L'Aquarelle, ou Les Fleurs peintes d'après la méthode de M. Redouté

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Extrait : "L'Aquarelle est une peinture à l'eau qui exige cependant une définition particulière. On peut peindre de trois manières en délayant les couleurs avec de l'eau. La première par droit d'ancienneté est la gouache, genre de peinture à peu près abandonné, et dont on retrouve les premiers exemples dans les anciens manuscrits enrichis de figures et d'ornements..." À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

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EAN13 9782335076233
Langue Français

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EAN : 9782335076233

©Ligaran 2015Discours préliminaire
L’Aquarelle a pris depuis quelques années un tel développement, que l’on peut dire de ce
genre de peinture qu’il s’est popularisé. Il est bien peu de villes ou quelque amateur, s’il n’a
l’ambition de se former un cabinet d’aquarelles, n’ait au moins le désir de composer un album
et d’y contribuer par son talent. Elle est considérée par les dames non seulement comme un
complément d’éducation qu’il n’est pas permis d’ignorer, mais encore comme l’occupation la
plus agréable qui puisse distraire les loisirs d’une vie sédentaire.
Dans un moindre cadre, elle renferme tous les agréments et presque les avantages de la
peinture à l’huile.
Comme elle embrasse tous les genres, elle est accessible à toutes les intelligences, à tous
ceux qui aiment à voir, à sentir et à exprimer leurs sensations.
L’étude du dessin et de la peinture fournit à l’imagination un aliment inépuisable dans le
spectacle de la nature : la forme d’un nuage, le port d’un arbre, une fleur balancée sur sa tige,
rien ne reste indifférent à qui sait considérer en artiste ; tout devient un motif de sensations
d’autant plus faciles à éprouver, que l’œil en est le premier interprète, et que l’esprit n’attend
pas pour s’en rendre compte de les avoir formulées par l’expression.
Quel que soit jusqu’à ce jour le succès de l’aquarelle, cette faculté de voir et de sentir la
nature est bien plus générale que l’aptitude à la rendre par le moyen de la peinture ; cette
différence ne peut provenir que de l’absence de méthodes sûres et éprouvées.
On peut dire que l’aquarelle est de création moderne ; les anciens peintres connaissaient
cette manière de peindre sans y attacher d’importance ; ils s’en servaient, plutôt pour jeter sur
le papier de légères esquisses et des projets de tableaux, que pour en faire l’objet d’une étude
particulière. Le défaut de couleurs préparées pour ce genre de peinture fut peut-être pour les
artistes la cause de leur indifférence ; car tous ceux qui auraient pu peindre ainsi n’employaient
que la gouache, qui insensiblement fit place à l’aquarelle proprement dite.
Les premiers peintres de fleurs à l’aquarelle adoptèrent la manière des peintres en
miniatures, comme on en peut juger d’après les dessins conservés à la bibliothèque du
Jardindu-Roi. M. R e d o u t é, par ses nombreux travaux, donna de l’importance à ce genre de peinture ;
d’autres artistes, distingués dans des genres différents, qui s’y livrèrent exclusivement ou en
partie, firent sentir toutes les ressources que l’on pouvait en tirer, et y attachèrent un mérite réel
par des productions où la composition et la couleur peuvent rivaliser avec des tableaux peints à
l’huile.
Tous les genres appartiennent à l’aquarelle : le portrait, la figure, le paysage ; mais les fleurs
surtout semblent réclamer la première place ; leurs brillantes couleurs ne peuvent réellement se
rendre que par son moyen ; leurs proportions permettent de les peindre de grosseur naturelle,
et la promptitude d’exécution de prendre la nature sur le fait.
La peinture des fleurs peut avoir trois destinations : elle est d’une application immédiate à
l’industrie, elle sert à la démonstration de la botanique, et elle est considérée comme objet d’art
prise d’une manière absolue.
Dans le premier cas, c’est une affaire de goût et d’imagination.
Pour les planches d’histoire naturelle, la correction et l’exactitude sont de première
nécessité ; tout doit être vrai, depuis le port de la plante jusqu’à la dentelure des feuilles ;
chaque plante doit porter non seulement le caractère générique, mais encore le caractère
différentiel qui la distingue des espèces les plus rapprochées dans le même genre.
Pour produire des compositions ou des tableaux de fleurs, il faut connaître toutes les
ressources de la peinture, et posséder en partie les qualités que l’on exige d’un artiste.
Je n’envisagerai la peinture des fleurs que sous ces deux derniers points de vue, persuadéque, quand on saura les peindre avec quelque habileté, on pourra faire des dessins pour toutes
destinations.
Toutes les observations contenues dans ce Traité sont fondées sur la pratique et
l’expérience ; quelques détails pourront paraître fastidieux à qui connaît déjà la peinture, je
pense qu’ils ne seront pas indifférents aux personnes qui commencent, ou qui n’ont aucune
notion de la méthode : cette méthode est celle de M. R e d o u t é, telle qu’il l’enseigne au
Jardindu-Roi. Tout le monde connaît les admirables productions de cet artiste distingué, qui doit être
regardé comme le père de l’école moderne de peinture pour les fleurs. Tous les naturalistes
savent de quelle importance sont ses travaux pour les progrès et la gloire de la botanique ; je
dirai seulement, pour les personnes qui ne le connaissent pas personnellement, que son
honorable caractère est à la hauteur de son talent, et qu’à l’âge de soixante-dix-huit ans il
conserve la vigueur, le génie, et la précieuse fécondité qui ont illustré cette longue carrière.Notions de botanique
À L’USAGE DES PERSONNES QUI PEIGNENT LES FLEURS.
La Botanique est la science qui a pour objet la connaissance des végétaux ; elle se divise en
deux parties : dans l’une est comprise la nomenclature des différentes parties des plantes ; la
seconde se compose de la classification des plantes d’après les systèmes et méthodes
adoptés.
L’étude de la Botanique se rattache naturellement à la peinture des fleurs. J’inviterai toutes
les personnes qui veulent étudier sérieusement les fleurs à prendre connaissance au moins
des éléments de cette science dans les ouvrages qui en traitent spécialement. Je me borne ici
à donner les noms de quelques parties des plantes indispensables pour l’intelligence de ce
traité, et à faire connaître leur importance relative dans la peinture des fleurs.
Le nom d’une plante est moins important en peinture, et même en botanique, que la
connaissance des différents caractères de cette plante. Rien n’est arbitraire dans la
représentation des végétaux ; l’omission de certaine partie serait plus choquante que la
suppression du nez ou des yeux dans une figure, puisqu’on pourrait omettre le sexe de cette
plante.
Je prends pour premier exemple le lys, dont toutes les parties sont bien apparentes.