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L'évangile selon l'athée

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125 pages
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Galilée, 2000 ans avant notre ère. Un homme a une idée qui pourrait changer la face du monde. Cet homme sera un jour reconnu comme le Messie et vénéré par plusieurs milliards de personnes, mais il n'est encore qu'un charpentier. Il sait son idée excellente. Il sait aussi que nul ne l'écoutera si rien ne le distingue des autres prédicateurs. Voici le récit de la décision qu'il va prendre, celle d'un mensonge abominable pour le bien du plus grand nombre. Il bouleversera sa vie et celle de tous ceux le côtoyant, et gravera à jamais son nom dans le marbre de l'Histoire. Une grande histoire humaine et une grande amitié entre deux hommes.

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Ajouté le 11 mars 2013
Nombre de lectures 180
EAN13 9782368920077
Langue Français
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L’évangile selon l’athée
Julie Bouchonville Roman Editions L’ivre-Book
A mon père
Introduction J'ai toujours aimé les classiques, ou plus exacteme nt j'ai toujours aimém'en prendred'écrire son propreclassiques. C'est une idée fort arrogante que  aux évangile, et c'est sans doute cela qui m'a séduite en elle lorsqu'elle s'est pour la première fois présentée à moi. L'année scolaire 2011-2012 fut pour moi des plus in téressantes, entre autre parce que je m'essayai à la médecine, et eus la pos sibilité de me frotter au cours de Sciences Religieuses – au demeurant rigoureuseme nt dénué d'importance. Sa seule raison d'exister était que la faculté univ ersitaire avait été fondée par des jésuites et que, pareils au minotaure d'autrefois, ils exigeaient un sacrifice régulier, sinon de jeunes gens, au moins de leur temps. Pour échapper à l'examen écrit qui m'aurait obligée à étudier pour un cours ne valant que deux crédits (là où la chimie, pour comp araison, en valait 16), je choisis l'option de rédiger un travail écrit. Toujours prompte à ignorer la devise de {1} «Draco dormiens nunquam titillandus» , je pris pour thème l'athéisme. Je passai donc les huit dixièmes du travail à ne pa rler que de religion, et pour ce faire je dus lire quelques ouvrages aussi métaph oriquement que littéralement poussiéreux. La lecture d'évangiles apocryphes et d e romans historiques directement basés sur leur interprétation, ainsi qu e quelques conversations toujours stimulantes avec mon compagnon, me donnère nt alors une étrange idée... Si quelqu'un, disons un Galiléen, ayant eu l'idée de rendre la religion accessible directement au peuple avait eu ce coup d e génie d'admettre que l'on peut faire des erreurs et avoir droit à une seconde chance, alors probablement ne s'y serait-il pas pris autrement que comme nous l'enseignent les Écritures. Je pense sincèrement que quiconque ayant eu ce trai t de génie dans le contexte de l'époque – que je ne me targue pas de p leinement comprendre, mais dont j'ai de mon mieux essayé de m'imprégner, je la isse le lecteur seul juge de la réussite de cette tentative – aurait fatalement dû, à un moment ou à un autre, invoquer le nom de Dieu, et pas en vain. S'il n'ava it été qu'un beau parleur de plus, sans doute ses idées ne lui auraient-elles pa s survécu. Mais s'il se prétendait fils de Dieu, le Messie annoncé et atten du, alors son message devenait tout autre. Alors il transcendait sa natur e même pour devenir bien plus qu'un homme – Le Sauveur, dont le nom serait encore prononcé avec respect des millénaires plus tard. C'est cela, je crois, qui m'a attirée dans l'idée d 'écrire ce texte. Et si toute la partie religieuse du message de Jésus, ici appelé Y ehoshua pour de simples raisons d'authenticité, n'avait au fond été quemarketing ? Voilà qui serait ironique. Voilà qui serait amusant. A cette idée de départ, j'ai ajouté celle de Judas vu sous un jour nouveau, tel que certaines découvertes assez récentes (cf. L'Éva ngile de Judas) semblent le suggérer. Non pas traître mais préféré, choisi pour accomplir une tâche qui ne
peut être confiée qu'à un homme de confiance. En g uise de postface, le lecteur intéressé pourra trouver, en plus d'un glossaire, u ne brève bibliographie fournissant de plus amples détails vis-à-vis de ce point et d'autres pouvant prêter le flanc à la polémique. Enfin, une fois de plus, c'est au lecteur de décide r, en son âme et conscience, si mes théories lui semblent acceptables. Et si cel a n'était pas le cas, qu'il se rassure – je ne suis, après tout, qu'une humble conteuse d'histoires. 29 août 2012, La Madeleine.
1. Il attendait, dans cette cellule froide de la forte resse Antonia où tant d'hommes avaient attendu leur mort. Les coups qu'il avait re çus le faisaient souffrir, mais il savait qu'ils ne seraient rien en comparaison du ca lvaire qui l'attendait, quelques heures plus tard. C'était une voie redoutable qu'il avait choisie, et s'il la savait être juste, il ne pouvait s'empêcher de douter. N'avait-il pas fait erreur ? Voulait-il réellement s'infliger cela ? N'aurait-il pas pu laisser les fous être fous et les ignorants être ig norants, et vivre une vie normale ? N'était-il pas lui-même ivre d'arrogance, à vouloir éclairer un monde parfaitement heureux de vivre dans les ténèbres, à vouloir crier une vérité à ceux qui n'étaient que trop contents de se boucher les oreilles ? Yehoshua soupira. Que de chemin parcouru depuis cette idée sur les rives de la Mer Morte, depuis les rites secrets et les initiations dans le désert, depuis sa si terrible décision de changer le monde, et de ce à q uoi il lui faudrait renoncer pour y arriver... A la veille de ce qui allait peut-être se révéler ê tre sa mort, il semblait approprié de considérer sa vie. Il chercha une position confo rtable, n'en trouva pas, mais s'en contenta.
2. Les différents courants du judaïsme étaient nombre ux, et beaucoup se contredisaient. Chacun déclarait être le seul à avoir raison et à pouvoir sauver les âmes de ceux qui le suivraient sans poser de question. Yehoshua avait toujours trouvé cela douteux, d'auss i loin qu'il se souvienne. Si même deux personnes prêchant des idées radicalement opposées étaient révérées de la même manière, alors comment savoir, au fond, qui avait raison ? Quelle était la vérité ? Les religions l'intéressaient beaucoup. La sienne, et celle des peuplades voisines, qui honoraient des dieux différents de ma nières différentes. Un jour, à force de poser des questions et d'étudier des texte s lorsqu'il n'était pas en train de raboter des planches, il finit par rencontrer un nazir, un juif ascétique, qui lui parla des Esséniens. Selon lui, ils détenaient des vérités secrètes, auxquelles seuls les sages pouvaient avoir accès et que l'on n e révélait qu'après de longs mois d'initiation tant leur impact était grand. Cela piqua la curiosité de Yehoshua, qui voulut en savoir plus. A ce moment Il l'ignorait bien sûr, mais sans doute était-ce là que tout avait commencé, alors qu'il approchait de l'âge adulte et qu'un inconnu lui promettait le savoir et la connaissance. Il partit pour Sokoka peu de temps après, plus par curiosité que pour autre chose, s'il devait être honnête. Il ignorait si ce que lui raconteraient les Esséniens serait plus valable que ce que prêchaient les Sadducéens o u les Pharisiens, mais il voulait comprendre ce en quoi ils différaient. Alors qu'il parlait avec le nazir au fort accent de Judée, ce dernier l'avait vu considérer avec pitié des femmes à la vertu discuta ble, que les braves gens esquivaient avec application. – Tu ne méprises pas ces prostituées ? avait demandé l'ascète. – Je n'ai encore jamais rencontré de femme qui se prostitue pour le plaisir, avait-il répondu avec tristesse. Peut-être ont-elles perdu u n mari ou un frère, peut-être ont-elles des enfants à nourrir. Et ceux-là qui vie nnent les voir à la faveur de la nuit n'hésiteraient pas à leur cracher au visage en plein jour. Je les plains. – Les Esséniens te plairont, avait alors affirmé le nazir. Leur Yahweh pardonne les fautifs et leur accorde une seconde chance. – « Leur » Yahweh ? avait répété Yehoshua, amusé. P arce qu'ils n'ont pas le même Yahweh que tout le monde ? – Tu comprendras, avait souri le nazir. Va les trouver, et tu comprendras. C'était aussi pour cela qu'il était parti en laissa nt son frère Yaakov s'occuper de leur famille en son absence. L'idée d'une religion qui admettrait que les hommes soient imparfaits et n'aient parfois pas le choix, et qui le leur pardonnerait même, lui semblait excellente. Trop souvent il avait vu d es nantis littéralement acheter leur pureté morale, tandis que les pauvres n'avaien t que la souffrance pour tout
horizon, tant dans cette vie que dans la suivante. Si quelqu'un enseignait que cela était une aberration, alors il se sentait tout prêt à l'écouter.