Un moine trop bavard

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À Chesterville P.Q., la petite communauté du monastère du Précieux-Sang est secouée par un meurtre ignoble : le Frère Adrien est retrouvé mort dans la grange… un crucifix enfoncé dans la gorge. Le seul témoin du meurtre semble être le garçon de ferme, mais Zacharie, un simple d’esprit, a disparu cette nuit-là.
Le sergent Roméo Dubuc mène l’enquête, avec son éternel comparse, Lucien Langlois. Malheureusement pour eux, les indices se multiplient et brouillent les pistes : tatouages mystérieux, secte hérétique, passages secrets. Est-il possible que ces hommes de Dieu, qui consacrent leur vie au travail manuel et à la prière, aient vendu leur âme au diable ?
Après Le cri du chat et Ainsi parle le Saigneur, Claude Forand nous entraîne, toujours avec humour et finesse, dans une aventure qui saura plaire aux amateurs d’intrigues bien ficelées.

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Date de parution 11 octobre 2011
Nombre de visites sur la page 32
EAN13 9782895972396
Langue Français

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Dn moine trop bavard
U MÊME AUTEUR
R.I.P. Histoires mourantes(nouvelles), Ottawa, Ébitions Davib, 2009, coll. « Voix narratives ». Ainsi parle le Saigneur (polar), Ottawa, Ébitions Davib, 2006, coll. « Voi x narratives et oniriques ». Finaliste bu Prix Trillium 2007. Le cri du chat(polar), Montréal, Triptyque, 1999. Le perroquet qui fumait la pipe(nouvelles), Ottawa, Le Norbir, 1998. Littérature pour la jeunesse On fait quoi avec le cadavre?, Ottawa, Ébitions Davib, 2009, Coll. « 14/18 ». Ainsi parle le Saigneur(polar), Ottawa, Ébitions Davib, 2007, Coll. « 14/18 ». Prix bes lecteurs 15-18 ans Rabio-Canaba et Centre Fora 2008. Ouvrage traduit In the Claws of the Cation beToronto, Guernica Ebitions, 2006. Trabuct  (polar), Le cri du chat.
Claude Forand
Un moine trop bavard
Polar
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Forand, Claude, 1954-Un moine trop bavard / Claude Forand. (14/18) ISBN 978-2-89597-201-3 I. Titre. II. Collection : 14/18 PS8561.O6335M65 2011 jC843'.54 C2011-906320-4 ISBN 978-2-89597-239-6 (EPUB) Les Éditions David remercient le Conseil des Arts d u Canada, le Secteur franco-ontarien du Conseil des arts de l'Ontario, la Ville d'Ottawa et le gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du livre du Canada.
Les Éditions David 335-B, rue Cumberland Ottawa (Ontario) K1N 7J3 Téléphone : 613-830-3336 / Télécopieur : 613-830-2819 info@editionsdavid.com www.editionsdavid.com Tous droits réservés. Imprimé au Canada. e Dépôt légal (Québec et Ottawa), 3 trimestre 2011
À mon neveu et filleul, Francis Hébert-Bernier
POLAR
CHAPITRE 1
Allongé dans l’obscurité totale sur sa couchette in confortable, le Frère Adrien répétait mécaniquement sa prière habituelle du bout des lèvres, dans l’espoir de trouver enfin le sommeil : Saint, saint, saint, le Seigneur, Dieu de l’Univers, Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire, Hosanna au plus haut des cieux… Mais en ce mercredi de juin, le sommeil n’était pas au rendez-vous. À chacun de ses mouvements, la corpulence du moine fa isait tanguer sa couchette de fortune comme le bateau du capitaine J ack Sparrow dansPirates des Caraïbes. En désespoir de cause, cet insomniaque chronique dé cida alors de fixer intensément le plafond. Son voisin de cellule au mo nastère bénédictin du Précieux-Sang de Chesterville, le Frère Richard, lu i avait déjà avoué qu’après avoir patiemment regardé le plafond pendant près de trois heures dans le noir, il avait réussi à distinguer les contours du visage de la Vierge. Mais le Frère Richard avait presque 80 ans, était affligé de cata ractes et réputé menteur de surcroît! Le Frère Adrien maugréa, arracha sa mince couvertur e et se leva. Dans quelques heures, vers sept heures du matin, ce sera it l’appel pour les laudes, l’office religieux au début du jour. Entre-temps, i l avait une faim de loup. Son estomac lui envoyait des couacs couacs désespérés. Le moine avait bien des vertus, mais la frugalité n’était pas de celles-là. Il ouvrit la porte de sa cellule et allongea furtivement le cou dans le couloir. Personne… Le Frère Adrien sortit et avança à pas feutrés dans le corridor du dortoir, passant devant les cellules où dormaient les autres moines. Il perçut bientôt le ronronnement familier des machines à laver de la bu anderie et attendit que l’employée de nuit ait le dos tourné avant de passe r devant la grande vitrine de la salle. Après tout, il savait que Nadia Vigneault , surnommée « la fouineuse » par les moines, n’hésiterait pas à le dénoncer enco re une fois au supérieur du monastère si elle découvrait son expédition nocturn e vers la cuisine. En traversant le réfectoire des moines, des relents de rôti de porc du souper chatouillèrent les narines du Frère Adrien. Il huma à plein nez. Ahhh… il eut l’impression que ses papilles gustatives allaient e xploser! La cuisine était longue et étroite. Contrairement à l’ensemble des bâtiments de style rustique qui composaient le monastère, ell e était moderne et bien équipée. Les armoires et les comptoirs en acier ino xydable, bien astiqués et étincelants, auraient pu donner l’impression austèr e d’une salle d’autopsie. Le Frère Adrien connaissait bien les lieux, qu’il visi tait régulièrement – la nuit de préférence. Il ouvrit la porte d’un énorme réfrigér ateur où le cuisinier avait déjà préparé les repas du lendemain. Le moine affamé s’e mpara d’un aromatique gigot d’agneau à l’estragon ainsi que d’une gigante sque portion de tarte aux
pommes. Il serra son précieux butin à deux mains co ntre sa poitrine et traversa à nouveau le réfectoire, cette fois-ci en direction de la cave à vin. Une bonne partie des bouteilles étaient de fabrication artisa nale, mais une section réservée au supérieur du monastère comportait d’excellents c rus italiens. Le Frère Adrien alluma l’ampoule au plafond, qui éc laira faiblement les lieux. Il prit une bouteille de rouge et lut l’étiquette e n plissant les yeux de plaisir. — Oulala… Barolo Bourgogno Riserva 1997! La vérité est dans le vin! En pâmoison, le moine eut soudain un sentiment de c ulpabilité devant autant de bonheur et leva les yeux au ciel pour se faire p ardonner ses deux péchés véniels – la gourmandise et le menu larcin. Les bras chargés de victuailles, il sortit de la ca ve à vin, quitta furtivement le monastère par la porte arrière et se dirigea vers l a grange à foin, située tout au fond du domaine. Il trottina aussi vite que ses 132 kilos le lui permettaient, foulant l’herbe humide de ses sandales de cuir étri quées. Seul le bruissement de sa soutane rompait le silence de la nuit. Il pas sa devant l’étable, qui abritait une soixantaine de vaches de race Holstein produisa nt le lait, la crème et le beurre pour la petite communauté d’une quinzaine de moines du monastère du Précieux-Sang. Rendu à la grange, le Frère Adrien e ntra par une porte de côté et continua d’avancer. Dans la pénombre, il aperçut tout au fond une échelle qui menait au grenier à foin. Peu rassuré par sa solidi té, il fit son signe de croix, serra ses victuailles d’une main et de l’autre, agr ippa les barreaux de l’échelle pour grimper prudemment. Arrivé à l’étage, il s’ass it sur le plancher pour déguster enfin sa collation en paix. Quelques instants plus tard, le Frère Adrien crut e ntendre du bruit. Il tendit l’oreille. Rien. Il reprit son gigot d’agneau et s’en servit un morc eau. Cette fois-ci, il était certain d’avoir entendu que lque chose, dans la grange sous lui. Il déposa son casse-croûte et redescendit lentement l’échelle, son couteau de cuisine à la main. Dans l’obscurité de l a grange, le moine arpenta prudemment les lieux. — Qui… qui est là? Soudain, ce qu’il aperçut lui fit échapper son couteau. — Vous ici! Si la police savait que… Il n’eut pas le temps de terminer et fut violemment projeté au sol. Le Frère Adrien se débattit, mais son assaillant le frappait avec l’énergie du désespoir. Il sentit les coups de poing à l’estomac, dans le dos, au visage. Sa lèvre inférieure saignait. Le moine parvint à repousser son agresseu r et à se relever en titubant. Il haletait comme une bête traquée, à bout de souffle et paralysée par la peur. Son échappée fut de courte durée. Il tenta de s’enf uir, mais à trois mètres de la porte, son adversaire qui s’était emparé du cout eau de cuisine le rattrapa. Il ressentit soudain une lame de métal s’enfoncer dans son dos, ce qui lui arracha un cri strident. Puis un autre coup. L’instant d’ap rès, le Frère Adrien s’écroula sur le sol de la grange jonché de foin.
* * *
Le regard du sergent détective Roméo Dubuc scrutait intensément le ciel