La Paix - Aristophane

La Paix - Aristophane

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128 pages

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Ajouté le 01 janvier 2002
Nombre de lectures 135
EAN13 9782749523958
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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SOMMAIRE
1 - REPÈRES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7
1 - LE THÉÂTRE GREC. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7 Généralités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7 Les conditions de la représentation. . . . . . . . . . .11 La comédie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .17
2 - LE CONTEXTE HISTORIQUE. . . . . . . . . . . . . .21 Les débuts de la guerre du Péloponnèse (431-421). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21 e La réalité de la guerre auVsiècle. . . . . . . . . . . .23
3 - ARISTOPHANE, VIE ET ŒUVRE. . . . . . . . . . .
25
2 - ÉTUDE DU TEXTE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .33 1 - RÉSUMÉ DE LA PIÈCE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .33
2 - LA STRUCTURE DE LA COMÉDIE. . . . . . . . .37 La forme canonique de la comédie. . . . . . . . . . . .37 Structure dela Paix. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .39 Commentaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .44
3 - LES PERSONNAGES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50 Lavendange. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50 Le chœur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .57 Les dieux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .61
4 - LA LANGUE D’ARISTOPHANE. . . . . . . . . . . . .64 La versification. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .64 Les différents niveaux de langue. . . . . . . . . . . . . .66 La métaphore. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .67 Les créations verbales. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .69
3- THÈMES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .71 1 - LA GUERRE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .71 Une vision concrète de la guerre. . . . . . . . . . . . . .71 Les images. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .73 Les artisans de la guerre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .75
REPÈRES5
Les causes de la guerre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .78 Les partisans de la guerre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .80 2 - LES REPRÉSENTATIONS DE LA PAIX. . . . . . . .84 Les systèmes d’opposition…. . . . . . . . . . . . . . . . . .84 La Paix et ses suivantes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .91
3 - L’ÂGE D’OR. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .93 La fertilité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .94 L’abondance de nourriture. . . . . . . . . . . . . . . . . . .95 La sexualité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .96
4 - GRECS ET ATHÉNIENS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .96 Le panhellénisme. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .97 Une pièce qui reste centrée sur Athènes. . . . . . .99 Un public athénien. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .100
4 - ÉCHOS ET CORRESPONDANCES. . . . . . . . . . . . .103 1 - DÉFINIR LA COMÉDIE. . . . . . . . . . . . . . . . . . .103 LaPoétiqued’Aristote. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .103 Carnaval et comédie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .104 La comédie ou le retour à l’âge d’or. . . . . . . . .109 2 - LA PAIX ET SES SOURCES. . . . . . . . . . . . . . . .109 L’aigle et l’escarbot, Ésope. . . . . . . . . . . . . . . . . .109 Le mythe de Bellérophon. . . . . . . . . . . . . . . . . . .110 3 - LA PAIX DANS LES AUTRES PIÈCES D’ARISTOPHANE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .111 Les Acharniens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .111 Lysistrata. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .113
5 - ANNEXES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .119 1 - BIBLIOGRAPHIE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .119 Le théâtre grec. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .119 La guerre du Péloponnèse et l’arrière-plan historique. . . . . . . . . . . . . . . . . . .119 Aristophane et la comédie ancienne. . . . . . . . . .120 Traductions et commentaires. . . . . . . . . . . . . . . .121 2 - LEXIQUE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .121 3 - INDEX DES NOMS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .124
6LESMOTS
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REPÈRES
1 - LE THÉÂTRE GREC
e Dans l’Athènes duVsiècle, le théâtre est une célé-bration de la cité par elle-même, célébration tant poli-tique que religieuse. Ces deux aspects ne sont en réalité pas séparables puisque la vie civique intègre le religieux et le sacré au même titre que le politique. Les repré-sentations font partie d’une célébration à Dionysos organisée par la cité démocratique.
Généralités La dimension politique Si le théâtre grec est indissociable de la vie civique, c’est d’abord parce que les citoyens y participent de plusieurs manières. La fonction la plus importante qui soit dévolue à un citoyen est sans doute la chorégie*, une des liturgies* que la cité impose aux Athéniens les plus riches. Il s’agit de prendre en charge tous les frais relatifs à une représentation théâtrale, ce qui constitue une somme astronomique puisqu’il faut nourrir et
Les * renvoient aux mots du lexique.
REPÈRES7
payer les acteurs, les musiciens, pendant les répétitions, s’occuper des costumes, du décor… Même les métèques* pouvaient être chorèges, et en général l’on s’acquittait volontiers de cette charge, que l’on consi-dérait comme un grand honneur.
C’est aussi la cité qui, par l’intermédiaire de l’ar-chonte*, choisit les chœurs, les chorèges, les poètes et c’est un tirage au sort à l’Assemblée* qui détermine l’attribution du chœur et des pièces à tel chorège, et qui règle l’ordre de passage des poètes.
Dans la représentation elle-même, la cité est présente à travers les chœurs, composés de citoyens athéniens.
Mais si le théâtre est une institution indissociable de la démocratie, c’est surtout qu’elle rassemble l’en-semble des citoyens. Tous pouvaient assister à la repré-sentation, y compris les plus pauvres à qui la cité donnait la somme d’argent nécessaire pour y participer, lethéôricon(qui n’existait peut-être pas encore à l’époque dela Paix). Certaines places du premier rang – la proédrie – étaient réservées aux hauts dignitaires de l’État. D’autres que les citoyens venaient au théâtre : les femmes et les étrangers par exemple. On s’installait au théâtre pour la journée, on y mangeait, buvait, on s’y retrouvait par groupes. Les spectateurs étaient réunis sur les gradins en fonction de leur appartenance : les éphèbes, les femmes, les membres du Conseil se retrouvaient entre eux. Le théâtre était donc l’une des institutions qui contribuaient à la cohésion de la cité et renforçait le sentiment d’appartenance de chacun.
Mais le théâtre est aussi le seul lieu où la cité se repré-sente elle-même. La tragédie le fait dans la mise en perspective que peut donner le mythe. C’est là qu’on oppose deux conceptions du pouvoir, l’ancienne, qui repose sur des valeurs aristocratiques, et la nouvelle
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dont les valeurs sont démocratiques. Il peut aussi s’agir de mettre en scène des dilemmes auxquels la cité est confrontée. Dans l’Antigonede Sophocle, par exemple, la question est de savoir si la cité a le droit de punir et de se venger sur un mort, ou si elle doit se borner à châ-tier les vivants, et laisser les morts aux dieux. Toute tra-gédie met en scène des problèmes qui se posent à la collectivité, et ses enjeux sont toujours politiques.
La comédie, elle, est par tradition une satire poli-tique. On y brocarde les puissants du jour, on critique leur politique, on utilise absolument toutes les armes : on raille un trait de caractère, on caricature, on rappelle telle ou telle anecdote où Untel s’est ridiculisé, ou a montré son vrai visage. Cléon, le démagogue, chef du parti populaire et partisan de la guerre, est la cible privi-légiée du poète, mais d’autres personnalités en vue sont égratignées par un jeu de mots, une allusion, comme Hyperbolos*, ou Cléonyme* ou Lamachos dansla Paix. La comédie ne vise pas seulement les politiques et les militaires, mais tous les personnages en vue dans la cité, Euripide, Socrate ou Hiéroclès – Sacripan le devin.
C’est que, profondément, la comédie ancienne est par nature politique. Les premières pièces d’Aristophane suivent en général un certain schéma : face à une cité envahie par les malfaisants, et dont les institutions ne fonctionnent plus, le héros comique va fonder une nouvelle cité ou restaurer l’ancienne en uti-lisant les moyens les plus absurdes. Il combattra ceux qui refusent d’abandonner leurs prérogatives. C’est d’ailleurs sur ce schéma que reposela Paix.
Mais la comédie n’est pas comme on a voulu le mon-trer le représentant d’un certain parti. Elle est conserva-trice par nature car elle craint la nouveauté et idéalise le passé où Athènes n’était pas aux mains des hommes politiques contemporains, toujours pires que ceux du
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