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Jean Lorrain

De
72 pages

Ainsi que judicieusement le remarquait Maurice Barrès, à l’heure où fut inauguré à Fécamp, en juillet 1912, le monument élevé par souscription à la mémoire du poëte de Yanthis et d’Ennoïa : « En vérité c’est Jean Lorrain qui disait le plus de mal de lui-même, Maintenant. qu’il s’est tu, il ne reste que ses beaux livres et ses fidèles amis pour en parler. Les uns et les autres font amplement son éloge. »

Le temps apporta en effet une grande accalmie dans les rancunes et les haines que s’était attiré, avec son goût crâneur de l’impopularité, ce féroce contempteur des sottises et des hypocrisies mondaines, On l’accusait avec véhémence, dans les dernières années de sa vie, d’exagérer, par exemple, les vices et les tares de l’étrange société hétérogène de la Rivièra ou de démasquer certaines mœurs parisiennes parfois invraisemblables.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Octave Uzanne
Jean Lorrain
L'artiste, l'ami - Souvenirs intimes, lettres inédites
JEAN LORRAIN
Ainsi que judicieusement le remarquait Maurice Barr ès, à l’heure où fut inauguré à Fécamp, en juillet 1912, le monument élevé par sous cription à la mémoire du poëte de Yanthis etd’Ennoïa :de mal de lui- « En vérité c’est Jean Lorrain qui disait le plus même, Maintenant. qu’il s’est tu, il ne reste que s es beaux livres et ses fidèles amis pour en parler. Les uns et les autres font amplemen t son éloge. » Le temps apporta en effet une grande accalmie dans les rancunes et les haines que s’était attiré, avec son goût crâneur de l’impopula rité, ce féroce contempteur des sottises et des hypocrisies mondaines, On l’accusai t avec véhémence, dans les dernières années de sa vie, d’exagérer, par exemple , les vices et les tares de l’étrange société hétérogène de laRivièra ou de démasquer certaines mœurs parisiennes parfois invraisemblables. Aujourd’hui, on est amené à reconnaître qu’il avait su voir, deviner, remarquer, diagnostiquer bi en avant les autres le cynisme inconscient, les désordres et libertinages duHigh life et que ses observations et jugements ne témoignent d’aucune outrance caricatur ale, d’aucun goût pour la surcharge, non plus que ses tableaux accentués ne r évèlent d’outrance dans la peinture complaisante de la corruption contemporain e. Tant par sa franchise d’allure que par son esprit c urieux de scandales et fanfaron de vérités crues et surtout par son ironie mordante sa ns cesse éveillée par la perception aiguë qu’il avait du ridicule et du comique des êtr es et des milieux, Jean Lorrain avait accumulé sans compter des inimitiés tenaces et d’ar dentes rancunes guettant les occasions de se manifester par ces soudaines morsur es de gencives baveuses qui salissent plus souvent qu’elles ne blessent. Dans ses cinglantes chroniques, les croquis qu’il f aisait desarrivistes, des réclamiers,taient mordus des cabotines de tous théâtres et salons en vue, é profondément à cette corrosive eau-forte que lui fa briquaient sa bile et ses dégoûts impétueux. Il dénonçait les indigences sociales, dé bridait, d’un coup de plume subtil et acéré comme un coup de lancette, les abcès purulent s de toutes les vanités grotesques des snobs ; il crevait les pustules des intrigantes camarillas constituées pour la propagation épidémique de leurs gangrènes c ollectives. Il était certes sans indulgence pour ces poètes veules et médiocres, ces artistes anodins, ces bellâtres courtisans du succès dont les œuvres sentaient la v aseline ou la sucrerie. Il ne redoutait point de signaler les talents qui se, rép étaient avec excès ou périclitaient chaque jour davantage. Il avait le verbe amer pour les anémiés de palette ou pour les pléthoriques du style et, dans toute son œuvre crit ique, il apparaît toujours impulsif, loyal et probe vis-à-vis de sa conscience, dédaigne ux des conséquences de ses boutades contraires à ses intérêts, ou des animosit és que lui suscitaient ses rapides jugements. Il continuait à se lancer de nouveau en avant sans s’attarder à écouter les huées, les cris, les protestations, les lâches prop os de vengeance qui le poursuivaient plus nombreux après chacun de ses valeureux article s signé de son nom et impatiemment attendu par ses rares amis et ses inno mbrables admirateurs. Tant qu’il vécut, Lorrain sut dompter tous ceux qu’ il avait tour à tour réduits aux abois. Il était brave d’ailleurs et ne se dérobait jamais à l’envoi de témoins, C’était le galant homme prêt à payer de sa personne dès l’heur e où il s’y trouvait convié, sans même vouloir discuter la valeur des raisons qui eng ageaient son honneur. On le savait ; on n’ignorait point davantage quelle était sa fierté et son indépendance intellectuelle et morale. Ceux qui ont osé dire qu’ il ait une seule fois dans sa vie trafiqué de sa plume ou cédé à la complaisance d’un éloge ; ceux-là en ont menti : il
demeurait inattaquable et les lâchetés des blessés où des fouaillés qui attendaient impatientes l’occasion de le déchirer, tenues en br ide par la peur de nouveaux coups à recevoir, durent rageusement patienter jusqu’à l’ annonce de sa mort.