La chasse

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159 pages
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Description

Byron Caige est gardé prisonnier depuis les cinquante dernières années de sa vie surnaturellement longue. Sur le point de perdre tout espoir de retrouver un jour la liberté, il est involontairement délivré par la femme qui souhaitait ardemment sa mort.
Katherine Dare, communément appelée Kat, est intelligente, rapide, forte et jolie. Malheureusement, elle fait aussi partie des chasseurs, et elle est convaincue que Byron a tué son père vingt ans plus tôt. Elle est aussi la latente de Byron.
Lorsqu’éclate une guerre surnaturelle entre les créatures mystiques qui vivent sur la terre, une guerre qui menace l’existence d’espèces entières, Kat doit prendre une terrible décision. Devrait-elle renoncer à son désir de vengeance contre Caige, qui clame son innocence? Ou devrait-elle le combattre pour peut-être parvenir à venger la mort de son père — quitte à payer de sa propre vie?

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Date de parution 19 décembre 2016
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EAN13 9782897674014
Langue Français

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Copyright©2011HeatherKillough-WalPen Titre original anglais : The Hunt opyright © 2016 ÉPitions APA Inc. pour la traPuction française Cette publication est publiée en accorP avec TriPent MePia Group, LLC, 41 MaPison Avenue, 36th Floor, New York, NY 10010, USA Tous Proits réservés. Aucune partie Pe ce livre ne peut être reproPuite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite Pe l’éPiteur, sauf Pans le cas P’une critique littéraire. ÉPiteur : François Doucet TraPuction : Catherine Vallières Révision linguistique : Nicolas Whiting rrection P’épreuves : Nancy Coulombe Conception Pe la couverture : Matthieu Fortin Illustrations Pe la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien MichauP papier 978-2-89767-399-4 DF numérique 978-2-89767-400-7 ISBNeub 978-2-89767-401-4 remière impression : 2016 Dépô légal : 2016 et Archives nationales Pu Québec Bibliothèquenationale Pu CanaPa Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, CanaPa, J3X 17 phone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion CanaPa : ÉPitions APA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. Pes Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada articipation Pe la SODEC. Nous reconnaissons l’aiPe financière Pu gouvernement Pu CanaPa par l’entremise Pu FonPs Pu livre Pu CanaPa (FLC) pour nos activités P’éPition. Gouvernement Pu Québec — rogramme Pe créPit P’impôt pour l’éPition Pe livres— Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Killough-WalPen, Heather [Hunt. Français] La chasse (Les granPs méchants loups ; tome 4) TraPuction Pe : Hunt. ISBN 978-2-89767-399-4 I. Vallières, Catherine, 1985- . II. Titre. III. Titre : Hunt. Français . IV. Collection : Killough-WalPen, Heather. GranPs méchants loups ; t. 4. S3611.I445H8614 2016 813’.6 C2016-940924-4
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Ues remerciements particuliers à ma fille, qui n’a pas pleuré toutes ces fois où je n’ai pu jouer à Heroes of Might and Magicavec elle.
Ues remerciements à mon mari, qui a pour sa part accepté de jouer àHeroes of Might and Magicavec elle.
Ues remerciements à Mary Moritz pour son regard critique.
Et, bien sûr, de sincères remerciements à tous mes précieux lecteurs pour leur soutien constant et leur amitié inestimable.
Heather
PROLOGUE
Les ecchymoses disparaîtront, se dit-il. Elles disparaissaient toujours. Mais il était très fatigué. Elle l’avait totalement vidé, cette fois-ci ou du moins, elle en avait eu l’intention. Elle était sans pitié. Il n’y aurait jamais de fin. Il vivait cet enfer depuis si longtemps… La lumière se déplaça dans la pièce jusque sur le lit, lui brûlant les yeux. Il les cligna et se remonta aussi haut que les chaînes le lui permettaient. Il reconnut immédiatement ses courbes dans l’embrasure de la porte. — Mon petit loup, roucoula-t-elle en se dirigeant à grands pas vers lui. Il se raidit, comme toujours. Même si elle l’avait manipulé et qu’elle avait abusé de lui un nombre incalculable de fois, il ne s’y habituait jamais. Il se débattait toujours. Elle lui fit un « tss-tss » de désapprobation en voyant sa réaction, puis elle inclina la tête de côté. — Détends-toi, dit-elle en souriant pour qu’il puisse voir les crocs qu’elle utiliserait contre lui encore et encore. Inutile de te débattre, cette fois-ci. Tu es faible. J’ai une surprise pour toi, lui dit-elle. Elle se tourna alors vers la porte ouverte et fit un signe de tête à un garde. Ce dernier opina de la tête et quitta les lieux. — Père l’a trouvé mort dans un champ, mais heureusement pour lui, il venait tout juste d’être tué, dit-elle en se tournant de nouveau pour lui faire face. Il vit le garde revenir, accompagné d’un collègue. Ils encadraient tous les deux un homme ligoté vêtu de noir. Le prisonnier dégageait une odeur de magie noire si puissante qu’il n’arrivait pas à croire que l’homme avait pu se laisser capturer. — Oh, il ne nous a pas laissés faire facilement, dit la vampire, qui avait manifestement lu dans ses pensées. Il a résisté très fortement lorsque nous l’avons soulevé. N’est-ce pas, Jason ? Elle rit lorsque l’homme la cloua sur place de ses yeux verts et froids. — Il n’avait pas les idées claires. Pourtant, il devrait savoir que tant que je posséderai ceci, je le posséderai lui aussi. Elle leva la main et se mit à faire bouger un pendentif de cristal qui pendait à une bande de cuir au bout de son index. Tout en jetant un autre coup d’œil au sorcier de magie noire, elle ajouta : — Ce pauvre chou a le cœur brisé. Mais je vais lui faire tout oublier. Elle se tourna de nouveau vers le lit et sentit sa puissance se déverser sur l’homme qui s’y trouvait allongé.Non, songea-t-il.Sors de ma tête, bordel, gronda sa voix intérieure. Pour toute réponse, elle lui sourit avec lassitude et secoua la tête. — Byron, voir à quel point tu ne me fais pas confiance, même après tout ce temps, me blesse. Elle s’assit sur le bord du lit, et il tenta de reculer, mais les horribles chaînes le retenaient fermement. Aucune chaîne fabriquée par les hommes n’aurait pu le contenir. Mais cette femme, sa puissance, sa famille et leurs chaînes le retenaient depuis 50 ans. — Alors, libère-moi, lui dit-il, sa voix grave remplissant la pièce, témoignant du fait qu’il avait déjà été un homme très fort — vraiment très fort. — Je ne voudrais pas te faire de la peine pour tout l’or du monde, ajouta-t-il en montrant ses crocs. — Bon, bon, dit-elle en secouant la tête pour le réprimander. Tu sais que je ne pourrais jamais te libérer, continua-t-elle en se penchant alors qu’il tentait de ne pas tressaillir pendant que les doigts de la vampire effleuraient une mèche de ses longs cheveux noirs qui lui pendait
sur le front. Tu es la perfection. Je t’ai voulu dès le moment où j’ai posé les yeux sur toi, expliqua-t-elle en souriant. Et Papa t’a capturé pour moi. Byron voulut vomir. — Tu devrais maintenant le savoir, lui dit-elle alors en se redressant comme si elle pouvait sentir son dégoût et qu’elle en était blessée. J’ai amené Jason ici pour toi. Tu vois, la femme qu’il aime est par le plus grand des hasards la compagne de ton frère. Byron se figea à la mention de son frère cadet. — Et Lucas ne serait pas en train d’avoir du plaisir avec elle en ce moment s’il n’avait pas transpercé le cœur de Jason d’une balle d’argent, dit-elle avant de s’arrêter, semblant réfléchir durant un moment au cours duquel son regard devint distant. Il est très intelligent, ton frère. Très débrouillard. Son expression s’imprégna d’envie, et le ventre de Byron se serra. — Fiche-lui la paix, ordonna-t-il. C’était un avertissement. Une supplication désespérée. La princesse vampire se tourna de nouveau vers lui, ses yeux violets et froids l’analysant des pieds à la tête. — Oh, je veux bien, mon amour, lui promit-elle en léchant ses lèvres rouges pulpeuses. À une condition.
CHAPITRE 1
LA MISE À MORT
L’odeur du brouillard remplissait l’air de la nuit. La jeune femme avait l’impression d’inhaler de la neige qui n’avait pas encore commencé à tomber ; elle se sentait étouffée alors qu’elle détalait à toute vitesse sur l’Embarcadero vers une destination inconnue. Elle ne se préoccupait pas tant de l’endroit où elle se rendait que de la vitesse à laquelle elle y arriverait. Ses longues jambes lui permettaient d’avancer à un rythme rapide ; elle avait toujours été une bonne coureuse. Son entraînement lui avait permis de ne jamais perdre ce talent. Mais les rêves étaient des rêves, et quand ils dégénéraient, la situation n’était jamais juste. Cette purée de pois se collait à ses jambes, la tirait, la ralentissait. Son cœur battait à tout rompre contre sa cage thoracique. Il semblait la contusionner de l’intérieur pendant qu’elle courait. Mais elle ne pouvait pas arrêter. Elle ne pouvait pas abandonner, même si ses membres devenaient de plus en plus lourds et que sa poitrine lui faisait de plus en plus mal. Il était derrière elle. Le démon aux yeux gris. Dans la vraie vie, c’était elle qui le pourchassait, c’était lui la proie, celui qui lui échappait, qui se moquait d’elle de par sa simple existence depuis près de 20 ans. Mais maintenant, dans ce rêve des plus fous et des plus sombres qu’elle était en train de faire, il était devenu chasseur. Et elle était condamnée. Elle sentait le bruit de ses propres pas résonner sous elle en un écho creux en dépit de l’effet d’ouate que provoquait le brouillard autour d’elle. Elle avait si mal… et le démon approchait. Il allait inévitablement la rattraper. Réveille-toi, réveille-toi, réveille-toi !criait son cerveau. D’une seconde à l’autre, elle lui s’assoirait dans son lit, couverte de sueur, ses longs cheveux en éventail autour de son visage comme un rideau ondulé. Elle chercherait son souffle. C’était toujours pareil. Elle pouvait l’entendre, maintenant, ainsi que le grondement sourd de sa respiration alors qu’il s’approchait. Elle ne l’avait jamais entendu auparavant. Non, songea-t-elle. Que se passerait-il s’il l’attrapait ? Mourrait-elle ? Pourrait-elle se réveiller ? Dans son rêve, il n’y avait aucune logique, aucune place pour la raison. Son rêve n’était que peur, découlant d’une incertitude profonde. Quelque part dans la brume derrière elle, le bruit feutré de pattes à coussinets martelant le sol se changea soudain en un bruit de bottes. Le démon à sa poursuite était devenu un homme. Il courait lui aussi, de façon menaçante, dans un écho sonore beaucoup plus prononcé que celui des pas de la jeune femme. Quand elle se mit à ralentir, empêtrée dans son étrange rêve injuste, il fit de même. Sans se presser. Continuant de la suivre. C’était trop cruel. Katherine Dare eut soudain la fort désagréable impression qu’on lui arrachait le cœur de la poitrine, et elle se réveilla à bout de souffle dans ses draps détrempés. La tresse qu’elle s’était faite avant d’aller au lit ne tenait plus, et elle inspira plusieurs fois pour inhaler le plus d’oxygène possible. Elle toussa violemment, repoussa ses cheveux de son visage et se tourna sur elle-même. La pièce était suffocante. Le sang lui martelait la tête, et elle était prise de nausées. L’air épais et humide s’accrochait à elle comme une pellicule de plastique. Elle gémit et ravala une montée de bile. Le climatiseur de l’appartement s’était manifestement éteint encore une fois. La vue embrouillée, Kat jeta un coup d’œil au réveille-matin sur la table de chevet de l’autre côté du lit. L’afficheur était noir. Pas d’électricité.
Le tonnerre gronda à l’extérieur. Kat attendit en se pinçant l’arête du nez. Elle voyait maintenant les derniers éclairs de l’orage qui avait provoqué la panne d’électricité et qui s’éloignait maintenant de la ville. Elle tira les draps sur son corps, puis d’un coup brusque, elle les repoussa et se força à se lever. Ses nausées étaient devenues moins fortes, mais sa tête bourdonnait toujours avec une fureur grandissante. Il faisait trop chaud. Ses muscles étaient encore contractés en raison de la peur qu’elle venait d’éprouver. La chaleur provoquait un afflux de sang dans son cou et dans son cerveau. Kat se rendit dans la salle de bain sombre au bout du couloir, retira sa camisole et ses sous-vêtements, puis repéra de mémoire les robinets de la douche. Elle fit couler l’eau au maximum, puis se glissa sous le jet sans se soucier d’attendre que l’eau se réchauffe. Le froid la saisit comme une gifle en plein visage. C’en était presque un choc, mais c’était exactement ce dont elle avait besoin — ce qu’elle voulait. Kat serra les dents et laissa l’eau la débarrasser des vestiges désagréables de son rêve. Elle n’avait pas coutume de fermer les yeux si vite après ce cauchemar récurrent, mais l’obscurité autour d’elle l’invitait cette fois-ci à le faire. Dès qu’elle eut fermé les paupières, elle vit comme d’habitude ses yeux àlui. Des yeux qui lançaient des éclairs, agités, profonds et puissants — comme ils se devaient de l’être, comme ils l’étaient réellement. Ils appartenaient au démon qui lui avait dérobé son bonheur. Ils appartenaient au loup-garou qui avait tué son père. Elle pourchassait ce monstre depuis près de 20 ans — depuis qu’elle avait tourné un coin de corridor, en dérapant et en glissant sur ses petits pieds, juste à temps pour apercevoir la bête à la fourrure noire penchée au-dessus du corps de son meilleur ami qui venait de rendre l’âme. Son père avait été tout pour elle. C’était un homme gentil — un hommebon. Un médecin qui avait toutefois été incapable de sauver son seul amour d’une mort atroce causée par une maladie. La mère de Katherine était morte deux semaines avant son sixième anniversaire. Son père était mort deux jours après son dixième. Et maintenant, 19 ans et demi après être devenue pupille de l’État, Kat se tenait parfaitement immobile sous la douche glaciale, prise dans ses souvenirs. À 13 ans, elle avait commencé des recherches sur les démons. Elle voulait alors savoir ce qu’elle avait réellement vu cette soirée-là, trois ans plus tôt, lorsqu’elle avait aperçu, lui semblait-il, un loup se transformer en humain. Son père et elle revenaient tout juste de l’épicerie. Il avait déverrouillé la porte principale de leur immeuble d’habitation et avait laissé filer sa fille la première jusqu’à la porte de leur appartement. Puis il avait poussé un hurlement de douleur. C’était le son le plus terrifiant qu’elle avait jamais entendu. Rien n’était aussi effrayant pour elle que d’être forcée d’envisager la possibilité que la personne qui assurait sa protection, sa sécurité et sa survie puisse elle-même être blessée. Kat avait laissé tomber son sac d’épicerie pour courir jusque dans le hall de l’immeuble de 10 étages, d’abord sur du tapis, puis sur un plancher de carreaux de céramique sur lequel ses chaussures Mary Jane à semelles de cuir s’étaient mises à glisser. Dans le but de cesser de déraper, Kat avait commencé à racler de ses chaussures le mortier qui liait les carreaux entre eux. Elle avait couru aussi vite qu’elle le pouvait, mais ça n’avait pas été suffisant. Lorsqu’elle avait finalement tourné le coin du corridor pour se retrouver dans le lobby, son père était silencieux depuis plusieurs longues secondes fatidiques. Elle s’était laissée glisser avant de s’arrêter, stupéfaite, et avait fixé les deux formes devant elle. Un énorme loup à la fourrure noire était penché sur le corps de son père, qui était étendu face contre terre. Elle ne pouvait pas voir le visage de ce dernier, car il était tourné du côté opposé. L’arrière de son blouson était taché de rouge, et une marre de liquide rouge et épais s’était formée sous sa poitrine. Le liquide s’était répandu dans les joints entre les carreaux, créant un motif rouge et blanc sur le plancher du lobby.