La vie selon Dou tome 1

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105 pages
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La vie selon Dou s’inspire de la Gaspésie adorée de KE Lacroix. On y retrouve le vent du large et les voiles de l’imagination de l’auteure, gonflées d’espérance et de projets face à la vie. Le roman propage la culture gaspésienne et rapporte, avec sourires et émotions, les anecdotes attachantes de son héroïne. Dans un style léger et pétillant d’entrain, l’auteure vous convie à une joyeuse randonnée, débridée et fougueuse, sur les ailes de l’adolescence de Dou Monroe !
Pour Donavane « Dou » Monroe, fêter son anniversaire n’a rien de simple ! L ‘été de ses 14 ans marque le départ d’une longue aventure. Avec Dou, la vie se déroule selon les règles de son « Livre des lois des Dou-en-état-de-choc » ! Les amitiés, la famille, le premier emploi, les premiers amours feront d’elle une héroïne explosive prête à braver le moindre obstacle.

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Date de parution 28 décembre 2014
Nombre de visites sur la page 12
EAN13 9782895992172
Langue Français

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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Arc hives
nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Ca nada
Lacroix, KE, 1975-
 La vie selon Dou
 Tome 1 - Un été à la Dou Monroe
 (Collection Transit ; 40)
 L'ouvrage complet comprendra 4 volumes.
 Comprend des références bibliographiques et un index. Pour les jeunes de 12 ans et plus.
 ISBN 978-2-89599-129-8
 I. Villeneuve, Mylène. II. Titre. III. Co llection : Collection Transit ; 40.
PS8639.A879V53 2013 jC843'.6 C2013-941912-8
PS9639.A879V53 2013
© Les Éditions de la Paix inc. et KE Lacroix
Dépôt légal 4e trimestre 2013
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
Imprimé au Canada
Maison d’édition Les Éditions de la Paix inc.
Courriel : info@editpaix.qc.ca
http://www.editpaix.qc.ca
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Direction littéraire Gilles Côtes
Révision Danielle Malenfant, La Plume Rousse
Collaboratrice Francine Legault
Illustrations Mylène Villeneuve
Infographie JosianneFortier.com
Pour la beauté des mots et des différences
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www.coeurdargile.com
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La vie selon Dou tome 1
Un été à la Dou Monroe
Pour mes muses, Nathalie A., Karine B., Annie Leb. et Nathalie W.
Pour ma Jaja, la deuxième de mes mousquetaires.
Pour mes amis de partout au Québec, en Suisse, en B elgique,
en France et en Kabylie. Je suis vraiment bien ento urée ; merci d’être là, vous êtes
ma source d’inspiration en continu,
ma « famille de coeur » comme je le dis souvent.
La vie selon Dou est inspirée de la Gaspésie adorée de KE Lacroix, petit clin d’oeil à tous les Gaspésiens s’étant exilés vers les grandes villes pour travailler ou étudier. Pour que tous les gens puissent s’identifier au réc it, l’auteure a changé les noms des lieux et certaines distances d’un endroit à l’autre . Dans sa liste de miracles à accomplir, elle a réalisé le premier : partager la culture gaspésienne avec le monde entier et faire sourire petits et grands avec les a necdotes attachantes de Dou Monroe !
PROLOGUE
Ma vie est guidée par un concept précis. Je l’ai vu dans un film, dont j’ai oublié le nom, lorsque j’étais enfant. C’était un film fantastique avec de la magie, des combats épiques et des personnages attachants. C’est là que j’ai découvert le Livre des lois des Dou-en-état-de-choc. Au lieu d’avoir un ami imagina ire, ma mère a dit que je me suis inventé un code de vie, car même si j’ai souvent un petit air de princesse, je m’imagine en chevalier à la conquête des royaumes ! En fait, le Livre des lois des Dou-en-état-de-choc est un bouquin qui existe dans une dimension p arallèle et qu’on offre à toutes les Dou du monde lorsqu’elles sont en âge de lire.
Comme ma mère se nomme Vanessa, elle ne connaît pas son existence et c’est pourquoi je lui pardonne son ignorance.
Tout d’abord, laissez-moi me présenter. Je me nomme Donavane Monroe. Allez savoir pourquoi mes parents ont décidé de joindre leurs pr énoms pour nommer leur unique fille ! Donald Monroe et Vanessa Chamory, les heure ux parents de Steven, Karl et Donavane. Bien entendu, les gens croient toujours q ue nous sommes trois frères et, même si j’en ai l’habitude, c’est désespérant de vo ir ces sourires gênés et d’entendre les remarques du genre : « Oh ! je croyais que tu é tais un garçon ! » C’est une des raisons pour lesquelles j’adore le surnom que le pe tit garçon d’un voisin m’a donné un jour : « Dou », c’est bien plus beau et original qu e « Donavane », qui fait trop masculin.
Dans le Livre des lois des Dou-en-état-de-choc, au tout premier chapitre, dès l’introduction, on nous conseille de toujours aller chercher le meilleur durant les moments passés avec les membres de notre famille et de s’entourer d’amis enrichissants et sincères. Il faut aussi reconnaître nos forces.
Toute bonne Dou doit savoir découvrir les facettes de sa personnalité et garder un esprit clair. J’ai un peu de difficulté avec ce par agraphe-là. Je me rappelle avoir toujours été de nature songeuse ; bien trop souvent , je me perds dans mes pensées, même en pleine discussion avec des gens. Je ne suis pas toujours au diapason avec mes parents, surtout avec ma mère, mais je suis trè s proche de mes frères et de mes cousins. J’ai un beau cercle social très varié, don t font partie plusieurs bons amis que j’adore. C’est quand même un début intéressant pour une Dou en apprentissage !
Dans le deuxième paragraphe, il est mentionné de s’ entourer de « matériel inspirant ». Dans ma chambre, mon domaine privé, il y a une affi che de l’oeuvre intitulée Le baiser de l’hôtel de ville, du photographe Robert Doisneau , quelques photographies encadrées des membres de mon entourage et la bander ole aux couleurs de l’équipe de football des Alouettes de Montréal. J’aime mon p etit univers matériel, mes sources de distraction visuelle. La première photo qui atti re mon attention fut prise il y a deux ans dans un festival d’été ; ils sont légion dans l a campagne gaspésienne d’où je viens. Je souris à la caméra avec mon amie d’enfanc e, Thalia, que je m’amuse à surnommer « ma fausse jumelle », car nous sommes né es la même année à une seule journée d’intervalle. La seconde photographie qui a son importance, c’est le portrait de quatre filles hilares : il s’agit du fameux quatuor composé de Nathalie, de Jessica, d’Annie et de moi. Nous sommes inséparables ! La tr oisième, c’est un gros cadre avec des extraits d’articles de journaux internationaux et la photo d’une belle femme aux cheveux blond cendré et au sourire authentique. C’e st ma tante, Kate Monroe, une personne que j’adore et une journaliste de talent q ui nous a, mes frères et moi, toujours influencés à bien parler et à lire sur tous les suj ets. Le dernier portrait est celui de mes frères et moi. J’étais une gamine à cette époque, e t nos parents étaient divorcés depuis quelques années seulement. C’est tante Kate qui a pris cette photo. À défaut d’avoir un père présent et attentif, nous avons une mère qui a cru que le fait de devenir la plus sévère et intraitable des mamans allait lui faire gagner la palme d’or de la mère de l’année. Je vous le jure, ma mère place souvent les besoins matériels avant l’affection, et si je n’avais pas eu tante Kate dan s ma petite existence, je n’aurais ni l’assurance, ni la soif de connaissances, ni la joi e de vivre passionnée que j’ai aujourd’hui. Si je dois parler de mes frères Steven et Karl, hum, disons qu’ils sont adorables, mais aussi hyper protecteurs et qu’ils d épassent les bornes parfois en voulant me protéger de tout. Ils m’énervent une foi s sur deux ! Mes parents nous laissent trop souvent de côté, c’est ce qui fait qu e mes frères et moi avons développé une complicité, un lien de soutien très fort, qui d érange parfois mon père et ma mère. En fait, je n’ai pas l’indépendance et la force de caractère de Steven ni le côté loufoque et charmeur de Karl. Je suis mélodramatique, excess ive et soupe au lait selon eux, mais ils disent n’importe quoi ! J’ai horreur qu’on ne me porte pas attention, ce n’est pas compliqué ! Je ne comprends pas que mes parents ne cherchent pas à passer plus de temps en ma charmante compagnie. Je devrais porter plainte moi-même à la Protection de la Jeunesse, mais je ne suis pas certaine qu’on me prendrait au sérieux.
Mon entourage, c’est mon univers ; ceux qui en font partie ont un impact majeur sur ma petite vie. Chacune des personnes qui m’entourent a son importance. Comme Thalia Lamontagne. J’avais cinq ans lorsque j’ai rencontré Thalia, à mon entrée à l’école, qui se trouvait dans la sacristie de l’église du villag e de Sansfaçon. C’est un endroit paisible, dans les montagnes, à une vingtaine de mi nutes des petites villes côtières. C’est là que ma mère est née et que mes grands- par ents maternels habitent encore aujourd’hui. Comme mon père a épousé en secondes no ces une femme avec qui je
m’entends plus ou moins bien, je vais passer mes va cances chez mes grands-parents Chamory. Mon grand-père est un homme extraordinaire et très réservé. Ma grand-mère est un ange de bonté. De tous mes copains à Sa nsfaçon, Thalia est celle avec qui j’ai gardé le contact le plus constant depuis q ue je suis déménagée avec ma mère et mes frères dans une petite ville de bord de mer.
Celles que j’appelle « mes mousque- taires », ce so nt Jessica, Annie et Nathalie.
C’est en arrivant à Mertierville que j’ai rencontré la première. Jessica est une fille joviale aux manières charmantes. Très expressive et émotive, c’est une personne au grand coeur qui a su me charmer dès le départ. En p lus, c’est ma voisine et elle connaît, au moins de noms – si ce n’est personnelle ment – tous les jeunes de notre tranche d’âge sur des kilomètres à la ronde ! Comme je commençais ma deuxième année du secondaire dans cette nouvelle petite vill e sans connaître personne en particulier – et sans le soutien de mes frères aîné s –, je me fiais à Jessica, avec qui j’avais passé la plupart de mon temps durant le moi s d’août, pour me guider lors de l’entrée en classe. Malheur ! Elle est tombée malad e et a raté le début des cours. J’étais un peu nerveuse dans cette grande école bru yante, et c’est par hasard que je suis tombée sur la perle des personnes généreuses e n ce monde : Annie.
Annie m’a aidée à me retrouver dans les nombreux co uloirs de la polyvalente, et nous avons découvert que nous avions plusieurs cours ens emble. Annie, c’est un ange de gentillesse, qui vient d’une famille aisée, bien en cadrée par deux parents qui la gâtent beaucoup. Contrairement à moi, elle n’a pas déménag é sept fois depuis sa naissance et elle n’a pas à se préoccuper de savoir si sa mèr e a les sous nécessaires pour acheter du pain ni s’il faut se restreindre dans la nourri- ture pour en avoir assez jusqu’à la fin de la semaine. Je me sens souvent dé calée de mes amies et d’Annie. Je n’ai pas toujours l’im- pression que ma copine me c omprend. Quand une mère est marquée par son divorce et qu’elle s’arrache la vie pour offrir de la nourriture et un toit à ses trois enfants, ça incite les enfants en quest ion à vieillir plus vite. Comme Annie connaissait déjà Jessica, sans que celle-ci soit un e amie proche, nous sommes devenues un beau trio durant les premiers mois d’éc ole. Puis, j’ai croisé la route de celle qui allait transformer notre petite équipe en joyeux quatuor : Nathalie.
C’est au cours d’un voyage scolaire que j’ai découv ert l’existence de Nathalie, une fille qui est mon aînée d’un an, dynamique, tout le temps souriante, avec toujours dix mille idées en tête. Nous avons appris à nous connaître à la suite de ce périple d’étudiants. Nous partageons tellement de concepts et de pensées que c’en est surprenant. Nathalie est étonnante et, avec elle, on ne s’ennui e jamais. Je ne peux pas m’empêcher de rire quand elle est là, car elle a co ntinuellement des tas de choses à dire et elle nous entraîne sans cesse dans des aven tures rocambolesques. De nous quatre, c’est elle qui est la plus téméraire et la plus casse-cou. Très grande, avec des yeux verts et des cheveux blonds et bouclés qui lui tombent sur les épaules, elle attire les regards masculins bien plus que Jessica, Annie et moi, mais elle impressionne parfois trop les garçons pour qu’ils osent l’aborde r.
J’adore dessiner et donner vie de manière fantaisis te à des gens de mon entourage. Je nous transforme parfois en elfes, parfois en petite s fées ou en personnages de manga. Je suis l’originale du quatuor, l’artiste et la dra maturge. Je suis celle qui a parfois trop d’assurance, celle qui fait tout un plat avec un ri en. Les événements cocasses qui m’arrivent sans arrêt font rigoler mes copines. J’a i toujours quelque chose de nouveau
à raconter, et c’est parfois même dramatique. Je m’ inquiète avec des broutilles, selon mes frères aînés. J’ai tendance à jouer la coquette , mais je ne me prends pas pour une autre. Pas très grande, je n’arrive même pas à l’ép aule de Nathalie. J’ai de longs cheveux brun foncé qui me caressent le bas du dos e t, selon mon frère Karl (alors ça ne compte pas), des yeux noisette fabuleux.
Jessica est la plus allumée de nous quatre, toujour s à l’affût des potins, sociable et de bonne humeur. Elle est un peu plus grande que moi. Jolie, avec des yeux bleu-gris, elle porte ses cheveux châtains sur les épaules ave c quelques mèches blondes et rousses. C’est une rebelle qui s’ignore, et je le l ui dis tout le temps ! Je la dessine souvent avec des vêtements de cuir et la chevelure ébouriffée au point de la faire ressembler à un porc-épic. Jessica aime les choses simples et rêve d’amour et d’aventures palpitantes. C’est ma préférée lorsque je nous représente en fées des bois.
Annie est la plus raisonnable de la bande. Elle est studieuse, à son affaire et cons-tamment prête à sermonner ses amies pour leur bien et pour leur éviter de faire des erreurs. C’est la maman parmi nous, celle qui refus e toujours de suivre Nathalie dans ses lubies (pourtant, elle finit par le faire de to ute manière) et qui est surprise que le plus simple événement se transforme en tragédie ou en phénomène inexplicable avec moi. Annie, c’est une jolie fille qui n’aime pas tr op attirer l’attention. Environ de ma grandeur, avec les lunettes sur le bout de son nez, des cheveux bruns coupés carrés sur ses épaules, des yeux verts rieurs et un sourir e réservé, c’est une fille bien qui ne fait pas d’histoire avec un rien et qui discute bea ucoup. Elle est le genre d’enfant modèle que les parents apprécient. J’aime la représ enter en princesse ; elle a le profil pour cela.
Je m’amuse follement à nous inventer des histoires. J’ai un penchant pour le monde féerique en ce moment. Mon entourage immédiat vit c haque jour sous mes coups de crayon. Je dessine mon frère Steven avec son air de dire « La paix s’il vous plaît ! » Parfois, je le dessine avec sa copine nommée Sophie . Déjà trois ans qu’ils se fréquentent. C’est bon de voir à quel point elle es t patiente, et je rigole en disant ça, car j’aime bien Sophie, même si elle joue souvent les g randes soeurs avec moi et que j’ai assez de mes frères pour tenir ce rôle énervant à l a longue. C’est une fille sympathique, mais terriblement moqueuse. Elle a un petit côté « joueuse de tours » qui me fait peur parfois, mais elle s’entend très bien avec la famille. Je dessine régulièrement Sophie en diablotin ou en lutine trou ble-fête. Ça lui va si bien !
Je ne vois pas le temps s’écouler lorsque je suis d ans mon monde et que je crée ainsi. Mes frères se moquent de moi dans ces moments-là, c ar ils disent que je deviens tellement lunatique que je dis n’importe quoi parce que je n’écoute pas. Je leur pardonne ces remarques ; ils ont été frappés par la foudre étant petits, et leur cerveau a rétréci. Ma mère dit que c’est faux, mais moi, je suis certaine que c’est vrai. Je vous le jure!
J’aime croire que mon histoire a commencé dans des temps oubliés des dieux, que je me suis réincarnée pour embellir l’existence des ge ns qui m’entourent. Ça pourrait être vrai, mais difficile à vérifier, n’est-ce pas ? Je pourrais vous raconter chacune de mes rencontres avec mes merveilleuses amies ou les épis odes les plus farfelus de mon enfance, mais je vais me contenter de commencer ave c le drame que j’ai vécu le jour fatidique de mon quatorzième anniversaire de naissa nce, le quatre juillet d’un été qui
s’annonçait des plus beaux. Vous pouvez soupirer av ec moi, c’est permis ! C’est même écrit dans le Livre des lois des Dou-en-état-de-cho c qu’il est important de ne rien prendre au sérieux et de ne pas avoir d’attente. Cr oyez-moi, j’aurais dû y porter plus attention.
CHAPITRE UN, MON ANNIVERSAIRE
Loi numéro dix mille vingt-deux du Livre des lois d es Dou-en-état-de-choc :
« Ne pas faire de projets pour son anniversaire… Ça ne marche jamais ! »
Ce matin, je me suis réveillée en sursaut et mes ye ux se sont posés sur le radio-réveil trônant sur ma table de nuit. Il était six heures d ix. Même si nous étions samedi et que c’était le congé estival (il n’y avait donc pas d’é cole), j’ai sauté en bas du lit, un grand sourire aux lèvres. L’année commençait pour moi, ca r à mes yeux, une année commence et se termine avec l’anniversaire de naiss ance d’une personne. Le 1er janvier, je me plie aux désirs de la société et à s a règle établie, mais ce n’est pas mon « jour de l’An ». Ah ! Quelle belle année se présen tait à moi en ce beau matin ! J’ai fait un peu d’étirements pour démarrer la journée du bon pied, puis, j’ai pris la direction « salle de bain » pour me doucher sous un jet bouilla nt et relaxer durant une demi-heure. Je sais, je sais : ma lacune dans la protection de l’environnement est en lien avec l’eau ! J’aime les douches longues et très chaudes, et j’ oublie une fois sur deux de ne pas faire couler l’eau du robinet quand je me lave les dents. On ne peut pas être parfait, voyons ! D’ailleurs, ce doit être énervant de toujo urs avoir raison, de tout savoir, de penser que son univers et ses notions de l’existenc e sont l’absolue vérité. Ouf ! Je n’aimerais pas être parfaite.
Je me coiffe devant le miroir embué de la salle de bain, je me rince la bouche après avoir lavé mes dents, et je fais une petite course en serviette de bain jusqu’à ma chambre. Mes projets de la journée sont simples : j e vais m’habiller, faire une promenade sur la plage près de chez moi, puis cueil lir des roses sauvages parmi les rosiers qui font le tour de notre terrain. Après, J essica et Annie viendront me retrouver pour profiter du beau temps et du jardin, et Nathal ie doit passer à la maison dans l’après-midi pour que le quatuor soit complet. Ma m ère est censée organiser une petite fête en mon honneur en fin de journée, et mes frère s ont juré d’être gentils. Sophie, ma belle-soeur, s’est proposée hier pour participer à la préparation d’un repas selon mes goûts. Mon frère Karl sera le vaillant messager qui ira chez le pâtissier en après-midi pour aller chercher mon gâteau, commandé depuis une semaine. Ce sera une fête sublime, c’est certain !
Tout a été prévu depuis deux semaines, et les impré vus possibles sont donc minimes comparés aux années précédentes. La seule ombre à c e jour merveilleux : mon géniteur.
Mon père m’a envoyé une carte de fête et il a écrit : « Passe une belle fête, mon Donnavan. » Soit il a oublié que je suis une fille, soit il a consommé quelque chose de toxique ! Sérieusement, il n’a même pas écrit mon n om correctement. C’est Donavane et non Donnavan ! Il n’y a rien d’autre dans cette carte insignifiante, et je n’ai pas l’intention de lui téléphoner pour le remercier. Il a même refusé l’invitation à venir
manger avec nous en soirée. Steven le lui a demandé , car maman ne parle plus à papa depuis deux ans. Ce n’est pas comme si papa ha bitait à l’autre bout du pays pourtant ! Il vit à deux heures de route de chez no us, dans une petite ville comme la nôtre, avec son Angela !
Je soupire et chasse mes mauvaises pensées. Je ne v ais pas ruiner mon anniversaire en continuant de ruminer tout ça. Avec un sourire, je m’habille en chantonnant l’air d’une chanson japonaise téléchargée sur Internet. J e suis une admiratrice-fanatique-incurable des dessins animés japonais et je peux pa sser mes soirées à suivre différentes séries animées. Vampire Knight et sa su ite, Vampire Knight Guilty, sont parmi mes favo- rites ! C’est la musique de la fin de Vampire Knight Guilty, composée par Kanon Wakeshima, qui trotte dans ma tête tandis que je fouille dans mes vêtements. La journée va être splendide !
Je ne fais jamais sécher mes cheveux au séchoir : j e préfère la manière traditionnelle. Alors, en attendant que ma longue tignasse ne soit plus humide et que je puisse la coiffer, je m’assois à mon bureau et j’écris dans u n petit cahier le rêve dont je me souviens. C’est un divertissement et, en même temps , j’essaie de comprendre ce que mon inconscient veut me dire, ce qui n’est pas touj ours évident ! Après ce petit rituel, que je ne respecte pas tout le temps, je décide de ranger un peu mon bureau et mes carnets de dessins. Pendant que je fouille dans mes crayons et mes papiers, mes yeux se posent sur une photographie de mes frères. Ils s ont entourés de leur petite bande de joyeux lurons. Parmi les quatre jeunes hommes qu i sourient à la caméra avec mes deux frangins, il y a Max. Max, c’est le gars que t outes les filles voudraient dans leur vie. C’est le gars que j’aimerais fréquenter et auq uel je donnerais volontiers un premier vrai baiser. Max est toujours gentil, attentif et i l a un sourire à faire fondre un glacier. Max, c’est mon aîné de trois ans (misère, il est tr op vieux pour moi !) qui me considère comme sa petite soeur d’adoption. Au moins, ce beau jeune homme de dix-sept ans, à la chevelure châtaine coiffée à la diable et aux ye ux couleur de miel, ne sait pas qu’il me fait un effet monstre et comme ça, il ne va peut-être pas mourir tragiquement.
Ça peut paraître ridicule comme pensée, mais j’ai p arfois l’impression de porter malheur ! Quelquefois, il y a un mauvais souvenir q ui refait surface en moi, et je me sens alors coupable d’avoir éprouvé un trop grand i ntérêt pour Guillaume Chevalier. C’est une longue histoire, mais je vous la résume. Ce garçon était mon coup de coeur depuis la quatrième année, ce qui faisait beaucoup rire Thalia qui ne croyait pas que j’étais à ce point sérieuse. Avant de venir m’insta ller à Mertierville, j'ai révélé mes sentiments à Guillaume. J’ai pris mon courage à deu x mains, dans les derniers jours de cours du mois de juin, et je suis allée le voir à son casier. Avec un sourire un peu crispé et les encouragements discrets de Thalia, je lui ai dit qu’il me plaisait et que j’aimerais le connaître davantage, que même si je d éménageais à une bonne heure de route de là, on pourrait s’écrire sur Internet et c hatter ensemble. Il m’a écoutée jusqu’au bout, il m’a remerciée, un peu gêné, mais il n’a rien dit d’autre et il a continué son chemin. Je me sentais totalement humiliée. Thal ia m’a fait un clin d’oeil en disant qu’elle parlerait en ma faveur à la rentrée des cla sses de septembre. Guillaume n’est jamais revenu à l’école. Je me suis sentie boulever sée lorsque Jessica m’a appris qu’il s’était noyé durant l’été. Il était allé se baigner avec des copains dans un lac très fréquenté, dans les montagnes, pas très loin de San sfaçon, et il est resté prisonnier de la racine d’un arbre près du lac en s’amusant à plo nger. Quelle tragédie ce fut de l’apprendre de la bouche de ma nouvelle voisine dan s un moment d’échange de