Hoplophobie

Hoplophobie

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298 pages
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Mourir, c’est bon pour les jeunes, et Timéo Foissan, à quatre-vingt-seize ans, n’est pas décidé à se laisser ensevelir par une autoroute. Les quatre officiers allemands enterrés dans son jardin n’ont pas eu cette rage de vivre. Tant pis pour eux ! Pour autant, déterrer les cadavres oubliés n’est jamais une bonne idée. Daphné, jeune journaliste retorse et obstinée va vite s’en rendre compte, car, sur le fil de cette enquête, il y a décidément beaucoup, mais beaucoup trop d’oiseaux de mauvais augure. Drôle et frénétique, Hoplophobie est de ces romans qui vous dévorent plus que vous ne les lisez. Les tribulations de la jeune Daphné s’enchaînent sur un rythme effréné et les surprises déboulent aussi vite que sifflent les balles dans ce polar à tiroirs, où ce qui est n’est jamais vraiment définitif. Avec l’humour pour complice et le vitriol comme arme, Edwige nous entraîne sur le chemin délicieux d’une cavale haletante, que l’on souhaiterait sans fin.

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Ajouté le 28 novembre 2013
Nombre de lectures 56
EAN13 9782748366969
Langue Français
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Hoplophobie
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Edwige plopho
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IDDN.FR.010.0116570.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2011
Avec tous mes remerciements à Ma maman et à mes grands-parents, Pour leur participation financière à mon projet. Car il ne suffit pas davoir des idées. Encore faut-il avoir les moyens de les mettre en lumière ! Merci du fond du cur
Un Timeo est un vieux monsieur. Si vieux, à vrai dire, que sa peau se parchemine sur ses pommettes saillantes. Que son teint devient cireux. Quil finit de plus en plus par ressembler à une gravure étiolée dhomme antique ; sortie tout droit dun livre oublié au fin fond dune bibliothèque poussiéreuse du siècle dernier. A cet instar, Timéo en devient presque aussi transpa-rent. Aussi improbablement immatériel et terne Et si ce nétait de ses filles qui lui rappellent son âge à tout bout de champ, Timéo aurait presque limpression de ne plus appartenir au temps. Déchapper à sa condition terrestre. Et de déroger au contrat de tout bon humain qui se respecte, à savoir de devoir un jour laisser sa place. Un peu comme sil se contentait dobserver le monde au tra-vers de parenthèses immortelles et de nen avoir de comptes à rendre à personne. Protégé dans une sorte de bulle aussi intouchable quintemporelle. Mais ses gamines veillent au grain. Timéo va sur son siècle dexistence. Et soit, elles simpatientent de le voir perdurer aussi longtemps, soit elles craignent de séteindre avant lui. Toujours est-il que les demoiselles ne lui laissent pas tellement de répits. Et semblent vouloir le pousser toujours plus vite vers le tombeau de famille. Du moins, cest comme cela quil ressent les choses. Quil le vit. Pourquoi sinon, ne cesseraient-elles de le harceler avec cela ? Une bonne fois pour toute ? Car Timéo naime pas du tout lidée de la mort. Et pour tout dire, elle le terrorise. Un peu comme sil était trop âgé pour cela. Quil avait passé son tour
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Mourir, cest bon pour les jeunes. Ils ne savent pas en-core vraiment ce quils perdent. Et ont plus de courage que lui, de toutes manières. Car plus le temps passe, plus Ti-méo se sent frileux à la perspective de devoir bientôt rendre son extrait de naissance. Pour lui, cela na pas de sens. Pourquoi aurait-il tellement perduré si cest pour tout annihiler maintenant ? Si ce nest pas pour rester ? Ces murs sont à lui depuis la nuit des temps. Ils ont même appartenus à ses aïeux avant lui. Il est né dans cette maison. Il y a grandit. Sy est marié. Y est devenu père. Y a perdu sa chère femme. Et a continué dy vieillir. Tout seul peut-être, mais bel et bien là ! De chair et de sang, entre ces pierres qui semblent vouloir lui faire partager le secret de leur longévité. Et après tout ce temps passé ici, pourquoi la mort vou-drait-elle len déloger ? Ce serait presque aussi idiot que de vouloir anéantir les chutes du Niagara, par exemple. Ou que de vouloir raser la dune du Pilla. Car dénaturer un tel lieu de villégiature ne semble aucunement plausible. Et de ce fait, Timéo fait comme un peu partie du paysage, lui aussi. Comme une sorte de repère humainement temporel pour les générations qui passent. Un point de sauvegarde de lespèce. Un patrimoine à conserver. Et rien que cela devrait suffire à conférer à Timéo le droit de ne pas mou-rir ! Le droit de ne rien changer aux choses Ce qui peut en partie expliquer que quand la municipa-lité lui a amputé le fond de sa prairie pour y faire passer son projet dautoroute, Timéo a bien failli en faire un arrêt cardiaque Obnubilé par des mots tels que : insensé, ini-maginable, impossible Il sest alors senti comme floué, lésé par le destin. Vic-time dune terrible erreur judiciaire. Ou pire encore, être lobjet passif dune machination visant à le déposséder de son arrangement passé avec la mort. De son propre pacte signé avec le diable !
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