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Histoire d'un jeune marin - Faite et vendue par lui-même

De
52 pages

ÉCRITE PAR LUI-MÊME.

Vous aurez lieu d’admirer, chers lecteurs, en lisant cette histoire, la bonté infinie de la divine Providence ; vous reconnaîtrez qu’il y a un Dieu juste, bon, miséricordieux, qui soutient les malheureux orphelins et protége l’innocence opprimée. Cette histoire, je la fais non pas pour faire connaître la méchanceté et le peu de cœur de quelques personnes que j’ai rencontrées dans le courant de ma vie, mais pour donner connaissance des malheurs qui se sont continuellement opposés à mon avancement.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Jean Tabuteau
Histoire d'un jeune marin
Faite et vendue par lui-même
La veille du jour où son beau-père vint le chercher.
HISTOIRE D’UN JEUNE MARIN
ÉCRITE PAR LUI-MÊME. Vous aurez lieu d’admirer, chers lecteurs, en lisant cette histoire, la bonté infinie de la divine Providence ; vous reconnaîtrez qu’il y a un Dieu juste, bon, miséricordieux, qui soutient les malheureux orphelins et protége l’inno cence opprimée. Cette histoire, je la fais non pas pour faire connaître la méchanceté et le peu de cœur de quelques personnes que j’ai rencontrées dans le courant de m a vie, mais pour donner connaissance des malheurs qui se sont continuellement opposés à mon avancement. Je suis fils d’un cultivateur que j’eus le malheur de perdre dans ma plus tendre enfance ; ma mère se remaria avec un homme qui étai t loin de posséder les bonnes qualités de son premier époux. Plus jeune que mes q uatre frères et par conséquent moins raisonnable, j’étais toujours rebuté de mon b eau-père dont je supportais le courroux en silence. Dès mon plus bas âge mon exist ence commençait à être bien malheureuse. Bientôt le Ciel envoya une compagne à mes souffrances sous la forme d’une petite sœur qui fut confiée à ma garde à l’âge où elle avait besoin de tant de soins. Nos parents se rendaient pour leurs affaires à toutes les foires voisines ; mais en partant ils fermaient la porte de la maison et emportaient la clé, nous laissant ainsi dehors sans pain et sans eau, en nous recommandant de passer ch ez nos voisins le temps de leur absence. Un jour, entr’autres qu’ils nous avaient l aissés comme d’habitude, voyant arriver la nuit et n’ayant rien à manger, je fis un tas de pierres au-dessous d’une fenêtre qu’ils avaient laissée ouverte, et, à l’aide de cet te échelle improvisée, je fis entrer ma petite sœur dans la maison, j’eus ensuite beaucoup de peine à y parvenir moi-même. Notre premier travail fut de nous jeter sur le pain comme des affamés, et n’ayant pas de couteau, nous l’émiettâmes forcément. A son retour, mon beau-père s’en aperçut immédiatement, et après m’avoir frappé cruellement, il m’annonça qu’une autre fois il attacherait le pain au plafond. D’après ce fait choisi entre mille autres pareils, nos voisins ne comptaient guère sur la vie de ma petite sœur âg ée de 15 mois, et néanmoins je devais être son plus cruel bourreau Voici de quelle manière arriva cet accident qui dev ait avoir pour moi de si funestes conséquences : ma mère ayant mis un coffre à sécher devant la maison, je m’amusai à y renfermer ma petite sœur, et comme elle voulut en s ortir je lâchai le couvercle et lui
cassai un doigt. Egaré par le désespoir et placé entre la crainte de mon beau-père et le spectacle des souffrances de ma petite sœur, je m’enfuis de la maison paternelle. Je n’avais alors que sept ans, malgré cela je partis pour me rendre chez mon parrain bien que privé de toute ressource. J’y restai trois jours, après lesquels il me conseilla de retourner chez mon beau-père. En le quittant, je fi s la rencontre d’un aveugle qui me barra le chemin en me demandant s’il était dans la bonne voie pour aller à un village situé non loin de là. Je le pris par la main et me mis à le conduire ; chemin faisant, il me demanda si je voulais être son conducteur moyennant 3 francs par mois ; j’acceptai de grand coeur ; mais un jour, l’ayant mal conduit, il me donna quelques coups de bâton et je l’abandonnai aussitôt, aussi pauvre que le jour où j’avais fait sa connaissance. Bientôt j’aperçus un chateau vers lequel je dirigeai mes pas. Je demandai à être reçu au nombre des domestiques, où je restai quelque temps assez heureux ; mais un jour, en allant faire boire les chevaux, je m’effrayai à la vue d’un gros chien qui se trouvait dans le carré et je m’enfuis. Le maître m’ordonna aussitôt de rentrer, et comme j’hésitais il me congédia sur le champ. Craignant le courroux de mon beau-père je cherchais toujours à m’en éloigner ; j’arrivai bientôt à un petit village où je demandai une place à un cultivateur qui me confia la garde d’une truie-mère. Cet animal très malicieux me fais ait faire des courses à en perdre baleine ; un jour étant fatigué de courir, je l’éca rtai dans le bois, mon maître me gronda beaucoup ; quelques jours après il se dirigea vers un autre bois où se trouvait un cheval mort qu’il mangeait avec voracité, je le pris par l a queue et le frappai à grands coups. Pour comble de malheur, mon maître s’en aperçut et me congédia encore. Je me rendis alors chez un frère de ma mère qui me conseilla de retourner chez mes parents, je fis semblant de m’y rendre et je pris la route opposée. Arrivé à un petit bourg je rencontrai un jeune couple qui fut ému de pitié en me voyant les pieds et la tête nus sous un soleil ardent et sur une route garnie de pierres aiguës. Le jeune homme me mit sur ses épaules, me porta chez lui et me demanda quel était le but de mon voyage ; sur la réponse que je lui fis, celle que je cherchais une place pour ma nourriture seulement, il me fit passer la nuit chez lui, et le lendemain il m’adressa à une riche maison située non loin de là ; mais une femme qui y était employée m’en détourna et me conduisit chez elle pour l’aider dans ses travaux. A peine fûmes-nous a rrivés qu’elle prit mon habit pour racommoder le sien, et elle me fil promettre de l’a ppeler ma tante. J’acceptai avec reconnaissance, espérant m’éloigner par là davantag e de mes parents. Elle me plaça dans une maison où je gagnai quarante centimes par jour, mais je ne touchais rien ; sur cela je fis quelques observations, on me répondit que ma tante venait chercher le prix de mon travail. Je m’écriai hautement qu’elle n’était pas ma tant et je racontai comment j’avais fait sa connaissance ; dès ce jour je reçus moi-même mon salaire. Je ne tardai pas néanmoins à laisser dans un grand embarras mon maître et ma nouvelle tante, car je craignais toujours de voir arriver mon oncle et ma mère qui étaient à ma recherche. Sans savoir où j’allais, je travers ai une forêt près de laquelle je vis un grand château vers lequel je me dirigeai ; m’étant trompé de route, je fus obligé de faire le tour d’un étang, et n’étant arrivé qu’à la nuit je dus coucher dans la grange. Le lendemain, n’ayant pas trouvé de place, je continua i mon chemin et fis rencontre d’un bouvier qui me prit avec lui ; un jour, m’ayant lai ssé seul avec la charrue au bord d’un précipice, je voulus faire marcher les bœufs qui obliquèrent à gauche et tombèrent dans l’abîme : un des bœufs resta suspendu ; j’appelai du, secours et on réussit à les dégager. Craignant alors quelques mauvais traitements de la part du bouvier qui était fort brutal, je m’enfuis au travers des landes et j’arrivai la nuit dans un village où un cultivateur me prit à son service. Il m’envoyait tous les jours dans se s landes avec un morceau de pain et
quelques pommes de terre pour toute nourriture ; qu oique peu délicat je ne m’en accommodais guère, mais heureusement que mes compag nons de bergerie, en reconnaissance de ce que j’avais sauvé leurs mouton s, me donnaient souvent de leurs vivres. Un soir, le maître s’étant plaint que les m outons n’étaient pas bien nourris, je lui répondis que j’avais autant de soin de ses brebis qu’il n’en avait de moi, et je le laissai, regrettant mes compagnons dont un m’indiqua un chât eau voisin où je fus reçu, mais quelques jours après la maîtresse à moitié folle se pendit, et le mari congédia tous ses domestiques.