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La bataille finale

De
394 pages
Le Crépuscule des Dieux scandinave, l'Atlantide de Platon, les combats de la Théogonie grecque, la Geste de Troie, le règlement de comptes à Ithaque, la Révolution qui a aboli la royauté à Rome, tous ces récits, part importante du patrimoine culturel de l'Europe et de l'Asie méridionale, relèvent de genres et de champs d'étude bien différents. Cependant, ils dérivent d'un commun héritage indo-européen, d'une "matrice mythique" décrivant "la fin d'un âge", sous la forme d'une bataille cataclysmique opposant des camps apparentés.
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Pierre et André Sauzeau
LA BATAILLE FINALE
Mythes et épopées des derniers temps dans les traditions indoeuropéennes Du boom au krach
La Bataille finale
Pierre et André Sauzeau La Bataille finale
Mythes et épopées des derniers temps dans les traditions indo-européennes
Des mêmes auteurs : Pierre Sauzeau,Les Partages d’Argos, Sur les pas des Danaïdes, Paris, Belin, 2005. PierreetAndré Sauzeau,La Quatrième fonction, Altérité et marginalité dans l’idéologie des Indo-Européens, Paris. Les Belles Lettres, 2012. En collaboration : Pierre Sauzeauet Thierry Van Compernolle,Les armes dans l’Antiquité. De la technique à l’imaginaire, Montpellier, PULM, 2007. Hélène Ménard, Pierre SauzeauetJean-François Thomas,La pomme d’Éris. Le conflit et sa représentation dans l’Antiquité, Montpellier, PULM, 2012. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-10700-4 EAN : 9782343107004
« L’Iliade, l’Odyssée, leLivre de Job ne sont grands que parce que la vie est un combat, un voyage, une énigme. » Gilbert Keith Chesterton,Le défenseur, Lausanne, 1982, p. 81. « Celui qui récitera cette histoire, livre par livre, sera libéré de ses fautes, et gagnera le ciel pour s’absorber en BrahmƩ. [...] Celui qui la fera entendre, strophe par strophe, à des brâhmanes, rejoindra ses ancêtres. Sa nourriture et sa boisson seront inépuisables. Celui qui récite leMahābhārataaprès la prière du soir, est libéré des fautes qu’il a commises dans la journée, en pensées ou en actions. [...] Pour le devoir, pour les affaires, pour le plaisir et pour le salut, tout ce qu’on trouve dans ce récit existe aussi ailleurs. Tout ce qui ne s’y trouve pas n’existe pas. Cette histoire, elle s’appelle “Victoire”. Tous les rois, s’ils désirent le succès, doivent l’entendre, et leurs fils, et leurs épouses enceintes. » Mahābhārata,XVIII,ÉC5,Calc. 5,trad. G. Schaufelberger et G. Vincent.
Introduction
Les recherches structurales souffrent actuellement d’un certain discrédit, qui s’explique par d’incontestables abus et des effets de mode. On aurait grand tort d’inclure l’œuvre de Dumézil dans ce rejet, car celui-ci s’inquiétait dès 1 1973 de voir ses études mêlées à un débat où elles n’ont que faire. Depuis quelques années, le mot “structure” est devenu ambigu. Tout en gardant sa valeur précise, ancienne […] il a pris un emploi technique beaucoup plus ambitieux dans un système philosophique aujourd’hui fort en vogue, auquel il a même donné son nom. Il en résulte de la confusion ». Sans exclure que, de cette vogue intellectuelle il puisse rester, « quand les illusions seront tombées [...] des lumières limitées, mais pénétrantes, qui auront leur rôle dans une exploration à la fois plus sobre et plus complète de la réalité », Dumézil entendait séparer très nettement ses recherches du « structuralisme philosophique » – il s’inquiétait, en outre, de sa politisation par certains et du risque d’un « mélange des genres ». Les enthousiasmes philosophiques se suivent, et la mode n’est donc plus au structuralisme. Les nouvelles « pensées dominantes » ont, elles aussi, leurs connexions politiques, et s’inquiéter du « mélange des genres » est plus que jamais d’actualité. Il convient donc de rappeler la séparation posée par Dumézil et d’affirmer que la mythologie comparée comme science historique peut, et doit, garder comme mode heuristique essentiel la méthodestructuralequ’il avait brillamment illustrée. Certains historiens pouvaient considérer séparément les rois de Rome, assigner le premier, Romulus à la légende, d’autres à l’Histoire, d’autres enfin à quelque mixte, et examinerisolémentchaque personnalité et les récits à son 2 sujet. Dumézil affirmait qu’au moins les rois pré-étrusques devaient être considérésen série.Il observait qu’en refusant cette approche « on néglige le fait massif que les caractères et les biographies de Romulus et de Numa sont construites de manière à former, sur tous les points, une antithèse, et d’autre part le fait, sur lequel les Romains eux-mêmes ont bien insisté, que les quatre 1 Dumézil 1973MÉ III, p. 13-16. 2 Dumézil ne considérait que les quatre rois pré-étrusques. L’étude structurale a pu être étendue à l’ensemble des sept rois de la mytho-histoire de Rome. Cf. par ex. Sterckx 1992Sociogonie.