La douceur du lin

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156 pages
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Description

Le roman historique La douceur du lin est un éloge aux gens ordinaires, pions extraordinaires sur l’échiquier de l’Histoire.
 
Rejeté par la famille bourgeoise de sa bien-aimée et désemparé par ses maigres perspectives d’avenir en Normandie, Nicolas s’embarque pour la Nouvelle-France en 1649 avec l’espoir d’une vie meilleure. Dans la même traversée, la jeune Marguerite, fascinée par le Nouveau Monde après avoir lu les cahiers de voyages de Samuel de Champlain, fuit un milieu familial difficile. Engagée à titre de gouvernante, elle s’occupera d’Ignace, un enfant qu’elle aimera toute sa vie comme s’il était le sien.
 
Au fil des événements qui ont marqué la Nouvelle-France du XVIIe siècle, suivez le parcours d’un pionnier au grand cœur qui défriche terre après terre en s’inspirant de l’agriculture et des valeurs du peuple huron. Il développe la culture du lin comme il l’a appris en Normandie, avec un seul but en tête : laisser un patrimoine agricole à ses enfants. La douceur du lin fait l’éloge du courage, de la détermination et de la résilience des premiers habitants de la Nouvelle-France, le tout sur fond de tensions, mais aussi et surtout de partage entre nations. 
Pour la version papier, voir :
http://www.abcdeledition.com/livre-detail/livre-72.html

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Date de parution 19 mai 2016
Nombre de visites sur la page 9
EAN13 9782922952759
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Jacquie Patenaude, auteure jacquie.pat@videotron.ca
L’ABC de l’édition Rouyn-Noranda (Québec)
www.abcdeledition.com
info@abcdeledition.com
Conception graphique de la couverture : Design graphique : equipelebleu.com Mise en page : Ovalta Multimédia Révision : Nathalie Thériault
e Dépôt légal : 2 trimestre 2016 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada
L’ABC de l’édition Jacquie Patenaude Copyright © 2016. Tous droits de reproduction réservés.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Patenaude, Jacquie, 1946-La douceur du lin Comprend un index.
ISBN 978-2-922952-73-5
ISBN PDF 978-2-922952-74-2
ISBN Epub et Mobi 978-2-922952-75-9
I. Titre.
PS8631.A829D68 2016 C843’.6 C2016-940430-7 PS9631.A829D68 2016
À la mémoire de mon père Alphonse
Note de l’auteure
La trame de ce roman a été inspirée par des évènements historiques documentés et des données généalogiques existantes. Toutefois, les actes et les propos demeurent le fruit de mon imagination, et ce, même si la plupart des personnages ont réellement existé.
Préface
Au cours de l’hiver 2003, j’ai un jour découvert de s fiches sur les pionniers âtisseurs au Musée de l’Amérique francophone de Qu éec. Je savais vaguement que mon ancêtre était un pionnier de l’île d’Orléan s. Je retirai la fiche de Nicolas Patenostre et mon cœur fit un ond. Nicolas est déc édé au même âge que mon père, le même jour du même mois. Ce fut le déut d’une longue recherche. Après une formation en généalogie, j’ai remonté la lignée des Patenaude jusqu’à Nicolas. Sur le We, j’ai trouvé des informations s ur les personnes qu’il a inévitalement côtoyées, ainsi qu’un site sur les  ateaux qui faisaient la traversée, sur leurs commandants et passagers. Grâce aux texte sRelations des Jésuites,j’ai e découvert les évènements survenus en Nouvelle-Franc e au XVII siècle et pu en apprendre davantage sur le mode de vie qui prévalait à cette époque. Avec l’aide de Gilles, un cousin aujourd’hui décédé , j’ai pris contact avec Gérard Patenaude, d’Augusta au Maine, disparu lui aussi du rant la rédaction de ce livre. Ce prêtre m’a généreusement offert le fruit de ses recherches, lesquelles ont alimenté mon histoire. Je me suis rendue à Berville-en Caux, puis à Doudev ille en Normandie où j’y ai rencontré des gens dont le visage, je l’aurais juré, était connu. J’ai visité Wendake et je me suis imprégnée de la c ulture huronne. Michel Gros-Louis, linguiste Huron-Wendat, m’a suggéré des noms pour les personnages amérindiens fictifs et quelques notions de vie dans la triu. Tandis que les morceaux du casse-tête s’imriquaien t les uns dans les autres, e j’étais transportée en Nouvelle-France au XVII siècle. Les personnages m’haitaient et au fur et à mesure que Nicolas me r acontait sa vie, ses aspirations et ses désirs tout comme ses joies et ses peines, l es mots s’alignaient dans mon cœur alors que l’histoire prenait forme. En choisissant de rester en Nouvelle-France et de f onder une famille, Nicolas n’avait qu’un ojectif : âtir et défricher la terr e pour laisser un riche patrimoine à ses enfants. Pour savoir ce qu’il m’a raconté, je vous invite à me suivre…
Jacquie Patenaude
1 Le grand départ
Mai 1649 Depuis quatre jours, un épais brouillard paralyse le port de La Rochelle. Retenus prisonniers, les bateaux en partance pour l’Anglete rre, les Antilles ou la Nouvelle-France font grincer leur coque en se balançant cont re les quais. Les équipages complètent le chargement des navires pour être prêts à lever l’ancre dès que les vents seront favorables, tandis que les marins du G rand Cardinal s’affairent à arrimer la cargaison du bateau qui prendra la route de la Nouvelle-France. 1 Histoire de s’occuper en attendant le départ, les e ngagés sous contrat avec la C5mmunauté des Habitants prêtent er,main forte à l’équipage. Nicolas, le drapi s’assure que les ballots de tissu qu’il a choisis avec soin soient solidement attachés et protégés de l’humidité. Le matelot qui le superv ise s’impatiente : — Hé le drapier ! T’as bientôt fini qu’on s’en aille ? — T’es ben pressé, torrieu ! répond Nicolas agacé. Il comprend que les marins ont hâte de rejoindre la taverne et quelques belles filles à la poitrine généreuse, mais il tient de son côté à s’acquitter adéquatement de sa tâche. Il en va de sa réputation. Nicolas Patenostre vient de s’engager pour trois an s. Il travaillera pour Charles Sevestre, au magasin de Québec. Comme tous les autr es engagés, il aura le choix de s’établir en Nouvelle-France ou de rentrer au pa ys, une fois son contrat terminé. Mais quelque chose lui dit qu’il ne reviendra pas c ar il n’a définitivement plus rien à faire en France. Lorsque les marins barrent enfin les portes de la s oute, Nicolas prend la direction de l’Auberge du Soleil Levant. C’est là qu’il est hébergé avec d’autres engagés. Il y a Guillaume Benassis, le maçon qui retourne en Nouv elle-France, Nicolas Petit dit Lapré qui vient de signer un contrat comme laboureu r chez Guillaume Couillard et le jeune Toussaint Giroux qui se dit tisserand, tout comme son père. Avec eux loge un curieux personnage à la chevelure noire portant une longue barbe non taillée et affublé d’un chapeau de cerf. Trappeur et vivant de la vente de ses fourrures, Médard Chouart dit Des Groseillers e st venu en France chercher du financement pour ses explorations. Nicolas rêve en écoutant les récits de l’homme des bois. Il n’arrive pas à croire qu’il s’embarquera bientôt pour le Nouveau Monde. Il revoit l’homme au chapeau garni d’une longue plu me s’approcher de son étalage l’hiver dernier, à la foire aux toiles de R ouen. En tâtant chaque pièce de drap, il lui avait dit avec une pointe d’ironie dans la voix : — De toute évidence, Maître Dubord peut fabriquer d es tissus de qualité quand il s’en donne la peine ! Relevant la tête, il avait ajouté : — Mes salutations monsieur. Je suis Jean-Paul Godef roy, représentant de la C5mmunauté des Habitants. Nicolas avait reconnu l’homme qui était passé la ve ille à l’atelier rendre visite au propriétaire. La maison Dubord avait une entente av ec Charles Sevestre et devait
fournir au magasin de Québec des tissus servant à la fabrication des capes et des paletots de laine pour les habitants du Nouveau Monde. Après avoir fait le tour des étals, Godefroy était revenu vers Nicolas et lui avait proposé une rencontre. Plus tard, attablés devant des bières brunes et des assiettes fumantes à la taverne Chez Mathilde, Jean-Paul Godefroy lui avait expliqué : — Maître Dubord est depuis trois ans sous contrat a vec le Magasin Royal de Nouvelle-France pour la production d’un tissu robus te et chaud pouvant résister aux durs hivers canadiens. Toutefois, les clients de Québec se plaignent de plus en plus de la mauvaise qualité du tissu. Nicolas se rappelait avoir demandé à son patron pou rquoi il devait accélérer le travail et sauter des étapes lorsqu’il produisait les pièces de tissu pour la Nouvelle-France. Dubord avait alors répondu cyniquement : « C’est sans importance. Ces colons seront revenus ou morts de froid avant que la fibre ne soit usée. » — J’ai choisi de ne pas renouveler le contrat de ce t irresponsable, avait repris Godefroy, et je cherche quelqu’un pour travailler a u Magasin de Québec. Je veux une personne connaissant les tissus et qui peut me conseiller pour mes négociations. Seriez-vous intéressé à venir en Nouv elle-France ? À Rouen, la vie était difficile comme partout aille urs en France. Le lourd fardeau des taxes royales pesait de plus en plus sur la pop ulation. Les jeunes 2 compagnons ignoraient quand ils pourraient avoir pignon sur r ue et Nicolas conservait quant à lui peu d’espoir de s’afficher un jour comme maître drapier. Sans femme ni enfant et n’ayant pour toute famille qu’un oncle et une tante qui l’avaient accueilli après le décès de ses parents, plus rien ne le rattachait à la France. Le jeune drapier hésita à peine avant d’accepter la proposition de Godefroy.
* * * À l’auberge, la discussion va bon train. Les marins ont aperçu d’étranges personnages rôder autour du navire de trois cent to nneaux. L’équipage et les passagers du Grand Cardinal sont inquiets et ils ve ulent en avoir le cœur net. Des Groseillers prend les choses en main et recrute quatre engagés pour faire le guet. Nicolas se porte volontaire. À la nuit tombante, vêtus de capes de toile pour se préserver du crachin, les guetteurs se hissent sur le pont. Chacun connaît le plan d’attaque. Ils se cachent sous les chaloupes face à la porte menant aux cales et attendent. Des Groseillers est le seul armé d’une épée, les autres n’ayant que des bâtons et des couteaux. Soudain, du bruit à tribord. La tête couverte d’un foulard, un homme grimpe sur le pont suivi par deux complices aux allures de gamins . Les malfaiteurs allument une lampe et se dirigent à pas de loup vers les cales. Au moment où ils tentent de soulever la trappe, Des Groseillers lance un cri de guerre, à la manière des Sauvages du Canada, et s’avance avec deux de ses co mpagnons en brandissant son épée dans les airs. Surpris, les voleurs tentent de s’échapper. Des Gro seillers en saisit un par le collet et le menace de son épée. D’un coup de pied, le malfrat se dégage et rejoint ses comparses. Nicolas et Guillaume se faufilent pa r derrière et assènent des coups de bâton sur le crâne des bandits et réussiss ent à en maîtriser deux. Plus chanceux, le dernier déguerpit à toute vitesse en s autant du bateau. Les voleurs sont ensuite ligotés et livrés à la milice du port qui les jette en prison sans ménagement. Le chef de la milice, un homme au dos voûté et aux cheveux
grisonnants, gribouille quelques notes dans un grand livre tout jauni en maugréant : — C’est pareil à chaque départ des grands navires. Il y a toujours des malfaisants qui cherchent à voler les biens mis en cale par les armateurs. Faut pas chercher très loin, les jeunes n’ont pas de travail ! Après avoir enregistré les informations, il referme le grand livre poussiéreux d’un coup sec. — Ils pourraient s’engager dans la milice comme nou s. Au moins, ils recevraient une solde et pourraient manger à leur faim ! s’exclame-t-il avec lassitude. Nicolas réalise à quel point la misère de La Rochelle ressemble à celle de Rouen. C’est clair. Le manque de travail engendre pauvreté et désesp5ir, constate-t-il.Je ne sais pas ce qui m’attend de l’autre côté de l’5c éan, mais je préfère tenter ma chance là-bas plutôt que de viv5ter ici. Le jeune homme est persuadé qu’avec du cœur au vent re, il parviendra à se tailler une place dans ce nouveau pays.
* * * Depuis son arrivée à La Rochelle, Marguerite Le Bre ton passe tout son temps avec le petit Ignace. Elle a accepté de suivre Mari e Favery, veuve Le Gardeur De Repentigny, jusqu’en Nouvelle-France pour prendr e soin de son enfant. En prévision du départ, Marie lui enseigne comment survivre à une traversée. Ce matin, la leçon porte sur la prévention des épidémi es. Avec la promiscuité inévitable des longs mois de confinement, la veuve recommande d’éviter le plus possible de côtoyer les autres passagers pour préve nir la contamination. Depuis la mort de son époux, victime de la typhoïde, elle cra int davantage le risque d’épidémies en mer.
* * * À l’automne 1647, pour la première fois depuis leur arrivée en Nouvelle-France, Marie Favery revenait en terre natale avec son mari , Pierre Le Gardeur De Repentigny, amiral de la flotte de laC5mmunauté des Habitants. Chaque année, le navigateur effectuait le voyage entre Qué bec et la France apportant à l’aller le bois et les fourrures tant prisées par la bourgeoisie et ramenant au retour les nouveaux engagés et les biens nécessaires à la colonie. Au printemps 1648, alors enceinte, Marie fut dans l’incapacité de reve nir avec lui à bord du Grand Cardinal. La traversée aurait été trop périlleuse p our une femme à quelques mois de l’accouchement. Hébergée à La Rochelle chez des amis, elle avait attendu le retour de son époux, en vain.
La jeune Marguerite apprécie chaque jour davantage la veuve De Repentigny. Elle aime cette femme organisée et qui fait face à toutes situations avec calme et confiance. Un voile de culpabilité assombrit son cœ ur chaque fois qu’elle la compare à sa propre mère. La jeune fille avait quitté sa famille en songeant qu’elle ne reviendrait plus en France. Elle avait rêvé si longtemps du Nouveau Mon de ! À force de lire et relire Les V5yages en N5uvelle-France Occidentale dite Can ada, le récit des aventures du grand explorateur Samuel de Champlain, elle a même l’impression d’y avoir déjà vécu.
* * *
Lesoleilselèvedanstoutesasplendeursurcema tindemai,enflammantd’ocre