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La Clef Déchamps

De
38 pages

Maéva, Claire et Liberté sont trois sœurs au destin déchiré par la mort de leur mère Marie.


Dix ans se sont écoulés. Les trois sœurs se sont enfin retrouvées, elles sont à nouveau réunies. Elles vont tout mettre en oeuvre pour rattraper le temps perdu. Mais à quel prix? Une vérité va éclater et va faire resurgir les cadavres des placards...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-09543-8

 

© Edilivre, 2017

La Clef Déchamps

 

– « Je terminerai par cette phrase : On a tous un cadavre dans son placard. »

Monsieur Bertrand, professeur de philosophie, observe la réaction de ses élèves de terminale littéraire.

Tous quittent la classe en se chahutant sauf Liberté qui médite sur cette phrase. Elle cherche le sens caché de ces paroles.

Ces paroles vont la suivre et la hanter chaque jour.

Samedi dix avril.

Il est dix heures lorsque le prêtre commence son office. Un silence règne dans l’église. Seuls les pleurs viennent le troubler.

A la droite se trouve Moussa en tenue africaine de couleur orange et ses filles Maéva, douze ans, en robes noire et ballerines bleues et Claire, neufs ans, en pantalon noir chemise noire et ballerines bleues. A la gauche se trouve Patrick en costume gris et sa fille Liberté, cinq ans, en robe africaine de couleur marron.

Marie a enfin rejoint le monde qu’elle attendait depuis si longtemps. Elle est paisible dans son cercueil tapissé de velours rouge. Elle n’a plus a se battre contre cette santé devenue si fragile qui a fini par l’emporter rapidement.

Ses filles ne peuvent retenir leurs larmes face à des pères hautains et sévères.

Les amis et connaissances remplissent les bancs de l’église de la petite ville du sud de la France. Personne n’ose dire un mot face à ces deux familles qui d’en moins d’une heure ne se verront plus.

Chaque père prendra sa progéniture et coupera tout contact avec l’autre. Conséquence des familles recomposées ou la personne lien disparaît.

Il est onze heures, l’église est maintenant vide. Il ne reste que les deux familles. Sans un seul regard les pères s’éloignent. Liberté la plus jeune osera se retourner en pleurs pour regarder ses sœurs disparaître. Maéva et Claire ont si mal qu’elles n’osent même pas croiser le regard de leur petite sœur.

Liberté est tenue si fermement par le bras qu’une douleur intense l’envahit.

Patrick, d’origine camerounaise, rejoint sa femme Jézabel et sa fille Rita dans la voiture. Elles n’ont pas eu le courage de les rejoindre dans l’église. Surtout Jézabel qui était la femme sécrète de Patrick.

Elle ne souhaitait qu’une chose venir en France et quitter son pays natal le Cameroun. Ils ont tout mis en œuvre pour réaliser leur rêve grâce au mensonge et à la trahison.

Patrick a même accepter qu’elle fréquente d’autres garçons durant son absence. Mais à chaque retour du Cameroun il se précipite au cabinet médical pour effectuer des tests.

Lui aussi, de son côté, a eu plusieurs aventures en parallèle de son couple.

Les deux voitures prennent chacune une direction mais aucune des deux ne se dirige vers la dernière demeure de Marie. Elle fera seule son dernier trajet.

Patrick ferme la porte de la villa. D’un pas décidé il rejoint sa famille dans le salon. D’un ton autoritaire il annonce :

– A partir de cet instant je ne veux plus que l’on prononce le prénom de Marie et que l’on parle d’elle dans cette maison. Est ce bien compris ?

– Oui

Liberté regarde son père, une peur l’envahit. Elle n’a que cinq ans mais elle sait qu’à partir de cet instant sa vie va changer. Sa vie va basculer dans les ténèbres. Le bonheur et la sécurité qu’elle ressentait au côté de sa mère a disparut d’un claquement de doigts.

Après avoir écouté les paroles si dures de son père, elle court dans la chambre qu’elle partage avec sa demie sœur.

Elle se jette sur le lit et ne peut retenir ses larmes. Malgré elle, elle appelle sa maman et lui raconte sa douleur. Petit à petit Liberté se sent apaisée et finit par s’endormir sur le lit. Elle va enfin pouvoir trouver le calme et la sérénité ne serait-ce que le temps d’un sommeil.

A partir de cet instant Liberté va comprendre ce que cela signifie : enfant de papiers.

De l’autre côté de la ville dans l’appartement de Moussa, d’origine sénégalaise, règne le silence. Maéva et Claire regardent la télévision alors que leur père prépare un maffé. Mais leurs esprits vagabondent, elles vivent à nouveau la cérémonie : le regard rempli de tristesse de leur sœur Liberté, le retour à la maison sans passer par la case cimetière.

Moussa ne donnera aucune explication. Il préférera laisser planer le doute et le silence.

Alors qu’elles se retrouvent dans la chambre, Maéva, la plus grande, regarde sa sœur, d’un regard si profond qu’il transperce Claire. Maéva se plante devant sa sœur. Elle lui parle doucement...