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L'Heureuse Famille

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390 pages

Il existe dans l’intérieur de l’Amérique septentrionale un immense désert, à peine moins vaste que le Sahara ; et quoique sa configuration ne soit pas exactement délimitée, on lui attribue deux mille cinq cents kilomètres de long, sur mille sept cents de large ; ce qui représente une superficie vingt-cinq fois plus grande que celle de l’Angleterre.

Pour beaucoup de gens, qui dit désert, dit une plaine ininterrompue, monotone, sans eau, sans végétation aucune, dévastée par un vent brûlant qui promène des tourbillons de sable assez violents pour suffoquer des caravanes entières.

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BIBLIOTHÈQUE MORALEDELA JEUNESSE re 1 SÉRIE IN-4°
La voilà, dit Rolf en poussant la petite Luisa vers le mineur.
Thomas Mayne Reid
L'Heureuse Famille
Propriété des Éditeurs,
I
LE GRAND DÉSERT D’AMÉRIQUE
Il existe dans l’intérieur de l’Amérique septentrio nale un immense désert, à peine moins vaste que le Sahara ; et quoique sa configura tion ne soit pas exactement délimitée, on lui attribue deux mille cinq cents kilomètres de long, sur mille sept cents de large ; ce qui représente une superficie vingt-cinq fois plus grande que celle de l’Angleterre. Pour beaucoup de gens, qui dit désert, dit une plaine ininterrompue, monotone, sans eau, sans végétation aucune, dévastée par un vent b rûlant qui promène des tourbillons de sable assez violents pour suffoquer des caravanes entières. Cette appréciation, exacte à certains égards et dan s certaines régions, se trouve modifiée par l’expérience. Bien que l’intérieur du Sahara n’ait pas encore été complètement exploré, on en connaît assez déjà pour avoir acquis la preuve qu’il s’y rencontre des chaînes de montagnes, des collines boisées, des vallons fertiles, des lacs, des sources et des rivières. Même dans la plaine proprement dite, on rencontre d e loin en loin des lieux fertiles, couverts d’une riche végétation, que l’on nomme oasis. Il y en a de petites formées par la réunion d’une douzaine de palmiers autour d’une sou rce ; il y en a de grandes qui servent de demeure à des tribus entières et constituent de véritables Etats indépendants. Si vous examinez une bonne carte d’Afrique, vous re marquerez que ces derniers sont très nombreux. Le grand désert d’Amérique présente les mêmes traits généraux. Il est peut-être même plus varié en accidents géographiques. On y trouve des plaines de cent soixante kilomètres de large, couvertes de sable d’un blanc pur, que le vent éparpille çà et là en des amoncellements qui rappellent ceux de la neige après une tourmente. Ailleurs, s’étendent d’autres plaines également désolées, mais où la terre aride et nue remplace le sable. D’autres encore sont couvertes d’un maigre arbrisseau au feuillage blanchâtre, qui croit souvent en telle abondance, qu’un homme à che val ne peut y pénétrer, ses branches noueuses et enchevêtrées formant un obstacle insurmontable. Cet arbrisseau est l’artémisia, espèce de sauge sauvage ou d’absinthe, d’où la dénomination de prairies de sauge donnée par les ch asseurs aux endroits où il se rencontre. Plus loin, de vastes étendues à l’aspect noirâtre d isparaissent sous la lave refroidie, vomie à des époques antérieures par des monts volcaniques, et aujourd’hui émiettée en fragments aussi insignifiants que les pierres d’une route neuve,
Oasis.
A la suite, viennent parfois de nouvelles plaines d ’un blanc aussi parfait que si un manteau de neige venait de les recouvrir ; mais cet te blancheur immaculée indique la présence d’une couche d’un sel sans mélange. D’autr es enfin, présentant la même apparence de blancheur, sont sous un revêtement de soude naturelle aux splendides efflorescences. Les montagnes y abondent également ; et à vrai dire, la bonne moitié de la superficie du grand désert en est couverte. La chaîne des Mont agnes Rocheuses la traverse de part en part et la divise en deux parties égales ; mais, outre cette chaîne principale, il existe des montagnes de toutes dimensions et de toutes formes, ayant une physionomie propre assez singulière. Quelquefois, pendant plusieurs lieues, leur sommet horizontal ressemble à des toits de maisons et paraît si étroit, qu’on croirait volontiers pouvoir s’y mettre à califourchon. D’autres éminences coniques s’élèvent isolées dans la plaine comme des tasses à thé renversées sur une table. Ailleurs on voit des pics qui percent les nues comme autant d’aiguilles, ou des dômes rappelant le souvenir des grandes cathédrales de l’ancien monde. Les uns sont noirâtres, les autres vert somb re ou bleu foncé, suivant qu’on les contemple de plus ou moins loin, et qu’ils sont revêtus de forêts de pins ou de cèdres, les deux arbres les plus nombreux des montagnes du grand désert. Sur le flanc de beaucoup de ces monts, nulle végéta tion n’apparaît ; ce sont des entassements d’énormes masses granitiques dans l’intervalle desquels s’ouvrent béants d’affreux précipices. Tel pic s’élève vers le ciel sous un manteau de neige ; tel autre, beaucoup moins élevé, paraît à première vue à peine moins éclatant ; cependant on s’aperçoit vite que ce n’est pas le blanc des neige s éternelles, mais bien une teinte laiteuse, coupée par des bouquets de cèdres rabougr is, et due au pur calcaire eu au
quartz blanc dont ils sont formés. D’autres sur lesquels on n’aperçoit ni arbres ni feuilles d’aucune espèce, sont rayés des couleurs les plus éclatantes, rouge, jaune, vert et blanc, comme si on venait de les peindre. Ces rayures indi quent les différentes couches de roches qui composent ces montagnes. Enfin, les plus étranges sont celles qui aux rayons du soleil semblent des monts d’or ou d’argent et em pruntent cette riche apparence à l’éclat du sélénite et du mica.
Cascades dans les Montagnes Rocheuses.
Et les rivières !... Combien ne sont-elles pas biza rres dans celte région ! Les unes, avec quelques pieds d’eau à peine, coulent sur un l arge lit de sable étincelant. Les autres, à l’onde pure et cristalline, ont ici une largeur de plusieurs centaines de mètres ;