Le cycle des exorceleurs

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180 pages
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Description

Benjamin Parson s’est toujours senti différent des jeunes de son âge. Il voit des choses et des créatures qui n’existent pas. Renfermé sur lui-même, il mène une existence tranquille, jusqu’au jour où un cataclysme d’origine inconnue fait voler en éclats sa famille et sa maison.
Il échoue à l’orphelinat Lavoisier, où le hasard va l’amener à découvrir une étonnante créature coincée dans un mur du sous-sol: un squelette, toujours vivant, qui lui révèle avoir été autrefois un alchimiste réputé… et que Benjamin en est un, lui aussi.
Très vite, Benjamin va se retrouver plongé au coeur d’événements dépassant, de bien loin, les limites de sa compréhension…

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Date de parution 03 juin 2019
Nombre de visites sur la page 12
EAN13 9782898031663
Langue Français

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Copyright © 2019 Geoffrey Claustriaux Copyright © 2019 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet Directeur de collection : L.P Sicard Révision éditoriale : Sylvie-Catherine De Vailly Révision linguistique : Myriam Raymond-Tremblay Conception de la couverture : Félix Bellerose Images de la couverture : © Getty images Mise en pages : Félix Bellerose ISBN papier 978-2-89803-164-9 ISBN PDF 978-2-89803-165-6 ISBN ePub 978-2-89803-166-3 Première impression : 2019 Dépôt légal : 2019 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada
Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada Téléphone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Claustriaux, Geoffrey, 1985-, auteur
Pherstone : le cycle des exorceleurs / Geoffrey Claustriaux. (Collection Panache) L'ouvrage complet comprendra 3 volumes. ISBN 978-2-89803-164-9 (vol. 1) I. Titre. II. Titre : Cycle des exorceleurs.
PQ2703.L38P44 2019
843'.92
C2018-942905-4
Ô vous, sephiroth, qui demeurez dans les ténèbres du vide de l’âme humaine, revenez à nouveau sur Terre, je vous en supplie !
Ô vous, Anges de la Kabbale, qui vous trouvez au-delà des sphères du temps, entendez ma prière !
Ô vous qui êtes la porte et le chemin, venez, votre serviteur vous appelle !
Kether ! Ḥokhma ! Guebhoura ! Tiph’ereth ! Venez ! Venez, je prononce les mots consacrés, je brise vos liens, j’ai enlevé le sceau . 1 Passez par la porte et pénétrez le monde…
1. Extrait d9Liber Tenebraede Rafendek Jakoba.
PROLOGUE
Ma tête est lourde. Des papillons blancs dansent devant mes yeux. Je sens que je vais défaillir. Avant que cela se produise, j’aimerais vous raconter les événements qui m’ont conduit à cette issue funeste. Je souhaite que mon histoire survive au moins dans l’esprit d’une personne. Pour qu’on ne m’oublie pas complètement. Je m’appelle Benjamin Parson, fils d’Emily et de Daniel Parson. Ne vous étonnez pas si mon nom ne vous dit rien. Les gens comme moi préfèrent se cacher du regard des gens comme vous, et pour cause : je suis ce qu’on appelle un exorceleur. Avez-vous déjà entendu parler de la Congrégation Maréchale des Exorceleurs ? Non ? Je n’en suis pas surpris. Nous vivons dans l’ombre depuis des siècles, préservant notre anonymat au moyen de subterfuges pourtant grossiers. Vous êtes-vous déjà demandé comment certains magiciens réussissent des tours à la limite de l’impossible ? Ou pourquoi de nombreux médiums sont capables de communiquer avec des « esprits » ? La réponse est simple : ce sont des exorceleurs. Je vous sens dubitatifs. C’est normal. Je crois que quelques explications s’imposent. Sans doute vaut-il mieux que je reprenne tout depuis le début.
CHAPITRE 1 MOI, BENJAMIN PARSON
J’avais trois ans lorsque j’ai échappé à la vigilance de ma mère et que je me suis enfui de l’aire de jeux installée au cœur de notre quartier pauvre. Ne la jugez pas trop sévèrement, elle n’a fait que s’assoupir quelques instants sur un banc. Je suis certain que vous en auriez fait autant. Depuis que mon père nous avait abandonnés du jour au lendemain, sans un mot d’explication, elle cumulait deux emplois pour subvenir à nos besoins. Elle dormait peu et travaillait beaucoup. Et, quand elle rentrait à la maison, je la tenais éveillée avec mes cris incessants. N’importe qui se serait endormi comme elle l’a fait, alors que je jouais tranquillement dans le bac à sable. Personne n’aurait imaginé que je délaisserais ma pelle et mon seau pour courir après ce que les témoins de la scène ont décrit comme étant une « lumière vive ressemblant à une luciole ». Évidemment, on a tenté de me rattraper, mais je n’en garde pas de souvenir. Je me souviens vaguement avoir traversé la rue pour me diriger vers ce que nous appelions « le bois », en réalité une dizaine d’arbres se battant en duel au milieu du petit parc. C’est là que, suivant toujours la luciole, je me faufilais entre les racines noueuses du plus gros des arbres lorsque le sol se déroba sous mes pieds. Ce qui se passa ensuite demeure un mystère pour moi. Ma mère me raconta plus tard que j’avais disparu plusieurs heures et qu’il avait fallu faire appel à la police et à des maîtres-chiens pour me retrouver. Un chien renifla ma piste jusqu’au gros arbre. On dégagea le trou dans lequel j’étais tombé pour me trouver endormi au pied d’un curieux cristal en forme d’œuf craquelé, comme si quelque chose l’avai t brisé de l’intérieur pour en sortir. Mais le plus curieux dans cette histoire, c’est que la moitié de mes cheveux blonds avait viré au rouge. Les médecins qui m’examinèrent par la suite attribuèrent ce phénomène à la peur intense que, selon eux, j’avais dû ressentir en tombant au fond du trou. Cependant, aucune preuve scientifique vint jamais étayer cette théorie, et les recherches que j’effectuai sur Internet à l’âge de 10 ans se révélèrent tout aussi infructueuses. J’étais un cas unique dans tou te l’Histoire de la médecine : des cheveux blonds qui devenaient spontanément rouges, on n’avait jamais vu ça. Cet incident marqua le point de départ d’une malédiction qui allait me poursuivre tout au long de ma vie. En ce qui concerne mon père, vous vous demandez peu t-être si j’ai essayé de le retrouver. Eh bien, oui. Dès que je fus assez autonome pour prendre le bus tout seul, je suis retourné dans le quartier de mon enfance pour en faire le tour avec, sous le bras, une boîte remplie de photos que ma mère avait conservées. J’ai interrogé tous les vois ins, mais aucun d’eux n’a pu me renseigner. Forcément. S’ils avaient pu le faire, ils l’auraient fait bien avant. Par la suite, j’écumai tous les réseaux sociaux et les groupes de discussion du Net pour retrouver sa trace. À l’exception de quelques homonymes, je n’y trouvai rien. Je changeai alors de stratégie et tentai de prendre contact avec une personne qui apparaissait sur plusieurs photos en compagnie de mon père, une jeune femme du nom de Morgane Domsey. Mais là encore la piste n’alla pas plus loin : la dame en question était décédée peu avant ma naissance.
J’effectuais toutes mes recherches en secret, sans en parler à qui que ce soit, pas même à ma mère. Pourquoi ? Parce que j’étais terrifié que mon beau-père l’apprenne. Ma mère s’était remariée quand j’avais huit ans, avec un homme du nom de Kri eger. Fred Krieger. Un sale type. Le genre parfait en apparence, mais horrible à l’intérieur. Il n’était pas violent physiquement (je n’ai pas le souvenir qu’il ait levé la main sur moi ou sur ma m ère), mais il avait cette faculté qu’ont les mauvaises personnes de vous manipuler et de vous rabaisser en appuyant là où ça fait mal. Je crois qu’on appelle ça un « pervers narcissique ». À ses côtés, j’ai vu ma mère dépérir d’année en année. La seule chose de bien qu’il ait faite dans sa vie aura été ma sœur, Lucy. Un amour de petite fille, gentille, drôle et toujours souriante. Elle était notre rayon de soleil, à ma mère et à moi. J’aurais fait n’importe quoi pour elle. Nous habitions dans un quartier résidentiel au nom évocateur : le Clos des Cygnes. Des maisons blanches, des parterres de fleurs bien entretenus… Qui aurait pu imaginer qu’il se passait des choses terribles derrière la perfection des façades immaculées ? Une expression populaire raconte que l’on ne sait pas ce qu’il se passe dans une maison une fois la porte fermée, et c’est vrai. Krieger nous faisait vivre un véritable enfer. Ma mère et moi vivions dans l’angoisse constante qu’il franchisse un jour la ligne rouge, c’est-à-dire qu’il passe à l’acte en nous « cassant la tête », comme il disait. Je sais que nous aurions dû partir, faire nos bagages et nous éloigner au maximum de cet individu, mais j’étais trop jeune pour faire quoi que ce soit et ma mère, même si elle était malheureuse, disait qu’elle l’ai mait malgré tout. Sans compter que nous nous serions retrouvés sans argent, puisque Krieger avait insisté pour qu’elle arrête de travailler. — Tu dois t’occuper de Lucy et de la maison, avait-il dit. Je gagne suffisamment d’argent pour nous deux. Ma mère avait refusé, au départ, objectant qu’elle était une femme indépendante et qu’elle pouvait concilier sans problème ses emplois et ses tâches ménagères. Krieger ne l’avait pas entendu de cette oreille. Il était entré dans une rage folle et avait détruit la moitié du salon avant que ma mère accepte, finalement, de démissionner. Ma sœur était la seule à ne pas subir ses accès de colère, sans doute parce qu’elle était sa fille biologique. Krieger ne manquait d’ailleurs pas une occasion de se moquer de mes cheveux ou de mon père absent. Tout comme il reprochait à ma mère d’être une mauvaise épouse. — Peut-être que si tu avais été une femme plus aimante, le père de ton rejeton ne serait pas parti comme un voleur, répétait-il souvent d’un air faussement désolé. Ses remarques sur mon père avaient le don de me mettre en rogne, mais Lucy, haute comme trois pommes, se précipitait toujours pour me calmer, comme si elle comprenait le mal que ça me faisait. — ’adeau, disait-elle en me tendant sa poupée comme une offrande. ’adeau pou’ Benny ! Son sourire me faisait fondre, ma colère s’évaporait alors d’un coup. Pouf ! En un sens, Lucy était une magicienne, capable de faire disparaître votre mauvaise humeur d’un coup de baguette magique. Mais mon bonheur de l’avoir dans ma vie ne dura pas. J’avais 12 ans quand elle morte. Elle n’en avait que trois. Paix à son âme. Je n’ai jamais vraiment su ce qui s’était passé lors de cette terrible soirée, de cette nuit où ma vie