Histoire de ma naissance

Histoire de ma naissance

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Livres
136 pages

Description

L’opinion publique est une puissance à nulle autre pareille.

Elle a plus d’intelligence que n’importe quel homme intelligent ; plus de logique que le plus grand logicien ; plus de sagesse et de raison que le sage le plus raisonnable ; plus de justice que le magistrat le plus intègre ; plus de tolérance que le chrétien le plus élevé ; plus de lumière que le savant le plus éclairé.

L’opinion publique, c’est le résumé le plus complet et le plus parfait qui s’exhale de la conscience humaine, en ce que la conscience humaine a de bon, de vrai, d’excellent, de parfait et de divin.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Ajouté le 25 octobre 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782346118335
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Langue Français
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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Jean-Louis Vaïsse
Histoire de ma naissance
AVANT-PROPOS
A MES LECTEURS, A MES LECTRICES
I
Mes chers amis, 1 Je suis une toute petite brochure, je me nommeLes Signes du Temps . J’ai à peine une soixantaine de pages, format in-32 ; et cependant, si vous saviez quelles difficultés j’ai éprouvées pour venir au mo nde ! quels obstacles j’ai eu à surmonter pour naître à la vie humaine ! combien j’ ai eu à lutter pour voir la lumière ! Ah ! mes amis ! ! ! Enfin me voici !... Dieu merci, je respire... j’appartiens à la réalité... Je prévois bien cependant que je vivrai au milieu d es agitations ; on me critiquera impitoyablement, on me bousculera, peut-être même o n me déchirera à belles dents ; mais, bah ! ça m’est égal et en définitive je ne m’ en porterai pas plus mal pour cela ! En attendant, je me promène à l’étalage des librair es, je vais d’un côté et de l’autre, par ici et par là-bas, un peu partout enfin. Dans les quartiers de l’opulence, je viens interrom pre les occupations frivoles d’une vie oiseuse, pour jeter çà et là dans l’esprit quel ques pensées de réflexions et de méditations sérieuses. Ailleurs, je pénètre dans les mansardes qu’habite l a jeunesse joyeuse, l’espoir de l’avenir. Là, dans une atmosphère de vapeurs de tab ac, je respire la fumée à pleins poumons, et je deviens une distraction sérieuse, fa isant diversion aux enseignements d’Hippocrate et de Cujas. Dans d’autres régions, au contraire, je promène les ateliers ; je stationne sur les établis. On me lit au bruit de la scie, du marteau ou de la lime. J’attrape de temps en temps quelques taches de cambouis, mais qu’importe, je suis contente de ma destinée. Partout où je pénètre, j’apporte une espérance de j oie et de bonheur, espérance qui se réalisera très certainement, quoi qu’en disent l es incrédules et les ignorants.
II
Celle qui m’a donnée la vie et la naissance se nomm e la VÉRITÉ ! On dit qu’elle habite le fond d’un puits ! Mais pourquoi donc depuis des siècles répète-t-on t oujours la même sottise ? Car c’est là une erreur grossière. La Vérité est dans l e ciel, où elle habite avec le bon Dieu, et de temps en temps elle descend sur la terre, pou r éclairer les faibles mortels que l’ignorance et l’erreur dévore et consume. Et cependant les hommes n’aiment pas beaucoup ma mè re, aussi toutes les fois qu’elle se montre au milieu d’eux, ils la persécute nt. Ainsi, lorsque la Vérité descendit sur la terre aut refois, il y a bien longtemps de cela mes amis : je vous parle des temps où les hommes ad oraient encore le soleil, la lune, les bêtes ainsi que les plantes ; la Vérité alors d it aux hommes que « Dieu est éternel et qu’il ne faut se faire aucune idole des choses d e la terre ; qu’il faut travailler six jours, aimer Dieu, honorer ses ancêtres, respecter le bien d’autrui et nullement le convoiter, etc. » Eh bien, alors, les hommes mépris èrent la Vérité, ils prirent des
pierres et ils voulurent la lapider. Plus tard, bien longtemps après, la Vérité vint de nouveau visiter les hommes. Elle leur dit « qu’ils étaient tous frères ; que personn e n’avait le droit d’exploiter ses semblables ; qu’il ne devait plus y avoir d’esclave s ; mais que tout homme doit être libre... » Mais pour avoir enseigné ces choses, la Vérité fut bafouée, rouée de coups et finalement assassinée sur une croix. Vous voyez, mes amis, combien les hommes sont ingra ts, ignorants et stupides !
III
Or, maintenant, dans ces temps de malaise, d’agitat ion et de souffrances, au milieu desquels nous vivons, j’ai annoncé que la Vérité va venir une troisième et dernière fois visiter le monde. Il lui sera donné de vivre parmi les hommes, de les éclairer, de les instruire et de travailler à leur salut et à leur b onheur. Eh bien, parce que j’ai osé dire cela, et que j’ai essayé de le prouver et de le dém ontrer, quelques-uns m’ont raillé, et se sont moqué de moi, ce qui prouve bien qu’il y a des hommes aujourd’hui qui sont encore aussi stupides et aussi aveugles qu’autrefoi s, et que l’expérience de trois à quatre mille ans ne leur a rien, ou presque rien ap pris. Maintenant, mes chers amis, je veux vous raconter e n peu de motsl’Histoire de ma naissance,cela, dans toute son exactitude, sans passions, sans colère, mais avec et la franchise la plus sincère et la plus complète. C hacun de vous l’appréciera ensuite suivant sa raison et son intelligence, en toute lib erté d’esprit et dans une dépendance absolue d’opinions et de croyances. Voici donc en abrégé, dans ses détails principaux, l’histoire de ma naissance. Chers lecteurs et chères lectrices, que le Dieu de Vérité, de Justice et de Lumière vous garde et soit avec vous. LES SIGNES DU TEMPS ! ! !
1 Tout lecteur, avant de lirel’Histoire de ma naissance, devra prendre connaissance de ma brochureles Signes du Temps,
I
L’OPINION PUBLIQUE
L’opinion publique est une puissance à nulle autre pareille. Elle a plus d’intelligence que n’importe quel homme intelligent ; plus de logique que le plus grand logicien ; plus de sagesse et de rais on que le sage le plus raisonnable ; plus de justice que le magistrat le plus intègre ; plus de tolérance que le chrétien le plus élevé ; plus de lumière que le savant le plus éclairé. L’opinion publique, c’est le résumé le plus complet et le plus parfait qui s’exhale de l a conscience humaine, en ce que la conscience huma ine a de bon, de vrai, d’excellent, de parfait et de divin. L’opinion publique, c’est celte souveraine qui domi ne tous les souverains ; c’est cette puissance qui se résume dans l’intelligence d e tous et qui juge à la fois les Papes et les Rois. Ainsi, c’est devant cette majesté pleine d’intellig ence, de justice, de sagesse et de puissance que je veux porter le résumé de quelques faits d’une vérité exacte, afin que l’opinion publique en prenne connaissance, qu’elle les apprécie et quelle les juge dans sa conscience suivant leur valeur réelle.
II
UNE PAGE DE MA DESTINÉE
En novembre 1885, quelques mois après ma sortie du collége de Sorèze, je quittais Toulouse, la ville qui m’a vu naître, pour venir à Paris, voir deux oncles qui habitaient la capitale depuis un certain nombre d’années. Grâce à la protection de ces deux parents, très bie nveillants et très bons pour moi, j’entrai comme simple commis dans une fabrique de l a banlieue de Paris. Douze ans après, la Révolution de Février 1848 en m ettant à l’ordre du jour une foule de questions philanthropiques, philosophiques et religieuses, vint développer en moi des sentiments, des idées, des convictions, des croyances nouvelles, qui existaient déjà à l’état de germe dans ma conscienc e et dans mon cœur. C’est sous l’influence de cette action des événemen ts sociaux et des dispositions d’esprit où je me trouvais, qu’un an après, vers la fin d’avril 1849, je quittais l’industrie, j’abandonnais un emploi où j’avais presque autant d e liberté que le chef de l’établissement, emploi qui me donnait trois mille francs d’appointements par an. C’est alors que je me mis à méditer et à écrire ; et deux ans après, dans les premiers jours de novembre 1851, je faisais imprimer mon premier o uvrage,une Voix sortie des cieux. A cette époque-là, les événements du 2 décembre 185 1, qui venaient de s’accomplir, remplissaient l’esprit de chacun. On é tait tout préoccupé du présent et plus encore de l’avenir ; d’un autre côté, les idée s philosophiques et profondes qui composent mon livre, en faisaient un travail très s érieux et même aride quoique plein d’intérêt ; aussi mon ouvrage passa inaperçu : pers onne ne le lut, personne n’en parla ; et il devint comme un certain embarras pour les éditeurs et les libraires chargés de le vendre et d’en opérer le placement. Pendant les trois années que j’avais passées à médi ter et à écrire cet ouvrage, j’avais emprunté quelques valeurs pour vivre ; et c es dépenses, ajoutées aux frais d’impression de mon ouvrage, avaient constitué une petite dette s’élevant déjà à la somme de six mille francs. Mon livre ne se vendant pas, et n’ayant ensuite pou r vivre que de très petits revenus provenant de quelques hectares de terre situés dans les environs de Toulouse, je me vis dans la nécessité de rentrer dans l’industrie p our éviter la gêne, et afin de me créer des moyens d’existence en attendant mieux. Ce fut encore grâce à la bienveillance de mes oncle s protecteurs que l’un d’eux me fit entrer dans son usine, située aux portes de Par is. Je m’installai à la fin de janvier 1853. J’avais sollicité un emploi inférieur, qui m’ aurait donné peu d’occupation et qui m’aurait laissé beaucoup de temps, que je voulais c onsacrer à rédiger un ensemble d’idées nouvelles d’un intérêt de premier ordre, id ées touchant à toutes les questions vitales de l’humanité. Au lieu de cela, on me confia le premier emploi de la maison : la caisse, la surveillance de tous les ateliers, la correspondanc e relative à la fabrication ; la responsabilité de la maison en l’absence du chef, q ui habitait dans Paris ; tels étaient les éléments qui composaient l’emploi que j’occupai s dans la fabrique de mon oncle. Plus mon travail augmentait, plus le temps dont je pouvais disposer pour rédiger mes dissertations religieuses et philosophiques dim inuait ; plus mes voisins me glorifiaient de ma prospérité, plus je maudissais m on étoile. J’aurais voulu rencontrer
sur ma route le silence des déserts, et j’entendais constamment le sifflement de la vapeur, et le roulis des gros engrenages et des lou rdes machines. Je vivais donc dans cet état de malaise e de souffr ances morales, sorte de mélancolie de l’esprit, lorsque 1855 arriva avec so n Exposition universelle. Ce concours de toutes les industries modernes vint donner à la fabrique où j’étais employé une impulsion nouvelle ; les travaux de fab rication, prenant un plus grand développement, mon labeur augmentait ; et, pour fai re honneur aux appointements qui m’étaient alloués et à l’emploi qui m’était confié, il fallait me vouer aux intérêts de la maison, à l’exclusion de toute préoccupation et de tous travaux étrangers à ceux de la fabrique. Je devais donc me consacrer entièrement aux travaux de l’usine et jeter mes manuscrits ! au feu, ou bien il me fallait donner m a démission et quitter une position qui m’offrait un avenir très honorable et très resp ectable, pour me vouer exclusivement à l’étude et à la méditation des questions philosop hiques et religieuses. C’est ce dernier parti que je pris. Aussi, en septe mbre 1855, je quittais Paris pour me rendre à Toulouse. Le surlendemain de mon arrivée, j’allais habiter ma petite campagne, située à quelques kilomètres de la ville. Là, j’ai passé tou t l’hiver de 1855 et de 1856, et toute la belle saison dernière, à coordonner mes méditati ons. Enfin, le 8 novembre 1856, je partis de ma campagne pour venir m’installer à la v ille,tout exprèspour faire imprimer une petite brochure, celle que je viens de publier il y a quelques jours, et qui a pour titreles Signes du Temps. On voit par l’exposé des faits ci-dessus mentionnés que, quoique natif de Toulouse, j’y suis comme étranger, ne l’ayant presque jamais habité ; aussi, lorsque je voulus faire imprimer mon opuscule, je m’adressai à une pe rsonne de la localité pour avoir des renseignements sur les éditeurs et les imprimeu rs de cette ville.