La Plume, le livre et le droit
249 pages
Français

La Plume, le livre et le droit

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249 pages
Français

Description

Desaint est un nom aujourd'hui qui n'évoque plus grand-chose chez les amateurs de livres et de l'édition. Cependant, cette maison parisienne née au Grand siècle devait atteindre son apogée sous Louis XVI, sous la houlette d'une femme éditrice. Celle-ci, par une sage et rigoureuse gestion, devait acquérir une forte notoriété dans le monde des livres. Au besoin en lançant des procès contre les contrefacteurs. Du fait de plusieurs livres de comptabilité que la maison Desaint a laissés, nous sommes bien renseignés sur ses clients, ses parts de marché et la façon dont Desaint entendait mettre la main sur le marché de l'édition et satisfaire la soif de lecture des libraires, tant en France qu'à l'étranger (1765-1785). Desaint tisse une immense toile de près de 200 correspondants ; elle se spécialise dans l'édition juridique et s'appuie sur un titre-phare de ce segment, la Collection de décisions nouvelles de Denisart, un best-seller bien connu des juristes.

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Publié par
Date de parution 01 décembre 2020
Nombre de lectures 1
EAN13 9782140164729
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

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Exrait

Sébastien É
La Plume, le livre et le droit La maison parisienne Desaint et l’ édition juridique au temps des Lumières (17651785)
La Plume, le livre et le droit
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Série « É
SOCIO-ÉCONOMIE DE LA CHAÎNE DU LIVRE
© L’Harmattan, 2020 57, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.frISBN : 9782343218472 EAN : 9782343218472
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La Plume, le livre et le droit
CET OUVRAGEVOUS EST PRÉSENTÉDANS LA SÉRIE«ÉTUDES» DE LA COLLECTION«SOCIO-ÉCONOMIE DE LA CHAÎNE DU LIVRE» IL EST LETREIZIÈMETITRE
ÉTUDES&ESSAISCollection fondée et dirigée par Julien DENIEUILSérie « ÉTUDES» Partant du constat d’un manque évident de documents et de publications en la matière, la collection « Socio-économie de la chaîne du livre » s’est donné pour objectif d’exposer et de rendre accessibles, au plus large public, des textes s’intéressant à la socio-économie contemporaine de l’édition française et francophone. Dans son acception strictement socio-économique, la collection regroupe des travaux qui portent sur les problé-matiques des différents maillons de la chaîne (processus de production et de commercialisation du livre, de l’auteur au prescripteur), et qui prennent en compte les évolutions du secteur éditorial (innovations numériques, notamment). Selon une acception plus symbolique, plus militante, la collection propose également des écrits qui abordent, d’une manière ou d’une autre, les notions d’indépendance éditoriale et de diversité culturelle, de même que la singularité du vecteur livre au sein de l’espace public, dans un contexte capitalistique marqué entre autres, ces dernières décennies, par une concentration et une financiarisation accrues du paysage éditorial. Série « ESSAIS» La série « Essais » accueille des écrits plus personnels d’auteurs manifestant une vision originale et singulière de l’objet-livre et de la lecture, et se détachant des lignes théoriques attendues.
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Sébastien ÉVRARDLa Plume, le livre et le droit La maison parisienne Desaint et l’édition juridique au temps des Lumières (1765-1785)
DU MÊME AUTEUR
e L’intendant de Bourgogne et le contentieux administratif au XVIII siècle. Paris, de Boccard, 2005. Les campagnes du général Lecourbe (1794-1799). Paris, L’Harmattan, 2011.
e Une troupe de choc dans la Grande guerre : le 20 corps d’armée à travers le témoignage d’un officier d’artillerie. Serpenoise, 2011. L’Or de Napoléon. Sa stratégie patrimoniale (1806-1814). Paris, L’Harmattan, 2014. Les Tables de la loi : de l’argile au numérique.La diffusion de la règle de droit à travers les âges.Paris, L’Harmattan, Logiques juridiques, 2014. Carnets militaires du général Lecourbe (1794-1799).Un chef de guerre sous laRévolution. Paris, L’Harmattan, 2014. Réformer l’administration et réformer l’État. Jalons historiques et juridiques(dir.) Paris, L’Harmattan, Questions contemporaines, 2015. Gabelous et contrebandiers. Histoire des fermiers généraux de Dijon (1760-1780).Paris, L’Harmattan, 2015. L’édition et le droit. Regards français et étrangers sur les mutations engagées (dir., avec J.-L. Piotraut). Paris, L’Harmattan, Socio-économie de la chaîne du livre, 2016.
Par le fer et le feu. Souvenirs d’un officier d’artillerie lorrain. Ysec, 2016. Histoire du droit et des institutions.Paris, Bréal, 2017. Le livre, le droit et le faux. Essai sur la contrefaçon de l’édition juridique au Siècle des Lumières. Paris, L’Harmattan, Socio-économie de la chaîne du livre, 2017. Les avocats au temps des Lumières. La réforme des assemblées provinciales de 1787. Paris, L’Harmattan, 2017.
Aspects transfrontaliers de la contrefaçonavec J.-L. Piotraut et P. (dir., Tafforeau). Paris, L’Harmattan, Colloques et rencontres, 2017. Chouans contre bleus. La justice militaire sous la Révolution française (1793-1795).Paris, Mare et Martin, 2019.
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TABLE DES ABRÉVIATIONS
A. : Bibliothèque de l’Arsenal.
ADCO : Archives départementales de Côte-d’Or.
ADDoubs : Archives départementales du Doubs
ADC : Archives départementales du Calvados
AD : Archives départementales
BHVP : Bibliothèque historique de la ville de Paris
BM : Bibliothèque municipale
BML : Bibliothèque municipale de Lyon.
BNF : Bibliothèque nationale de France.
f. : folio.
Ms. BNF, Manuscrits Fonds français.
MSHDB : Mémoires de la société pour l’histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands
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AVANT-PROPOS
1 Au temps des Lumières, le livre connaît son âge d’or ; il n’est pas encore concurrencé par d’autres médias – hormis le théâtre, genre populaire alors en vogue - et il est considéré comme moyen de culture par excellence. Mais encore faut-il trouver les auteurs qui intéressent le public, les producteurs qui acceptent de le produire, et les diffuseurs qui touchent les lecteurs. Or la chaîne du livre est complexe et fait l’objet, outre d’une régulation étatique très tatillonne, d’une concurrence féroce entre les centaines de professionnels qui exercent en France, et ceux qui, à l’étranger considèrent que les frontières sont bien poreuses. Et depuis son industrialisation au Moyen Âge, le livre est surtout une affaire économique et comptable : il nécessite de connaître un monde rude, concurrentiel et de prendre des risques, comme de supporter de lourdes contraintes financières. Comme Gutenberg l’a éprouvé à ses dépens, celui qui ne contrôle pas ces données encourt de tomber sous la coupe de financiers ou de ses créanciers, donc de perdre son indépendance. Un document rare conservé à Paris offre une vision riche de l’intérieur du système de diffusion : c’est un registre commercial de l’éditeur Desaint – maison d’édition parisienne honorablement connue, qui a des positions fortes sur plusieurs segments de l’édition française. Il permet de comprendre et de connaître, d’abord, tous les contacts qu’il entretient avec ses diffuseurs, tant
1  Le livre est d’abord d’aspect matériel. Ensuite, il doit contenir une certaine pagination et quatre avis existent : pour Henri-Jean Martin, historien du livre, il doit dépasser 48 pages ; Jean Quéniart lui préfère cinquante pages ; Jean-Dominique Mellot évoque au moins 30 pages, enfin Frédéric Barbier opine pour un ouvrage de plus de cent pages.
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en France qu’à l’extérieur du royaume, soit plus de deux cents clients. Ensuite, il révèle les titres phares de son catalogue, c’est-à-dire les meilleures ventes – et il y en a. On sait combien ces catalogues de livres sont nombreux pour valoriser les éditeurs, 2 3 libraires et leurs ouvrages . Si le registre qu’on a étudié porte sur une seule année – 4 exactement 14 mois -, qu’on a complété par d’autres registres 5 portant sur des années ultérieures , on s’est fixé comme objectifs de retracer les relations économiques depuis le centre vers la périphérie, en se focalisant sur l’édition juridique. En effet, celle-ci n’est pas aussi bien connue que l’est l’édition générale, et nombre d’aspects intéressent aussi bien les juristes que les autres. D’ailleurs, S. Juratic a exploité certaines de ces sources, notamment dans l’article qu’elle a consacré aux 50 ans de l’histoire 6 du livre . S’ensuit une vision particulière de l’édition juridique : celle-ci a ses créneaux, ses relations et, parmi les surprises, on s’aperçoit que le marché étranger constitue un débouché intéressant et fructueux tandis qu’en France, des zones de lecture apparaissent, des techniques commerciales également. Mais rien n’est homogène ; à travers ces archives, c’est toute une stratégie souple et efficace qui transparaît, mais aussi les faiblesses d’une maison d’édition.
2 Le terme delibrariirelève de professionnels de l’édition et du négoce de livres. Lelibrarius, indique F. Barbier, désigne aussi bien, le copiste que le libraire proprement dit (Histoire du livre en Occident. Paris, Armand Colin, 2012, p. 25). On retrouve ce terme au Moyen Âge, pour désigner ceux qui disposent du monopole du livre dans le quartier latin, à Paris. 3 Annie Charon et Élisabeth Parinet (dir.),Les ventes des livres et leurs catalogues, e e XVII -XX siècle. Études et rencontres. Paris, École des chartes, 2000 ; C. LESAGE (dir.),Catalogues de libraires 1473-1810. Paris, 2006 ; C. LESAGE (dir.),Lee e Livre entre le commerce et l’histoire des idées Les catalogues de libraires (XV -XIX siècle).Paris, 2011. 4  Le registre MS FG 42 commence le 2 janvier 1765 et s’achève le 27 février 1766. 5 1771-1774, 1776-1778, 1782… 6  Commerce et marchés du livre, vus de Paris, à l’époque moderne, dans D. VARRY,Cinquante ans d’histoire du livre. 1958-2008, Presses de l’ENSIB, 2014, p. 44-61.
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