La Débauche

La Débauche

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Français
506 pages

Description

Félix Perchon n’avait pas encore atteint sa vingt-huitième année, et pourtant il occupait déjà un poste de premier ordre dans les bureaux de la Société universelle.

Il était tout à la fois secrétaire général et caissier de cette importante administration financière, ce qui lui rapportait environ douze mille francs par an.

Issu d’une honnête famille de cultivateurs, qui s’était saignée aux quatre membres pour lui donner une belle éducation, Félix Perchon s’était empressé de mettre en pratique, envers ses naïfs parents, la fa meuse maxime « l’ingratitude est l’indépendance du cœur » le jour où il eut acquis la certitude qu’il ne restait plus un centime dans leur bourse.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 24 mai 2016
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EAN13 9782346073535
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Langue Français

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SOUS PRESSE POUR PARAITRE PROCHAINEMEN
LE SECOND VOLUME DE LA
BIBLIOTHÈQUE NATURALISTE Avec une eau-forte.
Jean Vaucheret
La Débauche
Roman parisien
I
LA TANTE NIQUET
Félix Perchon n’avait pas encore atteint sa vingt-h uitième année, et pourtant il occupait déjà un poste de premier ordre dans les bu reaux de la Société universelle. Il était tout à la fois secrétaire général et caiss ier de cette importante administration financière, ce qui lui rapportait environ douze mil le francs par an. Issu d’une honnête famille de cultivateurs, qui s’é tait saignée aux quatre membres pour lui donner une belle éducation, Félix Perchon s’était empressé de mettre en pratique, envers ses naïfs parents, la fa meuse max ime « l’ingratitude est l’indépendance du cœur » le jour où il eut acquis l a certitude qu’il ne restait plus un centime dans leur bourse. Du reste, M. Félix Perchon était un véritable gentl eman. Sa belle barbe noire faisait merveilleusement ressortir la pâleur aristocratique de son teint ; ses cheveux artistement ondés couvraient élégamment sans le mas quer son large front ; ses grands yeux bruns, ombragés par de longs cils, expr imaient cette langoureuse morbidesse si prisée des femmes aux aspirations poé tiques ; enfin l’élégance de sa taille, un peu élevée au-dessus de la moyenne, la f inesse de ses attaches et la parfaite correction de son costume lui assignaient une place d’élite dans ce monde simiesque, dont le seul mérite consiste à imiter d’ une façon plus ou moins exacte les grimaces solennelles des sapajous de l’ancien régim e. Fatigué de ses dispendieuses conquêtes de trottoir, le secrétaire général de la Société universelle eut un jour la velléité de se faire aimer pour lui-même... En conséquence, il se mit aux trousses d’une mignon ne fleuriste de dix-sept à dix-huit ans, fraîche comme un bouton de rose et jolie à croquer, qui passait chaque jour avec son petit carton ovale devant ses bureaux. L’aimable enfant trottinait menu, les coudes pudiqu ement serrés contre les hanches, et elle regardait si peu, mais si peu à droite et à gauche qu’elle ne tarda pas à remarquer les yeux en boules de loto de l’inflammab le Félix braqués sur elle. En voyant l’effet incandescent qu’il produisait, le descendant des Perchon se mit aussitôt en chasse... Il y eut du tirage. Mademoiselle Nathalie Mouillard était une fille bien élevée et qui voulait rester sage, c’est-à-dire ne jamais prendre qu’un seul amant à la fois... Encore fallait-il que madame Ratplumé, une dame respectabl e chez laquelle elle logeait, eût accordé, après de sérieuses informations, son conse ntement à la chose... Piqué au vif dans son orgueil, M. Félix envoya la t utrice de son ingénue prendre des renseignements sur lui chez son portier, et comme c e dernier célébra les louanges du jeune homme sur tous les tons, l’amoureux secrétair e put un beau jour savourer l’ineffable bonheur d’être le seul propriétaire d’u n puits de vertu... Enivré de sa victoire, Félix proposa à son infante de lui acheter un joli costume, bien simple, pour pouvoir la présenter décemment à ses a mis. Mais mademoiselle Mouillard jeta des cris indignés, et déclara catégo riquement à son amant qu’elle l’aimait pour ses charmes personnels non pour ses c adeaux... Cependant elle consentit à accepter de lui un léger souvenir, représenté par une montre flanquée de sa chaîne, le tout du prix très raisonnable de huit cents francs. Elle voulut bien ensuite qu’il lui payât une petite paru re en cailloux du Rhin « afin qu’on ne la prît pas pour une coureuse dans les théâtres où son amant la conduisait ».
Ce fut tout... pour le moment. Ainsi à la fin du mois, elle ne put décemment renvo yer sans la payer la grande couturière procurée par la Ratplumé, et pour faire face à cette nécessité, elle n’hésita pas à emprunter la bagatelle de vingt-cinq louis à son cher Félix.... Bref ! de notes de couturières en factures de march ands de meubles, le secrétaire de la Société universelle sortit de sa caisse, ou d e celle de l’administration, plus de vingt mille francs en moins de six mois, et cela da ns le seul but de satisfaire les caprices de l’ange qui ne l’aimait que pour lui-mêm e... Une fois dans cette voie, M. Félix monta rapidement les degrés qui le séparaient des viveurs opulents et devint en conséquence un vu lgaire coquin... Deux ans plus tard, le descendant des Perchon était installé avec mademoiselle Nathalie Mouillard, portant fièrement le nom de mad ame Félix, dans un élégant hôtel de la rue de Lisbonne. On avait une maison montée sur le pied d’une dépens e annuelle d’environ Soixante dix mille francs. On recevait des vieux banquiers, des artistes, quelques reporters, deux ou trois cabotins d’une remarquable obscurité, et plusieurs de ces excellents amis dont on a fait connaissance entre deux bouteil les de champagne, mais dont on ignore le nom... Il eût été fort difficile de reconnaître alors, dan s la jolie femme blonde, parée comme une sultane asiatique et trônant au milieu d’une ré union d’hommes bien mis, le petit trottin qui traînait, moins de trois ans auparavant , la jupe élimée de sa robe boueuse dans les ruisseaux... Mais l’or, surtout celui dont on ne peut avouer l’origine, est un si puissant magicien qu’il accomplit les plus invraise mblables prodiges. A ceux qui s’étonnaient de ses dépenses considérabl es, Félix répondait qu’il recevait de riches subsides de son oncle Durieu, un bonhomme plusieurs fois millionnaire, propriétaire et directeur d’une laite rie modèle dont le siége était en Bourgogne. A d’autres, il parlait de ses heureuses opérations financières... Au plus grand nombre de ses prétendus amis enfin, il se bor nait à exhiber son luxe sans prendre la peine de l’expliquer. Pourtant cet homme, si choyé, si adulé, si envié, m enait réellement une existence d’enfer depuis quelque temps. Il n’avait pas d’autr es ressources que ses appointements, et son oncle Durieu, croyant naïveme nt qu’il se livrait à des opérations financières colossales, ne lui avait jamais fait ca deau que d’un fusil de chasse. Le malheureux prenait dans sa caisse, non-seulement tout l’argent nécessaire pour entretenir l’amour désintéressé de la tendre Nathal ie, mais bien encore les sommes importantes qu’il engloutissait à la Bourse dans l’ espoir « de se rattraper d’un seul coup ». Un soir que Félix Perchon donnait à dîner à un baro n authentique mais ruiné, qu’il était parvenu à racoler sur le turf, on vint lui di re qu’une femme de la campagne, accompagnée d’un grand dadais, désirait lui parler à l’instant. Outre le ; baron de Courtepointe, le secrétaire de la Société universelle avait l’honneur de posséder à sa table le gros banquier W ildmer, qui faisait ostensiblement une cour assidue à la belle Nathalie, et madame la marquise de Saint-Galuret, née Gervaise Trompette, bien connue dans les salons int erlopes pour avoir coiffé à la mode du Grand-Cerf les trois maris dont elle se dis ait veuve. Il est inutile d’ajouter que, devant une si haute e t si illustre société, M. et madame Félix, style du Café du Helder, se tenaient fiers e t gourmés comme des paons étalant leur queue.  — Renvoyez ces importuns, je n’y suis pas, dit Fél ix à son valet de chambre
Germain.  — C’est ce que j’ai essayé de faire, mais Louis av ait eu l’imprudence de les informer de la présence de monsieur. — Louis est un sot... il partira demain matin.  — J’attends les derniers ordres de monsieur, repri t le valet de chambre en s’inclinant. — Je ne veux recevoir personne ; allez... En ce moment des éclats de voix accompagnés de trép ignements sur le parquet se firent entendre dans l’antichambre. Félix pâlit de colère et Nathalie se leva pour aller voir ce qui se passait. Mais la porte de la salle à manger s’ouvrit brusque ment, et l’on vit apparaître une grosse femme d’une cinquantaine d’années, portant u n costume de paysanne, qui écarta d’un vigoureux coup de poing dans l’estomac le frêle valet de chambre et fit bruyamment son entrée dans la pièce en s’écriant :  — Attrape ça, bouffi, et surtout ne viens pas me c hercher pour te coller un emplâtre... Cette bonne femme était suivie de près par un grand garçon d’une vingtaine d’années, à la tournure campagnarde, fagoté dans se s vêtements trop courts et trop étroits comme un paquet de chiendent mal ficelé.  — Que signifie ce scandale ? s’écria d’un ton indi gné le secrétaire de la Société universelle en se levant. de table. — Jour de Dieu ! je le reconnais... C’est ben lui avec son petit t’ haricot au coin du nez... Allons, mon gros, viens bécoter c’te vieille tante Niquet, qui t’a si souvent essuyé le musiau quand t’étais morveux ! dit la gro sse femme en tendant les bras à M. Félix... Mais ce dernier, plongé dans une véritable prostrat ion par cette visite tout à fait inattendue, fit instinctivement deux ou trois pas e n arrière pour éviter l’accolade en murmurant : — Je ne vous connais pas...  — Quéque tu dis, garçon ; tu ne me connais pas ? A h ! la bonne farce, mais regarde-moi donc bien... Je suis pas encore si déje tée que ça... Tiens, v’là Prosper, ton cousin, qu’allait toujours le dénicher des griv es quand tu venais aux vacances... Dame ! il a grandi... mais c’est tout cœur, n’y a p as d’affront à l’avouer pour son parent, va... et puis lui aussi est un savant... Vo yons, donne-z’y la main... — Cette scène est parfaitement ridicule, dit Natha lie en se plaçant entre Félix et la bonne femme. Vous voyez bien que vous faites erreur ... Sortez d’ici et allez à la cuisine, on vous y donnera un verre de vin et un mo rceau de pain comme à tous les pauvres qui se présentent à l’hôtel..  — Vous êtes réellement bien généreuse, madame, dit le jeune Prosper en s’inclinant.  — De quoi se mêle-t-elle c’te chipie ? répliqua la mère Niquet en toisant madame Félix avec dédain.  — Si vous avez besoin de ma protection pour entrer en place, reprit Nathalie en s’adressant au grand garçon qu’elle supposait influ encé par ses airs majestueux, je vous remettrai un mot pour mon amie, la petite comtesse de Las Panadas.  — Impossible d’accepter, madame, repartit Prosper ; je chasse parfois les grues, mais je n’ai pas l’habitude de les servir. Nathalie se mordit les lèvres jusqu’au sang. tandis que le baron de Courtepointe, le banquier Wildmer et madame de Saint-Galurel savoura ient ce hors-d’œuvre imprévu,
en riant discrètement dans leurs serviettes. Tout à coup Félix s’avança résolûment vers les intr us et dit à Germain en les désignant du bout du doigt : — Jetez ça dehors, tout de suite, ou ce soir je fa is maison nette... — Oui-dà ! s’écria la mère Niquet, qui saisit une bouteille de vin du Rhin placée sur la crédence ; eh ben ! qu’un de ces pointus ose me toucher, et foi de femme Niquet, je lui écrabouille la frimousse !...  — En voilà assez, maman, retirons-nous, dit le gra nd garçon à la bonne femme ; nous nous déshonorons en restant plus longtemps dan s un tel lieu.  — T’as raison, petit. D’après ce qu’on nous avait dit sur cet oiseau-là, nous n’aurions pas dû y mettre les pieds ; mais je ne po uvais croire à tant de gredinerie. — Maman... — Encore une minute... Avant de sortir, je veux fa ire connaître à ces messieurs et à ces madames, parlant par respect, chez quel joli co co y sont... — Comment, maroufles, c’est ainsi que vous m’obéis sez ! dit Félix à ses valets. Ceux-ci firent alors un pas en avant pour s’approch er de la mère Niquet. Mais la bonne femme, le dos à la muraille, brandit sa longu e bouteille d’un air tout à fait belliqueux en s’écriant : — Le premier clampin qui approche, je le mouche... Puis le grand garçon se plaça auprès d’elle en serrant son gros bâton d’épine et il ajouta : — Malheur à celui qui portera la main sur ma mère ! Les valets, peu désireux d’engager une lutte dans l aquelle ils craignaient de faire une assez triste figure, ne jugèrent pas à propos d e pousser plus loin l’aventure. Alors le baron de Courtepointe, homme de science et de bo n conseil, suivant l’expression de la marquise de Saint-Galuret, dit à M. Félix Perchon : — Pourquoi n’envoyez-vous pas chercher la garde ?  — Ça me va, répliqua la mère Niquet ; tant plus qu ’il y aura de chrétiens pour entendre les vérités que je vas dégoiser à ce poric hinelle-là, tant plus qu’on s’amusera... Le malheureux secrétaire de la Société universelle était à la torture. Il regrettait amèrement de n’avoir pas employé tout d’abord des p rocédés de conciliation envers la tante Niquet, ce qui lui eût été on ne peut plus facile ; d’un autre côté, il comprenait qu’il lui était impossible d’avoir recours à la force publique pour expulser ses parents. Nathalie, subitement intimidée par le ton et les re gards de Prosper, gardait un prudent silence. — C’est donc pour vous dire, mes bons messieurs et mes bonnes madames, reprit la mère Niquet avec assurance, que c’te figure de p apier mâché, qu’a l’air de tourner de l’œil comme un véron pris dans n’un filet, est l e propre enfant de mon frère Perchon, ce qui fait, n’est-ce pas, que je suis ben sa tante... Figurez-vous, mes braves gens, que le père et la mère Perchon ont vendu jusq u’à leurs petits boyaux pour faire donner de l’inducation à ce beau merle... Leu maiso n, leux pauvres lopins de terre et jusqu’à leu mobilier, tout y a passé... Même que j’ ai aussi vendu un champ, provenant de l’héritage du grand papa de Prosper que v’là, po ur l’argent de ses classes, soit dit sans reproche. Eh ben ! savez-vous ce qu’il a fait, ce gueux, ce chenapan, ce filou... oui, filou, t’as beau me tirer des coups de pistole t avec tes yeux, tu ne m’empêcheras pas de parler... Il a laissé crever son pauvre père et sa pauvre mère sans prendre un jour pour venir les voir, et sans z’y envoyer une s eule centime, lui qui faisait ici noce et bombance avec des garces, sans vous offenser, madam e ; et si j’avais pas été là avec le petit, mon pauvre frère Perchon et sa digne femme, la grande Gertrude,
auraient péri de misère sur un fumier... C’est-y do nc là une conduite honnête, je vous le demande ? Heureusement que tous les gas ne resse mblent pas à ce pierrot... V’là Prosper, mon garçon, qu’en a reçu aussi de l’induca tion, même qui vient d’être reçu, comment qui disent, canotier, batelier, enfin n’imp orte. Il a de ça de lui, et il ne renoncera jamais ses parents... Jour de Dieu ! que j’ai été bête quand j’ai eu l’idée de l’amener dans c’te baraque pour y chercher des prot ections... Je devais bien penser... Enfin on ne sait jamais, n’est-ce pas, mes bonnes g ens... Pour en finir, écoute ceci, Félix, c’est ta vieille bête de tante qui te le dit : T’as été mauvais fils, sans cœur ni entrailles pour tes pauvres parents ; tu méconnais ta tante, la propre sœur de ton père ; tu repousses ton cousin qui vaut cent mille fois mieux dans son petit doigt que toi dans tout ton corps ; tu fais danser les écus a vec des guenuches, toujours sans vous offenser, la brunette ; eh bien ! tu n’es pas digne de la société des honnêtes gens, et si j’étais à la place de ces messieurs et de ces madames, qu’ont des habits bien braves et qui n’ont pas l’air de voleurs, je m e lèverais de table et je m’ensauverais en te méprisant comme tu le mérites.. . Adieu, nous ne sommes plus tes parents et tu n’entendras jamais par 1er de nou s... La digne femme essuya les larmes qui avaient fini p ar lui remplir les yeux et elle sortit, appuyée sur le bras de son fils...  — Allons, très cher, oubliez cette petite bourrasq ue, dit le baron à Félix après le départ de la mère Niquet ; nous savons tous que les explications de famille manquent de gaieté... Un verre de champagne et il n’y paraîtra plus...  — Que ce toast ramène les ris sur vos lèvres charm antes, dit galamment le banquier à Nathalie ; vous avez bien pris trop à cœ ur les grossièretés de ce rustre...  — Moi je trouve qu’il ne manque pas d’un certain g albe, répliqua la Saint-Galuret ; quand il sera lavé, peigné, habillé et déniaisé, il en vaudra bien un autre...  — Vous êtes compétente en la matière, belle dame, dit Wildmer ; aussi ne fait-on pas appel de votre décision... Au bout de quelques instants, Félix et Nathalie par vinrent à maîtriser les poignantes émotions causées par la scène précédente, et ils re prirent assez de sang-froid pour continuer la conversation fastidieuse à laquelle il s se livraient avant l’arrivée de la tante et du cousin Niquet. A dix heures, l’hôtel était brillamment éclairé, et bientôt une foule bigarrée, dans laquelle les princes de la haute gomme et les étoil es de la cocotterie dominaient, se pressa dans les salons. On tirait ce soir-là-chez M . Félix Perchon une tombola organisée au profit de mademoiselle Tata Pincette, ancienne camarade d’atelier de Nathalie, qui était tombée dans la misère après la fuite de son amant, directeur d’une « grande entreprise industrielle ».