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Incontro Meraviglioso

De
42 pages

« J'avais perdu. Absolument perdu.
Avant.
Le décollage. »

Écrite en quelques jours au retour d’un voyage en Inde, Incontro Meraviglioso révèle le triomphe du moi intérieur sur les vicissitudes de l’existence.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-59533-1

 

© Edilivre, 2013

Dédicace

 

A tous. Om shanti.

 

5 mars 2013, 19h29, Paris, salle d’embarquement, T 3, aéroport de Roissy CDG.

Destination : Délivrance.

Premier désir : Libération (voir rêve et combat).

Moral : En berne.

Nourriture : Chocolat au lait.

Parfum : Vanille.

Rêve : Méditer au cœur de la source.

Combat : Sortir de mes tombes.

Suite : Renaissance.

Deuxième désir : Miracle (voir deuxième rêve).

Deuxième rêve : Amour.

Constance : Amour.

Ligne de vie : Amour.

Deux solutions probables :

a) après l’Inde : le vide.

b) après l’Inde : la lumière.

Incontro Meraveglioso

 

6 mars 2013, 11 heures Inde, New Delhi. Escale.

J’aperçois un homme singulier, à la démarche troublante, silhouette cubiste, cheveux couleur poivre mélangé au sel, profil estampillé, traits tirés, nez imposant, allure désinvolte, noble, dans la continuité. L’homme insolite diffère de l’autre, de celui que j’avais rapidement aperçu avant le décollage. À peine reconnaissable. Le vieillard éteint fait place à un personnage plus jeune, il semble avoir mon âge, le regard vivant. Tendrement doux.

Assise, je remarque le décor de l’interminable couloir aux nuances indiennes.

Un voyageur local, tassé, obèse, lèvres charnues, rictus descendant vers le côté gauche du menton rond, somnole à ma droite. Il est gras, lymphatique, couvert d’une longue robe blanche, jambes étendues, écartées, portant des nu-pieds ; il ouvre les yeux, regarde tout autour, les referme à moitié. La sueur forme de minuscules perles transparentes sur son front brillant, sur ses joues rondes, contournant la bouche entrebâillée, asymétrique. Il dévisage les femmes avec médisance. J’essaye d’imaginer sa vie personnelle. Stop. Cela ne me regarde pas. Fatiguée, je porte mon attention sur ma respiration de plus en plus lente. De loin j’entends les voix de W. et de Z., assises à l’autre bout de la rangée des sièges. Bribes de conversations. Les phrases s’entremêlent. D’autres voix aussi. Banalités.

Aéroport de Chennai, 14 heures, plus…

Contrôle des passeports. Détaillé.

La chaleur embrasse mon corps fatigué par l’hiver.

À l’extérieur humidité extrême, vacarme dynamique, rafraîchissant, coloré ; roues, klaxons, vendeurs de toutes sortes, richesse, pauvreté, misère, sourires, rires, chiens, chats, vaches sacrées, mendiants, voyageurs, visiteurs, autochtones, empreintes occidentales, publicités Vodafone, racines orientales, affiches indiennes, fleurs coupées, poussière, encore des klaxons, odeurs uniques, nuages de mille poussières. Au cœur de l’Inde. Li., Ge., nous attendent avec des écharpes rouges, du thé indien, brûlant, moussant, sucré. Sorbet flamboyant, nectar caressant le palais, la langue, la gorge, glissant vers l’estomac en légèreté fondante.

J’observe ceux, celles qui forment le groupe. Tous les détails.

Mahäbalipuram. Une heure plus tard. Peut-être deux.

La pluie surprend. Imprévisible. Une pluie d’été. L’air mouillé imprègne nos corps. L’averse inattendue est dense. Nos pieds sont noyés dans l’eau tiède. Li., Ge., les autochtones sont saisis, contents. La sécheresse dure depuis trois mois. Ce n’est pas la saison. Juste un miracle. Le premier du voyage.

Je découvre les autres personnages, l’hôtel, la végétation, la ville. L’homme singulier fait partie du cénacle. Je me réjouis.

Phase transitoire. Le tapis de yoga devient une partie de mon corps. Je m’oublie. Épuisée. Éreintée. D’instinct je me retrouve comme à dix-huit ans. Avant de partir. Avant de quitter. Avant la confusion dans un interminable exil. Cependant enjouée. Différente. Éprouvée par les vies. Grave. Légère. Dans l’autodérision. J’observe. J’observe. J’observe.

Au dîner, à ma droite, K. prend une chaise. Elle s’assoit. À côté de la jeune fille âgée de dix ans qui dessine tout le temps, L., l’homme singulier, s’avère être une présence apaisante. Patient, il s’exprime calmement, attache de l’importance à sa jeune voisine. Son langage est celui de quelqu’un qui comprend les enfants. Avec indulgence, il prend en considération les caractères qui entourent la table, dégageant une empathie lisse, parfois diplomate. Nous sommes, pour la plupart, des femmes. Mis à part Ge., qui est aussi son ami. En fin de soirée ses doigts battent un rythme précis sur la longue table. J’aperçois qu’il porte...