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L'Ombre de Bonaparte

De
751 pages
"Je m'appelle Charles de Vaudencourt et j'ai 18 ans lorsque ma vie bascule. Ce jour-là, je deviens l'aide de camp du général Bonaparte parce que je lui ai sauvé la vie. Au fil des mois, il fait de moi son compagnon d'armes, son conseiller, parfois son confident. Mais c'est à mes risques et périls, tant Napoléon ne ménage personne.A ses côtés, je vis l'éblouissante campagne d'Italie et l'épopée égyptienne. Je suis auprès de lui le 18 brumaire et le jour de l'attentat de la rue Saint-Nicaise. On dit beaucoup de choses sur le conquérant, on lui en reproche plus encore, mais personne ne sait réellement qui il est. Moi si ; enfin un peu; Il n'est pas tout à fait celui qu'on croit. ce guerrier invincible, réformateur de génie, qui conçoit pour la France les plus folles ambitions, a aussi un cœur voué à l'amour. Celui de Joséphine. Le surhomme est aussi un homme. J'en témoigne. Mais qu'il est parfois périlleux de côtoyer les génies…"Par les yeux d'un serviteur fidèle, admirateur sans conditions, Jean Mauduit nous dévoile un visage peu connu de Bonaparte. De son écriture maîtrisée et foisonnante, il dessine par petites touches l'évolution d'un personnage au caractère fort.
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L’Ombre de Bonaparte
DUMÊMEAUTEUR
Maxim’s, 60 ans d’Histoire et de plaisir, Éditions du Rocher, 1958. SaintVincentdePaul, France Empire, 1960. La Révolte des femmes, Fayard, 1971. La France contre la France, avec Anne-Marie Mauduit, Plon, 1984 (ouvrage couronné par l’Académie française). Pour l’amour de Mazarin, avec Anne-Marie Mauduit, Flamma-rion, 2000. Les Fantômes de Newbury, avec Anne-Marie Mauduit, Flamma-rion, 2003. Le Roman vrai de la mesure d’audience, Éditions Médiamétrie, 2005 (ouvrage distingué par l’Académie des Sciences morales et politiques). Marcel BleusteinBlanchet, un homme d’honneur, Verbe Édi-tions, 2007. La Conjuration de la rose noire, avec Anne-Marie Mauduit, Flammarion, 2007 ; J’ai lu, 2008. Denis Huisman, une faim si dévorante, Éditions Picollec, 2009. Tant de feuilles emportées par les jours, Flammarion, 2010.
Jean Mauduit
L’Ombre de Bonaparte
Flammarion
© Flammarion, 2014. ISBN : 978-2-0813-3804-3
À la mémoire d’AnneMarie
Londres, 1796
PROLOGUE
harles de Vaudencourt conservait un souvenir intense de son arrivée en Angleterre. C’était le temps C – décembre 1792 – où des milliers de familles nobles quittaient la France pour échapper à la destruction de leur monde ; pour fuir cette violence incompréhensible, tout ce sang répandu, oublier le roi Louis XVI accusé de trahison et mis sous les verrous comme un voleur de poules en attendant d’être traduit en jugement devant la Convention nationale ; pour échapper aussi à leurs propres paysans comme devenus fous, qui parlaient de leur passer une pique au travers du corps et qui, sans doute, l’auraient fait. Charles, âgé de quatorze ans à l’époque – dix-huit aujourd’hui –, n’avait rien oublié ; ni le moment où son père avait annoncé à la table familiale, avec son visage des mauvais jours : « Ce sera pour ce soir, préparez-vous » ; ni les cahots de la berline qui les emportait dans la nuit, par des routes détournées, à travers l’Île-de-France, la Picardie, l’Artois, en direction de Bruxelles puis Ostende, vers le salut. La traversée du Channel avait été détestable, une galopade de vagues recom-mencées qui chargeaient en hurlant le bateau de pêcheurs où ils avaient trouvé à embarquer. À l’image de leurs parents, Charles et Julien son cadet s’efforçaient de faire bonne figure
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L’Ombre de Bonaparte
– trop malades pour avoir vraiment peur. La petite Caroline, dont on venait de fêter le dixième anniversaire, dormait, elle, en dépit de tout dans les bras de sa mère. En voyant le jour se lever sur la Tamise, ils avaient remercié Dieu.
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Les premiers mois de leur séjour à Londres transportèrent Charles d’étonnement. Profitant de la liberté que lui laissaient les démarches compliquées de ses parents pour trouver un lieu de résidence, il baguenaudait au fil de son humeur et ne se lassait pas de découvrir cette ville si différente. Autre-fois, Paris, où les Vaudencourt prenaient chaque année leurs quartiers d’hiver, l’avait séduit par la patine de ses immeubles, qui portaient l’empreinte, même les plus pauvres, d’un passé somptueux. Mais Londres affichait l’agencement d’une cité vouée aux organisations marchandes. Tout semblait récent dans cette capitale enroulée autour de son fleuve aux odeurs océanes, par où lui arrivaient des cargaisons de tous les bouts du monde : de bois exotiques, de thé, de coprah, de sucre de canne, de soieries, de métaux rares, de café, de coton, de mousseline, de rhum, de fourrures, d’os de baleine, de plumes d’autruche, mais aussi de céréales, de charbon, de papier. La largeur des avenues le sidérait, comme la disposition géomé-trique des constructions, arrêtée par l’architecte Christofer Wren qui avait eu à rebâtir les trois quarts de la cité après le grand incendie de 1666. Ce qui surprenait le plus Charles, c’était l’attitude des Anglais, du moins de ceux que sa famille fréquentait. Ils créaient pour les émigrés des comités d’accueil ; ils avaient voté en leur faveur une allocation d’un shilling par jour et par personne, une misère mais qui avait du sens. Un homme comme lord Hastings poussait la bienfaisance jusqu’à inviter chaque jour à sa table une bonne trentaine d’émigrés tombés dans la gêne ; un autre, lord Bridgewater, hébergeait dans son château des messieurs moines appartenant à divers ordres.
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