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Lady John Walker suivi de Rose

De
66 pages

Lady John Walker, fille adoptive d'immigrés anglais, vit au Far West. Voleuse de grands chemins, en habits d'homme, elle rencontre ses premiers compagnons, des hors-la-loi dont elle épousera le chef, qui lui donnera un premier enfant.

Ce roman trépidant raconte la vie dangereuse de ces personnages, leurs aventures, leurs hauts faits, qui ont bouleversé les États d'Amérique et sont gravés dans les mémoires. Et le destin, qui décidera de leur sort...

Rose est une Indienne égarée dans une grange, où elle vole du jambon. Le maître de maison, Philip, la prend la main dans le sac. Cette famille de fermiers décide d'adopter la jeune innocente, qui sera mise à leur service domestique. Mais ses charmes ne laissent pas indifférents les membres masculins de la famille...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-17967-6

 

© Edilivre, 2016

Lady John Walker

 

 

Je tresse ta couronne d’épines,

ma Liberté.

Le murmure roule avec les fumées, qui fait le tour de la salle, percé de pointes aux sons de cuivres et d’éclats de gronde. Le vacarme est assourdissant. Au comptoir les fêtards et les marchands boivent et discutent dans le vacarme, et Burton les couve de son œil. Parmi les tables, la population de Kansas City, mêlée des voyageurs, s’égaye entre l’air noir et le sol aux lueurs de poussière.

Les rires et les voix tissent la chaleur qui éclaire le petit lieu d’auberge pour le soir des voyageurs, et le grand lieu du jour et de l’alcool. Le comptoir est de bois, les lampes et les machines brillent, l’air est sain malgré les fumées, il y a du monde. A une table près du fond de la salle quatre garçons fument et regardent tout.

Ils ont compté leurs dividendes et les ont remis dans leurs sacs de peaux lacées, resserrées près de leur corps. Ils sont là depuis une heure, des cow-boys venus on ne sait d’où, et ils regardent tout le monde. Burton leur a proposé une chambre de l’auberge mais ils n’en ont pas besoin, ils l’ont remercié. Les verres de scotch sont à peine posés sur la table qu’ils sont avalés par les doigts sales, Burton repart avec le torchon mouillé dont il a débarrassé les cendres, et qu’il met à sa ceinture en réintégrant l’arrière du bar.

Il y a un silence de fumées. Les garçons boivent leur scotch. C’est parce qu’il y a des vieux qui les voient, et qu’il y a le plus grand des silences, des garçons.

Il y a des vieux qui sont assis là, à taper les cartes, et des colosses à baston, des cow-boys grands, taillés comme dans le bois, comme la lame, comme elle.

Ce drôle de garçon, on se demande ce qu’il fait entre les autres, et les autres n’ont pas l’air de se le demander ; ils sont avec lui. Il porte la veste de peau tannée, couleur d’or sombre, des garçons ; et, assis au fond, à les regarder, entre eux, il s’occupe de fumer comme un pompier, les mains entre les cendriers.

Un garçon un peu singulier. Ses cheveux, d’un blond de miel, sont roulés dans son col et tirés de son visage droit, inondé de traces de cendres ou de poussière noire. De grande taille lui aussi, ses épaules sont carrées dans le daim, et sa gorge, étroite, nouée d’un foulard de soie vert. Sa chemise texane grise et noire le fait discret. Elle se tait. Elle est le silence, comme eux, grise à la table.

C’est alors que son regard leur vient.

Elle est effroyablement belle. Un peu plus de vingt ans. La finesse de son visage est la lame la plus précise de tous les temps. Ses yeux sans fin sont un horizon qui ne connaît pas la plaine, et où le soleil est pendu. Burton ne l’avait jamais vue. Et il n’a jamais rien vu d’aussi beau.

C’est à voir. Il suffit de la regarder. Sous cette croûte de tannerie qui l’habille, et la poussière de ses cheveux mêlés. Blême et salie de voyage, une fille de camp – on en repose les coudes. Elle a le silence froid de ses compagnons, que marque son visage qui regarde ; et dont il coupe. L’un des daltons s’est levé en face de la salle, comme pour l’affronter.

A travers elle, il va d’un grand pas au comptoir où son poing se pose, le regard dans l’œil du patron :

– « Cigarettes. »

Burton y a remis ses mains. Il le regarde, et, lentement, se penche sur l’étagère. Terry fait tomber 3 shillings.

Un peu plus seule, et regardée, Jone a sorti son arme, l’a posée sur la table. Un fusil d’argent finement taillé, comme elle.

Quand Terry se retourne, et qu’il revient, le murmure a repris comme un silence, à l’entourer.

Ils sont restés quand même. Près de jusqu’au milieu de la nuit, à boire et à fumer. Ils ne sont pas riches, ça se voit ; à leurs joues sales, à leurs gros doigts écorchés. Sales de route, et sombres comme leur tabac. Silencieux comme leur fumée. Durs comme le scotch qu’ils avalent, comme les armes dont ils ne rendent pas leur sale vie. Ils se lèvent.

C’est dans la nuit : on la regarde. Mais il n’y a presque plus que des fumées qui tournent au saloon, les joueurs sont partis, Burton va fermer.

Quatre garçons, qui ont payé, retraversent la salle, les épaules hautes ; sur l’une d’elles un sac de peau est serré, de main diaphane, et la lame coupe au-dessus quand elle y passe. Dans le même silence de long pas, dans le même balancement de fauve, le même effroi, la fumée, ils ont ouvert la porte battante, quatre garçons, l’air de chiens, partent du saloon, parmi eux le chat errant Lady John Walker, fille d’anglais.

Quatre mauvais garçons quittent la fumée pour la poussière ; ils prennent leur cheval de main armée, ils le prennent à la nuit, par les rennes, et s’en vont, les épaules froides, par la porte des cactus, dans les rochers profonds des alentours de la ville, où l’un d’eux veillera sur leur camp jusqu’au jour et dormira jusqu’après midi.

Quatre garçons salis de poussière boivent du thé à même la gamelle, sur le feu de leur campement, assis par terre, leurs vêtements grippés mêlés au sable les lèvent comme les serpents parmi les hommes et les rochers.

Quatre garçons, dont la belle, la plus belle, et qui s’en cache avec eux. L’un de ses compagnons, Randall, est son ami.

 

 

Ils ont dormi. C’est Randall qui se lève le premier. Il y a des cailloux dans la casserole, qu’il époussète avec le silence du feu, près de la tête de Jone roulée dans le tweed et la vieille laine du vent, et qu’il regarde. Elle paraît morte tant la poussière l’enserre comme les bras du démon de l’impossible.

Randall tient sa casserole en la regardant. La pose le cul sur le feu, quand il ne la tient plus. Ses traits de gaucho cèdent au jour, à l’horizon. Le jour ne l’a jamais vu fendre. Il se tourne vers le feu, doucement, et sa main saisit les bûches, qu’il secoue, pour les dégager des cendres, et les remettre. Le matin monte avec les rochers, d’un crépuscule si frais qu’il se croit à l’aube du monde, et qui regarde son visage, ouvert à ce couteau gris clair dans les cendres de la nuit. Il ne regarde plus. Il a mis le feu du petit déjeuner.

Marlow lui fait signe, des rochers. Il revient, son fusil levé, pour s’asseoir avec lui, car il a faim.

Le bruit du fer de la casserole a réveillé lady Jone. Son cil lève le sable de sur elle, et elle y voit le ciel blanc. Sa tête se tourne dans ses cheveux. L’odeur folle du café cuit éclate à sa poitrine comme l’écorce du temps.

Randall a sorti les gamelles et il les balance sur le feu. Il se souvient de la première fois qu’il l’a vue. Quelle saleté !

Quand elle est entrée dans le saloon. Une arme à l’épaule à faire frémir l’homme. Vêtue de peaux à franges, qui la faisaient danser comme la flamme. Elle est entrée, comme le feu avec son sac à l’épaule, une peau enlacée, enserrée de peaux, qui contenait son nécessaire : un livre et une bouteille de rhum qu’elle avait prise pour vivre aussi vieille que le feu.

Elle avait dix-huit ans. Elle était encore plus belle. Ses cheveux, longs et fous, l’ornaient sans vergogne par-dessus sa carapace, la griffe de son daim, et sa chemise texane respirait de sa poitrine imperceptiblement. Il la revoit. Entrée au milieu des hommes et du bruit, en bottes rousses, elle est allée vers le bar et s’est assise sur l’un des tabourets. Il était à côté d’elle.

Randall a tourné son verre ; s’est tourné vers elle. Il la regardait. C’était un bel homme aux cheveux bruns, levés d’épis, qui...