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L'Assassinat de la maison du peuple

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Livres
36 pages

Description

Lorsque George Mantour reçoit en 1913 une étrange missive avec un timbre à l'effigie de Napoleon IV, il sait que les ennuis ne sont pas loin... C'est son passé qui frappe à sa porte... Sylvie Denis est une des meilleures novelistes de la science fiction française. Elle offre ici un chef d’œuvre steampunk...

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Date de parution 15 décembre 2012
Nombre de lectures 29
EAN13 9782366290622
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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L'Assassinat de la Maison du Peuple
Sylvie Denis
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Sylvie Denis -L'Assassinat de la Maison du Peuple
L’Assassinat de la Maison du Peuple
Art nouveau : Issu en partie du mouvement Arts and Crafts animé en Grande-Bretagne par William Morris, l’Art nouveau est fondé sur quatre grands principes : le refus de l’héritage esthétique ; le rejet de l’académisme ; l’abolition de la distinction entre les arts dits majeurs et les arts mineurs, l’idée qui les guide étant celle d’un “art pour tous, l’art pour le peuple” ; la revendication de la référence à la nature comme unique source d’inspiration. Ainsi, le style Art nouveau se caractérise par l’emploi répété de l’arabesque, de l’asymétrie, de lignes courbes conjuguées aux éléments floraux et végétaux. Ces caractéristiques prédominent en architecture, mais aussi dans le décor quotidien, dans les arts appliqués (bijoux, mode, livres, affiches, etc.)
e L’aventure de l’art auXXsiècle. J. L. Ferrier. Hachette.
La tradition est la chaîne ininterrompue de toutes les novations. Le Corbusier.
J'ai un lézard d'argent qui remue la queue lorsqu'on frappe à la porte sur mon bureau. Je n'attendais pourtant personne ce matin-là : aucun de mes clients n'avait rendez-vous et le facteur était déjà passé. J'ai donc été contraint de descendre deux étages pour aller ouvrir moi-même. Debout sur le seuil, le coursier en uniforme a tiré le pli spécial de sa sacoche en cuir et me l'a remis sans un mot. J'ai signé son registre et il est parti pendant que je fixais, abasourdi, le timbre à l’effigie de Napoléon IV et le tampon de la Poste Impériale. Puis ma gorge s'est serrée et mon cœur a commencé à battre plus fort dans ma poitrine. J'ai voulu rappeler l'homme, lui demander qui lui avait confié la missive, mais sa veste vert sombre avait déjà disparu dans la foule, parmi les robes des ménagères que les trottoirs roulants emportaient vers les galeries couvertes. Tant pis pour le porteur. J'ai refermé la porte, tiré tous les verrous et remonté d'un pas lourd les escaliers. Nous sommes en 1913, voilà presque dix-huit ans que j’ai quitté Paris, ai-je pensé. Mes mains tremblaient un peu tandis que j’examinais avec attention le papier épais de l’enveloppe ainsi que mon nom écrit avec une encre noire particulièrement sombre et opaque. J'ai pensé à ma femme. Rose était en mission au Danemark. Elle y poursuivait les recherches archéologiques qui nous avaient amenés à nous exiler au-delà de l’Escaut dix-huit ans auparavant. Avant même d’avoir ouvert la lettre, je savais qu’elle annonçait le retour de cette époque troublée de notre jeunesse. Je me suis assis à mon bureau, un meuble d'exception, jadis créé pour moi par Louis Majorelle, et j’ai présenté la lettre au coupe-papier. Le lézard d’argent faisait partie d’un nécessaire de bureau de
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