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La Princesse enchantée

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52 pages

Il était une fois, dans les plaines riantes de l’Assyrie, sans doute à Ninive, un jeune prince qui voulait se marier ; mais, de toutes les femmes qu’on lui avait présentées, aucune n’avait pu toucher son cœur.

Comment, se disait-il, dans le royaume de mon père je ne puis trouver une femme qui me convienne ? Et il se désolait, pleurait à chaudes larmes, ne mangeait plus et maigrissait à vue d’oeil.

Voyant le désespoir de son enfant, le roi en eut pitié.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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J.-B. Frédéric Ortoli
La Princesse enchantée
LA PRINCESSE ENCHANTÉE
Il était une fois, dans les plaines riantes de l’Ass yrie, sans doute à Ninive, un jeune prince qui voulait se marier ; mais, de toutes les femmes qu’on lui avait présentées, aucune n’avait pu toucher son cœur. Comment, se disait-il, dans le royaume de mon père je ne puis trouver une femme qui me convienne ? Et il se désolait, pleurait à ch audes larmes, ne mangeait plus et maigrissait à vue d’oeil. Voyant le désespoir de son enfant, le roi en eut pi tié. Un jour, il l’appela et lui dit :  — Mon fils, voici une clef d’or ; monte au sommet de la plus haute tour de mon château, et là tu trouveras une porte. Ouvre-là, et aussitôt les plus belles et les plus vertueuses femmes de l’univers se présenteront à ta vue. Le choix ne te manquera pas, je l’espère du moins, et tu pourras trouver l’ épouse que tu désires. Tout joyeux, le prince Érian quitta son père et arr iva à la porte désignée. Mais, ne voyant pas de serrure, il retourna sur ses pas et d it au roi :  — La porte dont vous m’avez parlé n’a pas de serru re, comment dois-je faire pour l’ouvrir ? — Tu n’auras qu’à la toucher avec ta clef, et auss itôt elle tournera sur ses gonds de rubis pour te laisser passer. Le prince remonta au sommet de la tour, et en effet la porte s’ouvrit aussitôt que la clef l’eût touchée. Jamais, depuis que le soleil éclaire notre pauvre t erre et que les étoiles d’or brillent au firmament, non, jamais pareil spectacle ne fut o ffert aux yeux d’un mortel. Une salle immense, toute pavée de diamants aux mille facettes lumineuses, de saphirs bleu de ciel et d’opales aux reflets changeants, s’étendait devant le fils du roi qui resta muet d’étonnement et d’admiration.
Partout il n’était que tapis moelleux, tableaux san s pareils, fleurs aux vives couleurs ; et des cassolettes d’argent suspendues p ar des chaînes d’or brûlaient sans cesse, dans ces lieux enchantés, je ne sais quels p arfums subtils et enivrants. Cette salle merveilleuse était percée de douze fenê tres à chacune desquelles se tenait une jeune fille. Toutes étaient si gracieuse s et si belles que le jeune prince en resta comme ébloui. Jamais dans ses rêves il n’avait entrevu de fées au ssi charmantes, et les ondines aux yeux verts qu’il avait aperçues un jour, s’amus ant follement sur les bords d’une rivière, n’étaient pas aussi jolies. Toutefois un mystère intriguait le fils du roi. A la première des douze fenêtres de la salle était une jeune fille, la tête couverte d’un voile de gaze ; seule, elle ne s’était point retournée au moment de son arrivée. Étonné, le prince alla droit à elle et la découvrit. La jeune femme rougit. — Pourquoi m’avoir regardée ? dit-elle tristement.  — Parce que vous êtes la plus charmante des mervei lleuses beautés qui vous entourent, parce que vous êtes semblable à la lune au milieu des étoiles, semblable à la rose au milieu des fleurs d’un jardin ! — Que désirez-vous donc de moi ?  — Une chose que je tremble de dire ; je voudrais v ous faire reine et vivre à vos côtés.  — Hélas ! pour m’épouser, il faut me conquérir. Je suis la prisonnière du plus puissant magicien de la terre, de Magor, le roi des sorciers !  — N’importe, je tenterai votre conquête, et je mou rrai si vous n’êtes point ma femme.  — Soyez donc victorieux de mon mortel ennemi ; mai s, malheureuse que je suis ! je crains bien que vous n’ayez le triste sort de ta nt d’autres princes qui ont voulu me délivrer. Tout à coup la jeune fille disparut. Le géant son maître l’avait rappelée auprès de lui, et la belle prisonnière s’était enfuie comme une ombre. Tout heureux, le prince Érian descendit retrouver s on père.