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Le Chansonnier Morainville

De
70 pages

Aucun de ceux qui l’ont entendu n’a certes oublié la joviale physionomie, à la fois si fine et si grotesque du compagnon de la gaie science, dont les naïvetés, les malices, les gestes et les grimaces nous ont tous fait rire de ce franc rire gaulois, — hélas ! presque oublié de nos jours.

Le joyeux chansonnier, dont nous esquissons la biographie, et qui nous intéresse à divers titres, alliait à la philosophie du gros Roger-Bontemps, la gaîté du Petit homme gris, et la bonhomie communicative du fameux Roi d’Yvetot.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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J.-B.-A. MORAINVILLE. Né à Rouen, le 15 mars 1795. Mort à Chartres, le 28 juillet 1851.
André Jourdain
Le Chansonnier Morainville
AVANT-PROPOS
On a célébré dans de longs et pompeux volumes la mémoire de beaucoup de grandes célébrités aujourd’hui parfaitement inconnues ; on a réimprimé en beaux et riches caractères des œuvres que personne n’a le courage de lire de nos jours ; on a élevé des statues à de faux grands hommes dont on ignore souv ent les prouesses dans le pays même où trône leur image, pourquoi ne nous serait-il pas permis à nous de consacrer quelques lignes à celui dont le nom est aussi populaire dans nos campagnes que celui de nos plus grands poètes l’est dans la France tout entière ? Il ne méritait certes pas les honneurs de l’Académie, ce pauvre Morainville ! mais il ne doit pas non plus rester dans l’oubli celui qui, sans éducation, sans culture, a su conquérir dans trois provinces une renommée aussi universelle, Ce n’est pas à la France que nous nous adressons, c’est à la Normandie, à la Beauce, au Perche, à l’Orléanais, à toutes ces villes et bourgades qu’il a amusées si long-temps et dont ses chansons nous ont transmis des récits que sans lui on aurait déjà oubliés. De son vivant même, les éloges ne lui manquèrent pa s, et plus d’une muse locale célébra ses bons mots et ses couplets. Nous reproduisons entre autres une pièce de vers qui lui fut adressée par un chartrain le 21 octobre 1841.
Homère beauceron qui vas de ville en ville Répandre les fleurs d’or de ton divin talent, A toi gloire et salut ! à toi, grand Morainville, Santé, bonheur, argent ! Voici que la Toussaint chasse de nos bocages Merles et rossignols, fauvettes et pinsons ; Et tout l’orchestre ailé sur de plus chaudes plages Va finir ses chansons. Et toi, que feras-tu, lorsque le froid novembre Aura couvert ta voix du bruit de l’Aquilon ; Lorsque, triste et muet, dans un coin de ta chambre, Pendra ton violon ? Ah ! si j’en crois mon cœur, dans la douce retraite 1 Que Saint-Brice , en hiver, te rouvre tous les ans, Ton repos occupé produira, grand poète, Des chants pour le printemps ! Assis près de ta femme et près de ta bouteille, Caressant tour-à-tour la bourgeoise et le vin, Tu chanteras encor le doux jus de la treille Qui nous met tous en train. Que le petit Cadet traîne encor sa charrette ! Hu ! dia ! j’entends d’ici le terrible cahot, Et te vois retenir, en glissant sur l’herbette, Le chignon de Margot. Poursuis : que ton vers dur frappe les péronnelles Dont la sotte ironie a raillé ton beau nom, Et que dans trois mille ans tes strophes immortelles Soient l’effroi du jupon. Retrace, en vers pompeux, la piquante malice
Et le choix délirant des bourgeois Nogentais : 2 Peins-nous le fier toupet de leur comte Narcisse , O chantre des navets ! Glisse, entre deux couplets, ces lestes équivoques Dont tu sais décocher les traits vifs et gaillards, Ou, d’un crayon fidèle, esquisse en vers baroques Tes gestes égrillards. Oui, pour les temps futurs, burine ton image, Ton sourire grivois, tes petits yeux malins, Ta grimace creusée au pli de ton visage, Et le feu de tes crins. Dis-nous ton dos voûté, ta carrure d’Esope, Tes mollets prisonniers dans leur rouge tricot, Ton large pavillon fabriqué dans l’échoppe 3 De Bombal et Soustrot. Peins-nous à tes côtés ta rieuse compagne, Qui, sans cesse, applaudit ton nouveau calembour, Et dont la dure main, en roulant, t’accompagne Du bruit de son tambour. Et le temps, vieux bourru qui fauche les ouvrages, Rira de tes écrits, loin de les mettre à bas ; Et ton grand nom vivra jusqu’au-delà des âges, De Chartres à Maingournas !
Quelque temps après la mort de Morainville, M. Em. Bellier de la Chavignerie fit paraître une notice sur sa vie et ses chansons. Cet article fut reproduit par leCourrier du Loiret,de Pithiviers, ville où notre chansonnier était fort populaire : aussi n’est-il journal pas étonnant que les lignes consacrées à son souven ir aient inspiré un poète de cette ville qui adressa auCourrier du Loiret,le 26 octobre 1851, les vers suivants :
Dans le sillon qu’on appelle la vie Péniblement bien des gens ont souffert. Après l’éclat de la saison fleurie, L’automne arrive, et vient siffler l’hiver. Sur l’Océan chacun de nous succombe, Navigateur et simple nautonnier : Amis, jetons quelques fleurs sur la tombe Du bon vieillard, du pauvre chansonnier.
1Faubourg de Chartres.
2M. de Salvandy alors député de Nogent-le-Rotrou.
3Marchands de parapluies à Chartres.