L
220 pages
Français

L'amour, à peu près

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Description

L’amour, à peu près est un roman d’une grande finesse, qui met à l’épreuve tout le vocabulaire éculé avec lequel on parle des métropoles contemporaines. Cosmopolites ou immigrants ? Homosexuels, familles d’accueil, délinquants ? Des catégories sociales qui fondent sous le soleil, qui se confondent sous les lunes du roman de Brand. C’est bien plutôt la capacité à s’attacher, à imaginer, à aimer qui fait toute la singularité de ceux et celles que Dionne Brand donne à entendre.

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Informations

Publié par
Date de parution 30 octobre 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782897419684
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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DIONNE BRAND L’amour,à peu près TraduiTdelanglaisparnicolecôTé
r o m a n
L’AMOUR, À PEU PRÈS
Dionne Brand
L’amour, à peu près
roman
traduit de l’anglais (Canada) par Nicole Côté
Le Groupe Nota bene (Triptyque) remercie le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) pour leur soutien financier.
Gouvernement du Québec Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC
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Financé par le gouvernement du Canada Funded by the government of Canada
Triptyque est une division du Groupe Nota bene.
NOTE DE L’ÉDITEUR
Ceci est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des faits existants est de l’ordre de la coïncidence.
Titre original :Love Enough © 2014, Dionne Brand All rights reserved.Tous droits réservés.
© Triptyque, 2017, pour la traduction française ISBN : 9782897419677 ISBN PDF : 9782897419684
EXTRAITS DE LA PRESSE ANGLOPHONE
«L’amour, à peu prèsest une méditation poétique à propos de la complexité douloureuse, incendiaire et insoluble de l’amour. » The Hamilton Spectator
« Les personnages du roman de Brand,L’amour, à peu près, ne recherchent pas simplement l’amour, mais la beauté également. L’un comme l’autre, toutefois, sont des denrées rares, qu’il s’agit de rechercher dans des décors étranges, en restant sans cesse à l’affût. » National Post
« Dionne Brand est une écrivaine canadienne qui, dans un monde plus avisé, n’aurait pas besoin d’être présentée. Dans un tel monde, les Canadiens connaîtraient bien son œuvre et en seraient fiers comme ils le sont de celles de Margaret Atwood, d’Alice Munro et de Mavis Gallant, chacune ayant récolté une reconnaissance internationale et établi sa réputation de façon impeccable au sein de la littérature canadienne. […] L’amour, à peu prèsest fait d’une succes sion de scènes surréalistes, entrelaçant portraits d’âmes et tranches de vie, une œuvre vibrante de passion, politisée et traversée par des éclats d’indulgence. [Dionne Brand] ose juger, mais malgré son œil impitoyable pour les détails les plus poignants et parfois sordides, elle juge avec pitié. […] L’amour, à peu prèsest décidément l’œuvre d’une écrivaine accomplie qui fait honneur à son talent d’observation et de narration. » Winnipeg Free Press
« La ville telle que Brand la conçoit est une sorte de magma frémissant, aux frontières en expansion et peinant à conte nir la vie palpitante, souvent violente qui l’habite. […] Ce récit polyphonique de Brand est raconté en adoptant les points de vue successifs de ses personnages variés, et sui vant la logique d’une ville faite de quartiers populeux et multiculturels. » The Globe and Mail
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La meilleure façon d’admirer un coucher de soleil l’été dans cette ville, c’est dans le rétro viseur. Ou mieux, dans l’un des rétroviseurs extérieurs. Saisissant. Toute la délicatesse du coucher de soleil, sa beauté d’un autre monde, vous suit. Si seulement vous pouviez rouler ainsi indéfiniment. Ça ne tombe pas sous le sens, vous le comprenez bien, mais vous récolteriez comme ça une large dose de cette beauté quotidienne. Si jamais vous roulez vers l’est sur Dupont Street, à cette heurelà, jetez un coup d’œil dans le rétrovi seur. Cette rue ne paie pas particulièrement de mine – de fait, elle a le plus souvent un aspect sinistre – mais vous pourriez, en regar dant derrière vous, vers l’ouest, en avoir le souffle coupé. C’est peutêtre parce que cette rue est si laide : des entreprises de démolition, des hangars de répartition pour les taxis, des
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maisons de chambres, des quincailleries, de tristes petits restos ouverts jour et nuit et des cours avant rongées par le sel d’hivers répétés, c’est tout ça qui en fait le lieu idéal pour un coucher de soleil. Nécessaire. Et plus tard on y voit des lunes, d’une parfaite rondeur audessus d’un bâtiment en ruines où vivent des artistes et des musiciens. Ou vagabondes, audessus des hangars d’en treposage chargés de regrets – des locaux res tés impayés qu’il vaudrait mieux oublier. Puis, audessus de la poissonnerie abandonnée, déshabillées ; lumineuses, audessus du garage d’alignement de roues. June. Elle vit à deux rues de là. Sur Salem. Elle pourrait y aller à pied. Mais elle roule jusqu’ici, sur Dupont, simplement pour être ravie par un éclat de beauté dans le rétrovi seur. Vous pourriez demander, la beauté ? Oui, répondraitelle, la beauté. Elle n’est pas du genre à trouver son bonheur là où les autres le cherchent. L’autre jour, June et Sydney couraient sur le sentier riverain. Le lac Ontario, qui se remettait à peine d’effluents toxiques, était d’un vert recyclé. Le ciel était violet, un violet adouci par les polymères et les hydrocarbures, et June vit deux petits papillons bleus s’ac coupler au bord du lac. C’était tout près des
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