//img.uscri.be/pth/0cca2d615823eaff284f41a2e08880b257800433
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - MOBI - PDF

sans DRM

La Genèse

De
104 pages

Michel Popowicz fait preuve d'une imagination foisonnante pour composer ce récit légendaire des origines. Une créature mythique, le Père Dragon, détient l'anneau magique qui contient le monde et donne à son possesseur le pouvoir de l'anéantir. Lorsqu'il va demander le soutien des seigneurs qui se partagent les territoires du monde, ni les barbares, ni les dieux, ni les hommes, ne veulent être son allié pour combattre le mal. Il se tourne alors vers les Khôl, des mercenaires valeureux, dont Paramont, un de leurs chefs, accepte de garder précieusement l'anneau. Mais celui-ci ne parvient pas à faire respecter les accords de paix et meurt dans le chaos de « la très grande guerre » ce qui provoque le trou noir tant redouté. Dans le nouveau royaume qui surgit du néant, le Seigneur O s'entoure d'une vaillante équipe de dieux pour rétablir le règne du bien. Espalier, Anon et Zulia sont envoyés sur la Terre, « la planète de toutes les expériences », pour y créer la vie et les différentes espèces animales et végétales. Le lecteur se laissera volontiers entraîner dans cet univers fantastique régi par des forces surnaturelles et divines.


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-23111-4

 

© Edilivre, 2016

Prologue

L’ancien royaume

Le monde

En des temps reculés dont nul ne se souvient, les terres du royaume étaient vastes et peu peuplées par les races. Les domaines des seigneurs pouvaient être aussi grands qu’un continent.

Les occupants de ce monde étaient des barbares, et leurs lois, féodales. Les seigneurs, dirigeants des territoires étaient au nombre de quatre : Paramont le khôl, au nord, Galadu l’humain, au centre, Baran le barbare, au sud et Cassus, un dieu polymorphe, à l’ouest.

D’autres créatures existaient dont les dragons, créatures intelligentes de ce monde qui avaient pour roi, Père Dragon. Le plus ancien des anciens fut nommé gardien du royaume, porteur du O. Le O, cet anneau — symbolique — était le sceau de ce monde, la matière, les couches physiques, telles que les forces de cohésion des atomes, la lumière… partait de lui. Son porteur pouvait, par sa volonté, tout faire disparaître par une contraction et reconstruire un nouveau monde. Nul ne sait quand cet anneau si puissant apparut, mais tous savaient que leur existence même en dépendait. Père Dragon le reçut d’un dieu mourant, Azorai, qui lui confia le sceau, preuve de sa grande sagesse. Leur territoire s’étendait dans tout le royaume, en haut des montagnes. Ils étaient les gardiens du royaume, ils pouvaient surveiller le monde.

Très jeune, Père Dragon fut appelé par Azorai dans les cieux, un autre univers, son royaume qu’il avait bâti. Azorai, très vieux, lui dit :

— Père Dragon, ma vie arrive à sa fin, j’ai vu trop de batailles, le chaos. Baran ou un autre finira par régner. Les dragons ne pourront pas lutter seuls… Je te confie ce que j’ai créé, un anneau détenteur de ce monde et des univers. Porte-le. Si le chaos vient à régner sur ces terres, alors, d’une contraction profonde, tout s’effacera et tu pourras reconstruire un monde de paix. Celui-là, je ne peux l’effacer car mes forces me quittent, mais toi, tu as la vigueur, la force pour tout reconstruire. Cet anneau est si puissant qu’il faut confier sa moitié à un homme valeureux et honnête, et tous les deux, vous serez les garants de l’ordre et du bien. Trouve-le pour l’équilibre de ce monde.

— Je vous remercie de votre confiance et je chercherai un allié en qui j’ai confiance, répondit Père Dragon.

Il lui remit l’anneau à l’annulaire gauche de sa patte, lui murmura une phrase dans son oreille et le quitta.

Azorai mourut peu de temps après cela. Son épouse, Krisna, une déesse de guerre prit en charge le domaine et continua l’œuvre de son défunt époux : préserver le monde du chaos et l’équilibre des forces. Le corps d’Azorai disparut peu de temps après sa mort, laissant tout le monde dans le doute, et partit peut-être vers d’autres dimensions. Son épouse fut discrète sur ce point. Certains pensèrent qu’il s’était retiré dans une autre dimension. Azorai fut un des créateurs de ce monde, le dernier gardien de l’équilibre des forces, l’ordre et le chaos.

Père Dragon devait trouver un allié de confiance dans ce monde de barbares. Il décida d’aller voir les seigneurs des territoires et leur posa à tous cette question :

— Qui sera l’allié des dragons et quelles sont vos valeurs ?

— Allié des dragons ! Vous n’êtes que des créatures mythiques, avec nos arbalètes, vous n’êtes rien. Nous, les barbares n’assurons aucune protection à des êtres ailés. Nous défendons nos terres et nous régnerons un jour sur ce monde, s’exclama Baran.

— Nous recevons votre requête, nous allons l’étudier mais, même si nous partageons vos valeurs, les nôtres sont un peu différentes. Nous sommes pour l’équilibre du royaume, nous ne sommes pas des protecteurs voire des justiciers. Je ne pense pas que nous pouvons faire alliance avec vous, j’en suis désolé, répondit poliment Galadu, assis sur son trône.

— Une alliance ! Nous sommes des dieux, pas des guerriers ! Comment combattre le mal alors que nous n’avons pas d’armée ! C’est à vous de nous protéger ! Voyez les khôls, ce sont des barbares mais aussi des protecteurs, ils ont toujours été loyaux dans leur contrat. Ils sont coûteux mais leur protection est efficace, lui dit Cassus de sa voix de stentor.

Père Dragon fut déçu de ces entretiens. Il partit dans sa montagne et réfléchit avec les siens : les khôls pouvaient-ils être de loyaux alliés et leurs valeurs rejoignaient-elles les leurs ? Il hésitait car les khôls n’étaient que des mercenaires qui, pour un peu d’or, protégeaient ou attaquaient quiconque. Père Dragon rassembla son conseil et, à l’issue d’un vote rassemblant sept voix contre cinq, partit avec le plus ancien, voir Paramont, le premier des seigneurs khôls.

Le voyage fut long, car il fallait traverser la mer. Ils prirent repos chez les dieux dans les cieux sur des terres fertiles au-dessus des nuages. Profitant de ces haltes pour se rafraîchir, Père Dragon demanda des informations sur les khôls.

Tous lui expliquèrent que les khôls n’étaient que des mercenaires mais loyaux dans leur contrat.

Ils finirent par arriver au château de Paramont. Celui-ci les accueillit dans son domaine, leur proposa de se reposer avant d’avoir un entretien. Les dragons acceptèrent et en profitèrent pour voir le territoire, de quelle façon vivaient les gens, les différents domaines et le système de caste. Ils eurent une bonne impression de tout cela. C’est avec l’esprit apaisé qu’ils furent accueillis par le seigneur à l’extérieur dans le jardin. Paramont, de carrure imposante, ses longs cheveux gris flottant dans le vent, prit la parole, en présence de son épouse, Guira :

— Père Dragon et votre respectueux ancien, je vous remercie de votre visite. Après un si long voyage, j’espère que vous vous êtes bien reposés. J’écoute votre requête.

— Ô seigneur Paramont, nous cherchons un allié pour défendre nos valeurs et ceux du royaume. Nous en avons besoin car seuls devant le chaos, nous ne pourrons pas empêcher le mal de gagner. Azorai est mort…

— Azorai, mort ? interrompit Paramont, désolé, continuez.

— Oui, triste nouvelle. Il m’a chargé de trouver un allié pour combattre le mal. Nous avons été agréablement surpris par vos domaines et votre système de caste. Cela semble correspondre à ce que nous cherchons. Mais nous ne pouvons pas vous payer, nous n’avons point d’or, nous proposons une alliance dans l’honneur.

— Bien, une alliance, dites-vous, passant sa main dans ses cheveux. Il réfléchit pendant un instant et répondit : le mal est loin de nous, sur l’autre continent. Même si des khôls s’y trouvent, ils ne seront pas assez nombreux si on vous attaque ou que le chaos surgit. Nous allons réfléchir à votre requête et réunir le conseil. Vous pouvez rester, cela prendra peu de temps.

— Merci, ô seigneur Paramont, merci de votre hospitalité, répondit l’ancien.

Pendant que les dragons visitaient les domaines, les khôls firent leur réunion. Paramont expliqua alors la requête des dragons aux autres seigneurs et chevaliers. La salle était pleine :

— S’ils veulent une alliance, il faut qu’ils payent. Nous sommes des khôls, pas des mécènes ! cria un chevalier.

— Nous aideront-ils à leur tour ? Cela peut être intéressant de les avoir comme alliés pour les batailles ! dit un autre.

— Le mal ne nous concerne pas tant qu’il ne nous menace pas. Cette alliance présage de grandes guerres, il faut nous y préparer, répondit un seigneur.

Paramont écouta chaque requête et prit la parole :

— L’alliance avec les dragons ne peut être néfaste pour nous. Nous sommes trop isolés dans ce monde. Cette aide est bénéfique à chacun d’entre nous. Si le mal gagne, tout seuls nous perdrons nos territoires car nous serons impuissants devant cette montée. Que les chevaliers votent en premier, puis les seigneurs.

Les chevaliers votèrent pour cette alliance à la grande majorité ; les seigneurs furent plus circonspects, deux se gardèrent un droit de réserve mais l’unanimité fut faite. Beaucoup voulurent voir les dragons, donc une cérémonie avec un banquet fut organisée. Même les hordes, armées des chevaliers et seigneurs, eurent droit à un repas servi à l’écart.

Père Dragon et l’ancien firent un discours de fraternité et de remerciement. Cependant, ils exclurent leur aide pour les contrats, seulement contre le mal. Paramont apprécia mais certains chevaliers furent déçus. Des messagers partirent apporter la nouvelle dans tout le royaume et sur tous les continents : les dragons alliés des khôls.

Père Dragon, suspicieux, préféra ne pas encore parler de l’anneau qu’il devait remettre. Il reporta cela à plus tard, attendant d’être rassuré sur son choix.

Le peuple khôl

Peuple valeureux, ayant toujours existé, qui immigra vers le nord, pour des terres plus fertiles et vastes. L’argent était secondaire dans leur vie de tous les jours. Le troc avait plus d’importance. Les terres étaient divisées en royaumes, occupés par le seigneur, répartis entre ses chevaliers qui avaient droit à un domaine, une armée et la horde. C’était un système féodal basé sur l’honneur et la valeur au combat.

Il était possible de se hisser de la horde jusqu’au rang de seigneur. Il fallait être très valeureux, bon guerrier et d’un autre côté, protégé par son dieu. Un des seigneurs qui se hissa fut Paramont. Voici son histoire…

Il y a très longtemps, Paramont était second de la horde d’un chevalier. Son maître avait pour principal contrat de protéger un seigneur. Celui-ci était souvent attaqué et avait engagé ce khôl pour renforcer son armée. Lors d’une bataille avec des barbares, le premier de la horde faiblit au combat, transpercé par une flèche. Le chevalier était en première ligne, il se retrouva en face du chef barbare. Après échange de coups d’épée et de hache, un autre barbare apparut avec une hallebarde prête à le transpercer. C’est alors que Paramont surgit par le flanc gauche, coupant la main du barbare, qui lâcha son arme et dans son élan, en pivotant sur le corps, trancha la tête du chef. Le chevalier planta son épée et tous les deux combattirent côte à côte jusqu’à la fin de la bataille. Il organisa une cérémonie pour nommer ce valeureux en premier de la horde et lui donna un nom : Paramont.

Sa carrure était impressionnante, du haut de ses deux mètres dix il pouvait, à grandes enjambées, aller très vite par-delà les monts.

En tant que premier de la horde, il réorganisa l’armée, entraîna les soldats et leur apprit de nouvelles tactiques. Il partit explorer les terres afin d’en tirer parti lors d’une bataille. D’autres attaques eurent lieu. Le premier de la horde au côté de son chevalier était vraiment efficace, tuant deux voire trois ennemis en même temps. Sa dextérité et son intelligence séduisirent son maître, mais celui-ci n’avait point de terre à lui offrir pour le nommer chevalier. Il lui promit de raconter ses faits d’arme au seigneur qui jugerait quelle promotion lui donner.

Le contrat fini, ils retournèrent sur leur terre, retrouver femme et enfant. Son chevalier tient parole, il raconta au seigneur les batailles, comment Paramont lui sauva la vie, sa discipline, sa bravoure…

— Quel guerrier exemplaire, convoque-le ici, dans mon château, je veux le voir avant de lui accorder une récompense pour ces faits d’arme.

— Amène-nous le, je veux également voir ton premier de la horde, dit un dieu khôl, Ara.

Paramont accompagné de son chevalier allèrent voir leur seigneur. Celui-ci avait organisé un tournoi avec des armes en bois. Il mit au défi Paramont contre ses meilleurs soldats. Son agilité et sa connaissance firent qu’il gagna les combats. À la fin de la journée, le seigneur se leva et prit une perche, monta sur son cheval et dit :

— Qu’on lui donne une monture, nous allons voir ce qu’il vaut hors de terre.

Paramont s’exécuta. Il se sentait mal à l’aise, c’était la première fois qu’il était sur une monture. Discrètement, Ara s’approcha de lui en riant très fort et lui dit dans l’oreille :

— Tu me plais, juste une petite aide, en lui donnant un coup de son bâton runique.

Paramont se sentant d’un coup à l’aise sur sa selle, le duel commença. Les perches tendues, les montures partirent au galop. Avec adresse, il planta sa perche dans l’estomac du seigneur qui visa plus en haut de l’épaule gauche. Ils tombèrent alors à terre. Le seigneur se mit à rire et proclama l’égalité du combat. Paramont...