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Le bénédictin

De

Non loin des bords riants de la Seine, dans une contrée appartenant à la Normandie, était jadis une riche abbaye dont les ruines font encore l’admiration des amateurs d’antiquités. Cette abbaye, où vivaient en commun de pieux Bénédictins, élevait ses tours qui servaient de fanal au voyageur égaré, et l’invitaient à venir réclamer un abri pour la nuit.

Chaque soir, en effet, voyait arriver à la porte du couvent, tantôt le colporteur accablé de lassitude par les longues courses qu’il avait faites durant la journée pour débiter ses marchandises ; tantôt le pèlerin vénérable, courbé sous le poids de l’âge et de la fatigue de ses voyages lointains ; tous les étrangers, enfin, qui, à l’approche de la nuit, cherchant un gîte, étaient assez heureux pour gagner à temps celui qui s’offrait à eux.


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LE BÉNÉDICTIN

Alfred DIEUZY

Anecdote normande du XIIe siècle

 

Nouvelle publiée dans La Revue de Rouen et de Normandie 1833 

L’Abbaye

 

Non loin des bords rians de la Seine, dans une contrée appartenant à la Normandie, était jadis une riche abbaye dont les ruines font encore l’admiration des amateurs d’antiquités. Cette abbaye, où vivaient en commun de pieux Bénédictins, élevait ses tours qui servaient de fanal au voyageur égaré, et l’invitaient à venir réclamer un abri pour la nuit. Chaque soir, en effet, voyait arriver à la porte du couvent, tantôt le colporteur accablé de lassitude par les longues courses qu’il avait faites durant la journée pour débiter ses marchandises ; tantôt le pèlerin vénérable, courbé sous le poids de l’âge et de la fatigue de ses voyages lointains ; tous les étrangers, enfin, qui, à l’approche de la nuit, cherchant un gîte, étaient assez heureux pour gagner à temps celui qui s’offrait à eux. On accordait à chacun une hospitalité généreuse qui consistait en un bon repas, puis un lit encore meilleur ; mais il fallait arriver assez tôt, car le couvre-feu une fois sonné, la porte se fermait pour ne se rouvrir que le lendemain matin. Ainsi le voulait la règle, que ni prières, ni menaces, n’eussent pu faire enfreindre.

 

Quand le temps était beau, quand la lune brillait, quand le ciel était étoilé, quand, enfin, régnait la saison où les nuits fraîches semblent délicieuses, le voyageur retardataire pouvait trouver un dédommagement au lit qui lui manquait, dans la verte pelouse qui s’étendait autour de l’édifice ; mais si le ciel était brumeux, si la bise soufflait, si la pluie tombait par torrens, ou bien si la pelouse était couverte de neige, alors il ne lui restait d’autre ressource que de doubler le pas pour chercher un autre asile, à moins qu’il ne dédaignât point l’humble toit d’un pauvre pêcheur, qui demeurait à peu de distance.

Le pêcheur

 

Son habitation, simple cabane couverte en chaume, était située à quelques cents pas de l’abbaye, et presque baignée par la rivière. Il vivait, avec sa femme et son fils, du produit de ce que Dieu amenait dans ses filets, réservant son plus beau poisson pour ses voisins les moines, qui lui donnaient, en échange, de quoi subvenir aux premières nécessités de l’existence, savoir : le pain, les légumes, le lard, plus, leurs vieux frocs. Le reste était porté au bourg prochain, où il le vendait ce qu’il pouvait, bien peu de chose, car le poisson que l’on eût payé quelques deniers de plus à André le pêcheur, eût dû être un morceau digne de la table d’un prélat ; et ceux de cette espèce étaient presque toujours retenus par le frère pourvoyeur des Bénédictins.

 

Quoique sans fortune, il était toujours gai, le bon pêcheur. Il aimait sa femme et son fils, plus que ses filets, plus que son bateau, héritage...