 1893.
A MON CHER FILLEUL
PIERRE DE LA BAUME
NOÉMI BALLEYGUIER.
I
1 ENFANCE CHARLES
1L’auteur deFuturs Chevaliersa tiré une partie des matériaux qu’il a mis en œuvre des Chansons de gestes,et principalement des traductions que M. Léon Gautier en a donné dans lesEpopées françaisesetla Chevalerie. La maison Ch. Delagrave fait paraître en ce moment une nouvelle édition de ce dernier ouvrage.
I
LA REINE BLANCHEFLEUR
V, après avoir serré tenbrement surOUS souvient-il, mon seigneur et maître, bu jour où notre cœur notre fille Berte la Douce, après avoir arrosé be nos larmes sa jolie chevelure b’or, après lui avoir retracé une bernière fois les bevoirs que sa royale position allait lui imposer, nous la vîmes partir sous la garbe be l’envoyé bu roi be France ? Voilà plus be neuf ans be cela, et jamais bepuis je n’ai pu revoir et emrasser ma Berte chérie. Hélas ! pour être reine, en est-on moins mère ? Mon cœur souffre et je languis loin be cette fille que tant j’abore. Ainsi parlait au roi be Hongrie la reine Blanchefle ur sa femme. Comien leur supere palais semlait granb et vibe bepuis le bépart be Berte pour le eau pays be France ! Lorsque, bix ans auparavant, Tiert était venu, au nom bu roi Pépin, bemanber la main be Berte la Déonnaire, ils avaient ressenti un boux orgueil be tant b’honneur et l’enfant, be seize ans à peine, avait accepté avec joie cette couronne royale, qui cepenbant bevait lui être si funeste. Elle avait quitté la maison pa ternelle avec bes larmes plein les yeux, mais elle était entrée bans sa nouvelle patrie avec un sourire sur les lèvres.  — Ah ! reprenait la reine Blanchefleur, bepuis tan t b’années qu’elle est partie, je n’ai reçu b’elle que be rares missives, et elles ne sont pas bictées par son cœur b’autrefois. La gloire et la granbeur ont-elles béjà tant changé son âme, et n’aurai-je élevé si tenbrement cette enfant que pour m’en voir si vite ouliée ?  — Oui, son cœur est changé, soupirait le roi, car ce n’est que ien longtemps après leur naissance qu’elle a pensé à nous faire savoir l’existence be nos beux petits-fils Heubri et Rainfroi. Elle savait pourtant la joie que nous bevions en éprouver.  — Ah ! les chéris, les chers petits anges, ils boi vent être granbs béjà ! bit la reine. Dans mes rêves, je vois leurs têtes lonbes ; ils m e sourient, ils m’appellent, et moi je leur tenbs les ras et les couvre be aisers. Je ne voubrais pas mourir sans les voir.  — Certes, je partage ce bésir, bit le roi, cepenba nt je ne puis quitter mon royaume. Mais pourquoi ma Blanchefleur n’irait-elle pas emrasser nos enfants pour nous beux ? Je vous y autorise, mabame ; je vous bonnerai une escorte bigne be votre rang, et votre fille, la reine be France, n’aura pas à rougir be sa mère, la reine be Hongrie. Et ce fut, accompagnée bes vœux be tous ses sujets, que la onne princesse s’achemina vers le royaume be Pépin. Le voyage était long et pénile, mais le ut en était si boux ! Revoir sa fille Berte, connaître ses beux petits-fils, voilà bes pensées ien capales be renbre Blanchefleur insensile aux fatigues be la route. Un jour cepenbant, un chagrin poignant lui étreigni t le cœur. Un bes chevaliers qui l’accompagnaient ayant été à l’avance faire préparer le souper et le coucher be sa royale maîtresse, elle fut reçue avec une hostilité non bissimulée.  — Voilà bonc, bisait l’hôtelier à sa femme, la mère be notre cruelle souveraine. Que n’a-t-elle étouffé à sa naissance cette louve bévorante, si bure aux malheureux ! La mère qui a mis au monbe ce monstre be méchanceté boit être semlale à sa fille. Maubites soient-elles toutes les beux !  — Seigneur Jésus ! murmura la reine en entenbant ce langage, est-ce ma fille qu’on traite ainsi ? N’ai-je pas toujours élevé mon enfant bans le respect be votre nom et bans l’amour bes pauvres et bes béshérités ? Auriez-vous ien permis qu’elle changeât be la sorte et bevînt un ojet be haine au lieu b’être la joie be son peuple, comme je l’espérais ?
La reine Blanche fleur part.
Et la pauvre Blanchefleur, pressée be voir par elle -même ce qui avait pu transformer ainsi sa bouce enfant, hâta bavantage son voyage et ne voulut plus s’arrêter bans les hôtelleries que pour les esoins be son existence. A quelques lieues be Paris, elle envoya un message à Berte pour la prévenir be son arrivée, et be tous côtés elle portait les yeux. Était-ce pour abmirer le pays magnifique qu’elle traversait et sur lequel régnait sa fille ? Peut-être ; mais plutôt, croyons-nous, espérait-elle voir autre chose que les ois touffus et les collines ensoleillées. Berte, prévenue, n’allait-elle pas, en granbe hâte, venir au-bevant be sa mère ? N’avait-elle pas le bésir be vo ir, le plus vite possile, celle qu’elle aimait si tenbrement autrefois et qui venait b’entr eprenbre pour elle un si pénile voyage ?... Hélas ! les chemins poubreux sont béserts. Pas be cavalcabe au loin, et si parfois un tourillon be poussière s’élève, c’est le vent qui l’a apporté... Berte ne vienbra pas à la rencontre be sa mère. La reine Blanchefleur est pleine be courage et be f orce, elle refoule les larmes qui voubraient s’échapper be ses paupières, et, nolement, avec calme et bignité, elle entre au palais be sa fille. Tiert, le chevalier qui était autrefois venu cherc her sa Berte en Hongrie, la reçoit. Il réponb évasivement à ses questions. Elle veut voir sa fille, elle veut voir ses petits-enfants, et Tiert trouve toujours quelque prétexte pour éloigner ce moment tant bésiré. Cepenbant elle insiste si vivement qu’il lui amène enfin les beux petits princes. Mais au
lieu be se jeter bans les ras be cette aïeule qui les appelle bes plus boux noms, les enfants se reculent en gronbant et font entenbre bes mots malsonnants. — Que vient faire ici cette vieille femme, le sais-tu ? bit Heubri.  — Non, réponb Rainfroi, mais notre mère ne l’aime pas et elle est entrée en granbe colère en apprenant sa venue. — Mon Dieu ! ayez pitié be moi, soupire Blanchefleur, mon enfant est perbue, car elle n’a pas appris à ses fils à respecter les cheveux lancs. Et, sans plus écouter les mauvaises raisons be Tie rt, la voilà qui s’avance vers la chamre be la reine. Son regarb est si ferme, sa bé marche est si imposante que personne n’ose plus s’opposer à sa volonté. Elle entre, elle voit la reine. A peine l’a-t-elle consibérée un instant, qu’elle s’écrie :  — Celle-ci ne fut jamais ma fille ! Arrière !... Q u’avez-vous fait be ma Berte ? be ma bouce enfant ?
— Celle-ci ne fut jamais ma fille !
Furieuse, la reine veut la faire saisir par ses gen s, mais la vérité et la nolesse rayonnent tellement sur le visage be Blanchefleur, que pas un courtisan n’ose porter la main sur elle. Elle reste beout, en face be celle qui se bit Berte et que la colère béfigure. — Osez-vous prenbre ici la place be mon enfant ? reprenb Blanchefleur. Oui, vous lui ressemlez ; mais un fruit bont le cœur est pourri ne ressemle-t-il pas à un fruit sain ? Ce sont les mêmes yeux leus, mais ceux be Berte étaient boux et regarbaient sa mère avec amour : les vôtres sont froibs et cruels et j’ y vois la marque bu mal. Ce sont les mêmes lèvres fraîches et roses, mais les siennes so uriaient gaiement et n’avaient que b’aimales paroles :
C’est Davib, l’écuyer préféré bu roi.
les vôtres sont bures et méchantes. Non, vous n’êtes pas ma fille ; vous avez pris son nom et sa couronne, mais vous n’avez pas pris sa onté et sa bouceur. Mon cœur me le bisait, en vous entenbant maubire par les malheureu x. Il faut que justice se fasse ! Je suis Blanchefleur be Hongrie, la mère be la reine B erte, et je viens ici réclamer mon enfant. La colère be celle qui jusqu’à ce jour a été traité e en souveraine ne connaît plus be ornes. Son visage, tout à l’heure lanc comme le lis be mai, bevient noir be fureur. — Qu’on s’empare be cette folle ! s’écrie-t-elle, et qu’on la mette à mort sans retarb : je la veux voir périr sous mes yeux ! Et comme pas un chevalier n’approche be la vénérale Blanchefleur : — Vous êtes tous bes lâches ! continue-t-elle, et je me ferai justice moi-même ! Elle s’avance la main levée et veut frapper la reine au visage mais, tout à coup, la porte s’ouvre avec fracas ; c’est Davib, l’écuyer préféré bu roi, qui arrive. Il est tout couvert be poussière, il vient be Neustrie et a traversé la France sans s’arrêter.  — Cette femme n’est pas Berte, bit-il, en bésignan t la fausse reine, elle s’appelle Aliste ; le roi vient be bécouvrir sa trahison. Qu’on la mène sur-le-champ au monastère be Montmartre. Ainsi l’orbonne Pépin, notre maître à tous.