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Imagine la mer

De
240 pages

Un recueil des plus belles, des plus fantastiques histoires de mer, issues de la plume de grands écrivains ou du folklore.

POINTS FORTS

Les plus grands écrivains figurent dans ce recueil : Victor Hugo, Edgar Poe, Alexandre Dumas, Samuel Coleridge, Jean Ray... en compagnie des grands folkloristes : Sébillot, Le Braz.

La plupart des histoires sont célèbres : combat du Nautilus (Jules Verne ) descente dans le Maëlstrom ( Edgar Poe ) Gilliat et sa lutte contre la pieuvre ( Hugo ) sans compter le naufrage de la Méduse, les trépassés de la Baie, la Ville d'Is... issus du folklore.

CONTENU ET INTERETS

Les plus belles histoires de mer sont nées de la plume de grands écrivains.

Ce livre recueille les plus beaux fruits de leur imagination : Jules Verne et l'assaut des calmars contre le Nautilus Edgar Poe et la terrifiante histoire du Maëlstrom, Victor Hugo et le combat de Gilliat contre la pieuvre, Eugène Sue,

Mais aussi les "Contes du Whisky" de Jean Ray, le "Pilote Vert" d'Eugène Sue.

Mais l'imagination des écrivains est aussi fécondée par les légendes et contes populaires du folklore de la mer, comme le montrent dans ce livre, Jean Sébillot, Anatole le Braz et tant d'autres : la ville d'Is, les trépassés de la Baie,

Sans compter les authentiques mystères de la mer relevés dans la presse d'antan... la Marie-Céleste... le radeau de la Méduse-

Grandiose et sauvage, l'Océan fait naître de superbes et mystérieuses histoires ? Elles vous passionneront.


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Contenu
1.Titraille 2.Table des Matières 3.Entre deux verres par Jean Ray 4.La Chance de Jean Duigou / Tiré du folklore 5.Le Morgan et la Fille de la Terre / Folklore 6.Forban Ru / Folklore 7. Le Mystère de la Marie Céleste / Mercure de France, Paris 1921 8. Histoire du Cachalot Blanc par Jules Lecomte 9. Les Cinq Trépassés de la Baie 10. Une descente dans le Maelstrom 11. Le Capitaine et la Seraine 12. La Complainte du Vieux Marin 13. Manuscrit trouvé dans une bouteille 14. Le combat de Gilliat contre la Pieuvre 15. Pourquoi la Mer est salée I & II 16. Sinbad le Marin 17. Le Merveilleux Voyage de Saint Brendan 18. Le château suspendu dans les airs 19. Le Rescue, revenant polaire 20. La Princesse Rouge 21. Le géant Grand-Sourcil 22. Le Naufrage de la Méduse 23. La ville d'Is 24. Origine du feu Saint Elme 25. La Sirène de l'Ile aux Oiseaux 26. Les Calmars géants à l'assaut du Nautilus 27. Page de pub
ISBN: 9782841413829 © Franck Martin - 2018 - Éditions l’Ancre de Marine - France Tous droits réservés pour la présente édition. Couverture: Kim Canals-Frau Larose.
Imagine la mer
Récits et Légendes tirés des oeuvres de grands romanciers et du folklore.
www.ancre-de-marine.com
Entre deux verres par Jean Ray, les Contes du whisky, 1964
Table des Matières
La chance de Jean Duigou La Légende de la mort en Basse Bretagne, 1923
Le Morgan et la Fille de la Terre Extrait deVoyage à l’île d’Ouessant, Revue de France, 1874
Forban-Ru par E.du Laurens de La Barre, Nouveaux Fantômes bretons, 1881
Le mystère de laMarie-Céleste Mercure de France, octobre 1921
Histoire du grand cachalot blanc Jules Lecomte, 1836
Les cinq Trépassés de la Baie La Légende de la mort en Basse Bretagne
Une descente dans le Maelström Edgar Poe, Extrait des Histoires extrordinaires.
Le Capitaine sous la protection de la Seraine Contes de marins recueillis en haute Bretagne, Paul Sebillot, 1890
La Complainte du vieux marin Samuel Coleridge, 1877
Manuscrit trouvé dans une bouteille Edgar Poe, Histoires extraordinaires, 1856
Le Combat de Gilliatt contre la pieuvre Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer
Pourquoi la mer est salée 1 Pourquoi la mer est salée 2 Paul Sébillot, Légendes, croyances et superstitions, 1886
Sinbad le marin Les Mille et Une Nuits, 1844, traduction Galland
Le merveilleux voyage de saint Brandan par Paul Tuffrau, extrait, 1925
L’intersigne du Cadavre La légende de la mort en Basse Bretagne, 1923
Le Château suspendu dans les airs Paul Sébillot, Contes des marins, 1882
LeRescue, revenant polaire Robert de la Crois, extrait des Mystères de la mer, 1957
La tête du mort La légende de la mort en Basse Bretagne, 1923
La Princesse rouge La légende de la mort en Basse Bretagne, 1923
Le grand géant Grand-Sourcil Contes de marins, 1882
Le Naufrage de la Méduse par Cinq-Etoiles, Les Drames de la mer, 1890
La ville d’Is La légende de la mort en Basse Bretagne, 1923
Origine du feu de Saint-Elme Paul Sébillot, Légendes, croyances et superstitions, 1886
La Sirène de l’île aux Oiseaux par Bénédict-Henry Révoil, 1870
Les calmars géants à l’assaut du Nautilus Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, 1877
Entre deux verres
’ÉTAIT DANS LE NORTH MINCH – le Chicken Head à bâbord. C « Que, de ma vie, je ne boive plus une seule goutte de whisky si les Hébrides ne sont pas les plus damnées terres de l’univers! — Et qu’alliez-vous faire par là, sur ce baril à beurre qu’est la Jenny Stoll? » — C’est toujours l’histoire des phoques à fourrure. Mais on n’en tua qu’un seul, et encore, il avait une vilaine gale qui continua à manger sa peau après sa mort. « Il y avait beaucoup de chagrin à bord, parce qu’on avait contracté une dette de quarante livres pour affréter la Jenny, avec en plus nos économies, à nous quatre. « Nous avions déjà un retard de huit jours, mais Danny Snuff ne voulait pas partir. « Je veux revenir avec trois cents livres de peaux, cria-t-il, ou je veux mourir » et l’on avait pris juste ce phoque galeux, même que Sol Pans attrapa un méchant bobo à sa main gauche. — Ah! Pans, est-il guéri? »
— Mais non, sa main enfla très fort, et Sullivan, qui connaît un peu de médecine, rapport à sa belle-sœur qui est femme d’ouvrage chez Coppermint, le pharmacien, Sullivan donc lui dit qu’il devait couper dedans pour faire sortir tout le mauvais sang. » — Est-il sorti? — Comment donc! Et sûr qu’il était mauvais, parce qu’il était noir comme du goudron! « Alors Sol Pans se mit à hurler tout le temps des choses lugubres. Il disait, entre autres insanités, que Danny Snuff était un phoque à fourrure de troisième qualité, et qu’il fallait l’écorcher et saler sa peau. Ce qui froissa très fort Danny, surtout cette allusion à la qualité douteuse de son épiderme. « Peu après, Sol Pans se mit, à chanter un psaume, puis il s’assit contre le rouf, cracha avec mépris du côté de Danny, et proclama que lui-même était le plus beau phoque qui vivait dans les eaux de l’Écosse. Sur cela, il fit une vilaine grimace et mourut. Même qu’on eut un moment l’intention d’aborder au Chicken Head et de perdre une journée, pour l’ensevelir convenablement dans cette terre de rocaille noire. » — Et vous ne l’avez pas fait? — Mais non… Sullivan nous rappela que Sol Pans était juif, et que cela nous porterait sûrement malheur de donner une sépulture chrétienne à un être issu de cette race honnie par le Seigneur. Alors, nous avons jeté sa dépouille à la mer. Elle sentait très mauvais déjà. Comme elle était mal lestée, elle revint presque immédiatement à la surface. « Cela nous fut par la suite très profitable, car elle attira beaucoup de ptarmigans et autres oiseaux de mer. Nous les attrapions et cela corsait un peu notre ordinaire, qui était maigre. — Et c’est alors que vous avez découvert la grotte? — Plus tard… Nous n’avions plus à manger; il nous restait encore un peu de whisky et quelques grumeaux de biscuit. Les courants marins avaient emporté les restes de Sol Pans, et les ptarmigans volaient en grandes bandes vers le nord, mais ils n’approchaient plus. Il n’y avait plus, sur le Chicken Head, que des varechs durs comme du cuir et des coquillages pourris qui nous donnaient une soif de chien. « Alors Danny devint complètement fou et déclara qu’on allait remonter vers le nord; il montrait, à l’horizon, de longues lignes noires et disait que c’étaient des phoques à fourrure qui y nageaient par milliers. « Nous avons dû lui obéir, parce que Danny avait le fusil et qu’il était très méchant. » — Mais la grotte? — C’était au soir… Le vent tomba; trois grands nuages, qui couvraient le ciel, s’enfuirent soudain et des étoiles palpitèrent. « Tlumpan Head ricanait, de tous ses rochers aigus, contre un magnifique ciel bleu sombre. « La Jenny Stoll entra, comme d’elle-même, dans une crique, et nous découvrîmes une toute petite plage de sable rouge, très doux. « Sullivan prit cinq grands crabes. Ils étaient délicieux et ne nous donnèrent pas soif. « C’est alors que je vis la femme, à l’entrée de la grotte. — Ah! — Je ne distinguai d’abord que ses yeux qui brillaient fort. j’appelai Danny. Il se montra tout joyeux et dit qu’il s’agissait probablement d’un beau phoque. « Il prenait déjà son fusil, quand Sullivan, qui avait grimpé sur un gros bloc de basalte, cria que c’était une femme. Sur quoi, Danny Snuff se fâcha et hurla que, femme ou phoque, il aurait sa peau; puis il entra dans la grotte. — Dites-moi, si vous commandiez encore du whisky?
— Oui, mais continuez votre histoire. — Alors, nous avons entendu rire… Vous savez, comme on entend rire les soirs de mai, derrière les basses haies qui viennent de fleurir – et même que cela nous choqua très fort, parce que Danny est marié et que Martha Snuff est une brave fille. Puis il y eut un grand silence, et seuls quelques fous de Bassan crièrent dans les fentes, en haut des rochers assombris. « Il n’y avait pas moyen de voir dans la grotte et, avec un peu de coton, du bois et du goudron, Sullivan fit une torche. « Il n’y avait rien qu’un trou rempli d’eau noire, sans aucune trace de Danny ni de la femme. « Sullivan entra alors dans une grande fureur, dont j’ai mal compris la raison, et puis il se mit à jeter de grosses pierres dans le trou. « Tout à coup, je le vis pâlir, et il affirma que deux yeux verts nous regardaient du fond de l’eau. « Nous sommes restés toute la nuit sur la plage. « Le lendemain, les nuages étaient revenus, avec de grandes rafales. La Jenny Stoll fatiguait fort contre les bords rocailleux de la crique, mais Sullivan dit qu’il ne voulait repartir qu’avec Danny et qu’il ferait son affaire à cette damnée sirène. C’est la seule fois où je 1’entendis employer cet étrange mot. Du reste, je ne le vis plus longtemps. Vers midi, il entra dans la grotte, et, aussitôt, j’entendis un grand cri. « Je suis entré aussi. Il faisait très noir. Je n’ai plus vu Sullivan, mais l’eau du trou grondait comme un chaudron de lessive et il y avait comme un grand saumon qui la battait avec fureur. « Il m’était difficile de rester plus longtemps, car je ne voulais pas perdre la Jenny. J’ai mis à la voile et, vers le soir, j’ai rencontré un patrouilleur qui m’a pris à la remorque… « Ce qui m’ennuie fort dans tout ceci, c’est qu’on me refuse ma part de prise de mer dans le sauvetage de la Jenny Stoll; car j’étais seul à bord et je l’ai sauvée. Il y a même des gens qui prétendent se mêler de mes affaires. “Allez voir dans la grotte, leur ai-je dit, il y a peut-être bien place pour vous dans le trou.” « Mais, je le répète, ma part de prise de mer m’échappe et, by Jove, ce n’est pas juste! »
La Chance de Jean Duigou
EAN DUIGOU, MARIN-PÊCHEUR à Landévennec, pêchait une nuit, dans la rade de Brest, à J quelques encablures de terre, tout seul dans son bateau. Tout à coup, d’un des bois qui couvrent cette côte, s’éleva un hurlement prolongé. Jean Grigou, pensant que c’était quelque farceur qui voulait lui faire peur, répondit par un hurlement semblable. Une seconde fois, le même cri de détresse retentit. Et Jean Grigou d’y répondre encore. « Il commence à m’agacer, ce vilain singe! se dit-il. Et s’il recommence, je lui riposte par un “Coc’h M” qui s’entendra jusqu’au fond de la rade. » Il n’avait pas fini de se parler de la sorte que la voix du personnage invisible hurla pour la troisième fois: « Iou… ou… ou! » Alors, Jean Grigou, de toute la force de ses poumons: « Coc’h évid-out… out… out… » (M… pour toi!) beugla-t-il. Mais le dernier son s’étrangla dans sa gorge. Quelqu’un se tenait dans le bateau, derrière lui, et lui étreignait le cou entre des doigts aussi durs que des pinces de fer. Une sueur de souffrance et d’angoisse inonda le visage du pêcheur. « Qui que vous soyez, au nom de Dieu, lâchez-moi! » supplia-t-il… Alors, l’autre: « Oui, je te lâche, mais ce n’est point parce que tu as invoqué le nom de Dieu… Si ton bateau n’avait pas été en chêne, c’en était fait de toi. » Ce disant, il desserra les doigts et disparut. Jean Grigou avait eu de la chance. Et il vit bien que ce que disent les vieilles gens est vrai: à savoir que le bois de chêne est un talisman précieux contre les mauvais esprits.