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Kiam Tasgall

De
248 pages
Hanté par les dernières paroles de l’homme qu’il a vu mourir sous ses yeux, Kiam n’a qu’une idée en tête. Idée qui se fait chaque jour plus obsédante. Convaincu que le secret du mystère le tourmentant réside dans les deux premières années de sa vie, Kiam fomentera le plus ambitieux des plans afin de se rendre là où il vit le jour, sur Oméros. Malgré les efforts de ses compagnons de l’en dissuader, ils se retrouveront tous les quatre projetés sur le royaume de l’eau. C’est en cherchant à percer l’énigme de son passé que Kiam découvrira l’effroyable futur qui l’attend. Confronté à un choix douloureux, il tentera de changer le cours de son destin, pour le meilleur ou peut-être bien pour le pire… La pierre d’Elzyrion, troisième volet de la série Kiam Tasgall, vous transportera dans un nouvel univers où, pour Kiam, le pas à franchir pour sombrer du côté obscur pourrait s’avérer chose beaucoup plus facile qu’il ne l’aurait cru…
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Pour Mépérick et Mélyna, arce que chaque granp rêve que l’on réalise commence ar un etit as que l’on ose.
Copyright ©2012 Nadine Bertholet Copyright ©2012 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous DuelDue forme Due ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critiDue littéraire.
Éditeur : François oucet Révision linguistiDue : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe Illustrations de la couverture : ©Thinkstock Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sylvie Valois ISBN papier 978-2-89667-537-1 ISBN PF numériDue 978-2-89683-585-0 ISBN ePub 978-2-89683-586-7 Première impression : 2012 épôt légal : 2012 BibliothèDue et Archives nationales du Québec BibliothèDue Nationale du Canada
Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com
Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : .G. iffusion Z.I. des Bogues 31750 EscalDuens —France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat —23.42.77.40 BelgiDue :.G. iffusion —05.61.00.09.99
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Bertholet, Nadine, 1979-La pierre d’Elzyrion (Kiam Tasgall ; 3) Traduction de : Witches’ Key to Terror.
Pour les jeunes de 12 ans et plus. ISBN 978-2-89667-537-1 I. Titre. II. Collection : Bertholet, Nadine, 1979- . Kiam Tasgall ; 3.
PS8603.E763P53 2012 jC843’.6 C2011-942679-X PS9603.E763P53 2012
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www.laburbain.com
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L’obsession de Kiam
Une brise vivifiante soufflait sur les hautes montagnes rocheuses, caressant le visage de Kiam. Assis sur un banc de pierre, il admirait la vue à partir du promontoire surplombant la faille centrale d’Utholin. Là même où, plusieurs mois auparavant, l’avait conduit Serbert au lendemain de son arrivée sur Airazeth. Depuis son retour de Terzirus, Kiam avait pris l’habitude de s’y rendre seul, espérant que la quiétude de ce haut lieu apaiserait son esprit tourmenté. Les dernières paroles prononcées par le traître de Fumervar le hantaient toujours, sinon plus qu’au premier jour. Chaque nuit, il revoyait en rêve l’expression d’ahurissement d’Évrath alors qu’il posait les yeux sur son visage et semblait en reconnaître les traits. Lorsque Kiam avait partagé ses inquiétudes avec Serbert, celui-ci lui avait répondu de manière évasive, n’apportant aucun éclaircissement à ses questionnements. Espérant obtenir de meilleurs résultats auprèsd’Abélone, Kiam s’était confié à elle dès leur retour à Utholin. Or, à l’instar du mage d’Airazeth, elle s’était contentée de dire qu’Évrath devait l’avoir confondu avec quelqu’un d’autre. La façon dont sa tutrice et Serbert avaient éludé la question laissait présager qu’ils en savaient davantage sur Évrath qu’ils le prétendaient. Cette persistante impression ne rassurait aucunement Kiam, d’autant plus qu’elle piquait sa curiosité. Poussé par cette dernière, il se rendait tous les jours à la bibliothèque secrète d’Utholin dans l’espoir d’y découvrir des informations sur le traître de Fumervar. L’accès à ce lieu interdit facilité depuis la découverte d’un mécanisme permettant l’ouverture de la porte dissimulée dans la paroi de la falaise, Kiam pouvait y accéder aisément chaque fois que l’envie lui en prenait. Malgré les innombrables heures qu’il consacra à la recherche d’indices, il n’en trouva aucun qui put le satisfaire. Évrath étant originaire du monde du feu, nul registre ni manuscrit n’en faisait mention. En dépit de ses vains efforts, Kiam persévérait dans ses recherches, puisqu’il croyait en l’existence d’un lien entre Évrath et lui. D’une façon qu’il n’aurait pu s’expliquer, il sentait que la nature du lien les unissant n’était autre qu’un évènement survenu dix ans auparavant. Un évènement d’une telle gravité qu’il les avait obligés, son père et lui, à quitter Oméros. Cette impression entêtante, virulente, s’était sournoisement insinuée dans son esprit, et elle le préoccupait davantage chaque jour, telle une infection dont il ne parvenait plus à se débarrasser. C’est afin de réfléchir à cette obsédante pensée qu’il se rendait sur le promontoire dès que l’occasion se présentait. Toutefois, au lieu d’y puiser un certain apaisement, il en revenait toujours plus animé par cette idée. Ce jour-ci ne faisait pas exception. Voilà déjà deux heures que Kiam se tenait sur le banc, laissant voguer son esprit afin de faire le vide. Tandis qu’il admirait la saisissante cité d’Utholin, il lui passa par la tête une idée si saugrenue qu’il rit d’abord de lui-même. Puis, réfléchissant plus sérieusement à l’ébauche de plan qui se dessinait dans son esprit, il se surprit à trouver l’audacieuse idée fort intéressante.
Éprouvant une soudaine exaltation, Kiam se redressa d’un bond et, le regard quasi halluciné, quitta précipitamment le promontoire. Il s’engagea dans l’escalier tournant autour d’une large colonne. Au terme d’une longue descente, au lieu d’emprunter le couloir principal menant aux quartiers de Serbert, il se faufila dans la noirceur d’un passage plus restreint. Au bout de l’étroit tunnel, la clarté du soleil l’aveugla, mais il ne ralentit pas sa course pour autant. Clignant des paupières, il s’élança dans la marée d’individus qui circulaient dans l’artère principale d’Utholin. Entraîné par la foule, il se dirigea à l’autre extrémité de l’allée et bifurqua dans le corridor de droite que formaient les vertigineuses montagnes de pierre. Occupée par les étals des marchands d’Utholin et des cités avoisinantes, la vallée dans laquelle il déboucha grouillait de monde. Kiam promena son regard sur la masse de gens fourmillant sur la place, incapable d’y retrouver ses compagnons. Exhalant un soupir de découragement, il se résigna à parcourir les multiples allées bondées du marché, les yeux à l’affût du moindre signe de ses camarades, qu’il savait dans les environs. Il fut toutefois détourné de ses recherches par les effluves alléchants que dégageaient les pâtisseries encore chaudes garnissant le présentoir devant lui. Kiam s’y arrêta et, salivant à leur simple vue, décida d’en acheter une demi-douzaine. Il remit à la dame drapée de jaune deux lupirtes et cinq clorpins, puis poursuivit son chemin. Tandis qu’il s’engageait dans l’avant-dernière allée, Kiam aperçut le marchand grassouillet au visage perpétuellement écarlate qui s’essayait à tout coup de lui vendre une de ses infectes drugnes. — Allons, mon garçon ! Prends-en une. Je t’assure que tu vas adorer, tenta de le convaincre le marchand pour la centième fois. Kiam considéra avec dédain le fruit verdâtre dégageant une odeur désagréable et secoua la tête en retroussant le nez. Jamais il n’avait osé y goûter, et ce n’était pas aujourd’hui qu’il s’y risquerait. Le mouvement d’une tache blanche au bout de l’allée capta l’attention de Kiam. Il se faufila parmi le flot de villageois et finit par apercevoir Pottam, qui sautillait sur place devant un présentoir, s’escrimant à en voir la marchandise, dont l’odeur lui avait fort probablement titillé les narines. — Tu fais ton exercice matinal ? C’est excellent ! Ça te fera perdre les quelques kilos que tu as en trop, le taquina Kiam, comme il rejoignait son petit compagnon. — Hirk ! Des kilos en trop ? Moi ? s’exclama la beloute d’un ton offensé en cessant de bondir. Et toi, est-che que tu t’es vu ? Tu reshembles à un manche à balai ! Cha ne te ferait pas de tort de groshir un peu. — Ah bien, merci, c’est gentil ! riposta Kiam, qui, nullement vexé par le commentaire de Pottam, lui sourit avec amusement. Leurs mésaventures survenues sur Terzirus lui avaient occasionné une perte de poids importante. Préoccupé depuis leur retour par le mystère entourant le traître de Fumervar, Kiam manquait d’appétit. Après quelques bouchées seulement, il se sentait devenir nauséeux et se voyait dans l’incapacité d’avaler quoi que ce soit d’autre. Le peu de nourriture qu’il ingérait ne lui permettait donc pas de reprendre le poids perdu lors de son séjour sur le royaume de la terre, ce qui commençait sérieusement à inquiéter ses proches. — Ah, te voilà ! s’égaya Jolick, qui venait de surgir de derrière une pile de barils. Tu étais passé où, encore ? — Sur le promontoire, voyons ! Tu parles d’une question ! répondit Flarente, qui venait de les rejoindre, un panier de murnilles à la main. Il y va tellement souvent que je pense qu’il y passe même ses nuits.
L’apprenti druide se tourna vers la demoiselle et lui vola un fruit. — Je me doutais bien qu’il était sur le promontoire. C’était plutôt une façon de parler, s’expliqua-t-il, avant de croquer dans la chair juteuse de la murnille. Un liquide clair s’échappa de ses lèvres, et Jolick l’essuya du revers de la main, avant de reprendre la parole. — J’aimerais bien savoir ce qui te pousse à te rendre là-haut si souvent. Y rencontrerais-tu en cachette une jolie jeune fille ? l’agaça l’apprenti druide, un sourire malicieux éclairant son visage délicat. Kiam lâcha un rire moqueur. — Je n’ai pas vraiment la tête aux doux rendez-vous, avoua-t-il. — As-tu seulement une tête ? le taquina Flarente. — Bien sûr ! Et pour preuve, lorsque vient le temps de penser à mes amis, j’ai encore toute ma tête, rétorqua Kiam en brandissant le sac de pâtisseries. — Oh, shuper ! s’exclama Pottam, la mine ravie. Je me dishais jushtement qu’il faudrait que je grignote un petit quelque choshe. — Et ta dernière collation remonte à quand ? Cinq minutes ? se moqua Kiam. — Haush, je dirais plutôt shept, s’esclaffa la beloute. — Un fruit serait un meilleur choix pour ta ligne, lui conseilla d’un ton badin la demoiselle en tendant à la beloute le panier de murnilles. Une femme aux bras chargés d’emplettes chercha à se frayer un chemin parmi la foule. Ce faisant, elle bouscula sans ménagement Flarente, qui laissa tomber les murnilles au sol. Insultée, la jeune fille décocha un regard noir à la dame, qui ne daigna même pas s’excuser. — Je pense qu’on ferait mieux de se trouver un endroit plus tranquille. Pourquoi pas de l’autre côté des portes ? suggéra Kiam tandis qu’il se penchait pour récupérer les fruits. — Bonne idée, approuva Jolick. Les quatre compagnons quittèrent la frénésie du marché et se dirigèrent vers l’immense arche de pierre pointant vers le ciel. Ils franchirent les hautes portes de bois et se retrouvèrent sur la saillie rocheuse bordée d’un côté par les montagnes protégeant Utholin et de l’autre par une balustrade de fer forgé. Sur la place, de nombreuses personnes s’affairaient à décharger leur marchandise. Kiam et ses amis contournèrent l’attroupement et avisèrent un coin plus isolé, près d’un briset hors service depuis plusieurs jours déjà. Seules deux des trois plates-formes assurant la liaison entre Utholin et les cités s’étendant au pied des montagnes pouvaient être utilisées, ce qui compliquait grandement les allées et venues des marchands. Cet inconvénient bénéficia toutefois à Kiam et à ses comparses, qui purent s’installer dans la courte allée menant au briset défectueux afin de déguster leur collation en paix. Sa pâtisserie terminée, Kiam laissa porter son regard au loin, admirant la vue que la hauteur d’Utholin lui offrait. Perdu dans ses pensées, il sursauta lorsque Jolick lui adressa la parole. — Tu sembles soucieux. Est-ce encore cette histoire concernant le traître de Fumervar qui t’inquiète ? — Cette histoire me torturera l’esprit jusqu’au jour où j’éclaircirai enfin la question, mentionna Kiam avec une certaine tristesse dans la voix. Il brûlait d’envie de partager avec ses copains l’audacieuse idée qui germait en lui. Toutefois, craignant leur désapprobation, il préférait aborder le sujet de façon réfléchie afin de les amener à voir d’abord les avantages de son plan plutôt que ses failles.
— Et comment comptes-tu éclaircir la question, Kiam ? Ni Serbert ni Abélone n’ont pu te répondre, alors qui le pourrait ? lui demanda Flarente, préoccupée par le comportement obsessif de son ami à l’égard d’Évrath. — Je serais plutôt porté à dire qu’ils n’ont pasvoulurépondre, allégua Kiam d’un ton me lourd de sens. Sur le point de mordre dans une deuxième pâtisserie, Pottam s’immobilisa et dévisagea Kiam, l’air franchement surpris. — Qu’est-che que tu inshinues, au jushte ? Qu’ils shauraient vraiment quelque choshe à propos d’Évrath ? Kiam répondit par un grognement affirmatif. — Dans che cas, pourquoi est-che qu’ils te mentiraient ? — Pour me protéger. Voyez-vous, j’ai l’étrange pressentiment qu’Évrath a un lien quelconque avec mon passé sur Oméros. Il est évident qu’Abélone, Serbert et même mon oncle me cachent la vérité au sujet des deux années que j’y ai vécu. Pourquoi ? Probablement parce que ce qui s’y est passé est grave…, très grave. — Abélone ne te parle jamais de cette époque ? s’informa Jolick, qui, venant de terminer sa pâtisserie, s’essuya les mains sur son pantalon kaki. Kiam secoua la tête. — Effectivement, c’est louche, murmura l’apprenti druide. — Pas du tout, répliqua Flarente. On ne sait pas vraiment si Abélone se trouvait sur Oméros lorsque tu y habitais avec ton père. Alors, peut-être est-ce vrai qu’elle ignore ce qui a provoqué votre départ. C’est un sujet que ton père préférait peut-être éviter d’aborder, même avec elle. Donc, si j’étais toi, je ne tirerais pas de conclusion de son silence. Ni de celui de Serbert. — Tu fais erreur, répondit Kiam. Rappelle-toi. J’ai surpris à plusieurs reprises des conversations entre Abélone et Serbert alors qu’ils me croyaient endormi. J’ai donc la preuve qu’elle sait ce qui s’est passé sur Oméros. Je crois justement qu’elle refusait que j’accompagne mon oncle sur Terzirus parce qu’elle craignait que quelqu’un en lien avec ces évènements me reconnaisse. Enfin, c’est mon impression. — Probablement Évrath, déclara Jolick en lançant dans le vide le noyau de la murnille qu’il venait de manger. — Shi ch’est le cas, elle ne devrait plus sh’en faire, puishqu’il est mort, dit Pottam. — Oui, sauf que son complice court toujours, et ça m’inquiète, admit Kiam. — Ça ne fait que quelques semaines. Il faut leur laisser un peu de temps, souligna Flarente. Ils finiront bien par découvrir son identité. — Quelques semaines, c’est déjà trop, grommela Kiam. Adressant un regard compatissant à Kiam, la jeune fille posa son unique main sur le bras de son ami. — De savoir que l’on me cache des informations sur mon passé me fatigue aussi tu sais, dit Flarente, un voile de tristesse couvrant ses yeux ambrés. Je suis donc à même de comprendre ce que tu ressens. Cependant, les seules personnes pouvant te répondre ne le font pas pour une raison qui nous échappe. Tu as passé des jours entiers à la bibliothèque, manquant de te faire pincer plus d’une fois par les conseillers de Serbert. Tout ça pour ne trouver aucun renseignement sur Évrath ni sur de possibles évènements survenus sur Oméros il y a une dizaine d’années. Je suis désolée de te le dire, mais je crois que c’est une cause perdue, Kiam.
Croyant le moment propice pour faire part à ses camarades du plan qu’il tramait, Kiam sentit une grande nervosité le gagner tandis qu’il répondait : — Non, pas si je cherche au bon endroit. — Et quel est cet endroit ? Quand même pas le bureau de Serbert ? demanda Flarente avec exaspération. — Si Serbert t’y surprend, tu seras pendu par les oreilles, c’est moi qui te le dis ! blagua Jolick. Un rire amusé secoua la beloute. — Désholé, mais t’imaginer dans chette groteshque poshishion me donne le fou rire. Par contre, à bien y pensher, cha ne doit pas être très plaishant de she faire pendre par les oreilles. Alors, mieux vaut éviter de te faire pincher. Nerveux à l’idée de dévoiler son plan à ses camarades, Kiam ne répondit au commentaire de la beloute que par un timide sourire. Conservant son sérieux, il les regarda tour à tour, ce qui inquiéta davantage Flarente. — Qu’est-ce que tu mijotes, encore ? s’informa-t-elle, une soudaine appréhension perceptible dans la voix. — Le bureau de Serbert ne serait pas une mauvaise idée, mais ce n’est pas ce que j’ai en tête. — Cesse de nous faire languir et dis-nous où tu souhaites poursuivre tes recherches ! s’impatienta la demoiselle. Prenant une profonde inspiration, Kiam lâcha : — Oméros… Interloqués par sa déclaration, Jolick, Flarente et Pottam le considérèrent avec une franche consternation. — Tu ne parles quand même pas sérieusement ? lui demanda Jolick. D’un geste de la tête, Kiam répondit par l’affirmative. À la surprise générale, Flarente éclata de rire, s’attirant les regards étonnés de ses camarades. — Ha ! Ha ! Ha ! Tu nous fais marcher, c’est ça ? D’accord, tu nous as bien eus. Alors, maintenant, dis-nous quel est ton véritable plan. — Mais… je n’ai pas d’autre plan, rétorqua Kiam, décontenancé par la réaction de son amie. Je ne blague pas quand je dis que je voudrais aller sur Oméros. Un silence de plomb s’abattit sur le petit groupe installé en retrait du va-et-vient des villageois et des marchands. Le visage de Flarente se vida de toute expression tandis que ses yeux le dévisageaient avec insistance. — Franchement ! finit-elle par dire, rompant l’inconfortable silence. Et comment comptes-tu te rendre sur Oméros ? Jamais personne ne voudra t’y emmener. Surtout pas après les mésaventures qui nous sont arrivées sur Terzirus. — Qui a dit que je comptais demander la permission à qui que ce soit ? rétorqua Kiam d’un ton frondeur, piqué au vif par la rebuffade de la demoiselle, bien qu’il s’y fût attendu. — Tu ne pourras jamais te servir du tupafier d’Utholin, Kiam. L’accès en est constamment surveillé, le raisonna l’apprenti druide. — Il existe des tupafiers secrets ici aussi, vous savez. Celui que mon père utilisait à Brisblione en est la preuve. Il faut simplement découvrir où ils sont situés. — Même si tu parvenais à mettre la main sur une carte indiquant leur emplacement, le moyen de parvenir au tupafier secret le plus près demeurerait un problème d’envergure,