L'Odyssée des bannis

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314 pages
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Les Arripes sont d'anciens nomades qui viennent de se sédentariser et de vivre vingt ans sur les rives d'un lac. Ils y ont bâti un village et défriché des champs. Mais un jour tout s'effondre: un glissement de terrain, et leur paradis est inondé. La tribu va devoir partir. C'est le début d'un long périple, semé d'embûches et de rencontres, au bout duquel les attend un autre grand lac qu'on appelle "la mer", et d'où venaient leurs ancêtres. Leur quête prendra-t-elle fin? Survivre aux éléments, affronter les dangers et l'inconnu: entre le roman d'aventures et la fresque anthropologique, Gilbert Saby signe avec "L'Odyssée des bannis" une oeuvre réaliste et immersive à souhait, orchestrant une plongée aussi épique qu'originale dans une préhistoire méconnue. Documenté, instructif et passionnant.

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Date de parution 11 avril 2013
Nombre de visites sur la page 44
EAN13 9782342005325
Langue Français

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L'Odyssée des bannis
Gilbert Saby L'Odyssée des bannis
Publibook
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I. Visite amicale
Les trois hommes marchaient à grands pas sur la sente qui descendait jusqu’au lac. Ils connaissaient depuis hier l'horrible nouvelle, quand des chasseurs de passage la leur avaient appor-tée. Ils leur avaient ainsi appris que le grand lac avait débordé et que les Arripes avaient presque tout perdu. C’est pourquoi ce matin dès l’aube ils s’étaient mis en route. Ils venaient voir, non seulement pour se rendre compte par eux-mêmes, mais surtout pour proposer leurs services à des amis dans le malheur.Ils atteignirent rapidement le large chemin qui faisait le tour du lac et menait au village. Ce n’était déjà plus une sente, mais bien un chemin, capable d’accueillir deux marcheurs de front, empierré aux endroits un peu vaseux, et dont les dévers avaient été rabotés pour le rendre le plus horizontal possible. Un excel-lent travail, comme seule une tribu puissante et bien organisée peut le réaliser. Il était l’œuvre des Arripes, leurs amis et leurs plus proches voisins, ceux que le malheur venait de frapper. Ils le connaissaient bien pourtant. Ils l’avaient déjà emprunté à plus de dix reprises, mais à chaque fois c’était le même émer-veillement. Quand ils émergèrent de leur étroit sentier duquel la vue ne portait pas à cinq pas et qu’ils le redécouvrirent, Gram-moh, l’affreux, le velu, le dur, qui marchait en tête pour protéger son chef et qui était capable de faire fuir n’importe quel intrus d’une grimace ne put retenir un sifflement admiratif. — Hé bien, lâcha-t-il, il est encore plus large qu’avant ! En effet, les Arripes l’avaient encore amélioré. Ils avaient fait de l’étroit passage tortueux et vaseux un chemin piétonnier confortable et presque rectiligne. Ils en restèrent béats d’admiration. Décidément ces Arripes n’étaient pas des gens comme les autres et ils pouvaient être fiers de les avoir pour amis.
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Les trois hommes ralentirent leur marche sans se concerter. Ils n’allaient plus qu’à petits pas, comme s’ils abordaient un sanctuaire et regardaient de partout avec des airs de gosses émerveillés. Ils venaient de pénétrer sous une sorte de nef de verdure sur laquelle des chênes centenaires, et des fayards aux troncs clairs se penchaient pour faire un plafond. La fraîcheur du lieu et la sensation de paix qui en émanaient lui donnaient quelque chose de magique qui impressionnait tout le monde, même ces rudes coureurs des bois. Ils allaient visiter des gens dans le malheur, et pour atteindre leur village, ils devaient sui-vre ce chemin qui était leur plus belle réussite. Le lac était tout près. Il s’étendait immense et sale dans une vaste cuvette de collines dont il écrasait le fond de sa masse. L’eau grise avait nettement monté. Ils firent un calcul approxi-matif de tête et en conclurent qu’elle avait gagné cinq pas. Elle noyait les buissons de roseaux qui s’étaient nourris d’elle, s’étalait dans la forêt qu’elle avait investie en partie, elle frôlait le chemin qu’elle tentait d’escalader et en sapait les bases. En face, sur la rive opposée, les cabanes sinistrées que léchaient les vagues avaient l’air d’abandon de constructions en ruine. L’une d’elles penchait déjà dangereusement, minée par en dessous. Les Arripes vivaient maintenant sous des tentes, comme au temps du nomadisme. Ils les avaient plantées plus haut, presque en lisière de forêt où elles faisaient des taches brunes sur le brun de la terre ravinée. Les trois marcheurs ralentirent encore. Ils étaient en paradis et ils distinguaient au loin le spectacle du malheur. Puis Boula posa sa main sur l’épaule de Grammoh et lui fit signe de stop-per. — Arrête un instant, lui dit-il. Je veux mieux voir. Lui, le grand chef au regard fier et à la stature altière sem-blait soudain tout petit et tout frêle. Le malheur des amis avait détruit son assurance. Grammoh le regarda avec surprise, et stoppa sa marche. Boula mit sa main en visière, et il fit quelques pas vers le lac. Ses deux gardes du corps échangèrent un regard incrédule, puis vinrent se placer à sa hauteur. Les eaux venaient mourir juste à leurs pieds en gagnant sur le bois. Le ciel couleur de plomb reflétait sa tristesse sur la vaste surface. Celle-ci, était agitée de fines vaguelettes qui sem-
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